Jean Marie Lambert

Sri Lanka (2005)

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VOYAGE AU SRI LANKA
Du 23/03/2005 au 06/04/2005.

PRÉAMBULE :

Un voyage opportuniste !

En fait, nous avons profité de la possibilité offerte par les autorités du Sri Lanka de visiter le pays à demi tarif dans le cadre de la relance du tourisme, suite aux dévastations dues au raz de marée de décembre 2004. Une seule condition : passer par l’intermédiaire d’un tour operator (nous avons choisi Asia), ce que, jusqu’à présent, nous avons toujours refusé de faire.

Enfin voilà !

Le bilan ! Il y a bien sûr des côtés positifs à être pris en charge du début à la fin du séjour. Un chauffeur particulier, une voiture climatisée, les plus beaux hôtels du pays, des restaurants de qualité, pas de temps perdu, pas de fatigue dans les transports en commun, pas d’inquiétude pour savoir si on est parti dans la bonne direction ou pas…

Mais : l’impression puis la certitude de vivre à part, totalement dans une autre sphère que la population locale, un moindre plaisir dans la découverte parce qu’elle est programmée, pas de flemmardise possible…

En fait, notre voyage a connu deux phases : la première avec notre chauffeur (agence de voyage locale Walkers Tours, correspondante d’Asia) pendant une semaine, puis, pendant la seconde semaine, la liberté de faire et de voir, d’aller et de venir, puisque l’agence avait cessé ses prestations.

Mercredi 23/03/2005. Le départ, Paris Roissy.

Première difficulté, la grève de la SNCF qui, par conséquent, nous empêche d’atteindre Roissy par le RER.

Nous nous donnons donc rendez-vous place de la Nation vers les 15 heures, à proximité de notre café habituel (« Chez Prosper »), proche de la station de taxis.

Régine arrive vers 15 heures 15 et, après avoir pris un café, nous voici en route pour Roissy. Trajet rapide, il n’y a pas grand monde.

Un petit problème toutefois : le compteur de notre taxi se met en panne à proximité de Roissy et nous négocions le prix à payer avec notre chauffeur : c’est une avant-première de ce qui va suivre !

Bref, nous arrivons à 16 heures (nous sommes les premiers), pour un enregistrement à 17 heures, un embarquement à 18 heures et un envol à 20 heures !

Notre vol se fait sur la compagnie nationale, la Srilankan Airlines, par Airbus avec caméra sur le nez de l’appareil ce qui nous permet de suivre sur écran le décollage et plus tard, l’atterrissage.

Jeudi 24/03/2005. Arrivée à Colombo, en route pour Habarana.

Arrivée vers 11 heures 15, passage du poste de police (un rien long, mais les bagages mettront encore davantage de temps à être déchargés de la soute de l’avion), douane transparente.

Notre chauffeur, panneau à la main, nous attend à la sortie de l’aéroport et nous voilà dans une Nissan climatisée en route vers notre première étape.

1Nous ne verrons rien de Colombo (en fait, l’aéroport est à plus de 30 kilomètres de la ville).

Notre sympathique chauffeur parlant anglais s’appelle Wira (ou Vira ?), il est musulman très pratiquant, ce qui nous sera fort utile par la suite !

La conduite est à gauche et les lignes blanches (jaunes, chez nous) sont purement informatives.

Autres signes de la britannité du pays : les enfants des écoles sont en uniforme et il y a beaucoup de terrains de cricket qui est le sport national, devant le volley-ball.

D’ailleurs, dans notre premier hôtel, nous rencontrons une équipe de cricket venue d’Écosse (facile à reconnaître !) avec en prime, son joueur de cornemuse, lequel va faire un tabac auprès du personnel !

Les contrôles de la police de la route sont fréquents, mais notre statut d’étrangers dans une voiture marquée aux flancs « Walkers Tours » nous évite tout arrêt.

Nous arrivons au terme de notre première étape, Habarana.

Nous sommes logés à l’Habarana Lodge, magnifique hôtel, vaste jardin, avec ses singes, ses oiseaux, ses étangs fleuris, ses tortues, sa grande piscine et ses bungalows tout confort à air climatisé (à noter cependant la présence de bougies, ce qui est significatif de pannes de réseau).

Heureusement, nous ne sommes pas trop loin du village.

Le dîner, sous forme de buffet, est très bon. Simplement, la nourriture locale est isolée des autres mets, en quelque sorte, mise de côté.

Rendez vous demain matin à 8 heures, dans le hall de l’hôtel.

Vendredi 25/03/2005. Habarana / Anuradhapura / Habarana.

Première émotion : l’hôtel ne nous a pas réveillés à 7 heures comme promis, mais nous nous sommes réveillés spontanément à 7 heures 30 et en faisant très vite, nous étions prêts à plus huit heures à peine ! Pour un hôtel grand luxe…

Nous visitons notre premier site et avons nos premiers frais collatéraux : un guide parlant « français » ! Bon, il faut bien que tout le monde travaille et puis, il y a si peu de touristes ! Nous allons lui donner 400 roupies pour nous deux (400 roupies égalent environ 3 euros).

Nous visitons l’ancienne villa royale et il nous faut enlever nos chaussures. C’est quelque chose que nous avions prévu et nous portons des sandalettes faciles à retirer.

Par contre, et c’est là le problème, nous avons laissé dans la voiture nos chaussettes et les pierres, à 11 heures du matin, sont particulièrement brûlantes !

Le déjeuner se passe dans un restaurant, local certes, mais pour touristes, uniquement des touristes, seul le personnel est local !

En fait, le plat « national » c’est une jatte de riz blanc avec une multitude de ramequins tout autour avec des sauces ou des légumes (doigts de femme, betterave etc.…), ou du poulet…C’est bon !

Normalement, on mange à la main, mais bien entendu, pas ici.

Nous croisons une jeune Française (25 ans peut-être) qui voyage 6 mois par an (vive le licenciement économique !), son ami vivant de l’intérim.

Elle envisage de quitter la France car elle trouve son pays trop routinier, trop encombré…mais s’inquiète pour sa retraite !

Dans l’après-midi, nous visitons un temple, mais cette fois avec nos chaussettes (c’est quand même cuisant !).

A l’entrée du temple, un moine bouddhiste, contre petite gratification, va nous entourer le poignet d’une ficelle censée nous protéger. Normalement, on doit la garder sur soi jusqu’à ce qu’elle parte d’elle-même. Je l’ai toujours !

Nous rentrons sagement à notre base de départ et discutons chemin faisant avec notre chauffeur que nous mettons tout de suite à l’aise : oui, nous connaissons d’autres pays d’Asie, oui, nous avons l’habitude de voyager seuls (visiblement cela le soulage d’une certaine manière car il sent que nous ne serons pas sur son dos et comme il a ses prières à faire …), cela nous permettra de nous échapper de temps en temps.

Pour commencer, nous lui demandons de nous laisser à l’entrée du village de façon à le visiter et à marcher jusqu’à l’hôtel. Cela nous permettra aussi de trouver un coiffeur homme car ma chevelure est abondante et je commence à friser…

Il y a trois coiffeurs dans ce petit village mais 2 d’entre eux sont fermés, il est vrai que nous sommes un vendredi et peut être sont ils musulmans.

Nous finissons par en trouver un dont l’échoppe est une baraque en bois : il est justement en train de terminer la coupe d’un client.

Comme il ne parle pas trop bien l’anglais, je lui fais comprendre que je veux une coupe et il me fait comprendre de repasser dans quelques minutes.

Nous allons donc en face, faire quelques courses de fruits (des oranges pas très mangeables à peau verte, assez acides, à 10 roupies la pièce, soit 7 centimes d’euro) et nous prenons quelques photos.

Peu de temps après, me voici installé dans le fauteuil, après avoir conclu un accord sur le prix : 100 roupies pour la coupe (75 centimes d’euros…je lui laisserai 10 roupies de plus).

Pour le prix, je m’étais renseigné au préalable auprès du chauffeur qui m’avait laissé entendre que la coupe coûtait entre 100 et 150 roupies (enfin, 150 pour le touriste !).

Le travail se fait aux ciseaux, le client précédent est resté dans la boutique et discute avec Régine. En fait, il veut tout savoir : son âge (l’horreur, je ne suis même pas sûr d’avoir le droit de le connaître !), ses enfants, ses occupations…et ainsi de suite !

En fin de parcours, mon coiffeur me fait un massage crânien très appuyé.

Je le paie, il est ravi, nous donne son adresse pour que nous puissions lui envoyer sa photo…car Régine a immortalisé la scène.

Nous prenons donc à pied le chemin du retour, nous achetons une bouteille d’eau d’un litre et demi à 70 roupies (53 centimes).

Les habitants sont amicaux, nous font des petits signes de la main quand nous passons.

Nous franchissons le contrôle de police à la sortie du village avec un large sourire, et tout à coup, Régine a une furieuse envie d’une tasse de thé !

Mission que je pense impossible dans ce village pauvre et perdu !

Et pourtant, nous allons trouver un marchand de thé qui a disposé quelques tables à l’extérieur. Il a aussi des petits gâteaux et notre collation nous coûtera 100 roupies.

De retour à l’hôtel, nous piquons une tête dans la piscine que beaucoup de villes françaises pourraient envier. L’eau est très chaude mais nous allons nager pendant une heure.

La nuit tombe vite, vers les 18 heures 30.

Il y aura beaucoup de monde au dîner et cela nous surprend, beaucoup de locaux qui restent cependant largement minoritaire!

Il y a aussi des ressortissants arabes, probablement d’Arabie Saoudite car les femmes sont entièrement voilées de noir.

Samedi 26/03/2005. Habarana/ Polonnaruwa / Sigiriya / Habarana.

Réveil à 6 heures du matin, cette fois j’ai mis mon réveil, mais l’hôtel a aussi fait son travail !

Nous arrivons de bonne heure (nous sommes partis sur le coup de 7 heures du matin) sur le site de Polonnaruwa, ancienne capitale du pays, où nous n’allons pas rencontrer grand monde, comme partout ailleurs.

Dans le ciel, 4 à 5 montgolfières.

Nous aurons sur place un guide en langue française à qui nous donnerons des euros qu’il préfère manifestement aux roupies car il espère se rendre en Europe au mois d’août prochain. La chaleur va vite se faire écrasante.

Le repas de midi va nous coûter 800 roupies soit 6,10 euros environ à nous deux.

Nous passons ensuite à la visite de Sigiriya, une forteresse palais et la montée est assez raide. L’attraction la plus spectaculaire, ce sont les fresques représentant des demoiselles aux seins nus…L’état de conservation est étonnant. Les photos sont autorisées mais sans flash, sinon, c’est amende et prison !

Nous serons tôt de retour à l’hôtel, vers 15 heures 30 et, pour terminer l’après-midi, nous allons faire bronzette au bord de la piscine.

Dîner buffet toujours aussi plantureux (mais on ne s’en aperçoit qu’après, hélas !).

De retour dans notre chambre, nous constatons que nous avons bénéficiés d’une petite mise en scène pour notre départ de demain matin : fleurs sur la table basse, disposées en forme de cœur et un « good luck » en feuilles d’arbuste.

Quelques minutes après, bien entendu, petits coups frappés à la porte, c’est le garçon de ménage qui vient nous souhaiter un bon voyage et récupérer son pourboire ! Je me suis réfugié tout nu dans la salle de bain, et Régine a vite mis un paréo, a-t-on idée de déranger les gens comme ça !

Dimanche 27/03/2005. Habarana/ Dambulla/ Kandy.

Départ à 8 heures du matin. La route est facile. Nous nous arrêtons à Dambulla, lieu saint du bouddhisme. Le site proprement dit, se trouve en haut d’une colline. Pour y accéder, il faut passer devant un Bouddha géant (30 mètres de hauteur tout de même), doré, offert par le Japon, la Corée (du sud !) et la Thaïlande. Un ensemble assez kitch, bien fait pour impressionner les masses. Les grottes (5 sont alignées côte à côte) sont beaucoup plus belles et les fresques sont très bien conservées.

11Nous repartons vers Kandy, mais nous sommes obligés de sacrifier aux visites de magasin, programmées par l’agence de voyage.

Autant dire que faute de touristes, nous allons nous y retrouver seuls.

16Nous commençons par un magasin de sculpture sur bois, d’où nous ressortirons avec un modeste pilon et deux bols en bois, puis un magasin de batik, d’où nous ressortirons avec un magnifique chemisier (pour femme !), mais je dois dire que ma chemise Hollington a fait son effet et qu’on est venu tâter la finesse du coton avec une mine de connaisseur…

Viendra ensuite le tour du magasin aux épices (c’est agaçant, mais enfin !) où nous allons acheter du chocolat en poudre, de l’essence de banane et d’autres épices (que nous tenons à disposition !).

12Nous terminerons cette journée d’achats effrénés par beaucoup plus sérieux : une bijouterie. Là, les yeux s’affolent (le Sri Lanka jouit dans le domaine des pierres précieuses d’une excellente réputation), la carte visa est sollicitée !

Nous reprenons notre route, mais comme c’est l’heure de la prière, notre chauffeur nous lâche à proximité d’un temple Hindou que nous allons visiter. Et oh, surprise, dans une salle attenante, il y a un repas de mariage !

Nous sommes aussitôt invités à nous joindre à la noce, on nous fait asseoir en face des mariés.

Tout ce petit monde est en train de manger du riz, à la main, dans des feuilles de bananier. Nous voilà avec des gâteaux maison à déguster, mais nous refusons obstinément toute boisson, c’est une mesure de sécurité absolue et qui ne souffre d’aucune dérogation, même si visiblement nous sentons que cela ne passe pas très bien auprès de nos hôtes.

24Une des participantes à la fête trouve le moyen de nous remettre sa carte professionnelle avec l’adresse de son magasin à Colombo où, bien sûr, le meilleur accueil et les meilleurs prix nous serons réservés !

Nous retrouvons notre chauffeur qui nous attend au bord de la route.

Nous arrivons à Kandy, la ville de la Dent Sacrée de Bouddha.

La ville est dominée par un Bouddha tout blanc, don des Japonais. Un lac magnifique en centre ville.

Nous allons faire un tour de ville en voiture puis notre chauffeur va nous lâcher ce qui va nous permettre de visiter le marché et de faire quelques achats de fruits (toujours à 10 roupies la pièce), et du yaourt local fait de lait caillé de bufflesse et qui ne se met pas au réfrigérateur.

Vers 18 heures nous devons rejoindre notre chauffeur qui va nous piloter vers une salle de théâtre où nous allons assister à un spectacle de danses folkloriques locales. Les gradins sont remplis de touristes.

7Après cela, nous avons droit à la visite du temple de la Dent Sacrée de Bouddha. Un monde fou, plutôt exalté du côté des autochtones, un intérêt plutôt limité.

Nous faisons route vers l’hôtel, probablement le moins bon de la série.

A peine arrivés, nous sommes assaillis par les garçons de l’hôtel qui veulent à la fois que l’on remplisse le formulaire d’arrivée et aussi qu’on boive le thé d’accueil et que dans le même temps, on s’essuie les mains dans une serviette humide ! Bref, il manque une école hôtelière…

Il fait frais alors que la ville n’est pas une ville d’altitude (500 mètres seulement). Peut-être ne s’agit il que d’un effet de contraste.

Lundi 28/03/2005. Kandy/ Nuwara Eliya.

Curieux pays, où les barrages routiers, sous forme de chicanes, tenus par la police ou par l’armée, sont sponsorisés soit par Solex (fabricant de pompes) ou par Singer (la célèbre marque d’électroménager) !

En route à 9 heures du matin pour Nuwara, nous allons nous arrêter dans un village (prière oblige !) et nous allons en profiter pour acheter des timbres (à la poste) et quelques fruits dont des bananes rouges.

Arrêt tout proche de Kandy, au Peradeniya Botanical Garden. Un must ! Vraiment superbe !

Reprise du trajet.

Nous visitons une plantation de thé et donc, nous achetons du thé !

Les feuilles de thé se collectent une fois par semaine et c’est un travail de femmes. Elles portent un sac en plastique dans lequel elles vont fourrer jusqu’à 20 kilos de feuilles. Les arbres à thé sont taillés tous les 4-5 ans et remplacés tous les 30-40 ans.

 

Queues immenses devant les stations services, notre chauffeur nous fait part d’une menace de grève des employés des raffineries qui ne veulent pas être privatisés…De même, on craint une grève des employés de l’électricité !

Arrivée à Nuwara Eliya.

Après avoir déposé nos affaires à l’hôtel, nous partons faire un tour en ville, emmenés par notre chauffeur car l’hôtel est assez loin du centre ville. Nous nous donnons d’ailleurs rendez vous à 19 heures pour le retour.

Nous parcourons le marché, faisons nos courses dans le self service local (Cargill) : dentifrice pour 22 roupies.

Nous allons ensuite près de notre point de rendez-vous et prenons deux bières pour 120 roupies à deux (soit : 1 euro).

Nous allons attendre notre chauffeur qui a pris quelque retard (le prêche a été plus long que prévu !). Il commence à faire très frais, la ville est perchée à 1.900 mètres !

Nous allons dîner à l’occidentale (consommé d’asperges pour commencer puis poisson pané ou steak le tout avec frites !), dans une salle de restaurant lugubre malgré les bougies sur les tables…

Et puis, ça tombe vraiment mal car le maître d’hôtel nous demande de remplir une fiche d’appréciation !

Nous apprendrons un peu plus tard par notre chauffeur que les grèves prévues des livreurs d’essence et des employés de l’électricité ont été annulées.

Mais nous apprenons aussi qu’il y a eu une alerte au tsunami suite à un nouveau séisme en Indonésie et que les touristes ont été réveillés en pleine nuit et regroupés sur des hauteurs. Cela n’a pas été utile pour nous, puisque nous n’étions pas sur la côte.

Mardi 29/03/2005.Nuwara Eliya/ Hambantota.

Départ à 9 heures du matin.

En cours de chemin, nous nous arrêtons dans une petite ville, prière oblige !

Régine en profite pour aller boire un thé au premier troquet venu (12 roupies), et moi, je me balade dans cette petite ville.

J’ai l’oreille attirée par des bruits de haut parleur, je grimpe sur une colline et je découvre « un train de l’éducation » que vont visiter en rangs serrés les écoliers de la région.

Un policeman m’avise et me fait signe de le suivre ! Je vais ainsi pouvoir monter à bord, les trois wagons sont équipés d’instruments scientifiques des années 50 (squelette, serpents dans du formol, la décomposition de la lumière, comment fonctionne Internet…) des démonstrations sont faites par des élèves plus âgés. Je note au passage que les sponsors du train ne sont autres que les autorités de police, lesquelles ont un petit stand au fond du troisième wagon.

Une fois cette visite terminée, je file rejoindre Régine qui m’attend déjà depuis un bon moment dans la rue.

Nous avons largement dépassé le quart d’heure accordé par notre chauffeur, qui commençait à s’inquiéter, mais enfin, comme je le lui ai dit, j’étais entre de bonnes mains…

Nous parlons chemin faisant du niveau de vie des Sri Lankais. Le salaire moyen est de 7.000 roupies mensuel, soit environ 55 euros.

Le sien serait de 2.000 roupies car son patron estime qu’il a en plus les pourboires et les commissions sur ce qui est acheté par les touristes dans les magasins où il fait escale obligatoire.

Nous arrivons à bon port, près de la réserve animalière que nous devons visiter et nous prenons une jeep pour le faire. Mais voilà qu’il se met à tomber des cordes (la pluie tropicale) et qu’il est impossible de mettre le nez dehors et d’y voir à plus de dix mètres ! Nous décidons donc de faire demi-tour et de rentrer à l’hôtel et, comme de bien entendu, c’est à ce moment précis qu’il se met à faire beau de nouveau !

Enfin, rendez vous est donné demain matin à 5 heures, ce qui signifie un lever à 4 heures 30.

L’hôtel dans lequel nous allons passer une nuit est superbe. La piscine, et c’est la première fois que j’entends cela, est radiotisée ! C’est-à-dire que mettre la tête dans l’eau permet d’entendre la radio !

Mercredi 30/03/2005. Visite de la réserve animalière, Bentota.

Malgré un départ aux aurores (en fait il fait encore nuit) un membre du personnel de l’hôtel nous sert un café (toujours pas bon !) et nous remet un pique-nique petit-déjeuner. Arrivés à la réserve qui est proche de l’océan, nous changeons de véhicule et montons dans une petite camionnette avec le guide officiel de la réserve. Le jour est levé.

Nous photographions beaucoup de petits animaux : cochons sauvages, buffles sauvages, mangoustes, daims, oiseaux splendides, paons, renards, aigles…

Dans le parc, le guide nous fait remarquer les quelques dégâts provoqués par le tsunami.

A l’arrêt que nous faisons pour prendre notre petit déjeuner, il y avait un groupe de 18 touristes japonais et un guide local : aucun d’eux n’est revenu.

D’autres touristes, fascinés sur le coup de 9 heures du matin, par le déplacement précipité des animaux sauvages qui, en rangs serrés, gagnaient la profondeur des terres à toute allure, avançant de front toutes races mêlées, en sont morts appareils photos en mains.

Il est de fait que l’océan n’a rejeté aucun cadavre d’animal sauvage : ils se sont enfuis à l’approche du tsunami.

Seuls, les chiens, devenus animaux domestiques et ayant par le fait perdu leur instinct vital, ont payé, au titre des animaux, un lourd tribu.

Cela n’est rien à côté des hommes et des femmes de ce pays.

Nous allons en voir des traces profondes tout au long de la route côtière que nous allons faire vers Bentota, station balnéaire réputée.

De chaque côté de la route, des maisons éventrées dont il ne reste quelquefois que les toilettes ou les murs, ou seulement la dalle en béton, le reste ayant été déblayé.

A la place, des tentes de toile données par les organisations caritatives et qui servent d’habitation temporaire (la saison des pluies ne va tarder à survenir). Les tentes sont hollandaises (les Hollandais sont dans l’histoire les premiers découvreurs avec les Portugais du Sri Lanka), anglaises ou locales.

Parfois, on voit aussi des maisonnettes faites en planches de bois : un pièce, une porte et une minuscule fenêtre.

Nous nous arrêtons à Gallé pour déjeuner. Le port a été fortifié par les Hollandais.

Avant d’arriver à notre hôtel de Bentota, nous visitons un élevage de tortues de mer qui pondent leurs œufs sur une plage proche de Bentota.

Nous disons au revoir à notre guide chauffeur qui nous remet un petit cadeau de la part d’Asia Tour et de Walkers Tours (du thé !). Nous voici enfin libres !

 

 

Jeudi 31/03/2005. Bentota.

L’hôtel est superbe, c’est paraît-il le plus beau de l’île. Piscine, bien sûr, jardin qui mène à la plage. Un éléphant attaché à un piton.

Visiblement, cet hôtel n’a que très peu souffert du tsunami, contrairement à ses voisins.

Le jour venu, nous partons nous promener dans le village et chemin faisant, nous sommes pris en charge par un « cuisiner » de l’hôtel qui va nous aiguiller en vain (pour ce qui concerne les achats) vers le magasin de souvenirs puis qui va nous confier à un bateau de passeurs pour traverser la lagune. Là, nous commettons l’erreur des débutants et nous nous embarquons sans nous mettre d’accord sur le prix de la traversée.

27Après avoir débarqué sur la rive opposée, nous découvrons l’autre moitié du village (en fait sa partie commerçante), puis nous retournons à l’hôtel, cette fois par la route, en longeant la voie ferrée.

Là se pose la question de savoir si nous pouvons prolonger notre séjour à l’hôtel.

Nous finissons par comprendre que la direction de l’hôtel ne veut pas nous louer une chambre directement mais nous demande de contacter à Colombo « Walkers Tours » (tour operator par lequel nous sommes arrivés à Bentota) afin d’obtenir une chambre par leur intermédiaire.

Donc, nous téléphonons à Colombo et nous sommes rappelés par le bureau de Gallé. C’est d’accord pour la somme de 250 euros pour une semaine pour nous deux, dîner et petit déjeuner inclus !

Comme nous avons à effectuer notre propre transfert vers Colombo pour reprendre l’avion le 6 juin, nous allons à l’office de tourisme pour voir un peu comment faire, en fait, pour nous procurer les horaires des trains. Nous sommes les seuls touristes dans ce bureau où 4 employés tuent le temps. On nous donne bien des horaires, mais nous partons à la gare les vérifier car deux précautions valent mieux qu’une !

Le trajet va nous coûter 52 roupies par personne en seconde classe (il n’y a pas de première) et durera deux heures pour un trajet de 64 kilomètres ! Les billets ne peuvent pas se prendre à l’avance et les horaires sont bien sûr différents de ceux de l’office de tourisme.

De retour vers l’hôtel, nous nous arrêtons (sous une pluie battante), dans un boui boui pour déjeuner.

28Pour 140 roupies à deux, nous avons droit à un riz curry avec poulet et pour 60 roupies supplémentaires deux cocas soit 10 francs au total, nourriture et boisson, ou 1,52 euro ! En plus, Régine va piquer deux bonbons dans une boîte sur le comptoir : ils vont refuser tout paiement.

Les assiettes sont recouvertes d’un film plastique transparent, ce qui évite toute vaisselle et il vaut mieux, compte tenu de la qualité de l’eau.

Comme nous sommes des étrangers, on nous donne des couverts…

Il pleut toujours, nous savions bien qu’à cette période de l’année la mousson allait commencer à poindre son nez.

Nous filons dans une épicerie voisine où nous achetons des gâteaux secs pour 25 roupies puis nous rentrons à l’hôtel pour prendre notre café sur notre terrasse.

L’atmosphère est très humide et si l’on met la climatisation à 20-25 degrés, une buée épaisse recouvre la glace qui est face à notre lit ainsi que les verres de lunettes, le sol carrelé devient glissant d’humidité, bref, il faut mettre 19 degrés, mais alors là nous avons froid !

Bon, tout ça, ce sont des problèmes de riches !

Vendredi 01/04/2005. Bentota.

Le matin est consacré au petit déjeuner (assez tardif !) digne de Pantagruel et à la piscine.

Vers 14 heures, la pluie reprend et nous déjeunons d’un sandwich à l’hôtel puis, nous décidons d’aller en ville (c’est un bien grand mot).

Nous souhaitons trouver une école pour donner les crayons bille et les cahiers et les savons et les tee-shirts que nous baladons depuis Paris, mais nous faisons chou blanc ! Il y a bien des écoles mais elles sont confessionnelles, donc à priori, peu concernées par des dons.

Par contre, nous trouvons un coiffeur pour dames qui affiche dans sa boutique un diplôme qui laisse à penser qu’une partie de ses études s’est déroulée en Grande Bretagne.

Nous en aurons pour 300 roupies (c’était 110 pour moi, pourboire inclus, mais il parait que c’est toujours plus cher pour les dames, dixit Régine !).

Comme il pleut toujours, nous décidons de rentrer à l’hôtel en tuck tuck pour 140 roupies, après négociation (le chauffeur nous explique que c’est à cause du tsunami si c’est aussi cher…).

A 16 heures nous sommes à nouveau sur notre terrasse, à prendre le thé et à manger les petits gâteaux secs achetés la veille.

Samedi 02/04/2005. Bentota.

Grand soleil ce matin, ça change ! Un peu de piscine et une visite à l’Océan Indien : les vagues sont impressionnantes, l’eau est chaude. Et le sable jaune !

Vers 13 heures 30, il se met à pleuvoir mais nous décidons d’aller déjeuner à l’extérieur.

Près de la gare, nous trouvons un autre boui boui où, pour 170 roupies (c’est le luxe !), nous allons manger 2 crêpes, 2 espèces de trucs fourrés très bons, 2 bananes et 2 cocas.

Sous chaque table, il y a une poubelle où mettre nos déchets. Le rideau qui sépare la salle de la cuisine est d’une saleté repoussante !

Il pleut toujours et nous rentrons à l’hôtel, je dois être épuisé car je vais m’endormir jusqu’à 18 heures 30 !

Je suis rouge comme une bassine de cuivre…peut être que ma fatigue vient du coup de soleil que j’ai manifestement attrapé !

Avant le dîner, nous décidons d’utiliser Internet pour voir un peu le courrier qui doit végéter dans la boîte à lettres. Nous demandons la clef de la salle spécifique à Internet, petite salle climatisée, mais là, oh surprise, il m’est impossible d’accéder à ma boîte à lettres, car mon fournisseur d’accès (club Internet) est considéré comme un site pornographique, donc bloqué ! Comme nous rentrons dans quelques jours, je n’en fais pas une salade mais j’en ferai cependant la remarque à notre hôtelier lorsqu’il nous demandera (le malheureux !) de remplir une fiche d’appréciation.

Dimanche 03/04/2005. Bentota.

Le temps est légèrement couvert.

Je me livre à la lecture des quotidiens locaux (en anglais). Je tombe comme par hasard sur la rubrique mariage.

Ce qui est étonnant, c’est que les annonces sont passées par les parents qui présentent leurs fils ou leurs filles et, souvent, demandent une réponse avec horoscope !

La journée va être une journée de nonchalance entre la plage et la piscine, mais le dos couvert, car le coup de soleil est sérieux !

Lundi 04/05/2005. Bentota.

Récapitulatif des choses à faire :

  • Distribuer nos savons, crayons bille, tee-shirts et cahiers.
  • Vérifier une ultime fois, l’heure du train vers Colombo (nous devons le prendre demain).
  • Aller au marché (le lundi, c’est le jour !).

 

Comme la Croix Rouge est à proximité de la gare, nous décidons d’y déposer nos dons. Nous sommes reçus très chaleureusement et le préposé de la Croix Rouge, qui a visiblement beaucoup de temps devant lui, nous emmène faire le tour des stocks. Ils sont impressionnants. Il y a là, envoyés par la Croix Rouge sud coréenne, des milliers de cahiers et de cartables et des uniformes à ne savoir qu’en faire !

Nous passons ensuite à la gare pour nous informer des horaires du lendemain : en fait, le train indiqué par l’Office du Tourisme n’existe pas !

Virée vers le marché où nous allons acheter quelques bananes rouges, toujours sur la base d’un prix de 10 roupies la banane.

Nous cherchons une sorte de salon de thé et nous tombons sur un boulanger qui a disposé quelques tables crasseuses dans son arrière boutique.

Nous mangeons trois gâteaux, dont un est particulièrement « hot », face à une mère et sa petite fille qui sont venues s’asseoir.

Cette petite fille est tellement adorable que je vais lui donner mon crayon bille.

Mardi 05/04/2005. Bentota/Colombo.

Publicité dans le journal : 14 jours 15 nuits en Europe pour 289.000 roupies (ou 2.200 euros) par personne (près de 3,5 années d’un salaire moyen), 24 villes en 10 pays !

Une télévision avec lecteur dvd : 23.500 roupies, soit 180 euros.

Un tuck tuck tout neuf : 1.525 euros.

Nous allons déjeuner au Golden Tulip (restaurant pour touristes), nous serons leurs seuls clients.

Petite sieste d’adieu à l’hôtel que nous quittons vers 16 heures pour la gare, entre deux averses.

Nous allons faire connaissance du chef de gare, un jeune de 22 ans, pas marié car pour ça, il faudrait construire une maison.

Il se plaint de son faible salaire (6.500 roupies, tout de même, pour un débutant dans la fonction publique, avec 20 jours de congés payés…). Je pense qu’être chef de gare d’une voie unique où passent 10 trains par jour et aucun la nuit ne doit pas être trop épuisant et cela permet sans doute de faire un autre travail entre deux trains…

Il ne peut pas nous dire si le train est en retard ou non, car il n’a pas de téléphone, celui-ci n’est pas encore réparé suite au tsunami.

Quelquefois, le train peut avoir jusqu’à ¾ d’heures de retard.

En fait, il va entrer en gare avec une bonne demie heure de retard. Nous montons dans un wagon de deuxième classe.

Il y a des ventilateurs au plafond et ils fonctionnent à peu prés.

Nous montons donc vers Colombo, et vu du train, du côté qui longe la mer, le spectacle est affligeant : à chaque tas de gravats correspond une maison emportée par les flots.

Nous sommes dans un territoire où beaucoup reste à faire et c’est un spectacle de désolation qui va nous poursuivre jusqu’à Colombo.

Le tsunami

40.000 morts (à proportion égale, c’est 900.000 Français tués…), 80.000 maisons détruites comme 68 hôpitaux et 156 écoles.

Pas de disparition d’animaux sauvages : ils se sont enfuis (les éléphants en brisant leurs chaînes quand ils en avaient), mais les chiens sont morts.

Les femmes ont payé un lourd tribu : elles étaient restées à la maison avec les enfants pendant que les maris étaient partis pêcher ou cultiver. Elles ne courent pas vite et puis elles ne grimpent pas aux arbres et elles cherchent à protéger leurs enfants avant elles-mêmes.

 

Arrivés à Colombo, c’est là que les choses se corsent, car il nous faut trouver la ligne de bus qui passe à l’aéroport.

D’abord, il fait nuit, ce qui ne facilite pas les choses. Ensuite, les arrêts de bus ne sont pas matérialisés sauf les grandes stations.

Nous entrons dans plusieurs magasins pour demander où est l’arrêt du bus et nous finissons par trouver.

31Là, nous sommes pris en main par un local qui nous donne le numéro de la ligne (187) et qui nous fait comprendre qu’il ne faut pas attendre ici car il passera toujours plein (ce qu’il vient de faire) mais plutôt à la station principale qui se trouve un peu plus loin en arrière, prés d’un pont !

Un peu de marche et nous y voilà !

Nous arrivons à nous hisser dans le bus et même pour Régine à avoir une place assise… à l’avant, prés du chauffeur et de son assistant qui délivre les tickets après paiement. Entre chaque doigt, une liasse de billets classés par valeur et avec lesquelles il rends la monnaie.

Le bus va vite être bondé au fil de ses arrêts.

La montée d’un Danois et d’un Autrichien avec leurs bagages, nous conforte dans l’idée que nous sommes dans la bonne direction ! Nous serons les seuls Occidentaux pendant tout le trajet.

Les encombrements de circulation ne le cèdent en rien sur ceux de Paris.

Au bout d’un certain temps, les passagers se font moins nombreux et je remarque le système d’arrêt du bus : le passager qui désire descendre tire une ficelle directement reliée à une clochette…

Arrivés à l’aéroport avec nos deux compagnons qui s’en vont voir quel avion ils peuvent prendre, n’ayant aucun billet, mais il doit bien y avoir quelque chose qui va en Inde du sud (!), nous procédons au change de nos dernières roupies (il n’y a qu’à l’aéroport que sont acceptées les roupies à convertir en euros ou dollars).

Notre ultime réserve va nous servir à dîner au self, nous en serons les derniers clients !

Régine va ensuite faire preuve de son habileté coutumière à échanger les dernières 650 roupies (5 euros) qui nous restent, en bonbons divers et variés.

Il ne nous reste plus qu’à attendre l’enregistrement après avoir rempli les documents de l’émigration, il est 23 heures 20 et l’embarquement commence à 1 heure 45 !

Mercredi 06/04/2005. Paris.

Vol sans histoire !

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