Jean Marie Lambert

Maroc Sud (2003)

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VOYAGE AU SUD MAROC

du 03/05/2003 au 10/05/2003.

Samedi 03/05:Paris Ouarzazate.

Arrivée à Ouarzazate vers 12 heures 45. Longue attente pour passer devant la police locale. Pas de guichet pour faire du change…

Nous prenons un taxi pour qu’il nous amène sur la place centrale (place Mohamed V) et la discussion commence : 5 euros, ramenés à 3… Nous avons besoin d’une agence de voyage car celle avec laquelle nous avons passé accord n’a plus donné signe de vie depuis ce moment – là !

Il est 13 heures 45 et l’agence de voyage Ksour n’ouvre pas avant 14 heures 30.

En attendant, nous attendons à l’ombre des arbres de la place, car que faire sans argent ?

Vient l’heure…deux jeunes employées, très occidentalisées, ouvrent l’agence Ksour.

Nous leur soumettons notre trajet tel que nous l’entendons. Elles ne peuvent pas nous établir un devis, faute de chef, avant 19 heures et nous proposent pour notre première nuit sur place le Berbère Palace (le 5 étoiles local), juste ce que nous détestons… Nous les remercions et passons à l’agence voisine “Iriqui”.

Elle ouvre tout juste et c’est l’employée type qui nous reçoit : l’air réservée quasi-revêche, timide, les cheveux couverts du foulard… Nous lui exposons notre projet et elle nous demande un peu de temps pour établir le devis.

Ceci étant, au fur et à mesure de la conversation, nous constaterons un changement d’attitude : son visage s’anime, ses yeux se mettent à briller quand elle défend son bout de terre, elle fait preuve d’un enthousiasme et d’une force de conviction que l’on n’aurait jamais pu soupçonner au départ !

Elle nous met en garde quant à la qualité des hôtels et des bivouacs qu’elle va nous proposer (simples et propres), nous demande de ne pas stresser, que le programme comportera des moments intenses et d’autres plus relax…

Nous lui demandons s’il est possible de faire du change (le samedi les banques sont fermées), elle nous répond qu’il existe non loin de là un guichet de la BMCE ouvert et nous voilà partis.

Au retour, nous prenons notre premier thé à la menthe à la terrasse d’un café (10 dirhams) puis nous rendons une visite à la supérette locale où nous achetons de l’eau (il fait chaud) et du dentifrice, non pas que nous ayons oublié le notre, mais pour savoir en vue de voyages ultérieurs, combien de temps peut durer un petit tube.

De nouveau à l’agence, nous sommes accueillis par une deuxième employée (suissesse ! du canton de Fribourg).

Le devis qui nous est présenté est correct : pour la forme nous demandons une réduction qui nous est accordée avec le sourire. Nous en aurons pour 640 euros par personne, tout étant inclus (déplacement en 4×4, hôtel, nourriture, 2 bivouacs dans le désert).

Le patron de l’agence arrive, très décontracté et aussitôt nos deux employées se plongent dans leur dossier (bon, tout ça c’est comme partout !).Il est noir comme du charbon, sans être de type négroïde et la photo de son grand-père, toujours vivant orne un des murs de l’agence : on le voit se soumettre, comme le dit la légende en anglais, au roi Mohamed V en 1958.

Nous partons à l’hôtel (avec piscine, mais nous n’en profiterons pas suite à une histoire horrible que me raconte Régine…en effet, une de ces relations est rentrée du Kenya avec une amibe qu’elle a du absorber avec l’eau plus ou moins propre de la piscine de son hôtel…).

Hôtel agréable, situé à 3 kilomètres de Ouarzazate, mais cela n’a pas grande importance, compte tenu du fait que cette ville est sans grand intérêt (construite de toutes pièces, par les Français entre les deux guerres).

Nous nous baladons dans le village et mis à part la route goudronnée qui le traverse, le reste n’est que rues en terre et maisons inachevées (pour des raisons fiscales). Les rues n’ont pas de noms, mais s’appellent rue N°1, rue N°2 etc.…chacune d’entre elle étant subdivisée en blocs : bloc 1, bloc 2 etc.…On est donc susceptible d’habiter rue 4, bloc 12…

1Les gens sont ouverts et nous disent bonjour et je prends quelques photos d’enfants sidérés de voir le résultat immédiatement sous leurs yeux !

Dans la rue principale, nous nous arrêtons devant l’échoppe d’un tailleur et nous rentrons dans sa boutique pour le féliciter d’un très beau modèle qu’il a dans sa vitrine.

Un peu plus loin, c’est un commerçant qui nous hèle (j’aime pas ça !), et qui nous demande de bien vouloir rédiger une lettre en français (enfin, il s’adresse à Régine, plutôt qu’à moi).

Nous le suivons au fin fond de sa boutique de souvenirs et je suis bien certain que c’est du bluff (mais comme me le glisse Régine, “celle la… on ne me l’avait encore jamais faite”).

Et bien pas du tout : il s’agit bien d’un courrier que va rédiger Régine sur une page de cahier. Le commerçant lui donne les idées, Régine les couche sur le papier, les relit à voix haute…Il s’agit de donner à un couple de Français (Dominique) des nouvelles du grand- père qui va mieux et de les inviter pour le prochain mariage de sa sœur (le 25 mai, jamais cela ne pourra arriver à temps !).

En fin de courrier, nous sommes invités à feuilleter l’album de photos (il organise des voyages dans le désert) et il nous offre le thé, ce que nous déclinons.

2Nous rentrons à l’hôtel et nous dînons au bord de la piscine (dont le fond n’est pas des plus clair) d’une bonne tagine de poulet accompagnée de légumes. Les fruits du dessert sont vraiment très bons (oranges et melons d’eau), car bien sucrés.

Nous sommes peu nombreux comme clients mais malgré tout, notre repas sera accompagné par la mélopée de 3 musiciens…

Dimanche 04/05.Visite de Telouet.

Notre chauffeur s’appelle Mohamed et nous montons dans son 4×4.

Pendant le parcours, beaucoup de cigognes et de cigogneaux, mais aussi, pour rester terre à terre, beaucoup de poussière et de 4L…

Les couleurs sont fantastiques et elles nous accompagneront tout au long de notre séjour : des rocs vert, d’autres ocre ou rouge, des lichettes de neige au flanc des montagnes, le ciel bleu, un régal pour un peintre !

L’électrification a fait son chemin : il y a des poteaux de distribution un peu partout et même dans les plus petits villages traversés, il y a des lampadaires qui normalement doivent éclairer la rue principale, à la nuit tombée.

Nous nous promenons dans ce qui fut l’ancien fief du pacha de Marrakech jusque dans les années 60.

Ce qui reste du palais (le Glaoui avait pris le parti des Français pendant le protectorat, ce qui lui a valu une disgrâce dont il a fini par mourir dans les années 55, ce qui explique le mauvais état du bâtiment) est très beau et jouit d’une belle vue.

Nous descendons visiter le village attenant et là, je fais une photo de femmes travaillant au champ. Mal m’en a pris !

 La plus vindicative m’apostrophe, en arabe, évidemment, ce qui m’évite de comprendre. Enfin, elle termine sa péroraison en riant ce qui me rassure. En fait, elles ne sont pas contre les photos mais voudraient quelques pièces en retour…

D’une façon générale, nous verrons beaucoup de femmes travailler dans les champs et porter de lourdes charges sur leurs épaules (bois, fourrage…). Visiblement, les hommes sont ailleurs, souvent à l’étranger comme main d’œuvre émigrée, parfois au café…

Le village n’est pas bien riche, nous allons jusqu’à la fontaine, suivis par quelques gosses qui finalement ne quémandent pas trop…

Après le déjeuner dans un restaurant de Telouet (brochettes frites, la viande est très dure !), il me revient la corvée du livre d’or.

Nous sommes de retour dans notre hôtel vers 16 heures.

Quand on analyse le prix d’un thé à la menthe, on obtient les tarifs suivants, pour deux :

Ouarzazate, 10 dirhams, Telouet 14, dans le village où est notre hôtel, 8, et à l’hôtel lui-même, 10…Le dirham vaut en gros 0,10 euro.

Dîner à l’hôtel, et pour notre malheur, nous avons le droit à des brochettes frites, comme à midi !

Lundi 05/05. Départ vers la vallée du Dadés, la vallée des Roses, les gorges du Dadès.

Notre chauffeur s’appelle Omar.

Passage auprès d’un lac artificiel qui permet l’électrification de la région, mais aussi un golf…et de riches demeures de princes Orientaux.

Arrêt à la kasbah de Skoura, enserrée dans une palmeraie, qui visiblement manque d’eau.

La kasbah est superbe et nous sommes reçus par son propriétaire qui nous en fait faire le tour. Il est jeune, très occidental d’allure, excellent français, peut être dans les 35 ans, et a décidé de s’établir là, dans la demeure de ses ancêtres, pour la rénover et il a beaucoup de travail. Il nous montre avec fierté que sa kasbah figure sur les billets de 500 dirhams mais aussi sur des emballages de jus de fruit…et là, il est moins content car il ne touche aucune royaltie !

Les murs sont comme un peu partout en pisé : c’est un mélange de paille et de terre, facile à monter, mais bien entendu, les murs sont épais. Ce matériau résiste à la pluie, quand elle arrive (cela fait 5 ans qu’il n’y a pas eu de réelles pluies), car la paille absorbe l’humidité et le mur sèche dès le retour du soleil.

Arrivée dans la vallée des roses. En fait, je suis un peu déçu car je pensais que nous allions traverser des champs de roses comme on le fait pour les tulipes en Hollande. Mais non, les rosiers servent de haies qui délimitent les parcelles de terre cultivables. En tout cas, les roses sont très odorantes.

Arrêt dans un premier restaurant, mais visiblement l’entente ne se fait pas entre le chauffeur et le gargotier, vraisemblablement un problème de prix.

Après déjeuner, nous poursuivons notre route vers les gorges du Dadès pour arriver à notre hôtel sur le coup de 16 heures.

Pendant notre trajet, l’agence de voyages passe un coup de fil à notre chauffeur et en profite pour demander directement à Régine si tout va bien ! Une vraie mère-poule cette agence !

Sur les conseils de l’hôtelier, nous traversons l’oued sur un pont fait d’une planche de bois et nous nous baladons à pied dans d’étroites gorges empierrées. Il fait frais et il y a beaucoup de vent.

Au retour, c’est l’heure de dîner, il y a là 5 Perpignanaises très volubiles qui voyagent avec leur propre 4×4 et leurs ressources apéritives…

Mardi 06/05.Gorges du Dadès, gorges du Todra.

Par chance, Omar va crever…ce qui va l’obliger à réparer dans un bourg, Msemrir. Chance, car pendant le temps que dure la réparation du pneu, nous nous évadons et parcourons le village. Vue sur le dispensaire (sur sa porte il est marqué “l’entrée” au lieu d'”entrée”), visite de l’école où nous sommes vites rejoints par le Directeur, homme fort aimable qui nous fait visiter une salle de classe (les élèves se lèvent à notre arrivée et entonnent un compliment), puis nous allons prendre le thé chez lui. Est-ce que vous croyez que cela peut se faire en notre beau pays ?

500 élèves, filles et garçons, 13 instituteurs, les cours sont “à la canadienne”, c’est-à-dire, faute de place, une session le matin et une autre l’après midi.

Nous avons une longue discussion sur l’éducation au Maroc, sur le rôle des femmes et sur la berbérité de la population marocaine. Une de ses filles, mariée à un marocain, a émigré aux Pays Bas, faute de travail sur place.

Nous reprenons la route. Les paysages sont absolument superbes, la piste est dure et caillouteuse, les moindres parcelles cultivables le sont, on sent que les habitants s’accrochent au moindre mètre carré.

6Nous allons rencontrer des nomades, ceux qui circulent avec femme et enfants et quelques chèvres, leur campement hissé sur le dos de leurs chameaux. On se demande vraiment comment ils vivent et de quoi ils vivent…le brun foncé de leur tente se confond avec la roche et c’est au dernier moment qu’on découvre le campement…Nous nous arrêtons devant un groupe de trois enfants nomades, le garçon joue d’un instrument fait maison avec quelques bouts de tôle, il a le regard infiniment triste, ses trois sœurs se cachent le visage. Par mesure dérogatoire et parce que nous n’avons rien d’autre, nous lui donnons quelques pièces.

Nous nous arrêtons pour déjeuner sur le coup de 15 heures, nous reprenons la route (excellente) pour une arrivée sur le coup de 17 heures à l’hôtel des Roches.

Petite balade à pied avant le dîner.

Mercredi 07/05.Au delà de Mhamid.

6aNous reprenons le 4×4 et nous roulons sur la piste, toujours difficile, toujours dans des paysages à couper le souffle avec des vues en contrebas sur des palmeraies.

Nous passons par le col de Tizzi’n Tazzazert et nous déjeunons à Nekob.

C’est un ancien sergent de l’armée marocaine qui nous accueille avec sa petite fille très mignonne et très timide…Il compte rénover les Kasbah familiales pour les transformer en hôtel-restaurant. Mais il y en a des flopé d’hôtels- restaurants et le nombre de clients n’est pas extensible à l’infini !

Lui aussi pense que la femme marocaine est privilégiée : c’est l’homme qui doit chercher l’argent que la femme va dépenser !

Beaucoup de villages sans jeunes hommes : ils sont à l’étranger, là où il y a du travail.

Passage rapide à Zagora pour prendre de l’essence et satisfaire une turista qui a démarré dans la douceur ce matin.

Arrivée à Mhamid où on nous demande d’acheter de l’eau car nous n’en trouverons pas au bivouac.

Après 15- 20 minutes, nous arrivons au bivouac pour y découvrir, dans le désert, une petite tente blanche destinée à nous abriter (il n’en est pas question, nous dormirons à la belle étoile), 2 chameliers et leurs chameaux (qui ont servi à amener le matériel) et qui nous feront la cuisine, assurerons le spectacle et avec qui nous passerons la nuit. Ils ne parlent pas un mot de français….

Nous faisons également connaissance d’un troisième personnage, le propriétaire des chameaux (45 ans et 10 enfants). Il est considéré par les autres comme un phénomène, car il a deux femmes (la loi autorise jusqu’à 4 femmes, à condition quelles soient traitées sur un pied d’égalité). Il a donc un statut social à part (il est respectable) et il est forcément riche. Dans le fond, plutôt que de posséder un 4×4, il vaut mieux avoir 2 femmes…

Avant le repas, nous nous baladons dans le sable chaud du désert et escaladons des dunes (prudemment, dans l’axe du campement).

Régine remarque de drôles de traces sur le sable et nous en aurons l’explication le lendemain, lors de notre second bivouac.

Nous restons donc avec nos deux chameliers qui vont s’activer à la cuisson du pain (délicieux pain du désert) et à celle du tajine.

Nous sortons nos sacs de couchage (il fait frisquet la nuit) et nous dormons comme des bienheureux la tête dans les étoiles !

Jeudi 08/05.Vers les dunes de Chigaga.

Réveil vers 5 heures 30. La nuit a été courte, mais c’est ainsi que le veut le soleil. Je pars faire quelques photos.

9Nous prenons notre petit déjeuner, du luxe! (Vache Qui Rit, pain, confiture et café noir bien sucré).

Nous voici de nouveau dans notre 4×4, toujours avec de la piste, mais cette fois caillouteuse. Nous sommes doublés par les participants d’un rallye auto moto dit de l’Amitié (gros truc, car surveillance par hélicoptère de la gendarmerie marocaine).

Arrivée près des dunes en fin de matinée, nous nous prélassons dans le campement de tentes berbères. Nous avons même une bière bien fraîche que le patron d’Iriqui Voyages nous offre (il en boit aussi une, en cachette de son personnel…).

Après coup, nous remontons dans le 4×4 pour nous rendre sur le lieu du campement. Là nous attend une tente berbère, montée tout exprès pour nous. Comme la veille nous irons dormir dans nos sacs de couchage à la belle étoile (c’est le cas de le dire).

Vers une ou deux heures du matin, le vent se lève et le sable commence à nous fouetter le visage. Je rapproche toutes les affaires de façon à pouvoir si nécessaire faire une retraite rapide vers la tente. Ce ne sera pas utile…

Vendredi 09/05.Retour vers Ouarzazate.

Au lever, notre hôte nous montre ce qu’il appelle un poisson du désert : sorte de lézard couleur sable (il faut bien être invisible) qui se meut à la vitesse grand “v” et s’enfonce dans le sable, lequel se referme sur lui effaçant toute trace. C’est l’explication des traces de pattes que nous avions vu sur le sable, lors du campement précédent.

La route du retour passe d’abord entre les dunes puis débouche sur une piste de pierre.

Nous traversons le lac Iriqui (celui-là même qui a donné son nom à l’agence de voyages) complètement à sec depuis environ 5 ans et c’est pitié de voir cette immense étendue de terre craquelée.

A la suite d’un choc, notre siège arrière se décroche à titre définitif et nous nous réfugions sur le siège arrière arrière, légèrement surélevé ce qui me vaudra quelques frottements au plafond !

Nous retrouvons la route goudronnée à Foum Zguid, où nous déjeunons, dehors, “chez Rachid”. C’est l’heure de la prière et, comme la Mosquée est toute proche, nous pouvons voir qu’il y a beaucoup de monde qui y entre.

Il nous reste 200 kilomètres à faire, ce qui sera fait sans histoire.

Arrivés assez tôt à notre hôtel, nous en profitons pour faire l’achat d’une paire de babouches que Régine va négocier au meilleur prix comme d’ailleurs le shampoing en doses individuelles (l’épicier qui nous vend le produit tient absolument à nous donner un prix en franc français et à le convertir ensuite en dirham, nous pensons d’ailleurs qu’il a fait une erreur de calcul à son détriment).

Samedi 10/05.Retour vers Paris.

Rien de bien particulier à dire, sauf que le vol a eu lieu très tard et que nous avons dû patienter bien longtemps avant d’embarquer. Normalement, nous aurions dûs, comme à l’aller, voyager par Corsair, eh bien, ce sera par Air Holland (Boeing affrété par Corsair).

Comme il y a beaucoup de places disponibles, nous embarquons sans réservation.

Le vol se fera donc avec un équipage hollandais…

ANNEXE.

Des différentes conversations que nous avons eues avec plusieurs interlocuteurs, il ressort que la situation morale du pays est vécue comme mauvaise (pour ne pas parler de la situation économique).

La population berbère étant largement majoritaire en a assez du joug arabe, certains trouvent parfaitement injuste que la langue berbère ne soit pas langue officielle (mais le berbère du sud n’est pas le berbère du nord !), d’autres estiment souhaitable que l’État devienne laïque et non plus islamique, le roi est considéré comme intellectuellement un peu faible, soumis à un entourage corrompu (ce qui ne change pas grand-chose d’avec la monarchie précédente, mais là, on savait qu’on pouvait se faire pincer par hasard alors qu’aujourd’hui, on est tranquille…), la femme doit sortir de l’illettrisme (c’est par elle que passent les courants les plus conservateurs), la loi sur la “personne sacrée” du roi qui était tombée en désuétude depuis les années 90, a été remise au goût du jour, si bien qu’une simple critique de la personne du roi ou du système monarchique vous emmène tout droit au cachot…Nos interlocuteurs pensent que la presse (dans la mesure où elle pourra rester libre) peut faire avancer la prise de conscience collective et sont persuadés que l’influence de la France et en particulier de ses journalistes (à condition que les interviews ne se terminent pas dans un hôtel de luxe de Marrakech aux frais du souverain !) peut faire beaucoup pour accélérer le processus. Je crains qu’à ce niveau là, il n’y ait beaucoup de désillusions !

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