Jean Marie Lambert

Vietnam Nord (2002)

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VOYAGE au VIETNAM NORD
Du 28/10/2002 au 13/11/2002.

Le voyage commence là où s’arrêtent les certitudes. Je ne sais pas qui a dit cela mais je suis d’accord !

Lundi 28/10/2002 Paris – Roissy.

Départ de Roissy par la Thaï.

Longue attente avant l’embarquement. Je suis assis à côté d’une Néo-Zélandaise, sourde d’une oreille. Comme elle a oublié de mettre sa montre à l’heure d’hiver, elle s’inquiète du retard de ses amis…

Je passe à l’enregistrement : poids du sac à dos, 13 kilos, pour 3 mois, c’est pas mal !

Je voyage assis à coté d’un couple qui se rend au Laos dans le cadre d’une association d’aide aux enfants atteints de malformations cardiaques ou autres, et qui sont opérés en France. Ils me disent que les Laotiens sont charmants, on verra…

Mardi 29/10/2002 Hanoi.

Arrivée à Hanoi, après une courte escale à Bangkok.

Le taxi est bien là, il parle un anglais primitif et porte une pancarte sur laquelle est inscrit non pas mon nom, mais mon prénom…L’Asie pratique la confusion des noms et des prénoms…

Hanoi, c’est le coup de foudre : je m’y sens bien tout de suite. J’aime cette ambiance plus qu’active, ces vélos et motos qui courent en tout sens, la cohue organisée, les bruits, les odeurs, ces femmes aux lourdes palanques qui trottinent en sautillant à la façon des marathoniens.

Scéne de rueJe m’installe à la Guest House, au centre du vieil Hanoi. Tout de suite, je sais que cette adresse plaira à Régine : on ne peut pas faire plus local ! La literie est assez différente de la literie occidentale : en fait, il n’y a qu’un drap posé sur le matelas et on dort à même la couverture, légère, compte tenu de la chaleur. Le matelas, fort peu épais, repose sur des planches de bois : point de sommier.

La ruelle où est située la Guest House est étroite, donc interdite à la circulation automobile (pas grave, il n’y pas d’autos, à part les taxis). Dans la chambre, un immense ventilateur aux palles vertes, suspendu au plafond.

Vers 15 heures il se met à pleuvoir avec abondance, coups de tonnerre, éclairs, tout y est…

Ça rafraîchit l’atmosphère : il fait dans les 25°.

Je vais me faire couper les cheveux, la coiffeuse est un peu inquiète et n’osera pas me raser (pourtant j’en ai bien besoin !) mais tout se passera bien. Dans sa boutique, il y a une immense photo punaisée au mur, qui la représente avec son mari, sa fille et ses père et mère…

Après cela, je vais me balader et je perds non seulement mon chemin mais aussi mon poncho et bien entendu il se met à pleuvoir ! Mon premier achat sera donc purement utilitaire.

Mercredi 30/10/2002 Hanoi.

A 5 heures 30 la ville est réveillée, elle ne cessera son activité que vers 22 heures 30 et ceci tous les jours de la semaine.

A 7 heures 30, les haut parleurs placés dans les rues diffusent la bonne parole du parti unique.

Je pars me promener sous une pluie fine qui s’arrêtera en fin de matinée.

11 du pont Paul DoumerGrande promenade et traversée du pont Paul Doumer construit par les Français, appelé depuis la décolonisation pont Long Bien. C’est émouvant de voir ces plaques de fonte qui portent l’inscription « Paris 1899-1902 »…Visite du marché : il regorge de marchandises et c’est la plus grande farfouille que j’ai jamais vu ! Il est pour l’essentiel consacré au textile en deux bâtiments sur chacun trois étages.

Peu de moyens mécaniques:les transports de denrées ou de matériaux de construction se font à l’aide de grands paniers que l’on porte sur la tête ou à cheval sur le porte bagage du vélo.

Il n’y a pas de piétons à Hanoi, sauf les étrangers et les femmes qui ploient sous leur fardeau…Les trottoirs existent bien, mais ils sont envahis d’une part, par les étals des magasins et d’autre part, côté rue, par les parkings à motos et vélos, si bien que le passage entre les deux est vraiment étroit.

Difficile de traverser la chaussée, compte tenu de la circulation de vélos et de motos : en fait il faut fendre le flot comme un navire, sans trop regarder autour de soi, mais en regardant devant. Et comme pour Moise le flot s’écarte !

C’est une ville qui est un paradis pour le voyeur que je suis : il suffit de se poster à un carrefour et il n’y a pas cinq minutes à attendre avant qu’il ne se produise un événement pittoresque ou drôle.

Les vendeuses de journaux courent les rues avec un grand carton dont le rabat abrite les journaux, tous reflétant la pensée unique.

Beaucoup de chapeaux coniques (on ne parle pas de chapeau chinois, la Chine n’est pas en odeur de sainteté ici !) avec souvent des bandeaux devant la bouche dont on ne voit pas bien l’utilité car l’air n’est pas pollué…mais il est vrai que dans certains quartiers, il y a beaucoup de poussière due au revêtement aléatoire des rues.

Jeudi 31/10/2002 Hanoi.

Il a encore plu cette nuit !

29 Pagode tran QuocVisite de la ville (transport à la pagode par moto bike après négociation sur le prix, il en voulait 20.000 dongs, nous nous sommes mis d’accord sur 12.000), du temple au pilier unique, passage devant le mausolée Ho Chi Minh que je me refuse à aller voir, visite du marché local de Cua Nam, l’unique voie ferrée se glisse entre les maisons…

Vu les restaurants spécialisés en viande de chien : ils n’ouvrent que quelques jours par mois en fonction du calendrier lunaire, la clientèle est masculine car la viande de chien a des propriétés aphrodisiaques.

Vu un dentiste qui opère aux vu et su de tout le monde : la vitre est transparente…il paraît que c’est un excellent dentiste d’après un de ses clients qui en sortait tout juste !

Ce soir (il est 6 heures, le soleil se couche à 5 heures 30) en me promenant au bord du lac, un jeune rabatteur me propose une femme…C’est plus sympa que de me proposer un homme tout compte fait ! Beaucoup de joueurs de dames et quelques praticiens de gymnastique.

Avec tout ça, je me suis fait refiler un faux billet de 50.000 dongs (3,33 euros, mais tout de même !), je rentre donc furieux à la Guest House mais mes hôtes ont bien ri…

C’est quand même surprenant ce flot de motos qui coûtent un an et demi de salaire…C’est sûr, il y a une économie parallèle.

Vendredi 01/11/2002 Hanoï.

Régine prend l’avion.

Je loue un vélo pour aller visiter à l’extérieur (7 Km) d’Hanoi le musée d’ethnologie. La selle est confortable, mais pour le reste !

Ah ! Les vélos ! Les enfants trop petits et qui ne peuvent s’asseoir sur la selle, pédalent sous la fourche ce qui n’empêche pas le petit frère ou la petite sœur de monter sur le porte bagage ou, faute de mieux, de se tenir debout sur les moyeux…De même, les motos : on voit très couramment des familles de 4 sur une moto, l’enfant debout à l’avant entre les jambes du père, puis un deuxième enfant coincé entre le père et la mère, et tout ce beau monde sans casque bien entendu !

23 chemin de ferIl est facile de s’intégrer dans le flot de circulation car tout le monde, même les motos, roule lentement. Ceci étant, il y a peu, Hanoi ne comptait que des piétons et des vélos, aujourd’hui, c’est vélos et motos et demain, peut être motos et voitures, alors ce sera insupportable.

A un moment, j’ai cru être perdu, mais j’ai été doublé par une Mercedes de l’ambassade Suisse, ce qui m’a rassuré!

Mais je me suis tout de même égaré et alors j’ai du demander mon chemin à deux reprises. Les gens sont charmants et j’ai même eu droit à un superbe croquis…

Le musée, Franco-Vietnamien, est passionnant. Il m’a fallu garer le vélo dans un parking prévu à cet effet, on m’a remis un ticket et le gardien a inscrit à la craie le numéro de mon ticket, tout ça pour 1.000 dongs (0,07 euros).

41 temple de la litteratureLe retour a été beaucoup difficile car à cause des sens interdits, je n’ai pas pu prendre le même chemin qu’à l’aller ! J’ai fini par demander mon chemin et bien m’en a pris car j’étais totalement perdu au sud d’Hanoi alors que j’habite au nord !Un petit malin me dit de suivre la ligne de voie ferrée et je me suis retrouvé !

J’ai découvert un café super avec café glacé et yaourt maison, le tout en terrasse entourés de jeunes Vietnamiens, jeunes et branchés…Il est 14 heures 15 et à Paris 8 heures 15, sûr que Régine est en route pour Roissy…

Le plus plaisant à voir, ce sont les touristes Occidentaux qui séjournent au Sofitel et qui se déplacent groupés en pousse pousse libellé « Sofitel ». Comme ça, on les voit de loin !

Vu un homme se lavant les dents en bordure de trottoir en plein Hanoi !

Samedi 02/11/2002 arrivée de Régine.

Aéroport d’Hanoi. Elle arrive enfin…Elle a voyagé surclassée en business class pour zéro euro, s’il vous plait !

les façades sont taxées, selon la largeur, même encore aujourd’hui).

Comme notre guest house est à proximité de la rue de la soie, nous faisons du léche vitrine et il faut dire que les coupes et les couleurs sont superbes et n’ont rien à envier à ce qu’on trouve en Occident.

Promenade le soir, et au sortir de mon café favori, nous passons près d’un kiosque à musique où chante un groupe, style années 60…Bien sûr, comme d’autres, Régine grimpe sur la balustrade et s’en fait déloger par la police !

Dimanche 03/11/2002 visite de la pagode des parfums, environ d’Hanoi.

4 Pagode des ParfumsNous partons visiter la pagode des Parfums. Nous sommes 4 dont un couple d’Anglais et la guide. Visite assez fatigante car il faut beaucoup grimper après avoir navigué pendant une demie heure assis sur un mauvais banc de bois. Le soir, nous assistons au spectacle des marionnettes aquatiques, sur des thèmes populaires. Bien sûr, c’est bourré de touristes ! Ensuite, dîner sur le trottoir soupe vermicelle avec bœuf séché c’est très bon (5.000 dongs chacun soit 0,33 euros …).

Lundi 04/11/2002 visite d’Hoa Lu environ d’Hanoi.

C’est un endroit lui aussi quadrillé par des cours d’eau et parcouru par des barques de pêcheurs qui ont la particularité de ramer avec les pieds, ce qui bien entendu est fort pratique car on peut utiliser ses mains pour la pêche !

Les enfants se rendent à l’école en bateau et certains plus audacieux ou plus paresseux vont s’accrocher au nôtre qui lui est à moteur…

11 Hoa LuIl y a de multiples monticules dans les champs car les rites funéraires veulent que le mort soit placé dans un cercueil de bois au milieu de son champ de riz en surélévation. Deux ans après on rouvre le cercueil (à ce stade il ne reste plus que le squelette, tant la terre est humide) et on procède à un deuxième enterrement, celui-là dans un cimetière.

Notre chauffeur roule consciencieusement au milieu de la route d’excellente qualité et c’est dû à une vieille habitude. Il n’y a pas si longtemps, la misère des paysans était telle qu’ils répandaient des clous sur les bas côtés et la réparation des crevaisons leur rapportait un peu d’argent…Mais la coutume s’est perdue, le gouvernement ayant sévi !

Mardi 05/11/2002 départ d’Hanoi et en route pour notre circuit du nord-ouest.

De Hanoi à Son La.

3 vers Son LaNous voilà tous les deux installés dans une jeep hors d’âge. Là où nous allons ne peuvent passer que les 4×4 ou les motos ! Mais attention les Vietnamiens réparent et le temps viendra (3-4 ans ?) où les cars pullman déverseront leur flot de touristes…Notre chauffeur est sympa, il porte un ongle très long comme beaucoup d’asiatique. Son anglais est à couper au couteau…

Notre première étape nous conduit à Son La à 320 Km d’Hanoi, plus de 10 heures d’une route en lacet épouvantable mais avec des paysages de montagne absolument superbes.

Au fur et à mesure que nous nous éloignons d’Hanoi, la pauvreté fait place à la misère.

Voilà qu’en plein village, un pneu éclate, c’est la première fois que j’entends un pneu éclater ! Notre chauffeur procède à la réparation et pendant ce temps nous nous promenons dans le village. Je découvre une maison en construction et on m’invite à y entrer pour prendre des photos. Voir le résultat au dos de l’appareil provoque des rires et une grande stupéfaction et on bat le rappel pour venir voir le phénomène. Évidemment, la prise de vue est facilitée et il en sera ainsi tout le voyage !

Rencontre d’écoliers, l’un deux est muni d’un balai qui lui servira à balayer la classe.

Une femme s’approche de nous et commence à nous toucher (ce ne sera pas la dernière!). Elle s’intéresse à la texture de la peau, aux cheveux, s’étonne de mon système pileux, tapote mon ventre et c’est tout juste si elle n’examine pas ma dentition comme on le ferait pour un cheval. Tout cela avec un très grand naturel et des commentaires à l’appui que je suis bien incapable de comprendre ! En fait, et cela se vérifiera par la suite, la curiosité des Vietnamiens est sans limite…Nous reprenons la route quand, quelques kilomètres plus loin Régine pousse un cri sauvage…Elle a vu le chauffeur s’endormir et le réveille brutalement !

Nous arrivons à Son La bien fourbus. L’hôtel est minable sur le plan sanitaire : la tuyauterie d’évacuation de l’eau sale du lavabo coule à même le sol et heureusement que nous avons des tongs pour patauger !

Mercredi 06/11/2002 de Son La à Dien Bien Phu.

Rencontre d’un couple Allemand qui voyage avec son pot de confiture…Il faut dire qu’après des essais infructueux, nous avons fait une entorse à notre règle qui consiste à manger local à chaque repas : nous n’arrivons pas à absorber au petit déjeuner la soupe de poulet au vermicelle ! Alors, nous sommes à la baguette, au beurre, et à la confiture locale…la baguette, avec d’autres choses comme par exemple, les églises et la vache qui rit, sont les restes les plus éminents de la présence française pendant presqu’un siècle !

Son La Dien Bien Phu (25)Dans les villages traversés nous croisons beaucoup de « minorités » (des Thaïs, des Hmongs, des Daos, chacun avec des costumes superbes !): ce sont les quelques 12 à 14% de non- Vietnamiens mais qui sont là depuis fort longtemps pour certains. Ces minorités sont d’une certaine façon parfaitement méprisées par les Vietnamiens mais ceux-ci ont compris tout le profit touristique (54 groupes minoritaires) qu’ils pouvaient retirer de leur présence…

Arrivée à Dien Bien Phu, toujours avec une route en fort mauvais état ( 150 Km ) mais des paysages splendides qu’on a le temps d’admirer car la vitesse de pointe ne dépasse pas 40 Km à l’heure et nous avons mis 6 heures pour faire le trajet. Je remarque avec grand étonnement que Régine tient ses avant- bras serrés sur sa poitrine : c’est indispensable me dit elle, car sinon j’aurais le soir les seins couverts de bleus compte tenu de l’état de la route…

Peut être est- ce dû à la lenteur mais notre chauffeur s’endort une deuxième fois…nous lui demandons de s’arrêter et de faire un somme, un grand quart d’heure ! Pendant qu’il dort, nous continuons à pied et il nous rattrape…

Dans tous les villages traversés nous voyons des tables de billard, la télévision partout et beaucoup d’enfants que les Vietnamiens adorent à l’évidence : ils sont très fiers de leur famille alors que les autorités préconisent sans grand succès apparent deux enfants et pas plus.

Notre chauffeur nous dépose devant le musée de Dien Bien Phu (la ville elle-même ne présente pas grand intérêt) et nous comprenons que la visite est obligatoire bien qu’elle soit douloureuse pour un Français ! On y voit de tout, y compris des paires de tong des héros de la bataille, la table en fer qui servait au général de Castries, des pistolets, beaucoup de photos, une vidéo…Nous faisons un tour au marché toujours abondamment pourvu et l’on vend des insectes volants probablement piqueurs, sorte de grosses abeilles, dans des sacs en plastique. La vendeuse s’amuse à nous en balancer dans les jambes, le temps de prendre une photo !

Dîner pas terrible sur une nappe blanche trouée en moult endroits…Curieux cette habitude qu’ont les Vietnamiens et les autres peuples d’Asie de laisser les étiquettes sur tous les objets si bien que nous n’ignorons rien du processus de montage du bloc toilette…

Jeudi 07/11/2002 de Dien Bien Phu à Lai Chau.

La route est épouvantable (100 Km et un peu plus de 4 heures de route) …mais elle est en réfection et nous voyons sur certaines portions des cantonniers casser à la masse de gros blocs de pierre, des femmes(certaines avec leur enfant attaché dans le dos à l’africaine) et des hommes les transportent sur la route à l’aide de paniers ou de brancards, un rouleau compresseur passe et ensuite on dispose sur la chaussée du goudron stocké sur le bas-côté dans de grands bidons réchauffés par-dessous par un feu de bois…l’épandage se fait à la main et l’égalisation au râteau…Bon, c’est ce qu’on fait partout dans tous les pays, sauf qu’ici tout est manuel !

Dien Bien Phu Lai Chau (15)Arrêt pour réparer le klaxon (c’est très important car ça sert tout le temps à tort et à travers). Nous en profitons pour visiter le village étape et nous sommes invités par une jeune femme à pénétrer dans son logis (je n’ose pas dire maison). Là, nous faisons connaissance de sa mère et des deux enfants. La pièce (c’est la seule) au sol cimenté est faiblement meublée : deux lits (celui de la grand mère et celui des parents, un enfant dormant dans l’un des deux, l’autre dans un hamac suspendu entre les barreaux d’un des lits), une télévision (elle est partout !), un lecteur de cassettes TV, quelques chaises plastique et une table du même acabit.

Nos hôtesses nous offrent le thé et la conversation commence…si je puis dire ! Enfin, les questions sont toujours les mêmes : d’où venons nous, comment nous nous appelons, combien avons-nous d’enfants avec le détail, garçon et fille…Beaucoup de gens pensent que sans la connaissance de la langue il ne peut y avoir de conversation : ce n‘est pas tout à fait vrai. Certes « la conversation » reste assez limitée mais elle existe, et les sourires échangés valent bien tous les dialogues.

Je prends quelques photos et bien sûr, elles sont épatées du résultat ! Elles nous invitent à déjeuner, mais malheureusement le klaxon est réparé et nous devons repartir.

Nous arrivons en fin de matinée à Lai Chau et nous logeons dans un hôtel de style thaï.

Dien Bien Phu Lai Chau (23)Dans la cour, 2 Range Rover rutilantes, fruit du programme d’aide alimentaire de la Communauté Européenne.

Un peu plus loin nous rencontrons deux petites filles avec des paniers remplis de morceaux de bois qu’elles ramassent sur les rives et nous entamons une discussion. Comme par enchantement, de 2 les voici devenus 8 ! Nous leur disons au revoir mais peu après nous sommes rattrapés par une des filles qui nous offrent une sorte de pomme…elle nous montre qu’il faut l’éplucher et nous donne un couteau…les pommes sont immangeables mais nous faisons bonne figure ! Nous les prenons en photos, nous leur donnons des crayons bille, et nous leur disons au revoir (pour la deuxième fois). A peine nous sommes nous éloignés de quelques pas que les voilà revenus : garçons et filles veulent que nous marquions quelque chose sur leur peau avec les crayons bille…alors, Régine et moi, nous inscrivons « bonjour » et ils sont tout content…Cette fois, c’est le dernier au revoir !

Vendredi 08/11/2002 de Lai Chau à Sapa.

Toujours une très mauvaise route de 140 Km !

Lai Chau Sapa (4)Mais nous arrivons sans encombre à Sapa et nous disons au revoir à Han, notre guide, qui repart à Hanoi par la grand route (400 Km en 10 heures).

Nous faisons un tour dans cette petite ville de montagne.

Beaucoup de Hmongs noirs (il ne s’agit pas de la couleur de leur peau mais de celle de leurs habits) minorité vivant dans la montagne.

Les femmes sont petites, fripées et noiraudes et pourtant se protégent du soleil avec des parapluies qu’elles portent dans leur hotte qui fait office en quelque sorte de sac à main et elles portent des bandes molletières du plus merveilleux effet !

Les hommes Hmongs sont rares et ressemblent aux chinois croqués par Hergé dans ses albums de Tintin. En fait, ils restent à la maison et s’occupent des cultures, du bétail et du riz.

Les femmes vendent les tissus brodés, les bijoux, procèdent aux ventes et achats sur le marché et font les guides pour les touristes.

La nuit s’annonce très fraîche, nous sommes à 1.650 mètres d’titleitude et dès que le soleil se cache, ici comme ailleurs sur le coup des 17 heures 30, il fait froid.

Samedi 09/11/2002 visite de Sapa, trek d’une après-midi.

Nous avons bien dormi, mais en polaire et en Damart…

Sapa (26)Petite promenade dans la ville : nous arrivons sur une place qui sert de stade à de jeunes écolières. C’est la course par équipes avec passage du témoin (simple planche de bois dont une partie est peinte en blanc). Les concurrentes ne sont pas habillées sport mais ville et elles courent avec leurs chaussures plastiques…

Nous entrons en négociation pour acheter un fruit, sorte de grosse poire : le premier marchand en veut 5.000 dongs, nous en offrons 2.000, le marché ne se fait pas. Un deuxième marchand transige à 3.000 dongs. C’est ainsi que nous procédons, par approximations successives, ce qui nous permet de savoir à peu près quel est le prix raisonnable pour les touristes !

Nous déjeunons dans la rue. En face de nous, assise sur le trottoir de l’autre côté de la rue, une femme âgée, Hmong.

Nous commandons des légumes, du riz et du poulet. On nous apporte également des bananes, fruit très souvent offert.

Nous mangeons, quand la vieille femme se lève, s’approche de nous et nous fait comprendre par signe qu’elle aimerait bien avoir une banane. Bon, nous la lui donnons. Elle part se rasseoir pour manger sa banane, puis tout d’un coup, se ravise et revient vers nous avec quelques billets à la main. Là, nous réalisons qu’elle veut nous acheter nos restes…bien entendu, nous lui cédons notre place et nos reliefs…

Après midi, ballade de 3 heures avec une guide Hmong de 16 ans, mariée à 14, un enfant et apparemment plus de mari, elle l’aurait viré…Elle fait tout au plus 1 mètre 45, galope comme un lapin avec la sûreté d’une chèvre, elle est increvable tout ça avec des tongs…Elle paraît très indépendante et pas du tout timide, plutôt assez délurée.

Elle nous fera avec un brin de jonc, un cheval avec sa tête, sa queue, enfin tout y est…

Dimanche 10/11/2002 Sapa, trek d’une journée et retour à Hanoi par le train.

Nous partons à la rencontre des Hmongs noirs et de leur village. Sur le trajet, je remarque une bassine plastique avec couvercle et qui déborde d’eau, celle-ci pénétrant dans le seau par une gouttière située à bonne hauteur. La vitesse prise par l’eau permet de faire tourner une turbine à palette qui produit l’électricité pour un logement. Cela permet l’éclairage (une pièce, une ampoule), l’alimentation de la télévision et du lecteur de cassette !

Sapa (22)Vu également un ingénieux système pour piler le riz grâce à la force hydraulique.

Visite d’une école, vide de ses occupants mais pas de son administration (nous sommes dimanche) où nous laissons quelques crayons bille.

Les villages traversés montrent un certain degré d’autosuffisance : riz, volaille, cochon, poissons dans des petites mares et bien sûr, tissage.

Visite d’une maison hôtel typique, en bois de bambou avec un étage qui sert de dortoir.

Visite d’une maison plus simple encore : le sol est fait du rocher sur lequel elle s’appuie, une seule pièce, pas de fenêtre, un vague miroir, une espèce de cuisine.

Le trek est facile à l’aller, surtout que ça descend mais le retour en pleine chaleur va être pénible, d’autant plus qu’ayant rejoint la route nous sommes doublés par quantité de motos (des Minsks de fabrication soviétique) qui nous proposent leur siége moyennant finance…mais enfin, nous avons notre honneur !

Arrivés en ville, nous filons prendre nos sacs à dos pour aller à Lao Cai, la gare de Sapa. Il n’y a que 38 Km mais il nous faudra 1 heure 30 de route pour arriver à bon port…

Lao Cai est une ville frontière : c’est la dernière ville vietnamienne avant la Chine.

Attente du train. Un Occidental obèse, en sueur, passe, suivi par des Vietnamiens hilares !

Régine offre à une petite fille une friandise et elle nous donne une orange…

Le trajet s’effectue de nuit, départ à 20 heures 20, arrivée à Hanoi (400 Km) à 5 heures 20 du matin. Ce n’est pas un train typique, il est bourré d’Occidentaux ! Il aurait fallu prendre celui de 18 heures mais systématiquement les touristes sont orientés sur le train de 20 heures.

Arrivée à Hanoi, taxi pour retourner à la guest house où nous déposons notre linge sale et départ immédiat (à 8 heures) pour la baie d’Along.

Lundi 11/11/2002 la baie d’Along.

Départ en bus. Nous sommes 13 touristes : 2 Allemandes, 3 Américains, 4 Français dont nous, 2 Portugais et 2 Hollandais.

Groupe sympa.

Embarquement après un trajet en bus sur le bateau à Bai Chay. Il fait très beau temps. Le bateau s’arrête et nous en profitons pour nager un peu…mais trois fois hélas, je n’ai pas remarqué le courant qui m’empêche de revenir au bateau ! Je fais signe à Régine restée à bord, que rien ne va plus ! Heureusement, un Américain et une Allemande viennent me chercher à la nage avec un matelas pneumatique ! Le retour n’est pas glorieux…C’est une bonne leçon pour la suite…

Dîner et nuit sur le bateau, il fait une chaleur étouffante. Réveil à 6 heures du matin. Vision magique de la baie.

Sur l’eau, des radeaux confectionnés avec de gros bidons reliés ensemble par des cordages et sur lesquels sont posées des planches qui supportent des maisons en bois avec télévision bien sûr ! Évidemment, la seule activité est la pêche. Les enfants vont à l’école en bateau et toute la famille vit sur l’eau, toute l’année sur 50 mètres carrés avec parfois un chien en supplément. Une cinquantaine de maisons forment ainsi un village et il y en a plusieurs dans la baie.

Mardi 12/11/2002 toujours en baie d’Along.

Nous arrivons sur l’île de Cat Ba et nous nous installons à l’hôtel. La ville est assez active et bien sûr, toute entière tournée vers la pêche (beaucoup de crevettes). Nous reprenons un modeste bateau qui nous amène dans une île protégée (Than Lan ?)
.

Régine fait là un trek épuisant mais je décide de rester au village et de m’y promener. Je vais acheter à l’épicerie bazar local une dizaine de stylos plume, de l’encre pour 60.000 dongs. Je dépose le tout entre les mains d’une institutrice qui aussitôt fait la distribution. Elle me permet de prendre quelques photos de la classe.

En ballade dans le village, je suis invité par deux hommes à prendre le thé. Toujours la même structure d’habitation : une seule pièce, la cuisine à l’extérieur pour éviter les risques d’incendie. Des puits avec des poissons qui nagent au fond : ce n’est pas une réserve alimentaire, leur fonction consiste à manger les insectes qui tombent dans l’eau, ce qui permet d’avoir toujours une eau claire !

Régine rentre de son trek littéralement épuisée mais elle a voulu aller jusqu’au bout, comme quoi le point d’honneur, ça existe !

Nous retournons sur l’île de Cat Ba.

Mercredi 13/11/2002 retour à Hanoi.

1 lac de l epee restitueeNous reprenons le bateau (avec un arrêt pour visiter une petite crique peuplée de quelques singes) puis le bus pour rentrer à Hanoi. A proximité de la capitale, sur les barrières de sécurité de la grand route des femmes ont posé de vastes paniers et elles vendent du pain. Si bien qu’au sortir d’Hanoi, tout un chacun peut acheter sa baguette ! Nous arrivons en fin d’après midi à notre guest house pour récupérer notre linge et pour apprendre qu’il n’y a plus de place ! Nous sommes dirigés vers un hôtel fort cher (15 dollars la nuit) mais enfin ce sera notre dernière nuit à Hanoi.

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