Jean Marie Lambert

La Réunion (2011)

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Voyage à la Réunion du 12 novembre 2011 au 24 novembre 2011.

18L’avion (Air Austral) est à moitié plein et nous arrivons des Seychelles à Saint Denis de la Réunion à la nuit tombée…

Nous sommes accueillis comme des princes par mon frère et sa femme, chez qui nous logerons !

Ils habitent à l’Étang Salé les Hauts et nous avons à faire un bon parcours entre l’aéroport de Saint Denis et notre destination finale, mais cela nous donne l’occasion de découvrir l’île et son bord de mer.

La villa est très spacieuse, aménagée « à la main » par mon frère, jeune retraité métropolitain et son épouse, d’origine contrôlée « péi »…ce qui est un avantage considérable quand on s’implante ! Leurs deux filles poursuivent leurs études, l’une est étudiante à école des Beaux Arts, l’autre est au collège.

Alors, bien sûr, ce séjour va prendre une dimension affective qui rompt totalement avec le fil de nos voyages à travers le monde…

Il va aussi nous permettre de mélanger les plaisirs de la plage, de la marche, de la découverte avec nos deux précieux alliés…

La Réunion !

830.000 habitants pour 2.500 km carrés. Des habitants qui forment un métissage sans égal : des français de métropole, des africains, des chinois, des malais, des indiens, des annamites…La population est jeune et chômeuse (50%), l’émigration est forte – surtout vers la métropole.

En 2008, le revenu médian des réunionnais est inférieur de 39%  comparé à celui des métropolitains et 49% d’entre eux vivent sous le seuil de pauvreté (911 euros en 2008) contre 13% en France métropolitaine.

Les ressources principales sont liées au tourisme et à la canne à sucre.

A noter l’influence du groupe Bourbon et du groupe Quartier Français en position de monopole commercial et agricole sur l’île.

Dimanche 13 novembre 2011. Les Makés, l’Entre Deux, le Dimitile.

Nous partons assez tôt le matin (enfin, pour nous ! car les »locaux » sont déjà de sortie vers 6 heures du matin !) vers le lieu dit « les Makés » : nous sommes dans la moyenne montagne, on se croirait dans les Vosges.

C’est d’ailleurs ce qui est tout à fait étonnant à la Réunion : « en bas » si je puis dire, on a un climat tropical avec une chaleur forte, mais tempéré par la mer, une végétation typiquement tropicale (fleurs, palmiers etc…) et au fur et à mesure que l’on monte (on peut quand même aller jusqu’à 3.000 mètres !), la végétation change du tout au tout, on croise des vaches, des bois de sapins, des genets, le temps devient frais et même très frais et la pluie et la brume ne sont pas à exclure…

Les Makés, c’est un petit village à 900 mètres d’titleitude, proche de l’observatoire astronomique.

On voit tout de suite que l’île est un paradis pour les marcheurs et les pique-niqueurs en tout genre : c’est propre comme en Suisse, il y a des tables de bois et des bancs et même des barbecues disponibles…et tout en bas, l’océan !

En poursuivant la route on arrive au lieu dit « la Fenêtre », d’où on pourrait voir, quand le temps le permet, Cilaos.

Puis, nous redescendons vers la mer pour prendre la route vers le village d’Entre Deux, 6.500 habitants, répertorié « village créole » c’est-à-dire typique d’une architecture créole avec des maisons de bois très colorées.

Le village est en fête : quelques commerçants et artisans sur la place principale proposent leurs produits.

Nous continuons notre route pour arriver au pied du Dimitile, montagne de 1.800 mètres, à la pente très abrupte qui fut le refuge d’esclaves en fuite.

Les esclaves.

Au 18° siècle, les esclaves fugitifs- surnommés les « marrons », fuyant leurs maîtres, trouvaient refuge dans les montagnes ce qui n’empêchaient pas les maîtres de les poursuivre : un « métier » était né : le chasseur de noirs.

Le plus connu de ces chasseurs s’appelait François Mussard. Il va parcourir l’île de long en large à la recherche des esclaves en fuite, et il ramène à ses commanditaires la main droite de chaque esclave tué comme preuve de son efficacité…

Il exercera son activité jusqu’en 1784, date à laquelle il meurt dans son lit à l’âge de 65 ans.

En 1848, abolition de l’esclavage : la Réunion compte environ 104.000 habitants : 61.000 soit 58% sont esclaves…

Ces esclaves créaient des sociétés parallèles et l’un de leur chef, appelé Dimitil (c’est-à-dire le « guetteur » en malgache) était considéré comme un « marron » particulièrement dangereux.

Pour se nourrir et subsister, ces esclaves étaient obligés de redescendre dans les plaines pour voler des animaux, des armes et même des femmes…

Retour à la maison….

Lundi 14 novembre 2011. Cilaos.

Départ le matin pour une journée à Cilaos (« lieu où on est en sécurité », 6.000 habitants).

La route est belle, mais compterait 420 virages entre Saint Louis et Cilaos !

Cilaos (le cirque et le village) a été d’abord habité au début du XVIII° siècle par les « marrons » qui trouvèrent refuge dans ces hautes montagnes.

Ce n’est qu’en 1828/1829 une fois les « marrons » exterminés que le site est mis en valeur par les « petits blancs », pauvres et sans terre.

Quatre caractéristiques.

– 1/ Cilaos va devenir une station thermale : une source est découverte au début du 19° siècle et c’est à la fin du 19° qu’affluent les curistes (la route reliant Saint Louis à Cilaos a été ouverte en 1930). L’eau est mise en bouteille depuis 1990.

– 2/ Cilaos et connu dans toute l’île pour ses lentilles (délicieuses !) : semées en avril mai et récoltées en octobre. Elles sont chères, mais la production est peu élevée : 50 tonnes par an en moyenne.

– 3/ Cilaos est aussi connue pour sa dentelle : la petite histoire veut que ce soit la fille du médecin Mac-Auliffe (un breton, en charge de l’établissement thermal) qui introduisit la broderie à Cilaos au tout début du XX° siècle. Il y aurait une cinquantaine de brodeuses en activité.

– 4/ Cilaos est aussi le seul endroit de l’île où l’on produit du vin, du blanc, du rosé et du rouge (pas mauvais !) : la vigne fut introduite vers 1860. La vendange se fait en janvier/février…

Cilaos est jumelée avec Chamonix et de fait, quand on arrive dans cette petite ville on est surpris par l’atmosphère « alpine »…Elle est le point de départ de nombreuses randonnées et les boutiques offrent un choix étonnant de matériel : c’est la station de montagne savoyarde comme si vous y étiez mais avec des maisons typiquement créoles !

Mardi 15 novembre 2011. Petite Île (plage de Grand Anse), Manapany les Bains, la route des laves, l’anse des Cascades, la vanille, le marché du Tampon.

Première étape : la plage de Grand Anse, sur la commune de Petite Île. C’est une grande plage de sable (pas très fin le sable !) avec palmiers, où Régine et Danielle vont se livrer à un concours de ramassage de coquillages, tous aussi beaux les uns que les autres. A l’extrémité de la plage, un bassin de rétention d’eau, qui fait office de piscine (on peut nager à l’écart de tout danger comme les courants et les requins…).

Nous filons ensuite à Manapany (vient du malgache et signifie endroit où il y a beaucoup de chauves souris – pas vu une seule !), doté d’un grand bassin naturel, somme toute une piscine maritime ! où l’on peut nager, toujours sans danger ! Pas de sable sur la plage, mais des galets…

Un peu de marche pour arriver à l’ancien four à chaux, tout proche d’un ancien embarcadère. Ce four à chaux recevait le corail des lagons proches et servait à la fabrication du sucre et, bien entendu, à la construction.

 Nous reprenons la voiture pour parcourir la route des laves.

Là, il est clair que le maître des lieux est sa majesté le volcan de la Fournaise !

La coulée de lave la plus spectaculaire est celle de 2007 (pour être complet; il y en a eu en 1977, 1986, 2002, 2004 et 2005)! Elle est refroidie mais encore tiède et on peut constater la présence de fumeroles…

Le paysage est désolé, sans réelle végétation.

Nous nous arrêtons à Notre Dame des Laves : en avril 1977, une coulée de lave a traversé le village, 2.400 personnes sont évacuées précipitamment par l’armée et miracle ! La coulée s’arrête  à l’entrée de l’église pour l’encercler…Mais c’est un phénomène naturel : la lave contourne les obstacles…elle en a d’ailleurs fait de même pour la Gendarmerie…

Cette coulée de lave a eu une vertu : depuis 1980 on a installé un observatoire volcanologique.

Nous arrivons à l’anse des Cascades : là tout n’est qu’ordre et beauté ! Une forêt de palmiers, des vacoas en  bord de mer et bien sûr l’eau, qui jaillit en multiples cascades des falaises. Un petit port de pêche complète le tableau, idyllique !

Il y a aussi un restaurant où nous allons boire un verre…

Sur la route du retour, nous allons nous arrêter au marché du Tampon et chez un producteur de vanille.

C’est un marché couvert, typique de la Réunion, coloré et avec tout ce qu’il faut de légumes, de fruits et d’orchidées pour faire le bonheur des locaux ! Ouvert de 5 heures du matin jusqu’à 19 heures tous les jours, sauf le dimanche où il ferme à 12 heures !

Une particularité : j’ai vu un panneau  » église du 14° » ! Cela m’a fortement intrigué (on le serait à moins !) mais il ne s’agit que d’une dénomination géographique des quartiers qui prirent ce nom en fonction de leur éloignement de l’océan…On a ainsi le onzième, le vingtième etc. !

La vanille !

C’est une orchidée, probablement originaire du Mexique : une liane qui pousse en entourant son support, en général un filao ou un vacoa.

Elle fut introduite à la Réunion en 1819, à partir de Cayenne, d’où furent apportées les premières boutures, mais sans grand effet, car on ne savait pas à l’époque comment féconder la fleur.

Au Mexique elle est fécondée par une espèce d’abeille sans aiguillon mais cette abeille n’a pas son équivalent à la Réunion…

C’est un jeune esclave (Edmond Albius), âgé de 12 ans, qui va découvrir en 1841 le procédé de fécondation artificielle de la vanille : c’est tout simple, comme l’œuf de Christophe Colomb, mais il fallait trouver ! Il rapproche à l’aide d’une pointe de bambou les organes males et femelle de la fleur et le tour est joué. Il y gagne d’être affranchi… et d’avoir une stèle dans sa ville natale, stèle érigée en…1980, cent ans après sa mort…

Après l’abolition de l’esclavage, Albius va trouver un emploi d’aide cuisinier à Saint Denis. Impliqué dans une affaire de vol, il va être condamné en 1852 à 5 ans de travaux forcés. Libéré en 1855, il mourra en 1880, dans la misère, lui qui a fait la fortune des planteurs !

La culture de la vanille demande beaucoup de travail et beaucoup de main d’œuvre puisqu’il faut féconder fleur par fleur…attendre 9 mois…sécher pendant 3 mois…conserver 1 an dans une caisse pour maturation…bref, deux ans, de la fécondation à la mise sur le marché !

Vu le coût de la main d’œuvre, cette vanille produite à la Réunion est beaucoup plus chère que celle produite à Madagascar, par exemple !

La vanillerie que nous visitons s’étend sur 3,5 hectares et 3.500 pieds à féconder un à un…

Mercredi 16 novembre 2011. L’Étang Salé (la plage et le gouffre).

Petite balade, histoire de se mettre en jambe pour l’exposition au soleil et au farniente, vers la plage volcanique (donc à sable noir, facilement brûlant) de l’ Étang Salé les Bains. En fait, il existe deux plages : une protégée par un récif de corail, très paisible, et l’autre ouverte vers le large et donc avec des vagues qui peuvent être conséquentes (on peut surfer « gentiment »)…Quelques pas de plus pour se rendre au gouffre d’où surgissent les vagues par les failles de la roche. Beaucoup de croix ornées de bouquets de fleurs, fichées en terre…À la mémoire de catastrophes humaines…

Bref, c’est la journée repos du guerrier !

Jeudi 17 novembre Le piton de la Fournaise.

Les choses sérieuses commencent tôt le matin ! C’est la montée vers le piton de la Fournaise (2.600 mètres, volcan toujours actif : c’est à lui que l’on doit la route des laves…particularité : il projette la lave à 1.150° et seulement de la lave par des fissures sur ses flancs et non par son cratère) : attraction numéro un de la Réunion !

 Normalement, on prévoit une entrée en matière : la visite  de la maison du volcan, mais celle-ci est fermée pour rénovation.

Arrivés au parking du Pas de Bellecombe, nous admirons le paysage et comme nous discutons aimablement, accoudés à la rambarde qui surplombe le site, nous sommes amenés à parler à nos voisins qui se révèlent être guides de randonnées…ils s’avèrent très sympathiques et nous voilà en train de prendre langue et d’échafauder une randonnée de deux jours au cirque de Mafate ! Rendez vous est pris pour le mardi 22 à l’Étang Salé pour cette rando !

Il nous faut maintenant descendre des marches pendant une bonne vingtaine de minutes pour nous rendre sur les lieux : rien qu’à voir la tête de ceux qui remontent, on devine que c’est très fatigant à faire au retour !

Nous prenons ensuite le sentier du rempart de Bellecombe, le chemin est balisé au moyen de tâches de peinture blanche : il y a souvent du brouillard et il s’agit de ne pas se perdre !

Nous passons devant le Formica Léo, et continuons notre balade dans un terrain volcanique…très ingrat !

Le décor, minéral, contraste fortement avec les paysages luxuriants de la côte !

Le retour se fait sans trop de difficulté, mais Dieu que les marches sont hautes et nombreuses quand on a à remonter vers le Pas de Bellecombe !

De retour vers nos « terres », nous nous arrêtons à Bourg Murat au »palais du fromage »(pas étonnant, quand on voit les prairies verdoyantes !) : c’est une crémerie tenue par deux sœurs. Outre le fromage, on peut aussi acheter du lait de vache frais (mais seulement le dimanche !), boire le café ou le thé !

La vente au bord des routes !

Pratique parfaitement usuelle pour les locaux : les agriculteurs tiennent des « stands » de vente de leurs produits : on achète ainsi directement les fruits de saison comme des fraises (en novembre !), des pastèques, des ananas, des citrons de couleur orange et toute sorte de légumes (mais la concurrence est rude, car les carottes importées d’Australie ou de Chine sont vendues moins cher que la production locale !).

Et puis, ne pas oublier la règle d’or de la politesse : se saluer avant tout début de transaction commerciale ! Rester cool, on a le temps…

Vendredi 18 novembre. Saint Denis.

Nous nous faisons déposer à Saint Denis, la « capitale » : 140.000 habitants.

La ville vaut une visite, en particulier le musée Léon Dierx pour ses peintures du XIX°et du XX° siècle. Elles ont été données par Lucien Vollard le frère du célèbre marchand de tableaux Amboise Vollard, originaire de la Réunion.

Nous flânons donc dans la rue principale (la rue de Paris, histoire de ne pas être trop dépaysés), de belles maisons coloniales, en particulier la maison Carrère (négociant en sucre, père de cinq filles, toutes plus adorables les unes que les autres…) devenue l’office de tourisme mais qui se visite.

Puis nous parcourons la zone piétonnière avec toutes ses boutiques : l’une d’elle attire notre attention, la chaîne de boutiques « Pardon »…

Pardon !

1984, naissance de la firme sur l’île de la Réunion : c’est un allemand (la légende veut que Peter Mertes ne soit arrivé à la Réunion qu’avec sa seule guitare et qu’il ait revendu son billet d’avion retour, à court d’argent… !) qui crée la marque à l’origine orientée uniquement vers la fabrication de tee shirts pour femmes hommes et enfants. La firme va vite faire son chemin grâce à sa réactivité, à son humour potache parfois jugé scandaleux…En 1989, un incendie criminel détruit son entreprise…Quelques procès assurent la notoriété de la marque…

Mais la fabrication n’est pas réalisée à la Réunion …L’île Maurice est toute proche…

En 2006, la marque s’implante en métropole…dans le sud, bien entendu !

Les boutiques valent vraiment le détour !

Nous rentrons sous une pluie fine mais qui ne durera pas longtemps, à l’Étang Salé.

En fin d’après midi, nous reprenons la route pour visiter le musée de Villèle, belle demeure coloniale, achevée en 1788.

Les héritiers, à bout de souffle, vendent le domaine en 1974 pour 1 franc symbolique : il faut dire que bien que construite en pierres volcaniques et briques elle était dans un état de délabrement avancé…il a fallu attendre 2003 pour que l’ensemble des bâtiments du domaine soit restauré.

Celle qui fut la maîtresse des lieux pendant un temps (Ombline Desbassayns 1755/1846, seule à bord, suite au décès de son époux en 1800)se révéla être une femme d’affaires avisée (passant du café à la canne à sucre lorsqu’il  le fallut) mais aussi une dame de fer cruelle avec ses esclaves (400 !) tout en fondant des écoles, un hôpital ainsi qu’une chapelle…

Elle fit construire une glacière en titleitude, les esclaves étant chargés de couper la glace et de l’amener à sa propriété…mais bien sûr, compte tenu de la chaleur, il fallait aller vite et gare aux traînards : ils étaient au mieux fouettés, au pis enfermés dans des cachots où ils ne pouvaient ni s’allonger ni s’asseoir.

Bref, un personnage très controversé !

La visite des lieux est guidée et sans photo et l’on doit enfiler de charmantes sur chaussures, type chambre stérile…

Samedi 19 novembre 2011.Le marché Saint Pierre. Saint Gilles, plage de l’Ermitage.

Nous partons de bon matin vers le marché Saint Pierre, l’un des meilleurs et des plus typiques si l’on en croit mon frère.

Et de fait, il y a un monde fou, tant du côté des commerçants que des clients. C’est un marché haut en couleurs où foisonnent les stands de produits artisanaux et de victuaille (fruits et légumes).

Nous dégustons un délicieux jus de canne et un jus d’ananas frais…

La cuisine réunionnaise !

Elle est assez épicée, à base de  cari (de poulet, de poisson…), de riz, chaque région ayant ses spécialités. Normalement, il n’y a ni entrée, ni dessert et toute façon, on n’aurait pas la place !

Nous retournons à l’Étang Salé vers midi, il y a un monde fou sur les routes, mais nous sommes samedi !

L’après midi va être consacrée à une virée à l’Ermitage les Bains et à des courses à Saint Gilles.

Dimanche 20 novembre 2011.Piton Maïdo et plage à l’Étang Salé.

Nous nous dirigeons vers le piton Maïdo d’où l’on peut avoir le plus beau panorama sur l’île et principalement sur le cirque de Mafate, lieu de notre trek maintenant tout proche. Malheureusement, nous serons arrétés par les gendarmes avant d’arriver sur les lieux : le 25 octobre dernier (il y a donc un peu plus de trois semaines) un immense incendie ravage 2.800 hectares et enclenche une polémique sur la non utilisation d’avions bombardier d’eau (il transporte 10 tonnes d’eau…) de type Dash 8… Finalement, deux Dash 8 en provenance de la métropole arrivent le 1 novembre et sont immédiatement engagés pour lutter contre le feu.

Deux mois et demi après le début de l’incendie, les pompiers sont toujours à pied d’œuvre et l’accès au Belvédère n’est ouvert que depuis début janvier 2012…

Bref, c’est raté pour cette fois !

 Nous faisons demi tour et allons passer le reste de la journée sur la plage de l’Étang Salé les Bains.

Lundi 21 novembre 2011. Parapente, plage de l’Ermitage, visite d’une distillerie.

Mieux vaut commencer par le parapente et terminer par le rhum !

A 9 heures 30, nous voici Régine et moi, harnachés comme jamais, à 800 mètres d’titleitude sur le site des Colimaçons prêts à nous élancer (en vol accompagné, avec un moniteur, of course !). 25 minutes de vol et atterrissage sur la plage proche de Saint Leu, exploit filmé par le moniteur affecté à Régine !

En fait, ce vol ressemble au vol en planeur que nous avions effectué il y a quelques mois : il s’agit de trouver les courants ascendants et de se laisser porter, mais de toute évidence, nous ne pouvons pas recommander le parapente pour ceux qui sont sujets au vertige, il n’y trouverait aucun plaisir !

Après avoir déjeuné (étonnant ce petit restaurant, face au super marché « Score », il faut donner son prénom, passer sa commande, aller s’asseoir et lorsque c’est prêt, vous êtes appelés…), nous passons l’après midi sur la plage de l’Ermitage.

En fin d’après midi, nous nous retrouvons chez mon frère qui nous emmène visiter une distillerie à Saint Pierre, dite la saga du rhum. Il s’agit en fait de la distillerie Isautier, que de bons produits ! Nous repartons sans avoir trop abusé, mais le rhum coco est vraiment excellent !

Mardi 22 novembre 2011. Départ pour deux jours : trek cirque de Mafate.

Il va y avoir du sport ! Nous avons rendez vous, nous quatre, vers neuf heures avec notre guide et son compagnon. Ils emmènent avec eux un beau frère, bourguignon à la retraite, qui passe ses vacances à la Réunion dans la famille : ils seront donc trois. Ce sont eux qui ont monté notre parcours : réservation du 4 x4 et des lits au « gîte et boutique Yvrin Pausé » à Grand Place.

Notre point de rencontre c’est l’entrée de la route des Tamarins à l’Étang Salé.

1Bien sûr, on ne s’y retrouve pas car tout dépend de ce que l’on appelle entrée ! Mais le téléphone portable fait des miracles et nous voici en route avec nos deux voitures (et nos chaussures de marche, nos bâtons de pèlerin, et nos sacs à dos…)  vers la Possession.

Bien avant d’y arriver nous tournons vers la rivière des Galets, direction le Dos d’Ane où nous laisserons moyennant finance nos véhicules sous surveillance (il parait qu’il vaut mieux !).

En fait, nous allons passer d’un véhicule à un autre car nous montons à bord de 4 x4 « taxi » (là aussi réservés) histoire de nous éviter le fastidieux parcours le long de la rivière des Galets.

Nous passons devant la guérite d’un travailleur acharné dont le travail consiste à lever la barrière d’accès…Notre chauffeur nous précise qu’il n’a pas le droit de prendre de passagers dans son pick up, mais seulement dans sa cabine pour des raisons de sécurité et la gendarmerie y veille…couci-couça…

Nous arrivons (enfin !) sur notre lieu effectif de départ, le lieu dit les Deux Bras.

Le cirque de Mafate (95 km carrés).

Mafate signifie en malgache « celui qui tue » et de fait c’est un esclave en fuite et qui avait trouvé là refuge qui a donné son nom au cirque.

Ce cirque est le plus sauvage des trois cirques de l’île et de fait, il est ravitaillé par un ballet incessant d’hélicoptères car il n’y a aucune route.

On évalue à 700 personnes la population du cirque de Mafate. Les habitants logent sur des îlets, sorte de plateaux délimités par de profondes ravines.

Il y a neuf îlets, nous irons à l’un des neuf, Grand Place qui s’échelonne sur trois niveaux : Grand Place les Bas ou Cayenne, Grand Place Boutique (avec son école), c’est là que nous « gîterons » et Grand Place les Hauts.

Nous allons tous les sept longer la rivière sur une courte distance : le temps d’arriver jusqu’au barrage où justement on nous avertit par un klaxon bruyant qu’on va procéder à un lâcher d’eau.

Le passage à guet devient impossible mais nous avons précédé l’alerte.

Ensuite, après avoir déjeuné sur le pouce, nous partons à l’assaut de la montagne par des sentiers bien aménagés, mais la pente est rude…et c’est une succession de montées et de descentes dans des paysages magiques !

Nos guides nous montrent la flore et la faune (oiseaux).

Nous arrivons enfin à bon port après avoir cherché à entrer dans l’église de Cayenne (Grand Place les Bas).

Il y a quelques rares maisons, une école (construite en 1923) avec un instituteur volontaire qui assure ses cours sur 4 jours. Son transport est assuré par hélicoptère.

Il faut dire que l’hélicoptère est omniprésent (à partir de 6 heures du matin, c’est fou le nombre de rotations qu’il peut faire) dès lors qu’il n’y a pas de vent : il sert au transport du ravitaillement, à faire face aux urgences médicales, au transport et à la distribution du courrier…Chaque îlet a son héliport.

Nous logeons donc au gîte et boutique (un petit bazar auquel est accroché une boite à lettres) d’ Yvrin Pausé : 16 lits en dortoir par chambre de 4.

Ce gîte était auparavant tenu par Angelo Thiburce, facteur de son état. Nous allons d’ailleurs le rencontrer sur place…

Tout est parfaitement bien tenu et le dîner va être savoureux…et roboratif, merci au jeune couple qui nous a si bien accueillis !

Angelo Thiburce !

7Le facteur du cirque de Mafate !

Né en 1941 ou 1942, il commence son dur métier de facteur en 1965 pour prendre sa retraite en 2003.

Sa tournée hebdomadaire durait 4 jours sur 120 km…et cela par des sentiers escarpés avec une bonne charge sur le dos (35 kg en moyenne) et un rôle social évident : il est écrivain public, il apporte des médicaments, des tickets de loterie…En gros, il a fait pendant toute sa carrière 4 fois le tour de la terre…

En plus, c’était un facteur économique : la petite histoire raconte à qui veut l’entendre qu’il procédait à ses frais au remplacement de ses chaussures (une paire par mois !).

En 1999, il est fait chevalier de l’ordre du mérite.

Une fois à la retraite, il a été remplacé par un hélicoptère qui fait une tournée une fois par semaine, le courrier étant ensuite acheminé par deux facteurs à leurs destinataires.

Mercredi 23 novembre 2011. Le retour vers la ville…

Nous avons bien dormi car nous étions bien fatigués !

Mais à 9 heures, après avoir pris un bon petit déjeuner, nous sommes prêts pour le départ.

Nous redescendons vers la rivière des Galets et en passant nous rencontrons un employé de l’Office National des Forets qui reboise…nous longeons, ce qui est assez insolite en cet endroit, une pépinière « pépinière Yvon Libelle ».

La descente est aussi passionnante et difficile que la montée, et pour comble de bonheur nous ne prenons pas le même chemin (passage de passerelle et de pont au singe).

A 14 heures 30, nous sommes arrivés à notre point de rendez vous avec le 4 x4 qui doit nous ramener au Dos d’Âne.

Nous avons un peu d’avance, aussi en attendant notre taxi, nous prenons des photos d’hélicoptère…

Mais la pluie et forcément la relative fraîcheur, calme nos ardeurs et nous ne sommes pas fâchés de voir enfin notre taxi arriver…

Jeudi 24 novembre 2011. Pépiniére de la Chapelle, cirque de Salazie, Hell Bourg, aéroport de Saint Denis…

C’est notre dernier jour à la Réunion : l’avion décolle en fin d’après midi, aussi avons nous le temps de terminer en beauté notre séjour !

En premier, nous allons visiter, non loin de l’ Étang Salé une pépinière – quasiment un jardin botanique à elle toute seule : la pépinière de la Chapelle à l’Étang Salé le Haut.

Excusez du peu : rien que 200 espèces de palmiers…mais pour les non connaisseurs que nous sommes, des ardoises permettent heureusement d’identifier les plants…On y passerait la journée !

Cette pépinière est « tenue » par Christine et Bernard Martz, qui, selon la petite histoire, auraient troqué leur métier d’enseignants pour se lancer dans l’horticulture…

Nous reprenons la route direction la Plaine des Palmistes qui comme son nom l’indique, est le lieu où l’on trouve des palmistes (ne pas confondre avec les palmiers !) blancs et rouges –deux espèces endémiques à la Réunion et à l’île Maurice et dont le bourgeon terminal (chou palmiste) est un légume.

Malheureusement, il ne fait pas bien beau et nous poursuivons vite notre route vers Hell Bourg, village principal du cirque de Salazie…

930 mètres d’titleitude, il fait partie des plus beaux villages de France et le mérite vraiment.

Il est ainsi nommé en mémoire d’ Anne Chrétien Hell, ancien gouverneur de Madagascar et de ses dépendances donc de l’île –à l’époque appelée île Bourbon.

Elle a eu son heure de gloire avec le thermalisme mais, en 1948, un cyclone a fait disparaître la source…

Mais ce village de montagne est resté verdoyant, calme et frais, convenant parfaitement à la bourgeoise locale qui s’y installa…

Le préfet de la Réunion y a même une résidence secondaire…

A voir quelques cases créoles datant de la seconde moitié du 19° siècle et deux magnifiques « guetali », classés, villa Lucilly et villa Barau.

 

Le guetali !

Il y en avait de nombreux dans l’île : ce sont des édifices, placés au coin du jardin, qui permettaient aux propriétaires de la maison d’avoir une vue plongeante sur la rue et ses mouvements sans pour autant se faire voir…d’ailleurs, le nom de guetali vient du créole (guette a li) et signifie « épie le »…

Nous visitons la maison Folio, maison créole, construite en 1870, toujours habitée par la même famille : la visite est guidée. Le jardin est superbe et la maison tout autant !

Nous prenons un petit café dans un des nombreux restaurants du village, puis nous repartons vers Saint Denis en nous arrêtant au bord de la route pour prendre des photos des multiples cascades qui dévalent des montagnes…paysages magiques !

Arrivée à Saint Denis : nous retrouvons l’aéroport pour notre retour à Paris et comme nous savons qu’il fait frisquet dans la capitale, nous nous changeons…finis les tee shirts, les shorts, les nu-pieds…

Ce que l’on ramène de la Réunion !

Plein de beaux souvenirs dans les yeux, la flore, la montagne, la mer, la marche…la gentillesse des Réunionnais…et la vanille, le rhum et les sachets d’épices (on n’a que l’embarras du choix…) pour faire soi même son rhum arrangé, des achards…et des tee shirts Pardon !

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