Jean Marie Lambert

Thaïlande (2002)

Share Button

VOYAGE EN THAÏLANDE
du 29/11/2002 au 27/12/2002.

Le voyage en Asie du sud est continue…Après le Vietnam du nord, le Laos, le Cambodge…La Thaïlande…

Vendredi 29/11/2002. Vol de Siam Rep (Cambodge) vers Bangkok.

Mon billet a été établi au nom de Jean-Marie, mais enfin, ce n’est pas grave, nous passons tout de même tous les contrôles.

Arrivé à Bangkok, je laisse Régine en transit, destination Paris.

Je suis un peu triste.

L’aventure continue, mais seul.

Je prends un bus A2 pour me rendre au centre de la ville, il n’y a pas trop de circulation. Une fois arrivé, il me reste à trouver la guest house et là, c’est toute une affaire ! Je m’aperçois très vite que la population locale ne peut en rien m’aider : les gens ne savent pas lire ce qui est en caractères latins, pas plus qu’ils ne parlent l’anglais ! Me voilà bien !

Heureusement, après avoir tourné en rond pendant une bonne demie heure avec un sac à dos qui se fait de plus en plus lourd au fil du temps, je rencontre un Occidental (francophone) qui va me mettre sur le droit chemin. Heureusement que je suis arrivé à Bangkok en plein jour !

La guest house n’est pas terrible: pas d’eau chaude (j’apprendrai que c’est une denrée rare en Thaïlande), un lit fait de planches de contreplaqué, pas de drap, un sanitaire déficient pour couronner le tout ! Enfin pour 9 dollars par nuit, on s’y fera.

Je fais un petit tour en ville et j’en profite pour réserver mon billet de chemin de fer Chiang Mai Bangkok (train de nuit).

Le conseil de l’agence où j’ai pris mon billet, c’est d’éviter de prendre les bus en ville : ils vont toujours dans la direction inverse à celle souhaitée et comme en plus, on ne peut pas repérer le nom de l’arrêt…il me conseille les taxis meter (équipés de compteurs et qui sont très bon marché).

Je rentre à la guest house (ma chaussure gauche me lâche, il faudrait un point de colle) et je remarque que, tout près, sur la place de la Démocratie, œuvre assez ratée d’avant la deuxième guerre mondiale d’un architecte italien (il s’est fait connaître pendant la période mussolinienne), il y a un Mac Donald’s ! Bon, je ne mourrai pas de faim !

Cette chambre est tristounette, il n’y a pas de chasse-d’eau, l’écoulement du lavabo se fait par un tuyau inachevé qui tombe dans un seau en plastique vert qu’il faut vider dans les toilettes…L’écoulement du climatiseur se fait directement dans la salle d’eau, ce qui fait que cette pièce est la plus chaude de la chambre (mais peut être pas la plus saine !). Je n’arrive pas à allumer le néon au dessus de mon lit : normal, il faut se mettre debout sur le lit pour le tourner !

Juste avant l’escalier (je loge au 2° étage), il y a un panneau sur lequel est affiché ce petit mot: Jean-Marie, nous sommes au New Siam hôtel où tu peux nous joindre. Signé Maurizio, le 28/11…

Samedi 30/11/2002. Bangkok.

Régine est arrivée à Paris samedi matin à 2 heures 30, heure locale de Bangkok, soit 21 heures 30, le vendredi, heure de Paris.

Je sors faire un tour en ville et mon premier achat sera une nouvelle paire de nu-pieds car les miens viennent de me lâcher. Mes nouveaux sont de « good quality » (d’après la marchande qui rechigne à baisser son prix) ! Cela va s’avérer exact !

Je pars à la recherche d’une agence locale (c’est très difficile de s’orienter dans une ville de 8 millions d’habitants avec d’énormes embouteillages), les plans sont très approximatifs, l’échelle est inexistante) pour peaufiner mon parcours vers le nord, puis d’une autre, pour mon séjour côtier dans l’île de Quo Chang.

Les horaires des magasins, c’est de 8 heures 30-9 heures du matin et ils ferment pour la plupart à 16 heures 30, les restaurants font le plein à 19 heures, mais il est vrai, qu’ici comme ailleurs, le soleil se couche à 17 heures 30…à 17 heures, il fait encore 33°. Et l’atmosphère est très humide. Bangkok est une ville difficile à vivre et je n’ai jamais autant bu qu’ici.

J’apprends vite que l’anniversaire du roi (ses 75 ans) sera célébré le 5 décembre. Son portrait est partout, c’est à qui aura le plus grand pour décorer sa vitrine. La ville resplendit de lumière.

Ceci étant, le souverain est représenté par des photos qui ont arrêté le temps (on lui donne 45 ans et il en avait 19 quand il est monté sur le trône !), son visage est rosé, ce qui est étonnant pour un asiatique (mais enfin, c’est un roi).

Je pars à pieds voir un match de boxe thaïlandaise. Les étrangers payent le double des locaux. Au bout du septième combat, je baisse les bras et je m’en vais : le spectacle n’était nulle part et sûrement pas dans l’arène aux trois quart vide. Entre les rounds, les boxeurs sont assis sur des tabourets placés sur des plateaux circulaires en zinc, ce qui permet de les arroser sans mettre d’eau sur le ring.

Dîner dans un restaurant thaï (comme il est épicé mon poulet à la noix de coco !) avec des convives thaïs, pour 135 baths. La vraie cuisine thaï est immangeable pour un palais occidental parce que trop épicée. Les Thaïlandais le disent eux- mêmes, et en riant, racontent que s’ils sont minces, c’est parce que ils ne peuvent pas manger de grandes quantités de nourriture !

La salle, tout en longueur, bénéficie d’un orchestre local (crooner des années 60) et de 2 télévisions à chaque extrémité qui diffusent en continu les matchs de football du vieux continent. Un couple d’âge respectable (c’est-à-dire du mien) danse entre les tables.

Retour à la guest house, il est 22 heures et seule une petite ouverture permet d’entrer.

Dimanche 01/12/2002. Bangkok.

Je m’aperçois que j’ai oublié de changer l’heure de mon appareil photo ! J’ai donc eu en plein le décalage horaire pendant tout le mois de novembre !

Au rez-de-chaussée de la guest house, dans la salle de restaurant (fermée à 19 heures !), sur le coté droit, il y a une dizaine d’ordinateurs tous occupés par les gamins du collège d’à coté qui jouent jusqu’à l’heure d’ouverture de leur école.

Ce matin, au petit déjeuner, deux jeunes couples de Français discutent à perte de vue. Le thème, c’est je préfère parler au paysan qui garde sa noiraude plutôt qu’avec un ingénieur qui travaille dans le nucléaire ! Ensuite, on passe à la définition de l’acte gratuit (Gide, au secours !).

Sur le grand boulevard qui mène à l’ancien Palais Royal, sur le trottoir, dès que les magasins sont fermés, s’établissent des vendeurs de tickets de loterie : ils sont là par dizaines avec d’impressionnants paquets de billets…

La circulation automobile est folle et tout est fait pour elle : on voit, en plein Bangkok, des autoroutes au sol survolées d’autres autoroutes montées sur piliers et parfois, entre les deux, des passerelles pour piétons (les malheureux !). L’air est évidemment très pollué et beaucoup d’habitants portent des foulards sur la bouche.

Visite du marché qui n’est ouvert que deux jours par semaine : le samedi et le dimanche. C’est la plus grande farfouille que j’ai jamais vue! C’est immense, il faudrait plusieurs jours à une armée de farfouilleurs pour tout visiter.

Je fais quelques achats vestimentaires, dont un pantalon en coton qui tombe pile poil, pas besoin de le raccourcir. En fait, j’ai de la chance, car il n’est pas question d’essayer sur place, on achète en faisant confiance.

Taïlande-1Vu des bonzes qui mendient leur nourriture.

C’est spécial un bonze ! Tous les hommes y passent même les enfants à partir de 5 ans…pendant trois à six mois de leur existence, certains pour toute la vie : c’est une retraite méditative, et même le roi a été bonze et a mendié sa nourriture !

Ceci étant, les moines n’ont pas le droit de trier la nourriture qu’ils reçoivent dans leurs sacs plastiques et donc mélangent le tout ! Il faut aimer !

Je déniche un café sympa qui me rappelle celui d’Hanoi, j’y bois un café glacé et un yaourt maison.

Vu une fabrication de glace à l’eau : un demi cylindre en acier avec un couvercle percé de trous de faible diamètre. Le couvercle peut tourner sur le demi cylindre qui est rempli de glace.

Chaque trou du couvercle, il y en a une bonne cinquantaine, contient une sorte de pipette en acier où l’on met le produit à glacer (genre Fanta). Le marchand tourne le couvercle à grande vitesse de façon à faire prendre la glace.

Il fait gris et chaud mais j’arrive à passer entre les gouttes.

Lundi 02/12/2002. Bangkok.

Je me balade sur une immense esplanade proche de l’ancien Palais Royal lorsque je vois un spectacle étonnant ! Un rectangle dont trois cotés sont formés par des hommes assis sur des chaises, revêtus d’une blouse jaune plastifiée avec une serviette éponge rose sur leurs épaules. Ils tiennent sur les genoux une feuille de lotus.

Le quatrième coté est une tente sous laquelle sont réunies des personnalités, les femmes d’un coté, les hommes de l’autre. Des généraux, des officiels, des discours, une remise de cadeaux tout cela sous le regard de sa majesté en poster.

Taïlande-4A la fin, nos officiels – ils sont bien une cinquantaine – s’emparent de ciseaux (le général bénéficie d’une paire enrubannée) et vont vers ceux qui sont restés assis sous le soleil et chacun de tailler une mèche de cheveux, de la déposer sur la feuille de lotus, tout ça devant la télévision et les photographes. J’ai appris plus tard, qu’en vertu de l’anniversaire du roi, on offrait gratuitement aux pauvres une coupe de cheveux (on distribue aussi de la nourriture)!

Je file vers le Wat Pho qui abrite une école de massage. Pas évident à trouver cette école !

Je me fais faire un massage aux herbes, c’est agréable et les gestes de la praticienne ressemblent pour beaucoup à ceux des ostéopathes.

Comme beaucoup d’asiatiques, ma masseuse avait l’ongle du petit doigt d’une longueur démesurée.

Seul petit problème : ma chemise blanche que j’avais remis après le massage est toute tachée, ce sont les herbes qui m’ont joué un mauvais tour !

Je vais dîner de nems.

Mardi 03/12/2002. Bangkok.

Les nems ne passent pas ! Il faut dire qu’ils étaient affreusement gras et mauvais au goût. Le combat pour les conserver ou non durera jusqu’à midi…

Je commence à avoir la nausée en passant devant les stands de nourriture et toutes ces odeurs qui me semblaient la veille encore fort appétissantes me répugnent…ce dégoût va durer trois jours, pendant lesquels je me nourrirai de bananes et de yaourts.

Je pars visiter le Wat Pho et par bonheur mon appareil photo se bloque : les piles sont déchargées. Ce qui me permet de rentrer vite fait bien fait à la guest house où je trouve ma chambre parfaitement accueillante et proprette (comme quoi, il en faut peu pour changer d’avis!).

Je ressors visiter le Pilier de la Ville, lieu symbolique car c’est de là que sont calculées les distances kilométriques.

Il y a un temple consacré à Bouddha à qui on peut offrir, outre les cadeaux habituels comme des fleurs et des fruits, des têtes de cochon (cuites).

En fin d’après midi, je vais me promener dans le quartier Occidental, c’est-à-dire là où logent les touristes « sac à dos ».

Dans ces rues, on vend de tout et j’aurais pu me faire faire une carte de presse US ou une carte d’étudiant !

Mercredi 04/12/2002. Bangkok.

Visite à nouveau du Wat Pho et de son Bouddha couché, le plus grand de toute la Thaïlande.

Tout au long de ce Bouddha, des coupes en métal – une bonne quarantaine – dans lesquelles on glisse une pièce de monnaie (on achète les pièces de monnaie dans le Wat).

Je pars visiter les khlongs qui sont les canaux à la vénitienne…

Tout au long du quai, on vend des poissons, des tortues, des anguilles et des oisillons.

Le but, c’est d’acheter ces animaux qui sont vivants et de les lâcher, qui dans l’eau qui dans l’air, pour s’attirer les bonnes grâces de Bouddha ! C’est une donation.

Remontée du Chao Phraya qui est la rivière principale de Bangkok et arrêt visite au marché de Monthaburi et là, on trouve de tout, des oranges des bananes délicieuses, des vêtements et même des cochons transbahutés dans des tricycles à moteur.

Puis nous voguons vers les khlongs proprement dits. Arrêt pour visiter un temple très ancien et qui est encore inondé, la mousson a cessé fin septembre et la décrue n’est pas terminée. J’apprends que les temples sont soit royaux, donc financés par la nation, soit communaux et donc financés par les habitants, si bien que l’on connaît très vite le degré de richesse des communes.

Visite d’un deuxième temple avec un nouveau Bouddha couché, mais celui là est bâché pour éviter les dégâts des eaux (Wat Ratprakong Tham).

La navigation continue et on fait de tout dans les khlongs : du commerce d’épicerie par bateau, on y pêche, on s’y lave y compris les cheveux, tout ça dans une eau qui ne brille pas par sa transparence !

Visite d’une maison ancienne (170 ans), construite en teck, bois imputrescible. Beaucoup de pièces car c’est une maison familiale comme beaucoup de maisons. Un fil de coton blanc dans le séjour, posé par un bonze, censé protéger les vivants du retour de l’âme de la personne décédée (la femme du propriétaire de la maison est morte récemment).

Retour par bateau à Bangkok.

Ce soir, on tire des feux d’artifice en l’honneur de l’anniversaire du roi. Il est 18 heures, il fait nuit chaude. La grand-place regorge de monde et de stands : musique traditionnelle mais aussi  » moderne », boxe, tout cela offert au bon peuple.

Présence d’aveugles par groupe de 5, de mutilés de toutes sortes, innombrables vendeurs de nourriture, de vêtements, de chaussures neuves ou d’occasion, de montres (j’ai même vu un authentique coucou suisse), de téléphones portables ou fixe, de CD, de radio, de tout quoi !

Jeudi 05/12/2002. Bangkok.

Visite du Wat Arun. Pour s’y rendre, il faut traverser le fleuve, c’est-à-dire trouver le bon embarcadère et payer 4 baths (quelque chose comme 10 centimes d’euro) pour l’aller et le retour.

Le wat Arun, c’est un peu le domaine des marchands du temple : on y trouve de tout y compris des mannequins de bois habillés en costumes traditionnels, on passe la tête par le trou prévu à cet effet, et le tour est joué, vous êtes prêt pour la photo ! Il y a aussi des Thaïlandaises habillées somptueusement (mais malheur !avec des tongs en plastique, nul n’est parfait !) auprès desquelles, moyennant rétribution, on peut se faire photographier. Je passe sur les montreurs de serpent, sur les tuiles que l’on acheter pour les offrir au temple après avoir gravé son nom dessus…

Je reprends le bateau pour rejoindre ma rive d’origine et je visite le Palais Royal (gratuit, en ce 5 décembre) le wat Phra Kaeo (absolument superbe). Je rentre à la guest house sous un soleil de plomb. Heureusement, il y a des distributions de bouteilles d’eau à titre promotionnel à peu près tous les 100 mètres !

Je passe place de la Démocratie : il y a des stands de distribution de nourriture tenus par les enfants du collège voisin.

Il est 12 heures 30, et je prends le bateau sur le khlong Saen Saep pour aller visiter la maison de Jim Thompson. C’est un américain qui s’est épris de la Thaïlande et qui après avoir fait carrière comme espion, est devenu défenseur de la soie thaïlandaise !

Son destin fut tragique : il a disparu au cours d’un week end en Malaisie et son corps n’a jamais été retrouvé. Certains disent qu’il a été tué par la CIA, d’autres qu’il a été dévoré par des tigres, d’autres enfin qu’il s’est enfui et qu’il est toujours vivant quelque part…Ce bateau peut embarquer une bonne cinquantaine de passagers et de toute façon, on se pousse pour faire de la place. Comme je ne connais pas le prix du passage et que nous avons quitté le quai, je donne 10 baths, le caissier me rend quelque chose, c’est donc que ça doit aller ! Nous passons sous des ponts et quand ils sont trop bas, un ingénieux système permet d’abaisser la toile qui nous sert de toit. De chaque coté du bateau, des bâches sont disposées de manière à éviter les éclaboussures d’eau sale et les coups de soleil.

Taïlande-7Je descends à l’arrêt que j’avais repéré sur mon plan et je visite la fameuse maison, transformée en musée.

Cette maison, en bois, a été construite en 1959 à partir d’éléments anciens et selon des plans rigoureux pour reconstituer l’agencement classique des maisons thaïlandaises.

Taïlande-8C’est un havre de paix. L’accueil est charmant, je suis mis entre les mains d’une jeune guide qui parle bien notre langue et comme je suis le seul visiteur de langue française nous parcourons tous les deux les différentes pièces de l’habitation.

Le café, situé dans un bâtiment annexe sert de délicieux plats, aptes à réconcilier les palais occidentaux avec la cuisine locale.

Ma visite achevée, je file vers le World Trade Center (celui de Bangkok, bien sûr!). C’est pour moi du jamais vu…les centres commerciaux de notre pays font minuscules et mesquins par rapport à celui-ci !

Une fois rapidement fait le tour, je reprends le bateau pour rentrer place de la Démocratie. Arrivé à bon port, (il est environ 17 heures) je constate que beaucoup de gens attendent quelque chose, assis sur les trottoirs.

Quand on voit un asiatique assis sur une marche ou un trottoir, en général, il n’a qu’une chaussure au pied, l’autre cale son postérieur.

Il y a foule ! Je décide d’attendre avec eux. Au bout d’un certain temps, passent 3 Rolls crèmes et visiblement le roi et la reine sont à l’intérieur, la 2° Rolls transporte la progéniture, la 3° est vide de tout occupant, elle est là pour dépanner en cas de problème. Toute la rue est debout, raide comme un I.

Certains s’inclinent respectueusement au passage des 3 véhicules qui sont suivis par une flopée de Mercedes rouge grenat contenant les dignitaires galonnés et décorés.

Puis c’est le défilé, bon enfant, de la population, regroupée par quartier ou par profession, de l’armée sans arme, débonnaire, l’ambiance est très détendue, les fanfares s’époumonent !

Le roi est donc passé de son Palais Royal à son Royal Palais : il n’y réside plus mais il y reçoit.

Vendredi 06/12/2002. Bangkok.

La grande nouvelle : je déménage et je quitte la guest house pour le Royal Hôtel, encore mieux situé, avec eau chaude !

Je visite le musée National. C’est un aimable bric à brac, notices en anglais.

Croisé encore le roi, ses trois Rolls et la nuée de Mercedes rouges. Je pense qu’il a du oublier quelque chose hier en son Royal Palais…

Taïlande-13Visite de la China Town, mais pas seulement : il y a aussi bon nombre de sikhs. Les ruelles sont tellement étroites qu’il y a une file de piéton descendante et une file de piéton dans l’autre sens…plus des diables, des scooters qui se fraient des passages ! Je vois – et cela paraît parfaitement incongru – des sapins en plastique et des bonnets de père Noel avec lampions incorporés !

Un peu inquiet de la diminution du niveau de mousse à raser, je cherche un spray…j’ai beaucoup de difficultés à trouver ce que je veux car ici, les hommes ne se rasent pas mais s’épilent. Enfin, je trouve mon bonheur, mais à prix élevé : 55 baths (1,30 euro) pour 50 grammes de produit !

Je rentre à l’hôtel et la chambre est bien agréable. Ce qui est curieux, c’est que réserver par une agence de voyage coûte moins cher que de se présenter sur place ! Je suis content car j’ai trouvé un restaurant thaï (La Baleine) pas trop spicy, proche de l’hôtel.

Samedi 07/12/2002. Bangkok.

Visite du musée Suan Pakkad Palace. C’est un ensemble de maisons thaï, en bois, très belles, plantées là au milieu des buildings… La visite se fait en indépendant, mais le personnel veille à ce que toutes les salles soient visitées, y compris le bâtiment annexe, moderne, la Marsi Gallery consacrée aux souverains !

Taïlande-9Puis je prends un taxi pour me rendre au Vimanmeck (la plus grande maison en teck du monde, chevillée, sans l’ombre d’un clou). La visite se fait en pantoufles, les photos sont interdites et elle est guidée. Notre guide parle un anglais à couper au couteau. Beaucoup d’objets d’inspiration européenne, surtout anglais.

Je reprends un taxi, direction le wat Pho massage pour un massage des pieds, absolument délicieux.

Retour à l’hôtel, il est 15 heures, le temps est gris, il fait une chaleur torride (22° la nuit et 35° le jour).

En règle générale, mes horaires de sortie sont le matin de 8 heures jusqu’à 15 heures, puis repos, et sortie vers 19 heures (dîner, après il est presque trop tard, on dérange !), et, retour vers 20 heures 30.

Vu des tapis de sol confectionnés à partir d’emballages d’aluminium (genre paquets de lessive ou de gâteaux), 2 mètres sur 1,50.

Dimanche 08/12/2002. Bangkok.

J’ai pu regarder la télévision à l’hôtel : on diffusait un film en langue espagnole, sous- titré en anglais ! Les publicités européennes sont peu nombreuses : Michelin, Garnier, Siemens, Nivea, Alfa Roméo (!), Nokia, Nestlé, Heineken, Orange…tout le reste est Japonais.

C’est la journée des wats et dans l’un d’entre eux, j’ai vu un bonze en train de s’en griller une assis sur une chaise longue, dans le temple, juste derrière un Bouddha !

J’ai aussi visité un marché d’amulettes, un wat avec moult exaltations populaires et offrandes de billets de banque. Pas loin de là, sous un auvent de toile, des tables et des chaises, des jeux de carte, bref tout le nécessaire indispensable pour prédire l’avenir.

Lundi 09/12/2002. Départ pour le nord. Où je fais connaissance de Marjory.

Taïlande-14Le réveil est à 5 heures 30 pour un départ à 7 heures ¼. En fait, je me retrouve avec une Sud Africaine touriste, un guide, un chauffeur, dans une voiture (c’est mieux qu’un bus !) et en route pour le nord. L’anglais de notre guide (Niki) n’est pas trop mauvais et il est sympa.

Taïlande-16Ma compagne de route se prénomme Marjory. Elle travaille comme responsable de bibliothèque dans une   université technologique et vit à Port Elisabeth. C’est son premier voyage en Asie. Le fait d’être aussi peu nombreux (!) présente des avantages mais aussi l’inconvénient de ne pas pouvoir décrocher dans l’anonymat d’un groupe. L’attention est donc constamment sollicitée.

Taïlande-15Nous visitons pour cette première journée, Bang Pa In, Ayuthaya, Lopburi et nous terminons à Phitsanuloke, dans un très bel hôtel où, comme ailleurs, tout est à vendre : la serviette de bain, les verres, le cendrier et même le tapis de douche…

Il fait beaucoup moins chaud qu’à Bangkok.

 

Mardi 10/12/2002. Marjory se demande si on doit donner un pourboire au guide.

Visite d’une fabrique de Bouddhas, puis d’un musée ethnographique privé et du wat Bo.

On trouve en vente des seaux en plastiques garnis avec tout ce qu’il faut pour les bonzes : conserves, papier de toilette, boissons etc.…

Puis nous partons pour Sukhothai, Sri Satchanalai et enfin Lampang.

A l’hôtel, je regarde la télévision (TV5, chaîne francophone, qui diffuse des programmes du, Canada, de la Suisse romane, de la TV belge, française), et je tombe pile poil sur une information de la plus haute importance diffusée par la Suisse : le club de foot d’Yverdon est au bord de la faillite et les dirigeants préconisent de baisser les salaires des joueurs de 80% !

En contrepartie, la municipalité pourrait fournir des emplois, rémunérés.

Mercredi 11/12/2002. Marjory se demande quel type de chaussures elle doit mettre pour aujourd’hui.

Nous partons vers Chiang Mai et, en chemin, nous visitons un village Karen (sous la pluie…). Décevant : on commence à tomber dans le folklore.

Taïlande-19Visite du wat Haripoonchai à Lampoon.

L’après- midi va être très difficile ! Notre guide nous emmène faire la tournée des commerçants : c’est ainsi que l’on verra successivement une bijouterie, un magasin de soieries, d’ébénisterie, de papier (ombrelles, abats jour, éventail), d’argent, de jade…C’est soûlant ! Les vendeurs sont là pour vendre, et moi pour regarder, alors on ne peut pas s’entendre !

Arrivée à Chiang Mai et séjour au Riverside Plazza, hôtel très confortable mais à 21 heures 30, coup de sonnette pour savoir si les serviettes de la salle de bain sont bien là.

Le dîner est tout à fait occidental (saumon, consommé d’asperge, filet de bœuf, glace à la noix de coco et ananas). On est très loin de la cuisine thaï !

Jeudi 12/12/2002. Chiang Mai, Marjory se demande s’il faut s’habiller pour ce soir.

Taïlande-21Nous visitons dans la matinée, le wat Doi Suthep, en petite montagne, à l’extérieur de Chiang Mai, 300 marches à grimper.

A midi, Marjory fait preuve d’ouverture culinaire : elle déguste une pizza, du fromage (brie), une quiche. Enfin, du pur local !

En fin d’après midi, je vais chez le coiffeur : en fait c’est une coiffeuse dont je ne verrai que les yeux et la racine du nez, le reste étant caché par un bandeau. Curieusement, le shampoing a lieu tout à la fin. J’en ai pour 100 baths.

Ce soir, nous avons un dîner folklorique et je crains le pire ! Le pire est arrivé ! Avec au final, des Occidentaux dansant sur des rythmes thaï !

Vendredi 13/12/2002. Marjory se demande si Nicky est homosexuel.

Nous partons de Chiang Mai pour Chiang Rai. Je suis pile poil au milieu de mon voyage.

Visite d’une ferme d’orchidées et d’un camp d’éléphants avec spectacle. C’est fou ce qu’on arrive à faire faire comme conneries à des animaux aussi intelligents ! Enfin, c’est tout de même assez drôle et ça plait beaucoup aux touristes qui peuvent aussi faire un tour à dos d’éléphant.

Nous déjeunons au bord de la rivière Kok puis nous prenons un bateau avec arrêt dans un village dit de minorité Karen, sans grand intérêt, il n’y a que des étals où l’on vend ce que l’on vend partout ailleurs ! Arrivés à Chiang Rai, nous accostons au débarcadère de l’hôtel, extrêmement luxueux. J’ai une suite avec deux salles de bain, deux télévisions, un bureau…et j’ai aussi une balance qui me dit que j’ai perdu 3 kilos en un mois et demi ! Devinette : puisqu’il me reste encore 1,5 mois, combien aurai-je perdu de kilos à la fin du voyage ?

Samedi 14/12/2002. Au revoir Marjory !

Visite de Mae Chan (minorités –encore- Karen et Yao !). Ce sont des allées commerçantes, sans plus, il y a quelques maisons en bois typiques, mais comme les communautés s’enrichissent, elles les abandonnent au profit du parpaing. Là, il faut payer pour pouvoir photographier ce que je me refuse à faire. Puis de Mae Sai, la ville frontière avec la Birmanie. Ville qui ne présente d’autre intérêt que d’être la plus au nord de la Thaïlande. J’y achèterai une saucisse, délicieuse, grillée au barbecue, que je paierai 10 baths mais le vrai prix, c’est 5 baths. J’ai vraiment une tête de touriste !

Taïlande-23Nous arrivons ensuite au fameux triangle d’or, point mythique du Mékong où se rencontrent la Birmanie, le Laos et la Thaïlande et aussi, lieu de tous les trafics illicites : le nom du lieu vient du fait que les transactions se font non en espèces mais en or…J’y achète en espèces sonnantes et trébuchantes (non mais !) une chemise à manches courtes pour 140 baths (contre 200 demandé !).

Puis visite de Chiang Saen (wat Chedi Luang) et transfert à l’aéroport de Chiang Rai, Marjory rentrant sur Bangkok, et moi, prenant l’avion pour Chiang Mai.

Mon avion est à 18 heures 30 et il est 15 heures.

Heureusement, je trouve un stand Internet, très cher.

Avant de quitter notre guide, je lui ai demandé de m’inscrire en thaï le nom de mon hôtel à Chiang Mai, les taxis ne sachant pas d’une façon générale, lire l’alphabet latin. D’ailleurs j’ai sous les yeux une lettre d’un lecteur indien au » Bangkok Post » qui se plaint du niveau plus que faible de l’anglais des thaïs !

Dans la salle d’embarquement, il y a des fauteuils en skaï mais qui sont strictement réservés aux bonzes voyageurs, nous on a le droit à de vulgaires siéges plastiques !

Je vais voyager par Air Andaman, jet stream 31, 20 places assises, 18 occupées.

Taïlande-24J’arrive donc sans encombre à destination. Là, je trouve un taxi qui m’explique dans un anglais hésitant qu’il se passe quelque chose d’important dans la ville et que c’est le dernier soir ! Je crois comprendre qu’il s’agit de »madicasse ».

Or, comme mon hôtel est fort bien situé, c’est-à-dire près du marché de nuit où se passe l’événement, je décide d’aller faire un tour. Effectivement, il y a un monde fou dehors et une grande banderole où est inscrite en français  » Mardi gras 2002″. Tout s’explique !

La chaussée est interdite à la circulation, il y a des restaurants de rue absolument partout. Vu un stand de nourriture un peu spécial : ici, on vend des larves frites, des vers à soie frits, des criquets et des sauterelles…et il y a des acheteurs ! Je rencontre sur mon chemin une brasserie allemande, un restaurant italien.

De retour pour le coucher dans ma chambre, je n’arrive pas à éteindre la lampe qui éclaire le bar : impossible de trouver l’interrupteur ! Renseignement pris auprès de la réception, c’est normal, il suffit de tourner le néon dans son logement !

Dimanche 15/12/2002. Chiang Mai.

C’est la grande tournée des wats d’autant qu’il fait beau et pas trop chaud. Dans les temples on trouve à disposition des fidèles des cylindres de bois qui contiennent des baguettes numérotées. On agite bien fort le cylindre et on tire une des baguettes. Le numéro donne droit à une prédiction qu’on va chercher dans le tiroir d’un meuble – chaque tiroir portant un numéro de baguette. Quoi de plus simple !

Je prends un peu de repos à la terrasse d’un restaurant, il est 11 heures 30, je suis à l’ombre, sous un parasol, un 15 décembre !

Le soir, je parcours le marché de nuit. Il y a du Vuitton (il est spécifié sur une étiquette que le produit vient de Paris), du Lacoste et d’autres marques !

J’apprends par la presse que le tee shirt (20.000) à l’effigie du chien du roi s’est vendu comme des petits pains à 500 baths, soit 12 euros. On ne pouvait n’en acheter que 2 par client et des acheteurs ont fait la queue à partir de minuit.

Ici aussi, on pratique les prix cassés, du genre 49,99 baths…

Pour la première fois en Thaïlande je vois une banque islamique et un restaurant hallal.

Grande balade à la nuit tombée (il est 18 heures !). Vu des orchestres d’aveugles, des enfants en train de jouer à la toupie : celles- ci sont lancées à grande vitesse sur une surface plastifiée légèrement incurvée en son centre et le jeu consiste à ce que l’une des toupies renverse l’autre.

Lundi 16/12/2002. Départ vers Mae Hong Son.

Je quitte mon hôtel et la réception me demande de payer une nuit sur les 2 passées, alors que tout a été payé d’avance ! Tout finira par s’arranger, il y avait erreur sur le numéro de la chambre.

J’attends sagement le taxi qui doit assurer le transfert vers l’aéroport, en principe à 8 heures. A 8 heures 30, il n’y a personne ! Je fais téléphoner, et on me dit arriver de suite ! Bref il est 9 heures et il faut faire fissa pour rejoindre l’aéroport. Mon sac à dos pèse 13,5 kilos à l’enregistrement.

Pendant le trajet, j’ai le temps de lire le journal et j’apprends que l’on vient de découvrir un scandale dans les chemins de fer !

47 toilettes ont été construites pour 1,75 million de baths l’unité alors que ça ne vaut pas plus de 260.000 baths chacune.

Cherchez l’erreur ! Il y a, en apparence tout au moins, une volonté du nouveau premier ministre (lui-même milliardaire populiste) de faire le ménage. Il y a aussi ces cylindres pour moteur, payés en novembre 2001 99.000 baths, et seulement 47.880 cette année, suite au changement de direction.

J’arrive à Mae Hong Son et je trouve là une représentante de l’agence de tourisme qui doit me piloter pendant mon séjour ici, je serai le seul. Elle a l’air très sympa et je dois la voir à 14 heures pour commencer notre programme. Elle enseigne l’anglais –ce qui fait que j’arrive à la comprendre- dans un collège. Ses classes vont de 40 à 60 élèves et comme elle ne se trouve pas assez payée, elle complète son salaire par des prestations touristiques, ce qui lui permet de gagner 100 dollars us par mois. Elle me dit aussi que la population locale est pauvre et que certains de ses élèves ne mangent pas à midi, faute d’argent. Elle incrimine les travailleurs Birmans (clandestins, pour la plupart) qui cassent les salaires.

Elle vient d’acheter une maison avec sa sœur.

L’hôtel où je loge est superbe, avec piscine, mais il est assez éloigné du centre de la petite ville (70.000 habitants, 1 feu rouge).

A 14 heures, je reprends mon bâton de pèlerin et je visite la ville et ses wats.

Mardi 17/12/2002. Autour de Mae Hong Son.

Une surprise de taille ! Ma guide est remplacée par une autre guide, sa sœur, car elle doit assurer ses cours ! Elle est tout aussi sympa, elle est artiste peintre et donne des cours de dessin. Départ pour la Pai River et embarquement sur un bateau longue queue pour une navigation d’une vingtaine de minutes.

J’observe des hommes, de l’eau jusqu’à la taille, munis d’un bidon métallique d’une dizaine de litres avec lequel ils raclent le fond de la rivière pour y recueillir du sable, ils remplissent ainsi une pirogue. Chaque bidon est payé 1 bath. C’est un travail qui est  » réservé  » aux Birmans !

Puis on débarque et je fais un tour d’éléphant, avec traversée d’une rivière. La balade va durer une heure et je vais parcourir ainsi la campagne, tout en passant à guet quelques ruisseaux. Le cornac, installé sur la tête de l’animal, mène son éléphant (40 ans, la bête) avec ses pieds qu’il dispose derrière les oreilles et il appuie plus ou moins fort soit à droite ou à gauche, selon le résultat qu’il veut obtenir. J’apprends qu’un cornac ne s’occupe jamais que d’un éléphant, toujours le même.

Une fois arrivé, il y a bien sûr la récompense (20 baths le régime de banane) et je donne la même chose au cornac.

Taïlande-28Puis nous prenons un minibus pour visiter un lieu controversé, le village des longs cous.

Dans cette tribu, émigrée de Birmanie, les femmes portent d’étroits colliers superposés ce qui a pour conséquence d’allonger leur cou d’une façon démesuré.

Est-ce de l’exploitation touristique ?

Toujours est il que cette tribu est à l’évidence sûrement plus en sécurité en Thaïlande qu’en Birmanie, bien qu’elle n’ait pas le droit de posséder des terres, ni même d’en travailler. Elle vit donc passivement, de la vente d’objets artisanaux.

Juste au-dessus, il y a un deuxième village, mais cette fois avec une tribu dite des longues oreilles.

Juchée sur la colline, une église catholique, qui est celle des communautés restant cependant fortement teintées d’animisme.

Taïlande-29Après midi, visite d’une autre minorité dite des Méo microwawe. Nous visitons l’école des petits qui sont justement en train de dessiner des cartes de vœux pour la nouvelle année.

Alors bien sûr, ma guide entre en scène et sous les applaudissements dessine sur le tableau et sur des feuilles de papier des paysages.

Sur une table, traîne un dictionnaire anglo-thai !

Nous visitons le village, assez misérable. Nous croisons un homme qui revient de la ville (Mae Hong Son), il a un rond bleu dessiné sur son front, destiné à éloigner les mauvais esprits qui rodent dans la ville…Il parait que le dessous des pieds est protégé de la même manière.

Je rentre à l’hôtel vers 16 heures et je profite un peu de la piscine. Il se prépare pour ce soir un grand banquet.

Mercredi 18/12/2002. Fin de visite à Mae Hong Son et départ pour Chiang Mai.

Cette journée va être une journée d’attente, l’avion qui doit me conduire à Chiang Mai part de Mae Hong Son à 11 heures, arrive vers 11 heures 45, et je repars vers Bangkok par le train de nuit à 18 heures 35.

Une fois arrivé à Chiang Mai, je dépose à la gare ferroviaire mon sac à dos, il m’en coûte 10 baths, et je prends un tuk tuk pour me rendre au centre ville. Je m’installe chez Fatty (restaurant) où je vais déguster, en plein soleil, un crabe au curry…Bon, il a fallu se battre, car il n’y pas de crochet de chiffonnier et il faut dépiauter les pattes à la main et aux dents.

Quand je pense qu’il y en a une autre qui se met sous la dent un plateau de fruits de mer chez Bofinger ! Je termine par un bon petit ice cream à la terrasse d’un café et je choisis l’ombre…

Je craque devant un exemplaire du Monde, le premier jamais vu depuis mon départ de Paris, ce n’est pas que ça me manque, mais enfin, ça me fait plaisir pour 110 baths, soit 2,55 euros. Ce numéro est daté du 14/12 et nous sommes le 18/12.

J’arrive en avance à la gare de Chiang Mai.

Je monte dans mon wagon et j’ai du mal à trouver ma couchette. Il y a 4 couchettes, 2 de chaque coté du couloir central, un simple rideau faisant office de cloison. En face de moi, un couple d’Allemands, sûrement, car elle est en short avec des chaussettes et des nu-pieds!

Petit dîner. Après coup, défilé des thaïlandais qui se rendent tous aux toilettes, brosse à dent à la main.

On file à une moyenne de 60 Km à l’heure à travers la campagne, un peu plus de 12 heures pour faire le trajet (un peu moins de 700 Km), et encore, je suis dans un train rapide !

Jeudi 19/12/2002. Bangkok.

Pour arriver à la gare centrale de Bangkok, on traverse bien sûr la banlieue. C’est en fait une traversée de bidonvilles.

me demande un forfait de 200 baths ! Je lui dis «  pas de compteur, pas d’argent » et je descends. J’en prends un autre qui me fait la même proposition, mais pour 150 baths…je ne cède pas et j’exige la mise en route du compteur qui marquera en fin de course 60 baths ! Non mais ! Au retour, je n’aurai aucun problème et je paierai 50 baths.

Je passe au wat Pho, pour un massage de pieds. Cette fois ci, ça me laisse tout bizarre !

Vendredi 20/12/2002. Départ pour Kho Chang.

C’est pratiquement une journée de trajet pour aller de Bangkok à Kho Chang, et heureusement, car cela évite à l’île de se trouver submergée par les touristes…

Nous sommes une douzaine dans le minibus qui va nous mener au débarcadère d’où nous prendrons le bateau pour l’île, je fais la connaissance de mes deux voisins qui sont Tchèques et qui se proposent de m’organiser un week end de rêve à Prague. En fait, ce sera un peu plus compliqué, car le minibus nous déposera à un débarcadère, mais pas le bon et c’est à nous de terminer à pied ou en tuk tuk ! Une petite heure de navigation, puis une fois sur l’île, taxi pour se rendre à l’endroit choisi.

Un mot du taxi : c’est une camionnette découverte à toit rigide sur lequel on entasse les bagages. Il y a 12 places assises sur des bancs plus 2 passagers debout sur la plate forme arrière agrippés au toit, plus encore un assis à l’avant au coté du chauffeur, soit 15 !

Taïlande-30Disons tout de suite qu’il faut éviter la première plage : c’est là que se regroupent tous les Occidentaux, c’est là aussi qu’il y a une structure commerciale, des cafés, des bars, du bruit….

Quant à moi, je loge au Moonlight Resort:un hôtel bungalow. Pour résumer, hôtel bien situé, calme mais pas d’eau chaude, pas de lavabo, pas de serviette, pas de chasse d’eau, pas de verre à dent, pas de papier de toilette, une climatisation non réglable et bruyante, pas de drap, pas de matelas, un vague couvre- lit posé sur les planches qui font office de sommier…

Par contre, je mange une délicieuse soupe aux fruits de mer avec lait de noix de coco.

Samedi 21/12/2002. Kho Chang.

Mes journées vont se dérouler d’une façon parfaitement régulière : lever vers 8 heures du matin, petit déjeuner face à la mer, achat du Bangkok Post et lecture attentive dans un transat, puis déjeuner, toujours au bord de mer et petite sieste, puis lecture et virée sur la plage plutôt déserte ! Je me livre également à quelques travaux d’écriture : il s’agit de mettre au propre quelques notes et de définir la suite du programme de mon voyage, c’est-à-dire le retour au Vietnam. Il fait soleil tous les jours, juste comme il faut et l’eau est très chaude. Quelques panneaux invitent

les baigneurs à se méfier du courant…chat échaudé craint l’eau froide ! Et puis, j’ai promis de nager parallèlement à la côte et de façon à avoir toujours pied (ce qui d’ailleurs me vaudra de me fendre le genou sur un rocher à peine affleurant).

Les Thaïlandaises sont très pudiques et se baignent tout habillées, ce qui à la sortie, révèle plus que tout ces formes qu’elles souhaitaient dissimuler !

Dimanche 22/12/2002. Kho Chang.

Taïlande-31Mes voisins Thaï sont très bruyants, radio et télévision jusqu’à 2 heures du matin. Enfin, j’espère qu’ils ne sont là que le temps du week end.

Le personnel du restaurant de l’hôtel est parfaitement agaçant dans sa manière de traîner ostensiblement les pieds (je devrais dire les tongs). Ça ressemble aux dernières syllabes de la langue thaïe qui sont affreusement traînantes !

Dans ma chambre, une immense photo collée sur un mur, supplice de Tantale : un couple d’Occidentaux (forcément !), allongé sur le sable (et qui fait quoi, je vous le demande !).

Et moi, je suis tout seul !

Lundi 23/12/2002. Kho Chang.

Mon bungalow, mitoyen d’un autre, bénéficie d’une terrasse avec une table et deux chaises dont la propreté n’a rien à envier à celle, devenue le point de référence absolue, du bar du Soleil, à Ménilmontant.

La presse annonce que ce mois de décembre est le plus chaud et le plus humide (dans l’atmosphère) depuis 20 ans.

J’apprends dans la presse que l’augmentation envisagée du Smic provoque l’ire du patronat qui menace de délocaliser ses usines au Vietnam ou au Laos ! Voilà qui rappelle quelque chose !

Deuxième grave problème : l’écologie. La Chine entend construire toute une série de barrages sur le Mékong pour produire l’électricité dont elle a besoin sans tenir compte de ses voisins Laos, Thaïlande, Cambodge, Vietnam. Rien ne va plus, car le délestage inopiné des barrages entraîne des inondations en pleine saison sèche et le niveau du fleuve est très bas en période humide, avec toutes les conséquences sur la faune et la flore aquatiques.

De surcroît, la Chine a rendu navigable son Mékong jusqu’à la frontière thaïlandaise et inonde le marché de ses oranges pas chères, ce qui rend furieux les producteurs locaux !

Mardi 24/12/2002. Kho Chang, plus que 3 douches d’eau froide!

Inquiétude dans la presse au sujet du Cambodge, très perméable à l’influence musulmane…

Salaire mensuel d’un ouvrier agricole 2.000 baths par mois, soit 47 euros.

Salaire proposé par un chasseur de tête (annonce vue dans la presse) : 80.000 baths par mois, pour un poste à responsabilité, soit 1.860 euros.

Un studio à Bangkok se loue entre 9.000 et 15.000 baths, selon le quartier. Un appartement de 93 mètres carrés est en vente, à Bangkok, pour 5.300.000 baths (124.000 euros).

Un ordinateur portable Toshiba vaut 64.900 baths ou 1.500 euros.

J’ai deux nouveaux voisins (Suédois assoiffés d’alcool, dont je retrouve les bouteilles vides le matin dans la poubelle commune) qui vont se révéler aussi bruyants que les précédents.

Mercredi 25/12/2002. Kho Chang, plus que 2 douches d’eau froide !

Comme c’est Noël au pays des bouddhistes, on a le droit à des affiches racoleuses des différents restaurants. Une en particulier, promet de la  » God Music » avec buffet spécial Noël.

26/12/2002. Kho Chang, plus qu’une douche d’eau froide !

Taïlande-32Je prends un taxi pour me rendre à Klong Prao Resort (une adresse à retenir). La plage est déserte, immense, sable blanc, palmiers, léger vent qui bruit dans les feuilles, en fermant les yeux on croirait des gouttes de pluie…la mer est chaude, juste comme il le faut ! Attention cependant : il y a un panneau qui indique que pendant la période de mousson (juin à octobre) on est prié de se baigner avec son gilet de sauvetage !

Ce qui sauve cette île, c’est le fait qu’elle soit classée parc national, il y a donc des moustiques avec comme corollaire des risques de malaria, pas d’aéroport, le trajet pour venir sur cette île est long, avec rupture de charges…Le problème, c’est la construction d’un aéroport sur le continent, juste en face, ce qui va réduire considérablement le temps de trajet de Bangkok à l’île.

Vendredi 27/12/2002. 1 douche d’eau chaude à Bangkok !

Taïlande-33Le retour s’effectue sans problème : il suffit de se poster au bord de la route unique pour qu’un taxi s’arrête et vous prenne en charge. Mais cette fois-ci, nous serons 17 passagers, plus le chauffeur ! Comme le dirait Lonely Planet, les conditions de sécurité ne sont pas toujours respectées !

Arrivée sur le continent à 10 heures et attente du bus de11 heures pour Bangkok. Le trajet en bus se passe bien, mais vers 16 heures 30, dans les faubourgs de Bangkok, voilà notre chauffeur qui se trompe de route, se perd, demande son trajet à la police, panique un peu ! Les derniers kilomètres vont être difficiles ! Heureusement, je commence à bien connaître la ville et comme je suis assis à l’avant, très proche du chauffeur, je peux lui donner les indications nécessaires du type, à la 3° il faut tourner à droite, puis à gauche…enfin, nous nous retrouvons là où nous devions arriver, avec un retard de plus d’une heure, et bien sûr, la nuit commence à tomber !

Je retourne à mon hôtel favori : le Royal Hôtel.

Samedi 28/12/2002. Départ pour le Vietnam, Da Nang.

Share Button

Une réaction ?

*

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.