Jean Marie Lambert

Papouasie Nouvelle Guinée (2009)

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Voyage en Papouasie Nouvelle Guinée (PNG).
(un pays pluriel)
du dimanche 6 septembre 2009 au mardi 29 septembre 2009.

Les préparatifs !

La Papouasie, ça n’est pas évident comme destination…C’est très loin, très cher (on trouve des propositions par une agence française à 7.000 euros par personne pour une grande quinzaine…).

S’il n’ y a qu’une île qui regroupe la population Papou, il y a « deux » Papouasie : la Papoua Barat (ex Irian Jaya), province Indonésienne, et la Papouasie Nouvelle Guinée, indépendante.

C’est ce pays que nous allons visiter.

Comment peut-on avoir l’idée d’un voyage en PNG ?

Probablement faut-il se prénommer Régine, se trouver sur un bateau qui traverse la mer de Macassar pour passer de l’île de Sumatra aux îles Célèbes un jour et une nuit de mai 2000, y rencontrer par le fait du hasard un Papou (le seul de tout le bateau (!)…et se souvenir de cette rencontre pendant 9 ans…

38Après avoir pris contact avec notre ami Philippe, « aventurier » notoire, nous décidons du voyage…

Il trouve un quatrième compère : Francis, lui aussi prêt à l’aventure !

Bref, nous voici à quatre, comme les trois mousquetaires…

De réunion en réunion, notre projet prend corps (avec des inquiétudes liées au climat de violence qui régnerait dans ce pays –contact avec un missionnaire catholique- mais l’ Ambassade de France nous rassure -un peu), puis le voyage se fige définitivement le jour ou nous prenons nos billets d’avion pour Singapour et Port Moresby (la capitale de la Papouasie Nouvelle Guinée).

Mais comme rien n’est simple, nos arrivées se feront en ordre dispersé !

Philippe tient absolument à faire le trajet Paris/Singapour par le A380 (atavisme d’ingénieur !), donc se procure un billet chez Singapore Airlines avec un départ en fin de matinée le dimanche 6 septembre.

Le gros inconvénient, c’est l’arrivée matinale le lundi 7 à Singapour, car le vol vers Port Moresby assuré par Air Nuigini est en début de soirée…Il faut accepter de perdre une journée en transit mais que ne ferait-on pas pour un A380 !

Régine et moi cherchons la combinaison idéale, confort de route et prix bas…que nous allons trouver chez British Airways…Départ dimanche 6 en toute fin d’après midi pour Londres, l’arrivée à Singapour se fait en fin d’après midi du lundi 7, quelques heures avant l’envol pour la capitale de la Papouasie Nouvelle Guinée.

Francis, lui, est retenu par des obligations familiales et ne pourra quitter la France qu’un jour plus tard…Il passera par Hongkong pour rejoindre Port Moresby.

Nous avons décidé, que dès notre arrivée mardi matin le 8, à Port Moresby, nous reprendrions l’avion pour Madang où nous nous reposerons deux jours avant d’entamer notre parcours.

Francis doit faire le même trajet à partir de Hongkong et avec un jour de décalage par rapport à nous : il doit arriver à Madang le mercredi 9 en fin de matinée.

Pour ce qui est de notre trajet sur place, je contacte un hôtel pour notre arrivée (deux nuits à Madang) : le règlement se fait en dollars australiens et du fait que nous achetons à l’extérieur de la Papouasie, nous sommes dispensés de la TVA locale (10%), dite GST (encore merci, monsieur Lauré, la TVA est arrivée enfin en PNG en 1999…).

Je cherche également à réserver des chambres à Goroka où se tiendra un festival très réputé, mais j’ai moins de succès : pas d’Internet, pas de fax…En désespoir de cause, je téléphone mais je ne suis pas sûr d’avoir été compris, même après avoir confirmé par courrier !

Je prends contact avec une agence de voyage pour notre virée sur la Sepik River, agence dont j’avais trouvé les coordonnées à partir d’une revue (« Grands Reportages ») qui traînait dans la salle d’attente de mon dentiste…la vie est faite de hasards !

Pym est le patron de l’agence, purement locale, basée à Mount Hagen : il se met aussitôt en relation avec son correspondant pour la Sepik River et nous offre ses services pour Mount Hagen et ses environs…

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Nous réservons donc pour la Sepik et aussi pour Mount Hagen : j’en profite pour demander à Pym de voir avec la Lutheran Guest House de Goroka, celle à qui j’avais téléphoné pour s’assurer que nos réservations de chambre ont bien été prises en compte….Ça tombe bien, il doit se rendre à Goroka et va vérifier…C’est bien ce que je craignais, nos demandes de chambres n’ont pas été enregistrées, mais Pym va nous sauver la mise…

J’apprendrai d’ailleurs, grâce à un forum de « trip advisor », qu’il ne sert pas à grand chose de confirmer par courrier, fax ou télex des réservations…

J’aurai de très grandes difficultés à transférer des fonds à destination de l’agence bancaire de Pym (Bank South Pacific).

Visiblement, cet établissement n’a pas trop l’habitude de recevoir des virements d’Europe !

Papouasie Nouvelle Guinée (1).

Ainsi nommée parce qu’un explorateur espagnol naviguant dans la région au XVI° siècle a trouvé que les indigènes ressemblaient aux habitants de la Guinée africaine…

Pas facile de trouver une carte du pays…Je m’en procure une, d’occasion, trouvée sur le net !

Pas facile de trouver un guide : à ma connaissance, seulement un Lonely Planet (en anglais).

Pas facile de trouver un manuel de langue, encore que… de passage à l’aéroport de Vienne (Autriche…) et disposant d’un peu de temps en transit, je farfouille dans une librairie et j’y trouve un manuel de conversation de quelques langues parlées en PNG…édité par Lonely Planet !

Pas facile de rejoindre Port Moresby, la capitale…Air Nuigini, la Cie nationale, ne dispose que de deux Boeing – loués à « Iceland Air » et entretenus à Hongkong et s’il y a deux vols par semaine entre Singapour et Port Moresby, il n’ y a qu’un seul vol Hongkong Port Moresby …

Avantage d’Air Nuigini : ils ont un bureau à Francfort, efficace, et nous pouvons bénéficier d’un « pass » pour les vols intérieurs.

Peut être aurait il été plus simple (mais probablement plus long et plus onéreux encore !) de passer par l’Australie car les liaisons sont assurées par la Qantas avec des fréquences bi quotidienne à partir de Brisbane ou de Cairns….

Papouasie Nouvelle Guinée (2).

6.000.000 d’habitants, espérance de vie 54 ans pour les hommes, 56 pour les femmes, 462.000 km carrés, pays montagneux et couvert de forêts, 600 îles; bref, 10 fois moins d’habitants que chez nous pour un territoire à peine plus petit…

820 langues, sans racine commune ! L’anglais est la langue de l’enseignement supérieur, le pidgin (un anglais » cassé »), la langue de l’enseignement primaire et secondaire.

Ainsi, un enfant Papou, pour autant qu’il suive une scolarité (10% des enfants suivent des cours dans le secondaire…40% des adultes sont analphabètes), saura trois langues : sa langue maternelle, le pidgin et plus tard l’anglais…

Trois langues officielles : l’anglais, le pidgin et le motu. Une devise nationale : « unis dans la diversité » !

Ancienne colonie allemande, le territoire est ensuite passé, à la fin de la première guerre mondiale, aux mains des Australiens par mandat de la Société des Nations, puis est devenu indépendant le 16 septembre 1975.

La Papouasie est membre du Commonwealth.

C’est un pays potentiellement très riche de ses minerais (or, cuivre, nickel…) et de son pétrole qui ont attiré la convoitise des grands groupes miniers internationaux : les groupes australiens, canadiens et chinois.

L’agriculture est aux mains des Australiens et des Chinois (huile de palme, coprah, élevage intensif de bétail, café, exploitation de la forêt) et occupe 85% de la population. Il n’y a pas de pénurie alimentaire, même si la population est très pauvre.

 

21 août 2009 : dernière réunion pleiniére avant le départ !

Les billets d’avion vols internationaux sont achetés, les réservations et le paiement sur les vols intérieurs sont faits (nous voyagerons par Air Nuigini et par Airlines PNG) et nous nous donnons rendez vous, Philippe et nous deux, à Singapour, le lundi 7 septembre en fin d’après midi.

Il y a même une extension, prévue par Francis et Philippe, qui tiennent à visiter les îles Trobriand. Francis a, en effet, passé une partie de sa jeunesse étudiante en sociologie et il avait comme livre de chevet l’ouvrage fondamental (c’ est lui qui le dit !) de B.Malinowski  « les argonautes du pacifique occidental ». Depuis, il rêve des îles Tobriand l

La chose qui nous intrigue, c’est la valse des billets émis par Airlines PNG pour le trajet Mount Hagen/Wewak.

Le premier billet émis nous fait partir à 8 h 45 et arriver à 9 h 30; le deuxième, même heure de départ, mais arrivée à 10 h 40; le troisième et dernier billet, même heure de départ mais arrivée à 11 h 25….Autrement dit, le temps de parcours passe de 45 minutes à 2 heures 45…on verra à confirmer sur place…

Papouasie Nouvelle Guinée (3).

La devise, c’est le kina (nom local de la coquille d’huître perlière qui servait autrefois de monnaie), subdivisé en toea (qui signifie simple coquillage).100 toeas équivalent à 1 kina. Le troc se pratique toujurs dans certaines régions isolées.

En gros, 10 kinas valent 2,7 euros.

Chacun (!) s’engage à modérer le poids de ses bagages, car pour les vols intérieurs la limite est de16 kilos.

Disons que, même s’il y a de fait un indiscipliné qui se reconnaîtra de lui même, le poids total de nos bagages se situera à 4 sous la barre fatidique des 64 kilos…

Régine scanne à destination de l’Ambassade de France à Port Moresby nos passeports ainsi que nos dates d’arrivée et de départ : il ne manque que celui de l’indiscipliné qui se reconnaîtra de lui-même !

Papouasie Nouvelle Guinée (4).

Les voies de communication sont rares qu’elles soient sous forme de pistes ou de routes alsphatées (souvent défoncées…). Imaginez une capitale qui n’est pas reliée aux villes principales du pays !

Alors, il faut soit prendre l’avion ou le bateau pour transporter les marchandises, ce qui renchérit considérablement le coût des produits importés, étant entendu qu’à part la bière locale (bonne) rien n’est produit sur place…

Donc, ne pas s’étonner s’il y a 578 pistes d’atterrissage dans le pays dont 21 sont des pistes en dur…

 

Dimanche 0609/2009 : le départ pour Londres.

Tôt le matin, il est dans les 10 heures, nous voilà réveillés par un coup de téléphone de Philippe, qui est à Roissy, et qui s’apprête à monter dans son Airbus 380….

En fin d’après midi, nous voilà à notre tour à Roissy, envol pour Londres.

Arrivés à Heathrow, nous avons le temps de flâner un peu mais pas trop, car cet aéroport est vraiment mal pratique : pour changer de terminal, il nous faut prendre un bus qui va mettre ½ heure…

Lundi 07/09/2009 : arrivée à Singapour !

Il est 17 heures lorsque notre avion atterrit à Singapour. Nous avons bien notre billet pour Port Moresby mais pas notre carte d’embarquement, aussi, nous devons sortir de l’aéroport (c’est-à-dire remplir un formulaire à remettre à la police des frontières en expliquant que nous restons 0 jour à Singapour !), pour récupérer nos bagages.

Et c’est là que nous retrouvons notre héros du A380, arrivé tôt le matin du 7, affalé sur un siége, pour tout dire avec une tête d’homme fatigué, déçu par son vol…

Philippe a finalement renoncé à louer un téléphone satellitaire, trop encombrant et trop cher !

Nous partons tous les trois prendre une bière, payable en dollars US, mais la monnaie nous est rendue en dollar singapourien…

Normalement, le vol d’Air Nuigini est programmé à 20 h 30, mais Philippe, s’étant renseigné, nous informe qu’il va y avoir du retard, peut être un départ à 21 h 30, puis 22 h 30…

En fait, c’est à 23 h 30 que commenceront les formalités d’embarquement…

S’il y a un retard équivalent dans le sens retour Port Moresby/Singapour, Régine et moi nous sommes faits comme des rats, car nous louperons notre correspondance pour Londres…

Nos bagages vont être enregistrés jusqu’à Madang, il nous faudra simplement les récupérer à Port Moresby pour le passage de la douane.

En attendant, nous ne savons pas comment les choses vont se passer une fois arrivés à Port Moresby, arriverons nous à temps pour notre vol vers Madang?

Les hôtesses de l’air de la Cie ne sont pas de première fraîcheur mais l’avion est propre et le vol se fera sans encombre.

Mardi 08/09/2009. Port Moresby/Madang.

Nous arrivons à Port Moresby à 9 heures du matin (le décalage horaire avec la France est de + 8 heures, c’est-à-dire qu’il est 1 heure du matin à Paris) alors qu’il était prévu une arrivée à 5 heures…

L’heure théorique de départ de notre vol vers Madang est 10 heures.

C’est difficilement jouable, car nous devons obtenir notre visa d’entrée sur le territoire, récupérer nos bagages, passer la douane et nous rendre au terminal domestique, 300 mètres plus loin !

Le visa va nous coûter 42 dollars US par personne et il est délivré très vite ! La monnaie nous sera rendue en kina.

Pendant que j’attends les bagages, Régine et Philippe vont faire la queue pour échanger des dollars contre des kinas.

Le passage de la douane se fait sans problème (je veux dire sans ouverture des valises !) et le douanier, sympa, s’étonne de nous voir arriver de si loin pour faire du tourisme ! Et c’est vrai que globalement, nous ne verrons que très peu de touristes !

Nous fonçons tous les trois vers le terminal domestique, il y fait chaud, il n’ y a pas beaucoup de ventilation.

Il y a beaucoup de monde devant les comptoirs d’ Air Nuigini, au dessus de chaque comptoir une petite affiche format 21 x 27 où il est écrit à la main la destination et le numéro du vol mais rien pour le nôtre.

Le vol pour Madang aurait il disparu ? Il est 10 heures passées…

En fait, Philippe va remarquer que les étiquettes d’enregistrement de nos valises n’ont pas les mêmes numéros de vol (PX 110) que nos billets d’avion (PX 168) et que celles-ci nous indiquent un vol plus tardif que celui que nous avons acheté…

Et puis, cerise sur le gâteau, voilà que le système informatique se plante…et les employés remplissent les billets d’embarquement à la main…visiblement, tout le monde a l’habitude…

Nous finissons par arriver au bout de la file et à présenter nos bagages, il est 11 heures…

Nous nous dirigeons vers la salle d’embarquement, il nous faudra attendre encore un peu avant d’être appelés pour le vol pour Madang !

Le vol se fait sur un Fokker, les hôtesses sont jeunes, les passagers très peu nombreux.

Arrivés à Madang, nous attendons la livraison de nos bagages.

J’en profite pour envoyer un SMS (réseau Orange) à Régine qui est à côté de moi et ça marche (par contre pas de possibilité d’appeler hors PNG ni à l’intérieur de la PNG). Philippe voudrait bien en faire autant mais ni les SMS ni les appels ne passent (réseau SFR).

Nous voyons bien le van de l’hôtel (le Madang Lodge) qui doit nous y conduire mais le temps de récupérer nos valises, voilà que le van est parti sans nous !

Se présente alors une sorte de taxi collectif qui veut bien nous emmener à notre hôtel pour 10 kinas à nous trois, soit un peu moins de trois euros.

1Arrivés à l’hôtel, les palabres commencent !

On ne trouve pas trace de notre réservation et ce qui plus grave, pas de trace de notre paiement…

Bref, au bout d’une demi-heure et après avoir fait appel au « manager », tout finira bien, surtout pour Régine et pour moi, puisque nous serons « surclassés ».

L’hôtel est constitué de bungalows donnant sur un jardin luxurieux peuplé d’arbres, de palmiers, de fleurs d’orchidées….Au bout du jardin, la mer (la mer de Bismarck, eh oui, l’influence germanique…).

Bon repas de midi, même si midi est largement dépassé, puis sieste compensatrice, plus de 20 heures de vol…

En fin d’après midi, petite balade dans le parc de l’hôtel. Nous nous apercevons assez vite qu’il est entouré de hauts murs, surmontés de barbelés et que la grille d’entrée est sévèrement gardée…

Il nous sera demandé de ne pas sortir le soir !

Évidemment, la clientèle de cet hôtel est une clientèle étrangère, il y a même quelques militaires australiens.

Mercredi 09/09/2009. Où nos trois mousquetaires se retrouvent !

Avant de partir à pied visiter le petit musée contigu à l’office du tourisme, nous préparons le terrain pour le lendemain : nous trouvons un « PMV » (Public Motor Vehicule) qui pourra nous prendre en charge à l’hôtel et nous conduire à Lae.

Il fait chaud, le soleil tape fort, l’air est moite.

Le musée est modeste, mais bien fait, et il donne une bonne idée des sculptures sur bois que nous allons admirer et parfois acheter tout au long de notre séjour. La conservatrice nous remet sa carte de visite (réflexe typiquement asiatique…) mais nous ne pouvons pas lui donner les nôtres en retour !

Philippe retourne à l’hôtel pour attendre l’arrivée de Francis (en principe en fin de matinée… si tout se passe bien!).

Régine et moi, nous prenons un bus local, en face du musée, qui va nous conduire au marché tout proche de la gare routière (1,4 kina pour nous deux, soit 0,36 euro).

L’assistant chauffeur (c’est lui qui encaisse la monnaie) discute avec nous (en anglais, of course !). Il aime tout le monde (les Australiens, les Anglais, les Français, bien sûr, mais pas trop les Chinois, trop nombreux à son goût !).

Le marché comporte une partie couverte et une partie « plein air ». Nous sommes frappés par la propreté des allées qu’elles soient cimentées ou en terre battue ainsi que par la présentation des produits en vente : les carottes (3 par 3) et les pommes de terre (4 par 4) sont lavées et disposées sur des bâches plastifiées, les petits pois sont écossés et reposent dans des feuilles de choux, les feuilles de tabac sont sagement alignées, les fruits disposés en petites pyramides, il y a même un secteur où sont vendus les objets artisanaux…

Même le poisson séché a une tête sympathique, c’est dire !

 

Le marché !

Il est ouvert tous les jours, sauf le dimanche car nous croyons en Dieu !

Ce qui nous étonne aussi c’est l’absence de balance : les prix des produits sont affichés (il n’y a pas de marchandage), soit à l’unité (pour les fruits) soit au »tas » pour les légumes.

Il y a beaucoup de choses et beaucoup de monde dans ce vaste marché, très animé : les marchands nous demandent même de faire très attention à nos sacs à dos et à nos poches à cause des pickpockets…

Régine achète des clémentines (pas très mûres !) et comme nous ne savons pas trop quoi faire des peaux (il n’est pas question de les jeter par terre !) une marchande comprend notre embarras et nous en débarrasse….

13Petite balade en ville : beaucoup de chauves souris pendues dans les arbres et nous profitons de la climatisation pour prendre un peu d’air frais dans un supermarché…

Nous repartons par le même moyen de transport qu’à l’aller : le taxi collectif. A peine montés à bord, nous sommes pris en charge par une passagère qui veille sur le prix que nous allons payer (1,40 comme à l’aller !) et qui nous indique où il nous faut descendre !

Le Pidgin ! Une des trois langues officielles !

Le pidgin, c’est 80% de mots d’origine anglaise, 7% des îles du Pacifique, 5% tirés de l’allemand.

A titre d’exemple, merci se dit « tenkyu », la table « tebol », pluie « ren »…!

 

Arrivés au Madang Lodge, nous retrouvons Philippe qui attend toujours Francis…Il aurait bien voulu prendre le bus de l’hôtel pour attendre Francis à l’aéroport (c’est pourquoi nous sommes très surpris de le voir là !), mais le bus était déjà parti quand Philippe est revenu du musée !

3L’attente à trois se prolonge, mais le personnel de l’hôtel, averti par téléphone, nous rassure : il est bien arrivé…

Le voici ! En forme, mais fatigué (on le serait à moins !)…

Il a passé sa journée de mardi à Hongkong (visite rapide de la ville), il a pris l’avion (très en retard !) d’Air Nuigini pour Port Moresby et là, il a suivi la filière classique, douane, terminal vols intérieurs, envol vers Madang (avion plein de Chinois).

Nous allons déjeuner tous les quatre au restaurant de l’hôtel (bonne bière bien fraîche ! la SP Export, bière locale, tout à fait recommandable, SP pour South Pacific) et nous informons Francis de la chance qu’il a : il a été désigné volontaire à l’unanimité pour occuper le poste de trésorier du groupe (notre choix s’avérera excellent !), puis sieste pour tout le monde !

Après dîner, je taille une bavette avec deux Papous qui prennent un verre face à la mer : ils m’apprennent quelques mots de pidgin…

Jeudi 10/09/2009. Madang/Lae par la route, en PMV (300 km de 9 heures du matin à 17 heures 30).

Il est 9 heures du matin quand nous montons à bord du PMV. Il reste un certain nombre de places disponibles et notre chauffeur, après avoir cherché des clients avec lesquels il avait rendez vous, va tourner en rond pendant une bonne heure pour remplir son van !

Le départ réel se fera à 11 heures 30 du matin (versus 9 heures !), juste après avoir rempli le van de passagers et le réservoir d’essence…

Juste derrière nous s’est installé un instituteur et nous aurons droit à un flot roulant de questions portant sur notre religion, le climat en France, la végétation, les légumes et les fruits qui y poussent, s’il y a des pauvres, parce qu’ici, d’après lui, les dirigeants s’en mettent plein les poches…

La route ne sera pas, dans l’ensemble, trop difficile, malgré quelques très fortes pentes (jusqu’à 20%) et quelques trous…

Nous nous arrêterons de temps à autre, au grè des marchés. J’achète de la noix de bétel (pas bon à manger comme ça !).

Le paysage est intéressant : au fil des kilomètres, nous allons traverser des territoires immenses plantés de palmiers à huile (pour les Chinois), un très grand centre d’élevage de bovins (pour les Australiens), de la canne à sucre à n’en plus finir…Tous ces territoires ont été « gagnés » sur la forêt primitive…

Apparition d’un habitat sur pilotis : un peu de hauteur permet d’éviter les inondations et l’intrusion d’animaux non désirés à l’intérieur des maisons…construites en bambou.

Nous longeons un pipe line en construction (Chine) : terminé il fera 145 kilomètres de long. Il est destiné à transporter du minerai de nickel jusqu’au port de Lae.

Des passagers nous font remarquer que nous traversons le pont le plus long de Papouasie ! Mais un peu plus loin, c’est un passage à gué qui nous attend…

Le bétel

Hommes et femmes mâchonnent à longueur de journée de la noix de bétel…ce qui a comme conséquence d’oranger les dents et les gencives d’une manière définitive, et de provoquer de longs et abondants crachats de couleur rouge…C’est dire comme c’est beau à voir !

Si après ça, vous avez envie d’en mâcher, libre à vous !

Ça se prépare !

La noix de bétel (en fait, la noix d’arec, que l’on retrouve dans la composition des cachous…) est le fruit du palmier à bétel.

Une fois la noix de bétel mâchée et bien mâchée, elle devient pâte : on y ajoute de la « mustard » (ou daka, en pidgin, tige verte, forme haricot vert, qui est en fait un fruit d’une dizaine centimètres de long) enduite de chaux produite à partir de coquillages et de corail (en vente sur tous les marchés !).

Propriété : coupe faim, avec risque de cancer de la bouche ou des voies respiratoires supérieures, euphorisant et stimulant…Tout pour plaire !

 

Nous arrivons, après plusieurs haltes repos, à Lae, il est 17 heures environ. Nous sommes un peu fourbus, le van n’est pas des plus confortable, et…il pleut dru !

Normal nous dit un des passagers, il pleut tout le temps à Lae !

Notre chauffeur disperse ses passagers un peu partout (c’est du dépôt à la demande !) puis s’occupe de nous, c’est-à-dire nous conduit à l’hôtel que nous avions choisi…

Malheureusement, il est complet, au moins pour cette nuit, mais la réceptionniste, très aimable, prend sur elle de téléphoner aux autres hôtels de la ville. Mais tous sont complets…sauf ceux qui ont des chambres à des prix que nous jugeons aberrants et qui provoquent des exclamations indignées (!) de la part de notre chauffeur, de son assistant et d’un passager resté jusqu’au bout !

Mais à la fin du fin, la chance nous sourit : un hôtel a trois chambres disponibles a 110 kinas par chambre, mais les toilettes et les douches sont communes ! Après avoir remercié chaleureusement la réceptionniste, nous filons avec notre van vers l’hôtel promis !

Le « Value Inn » va s’avérer être un bon choix !

Nous allons dîner dans l’hôtel même, et discuter de la suite de notre voyage.

Nous tombons d’accord qu’il ne nous est pas possible de rejoindre Goroka par le PMV « classique » car c’est à coup sûr une arrivée à Goroka en début de soirée samedi, alors que se déroule un festival sur les deux jours, samedi et dimanche, et que nous tenons à y être !

Les temps de route sont en effet exorbitants, du fait que le van ne s’ébranle qu’après avoir fait le plein de ses passagers, et cela peut prendre des heures…sans compter les arrêts, nombreux, au gré des marchés, et la « livraison » des passagers, non pas au terminus, mais en tournant dans la ville quartier après quartier….

Comment faire ?

Chacun donne son idée (louer une voiture avec chauffeur, trouver un taxi…) : il est finalement décidé que nous allons essayer de chartériser un PMV à notre seul profit, c’est-à-dire en achetant toutes les places disponibles….

Mais pour ce faire, il nous faut l’aide d’un autochtone à qui nous pourrons expliquer ce que nous voulons : un départ à notre heure, pas d’arrêt sur la route contre le paiement de toutes les places…(et un peu plus, si c’est nécessaire !)

Nous négocions avec le patron de l’hôtel (merci Jonathan !) pour qu’il nous trouve un PMV !

Vendredi 11/09/2009. Alerte au choléra à Lae !

Après notre petit déjeuner, nous demandons à l’hôtel s’il est possible de nous conduire à une banque car Francis veut faire du change. Pas de problème, nous montons tous les quatre à bord du 4×4, le chauffeur est super sympa, il dépose Francis à la banque (ANZ).

Le change se fait, c’est un peu long, mais sans plus.

Nous demandons alors au chauffeur dans quelle direction se trouve le terminus des bus car nous devons prendre un bus pour aller visiter l’attraction de Lae : le rainforest habitat, à 9 kilomètres de Lae…

Nous comprenons très vite que notre chauffeur refuse absolument de nous laisser partir à pied vers l’arrêt des bus, il veut bien nous y conduire, mais en 4×4 !

En fait, il est inquiet pour nous, car il estime la ville peu sûre. De fait, il n’ y a pas un magasin sans son, ou ses, gardes armés de matraque…

Les rares véhicules particuliers qui circulent ont les vitres grillagées (devant, derrière, sur les côtés….).

Bref, pendant notre journée à Lae, nous ne serons pas autorisés à mettre un pied sur le trottoir !

Nous racontons à notre chauffeur les problèmes de communications téléphoniques que nous rencontrons.

Non seulement il ne nous est pas possible de téléphoner en France, mais il ne nous est pas possible non plus de téléphoner en PNG !

Muni de l’appareil de Régine, il va tenter de le faire débloquer par les hautes autorités de « digicel », mais en vain. Il propose une solution géniale que nous allons adopter tout de suite : l’achat d’un téléphone et d’une carte prépayée !

Pour 100 kinas, nous voilà avec un téléphone Nokia tout neuf (acheté dans un magasin tenu par un Chinois…) qui peut servir en PNG et qui permet aussi les appels vers la France ! Que du bonheur !

Digicel !

Société crée en 2001, dans les Caraïbes, en Jamaïque, par un entrepreneur Irlandais…et implantée, après bien des péripéties, en PNG depuis 2008 ! Et ça marche vraiment bien !

 

Notre chauffeur nous conduit devant l’arrêt de bus, descend de son véhicule pour s’assurer que nous prenons le bon bus en direction de l’Université de Technologie (le rainforest est géographiquement proche de l’Université) et nous fait promettre de l’appeler pour qu’il vienne nous chercher à notre retour…Une mère poule ne s’y prendrait pas mieux !

L’enseignement en Papouasie

L’école est obligatoire à partir de l’âge de six ans et jusqu’à 14 ans, mais à la condition que les parents puissent payer les frais de scolarité…On estime que la moitié des filles et que les 2/3 des garçons sont scolarisés dans le cadre de l’obligation scolaire. Il n’y aurait plus que 40% d’analphabètes.

Beaucoup d’écoles confessionnelles mais il y a aussi des écoles publiques (payantes).

Un instituteur gagne environ 900 kinas par mois soit 240 euros environ. Un professeur d’université gagnerait 2.000 kinas, soit 500 euros.

Environ 4.000 écoles pré-primaires (de 6 à 9 ans), 3.300 écoles primaires de 9 à 14 ans), 170 écoles secondaires (il n’y a plus que 37% de filles), 140 écoles professionnelles et 4 grandes écoles.

Au haut de la gamme, 6 universités, privées (à connotation religieuse) et publiques.

 

Nous arrivons à bon port: ce n’est d’ailleurs pas bien difficile car c’est le terminus et nous entrons dans le parc de l’Université à la recherche du rainforest…

En français, cela veut dire foret tropicale humide et c’est effectivement la reconstitution sur 12.000 mètres carrés, abrités sous une bâche, du milieu tropical tel qu’il existe en PNG !

Il fait très chaud et nous avons fait un bon bout de route (en fait, nous commençons à nous demander si nous ne nous sommes pas trompés de chemin) lorsque nous décidons de nous arrêter à un poste de sécurité, planté là, pour vérifier que nous sommes bien dans la bonne direction…

Eh, oui, c’est bien par là ! Eh non, ce n’est plus très loin !

C’est alors que surgissent de nulle part deux étudiants qui se proposent de nous accompagner, ce que nous acceptons.

32Ils sont très curieux de l’Occident et nous posent de multiples questions comme « les filles françaises aiment elles les peaux noires ? »; « y a-t-il des fermes dans Paris ? »; »quels sont les fruits, les fleurs de France ?; »quel temps fait il en ce moment en France ? »…

Nos réponses ont l’air de les satisfaire et nous avons vraiment l’impression d’être les exotiques…

Comme nous nous étonnions de la présence de nombreuses paires de chaussures qui pendouillent sur les fils électriques, nos deux jeunes nous expliquent que la « coutume » veut que l’on balance les chaussures usagées sur les fils électriques, après en avoir noués les lacets.…

Ce sont eux qui vont nous apprendre que l’Université est officiellement ouverte mais officieusement fermée pour cause de choléra…ce qui leur laisse du temps libre !

Chemin faisant, nous passons devant une habitation où on est en train de préparer un »mumu », cuisson traditionnelle garantie !

Le « mumu »

Prenez un cochon noir (ils le sont tous) bien gras, préparez le (c’est-à-dire coupez le en morceaux); creusez la terre, mettez y du bois puis des pierres,
allumez le feu. Au bout de quelques heures, les pierres vont devenir brûlantes : à ce moment là, placez légumes (le plus souvent des patates douces, des taros, tubercules au goût de pomme de terre mâtiné de châtaigne, des yams –autre type
de tubercule-) et viande dans des feuilles de bananier que vous disposerez sur les pierres…et au dessus mettez d’autres pierres chauffées au préalable…il n’y a plus qu’à attendre…miam miam !

Nous finissons par arriver à la rainforest habitat, crée en 1994, et c’est vraiment bien fait ! On trouve dans cet espace plantes (ah, les orchidées !) et oiseaux, dont le légendaire oiseau du paradis –emblème de la nation !

Pour la première fois, nous verrons des casoars, oiseaux sans aile, féroces, espèce menacée, et qui n’ont aucun rapport avec les casoars portés par les Saint-Cyriens (un vulgaire plumet rouge et blanc qui n’a acquis son surnom de casoar que parce que en 1855 est arrivé le premier casoar en France au jardin d’acclimatation)…Et aussi des cuscus (sorte de lémurien, famille des marsupiaux), un crocodile paresseux…

Une fois visité le site, nous repartons vers notre arrêt de bus, toujours accompagnés de nos deux étudiants.

A la sortie, nous voyons bien une distribution de tracts, mais nous n’en sommes pas destinataires : en fait, il s’agit de consignes données en cas de suspicion de choléra…

Nous quittons nos étudiants (ils veilleront à ce que nous prenions un « bon » PMV !)….

De retour en ville dans le quartier d’Eriku, terminus de notre bus, nous cherchons en vain à nous rafraîchir avec une bonne bière !

Faute de mieux, nous nous installons dans une boulangerie, pâtisserie et traiteur chinois où nous allons déjeuner d’un bol de nouilles instantanées, d’un petit gâteau et d’un café…

Nous passons un coup de fil à l’hôtel, pour qu’on vienne avec une voiture nous récupérer…

C’est Jonathan, le patron de l’hôtel, en personne, qui vient nous chercher, il a l’air tout content de nous retrouver entiers !

Il s’est occupé de nous trouver un PMV que nous privatisons pour 500 kinas à quatre et nous rencontrons notre chauffeur de demain…

Samedi 12/09/2009. Lae/Goroka. Le jour où l’on frôle l’accident et première journée du festival !

Notre PMV est à l’heure : 7 heures 30.

Nous partons avec les ultimes recommandations de prudence de Jonathan…

La route est facile et de bonne qualité à peu près sur tout le parcours.

Sauf que, notre chauffeur va s’endormir au volant : il roule dans le fossé (peu profond, mais notre van s’incline très fort…), manque de verser, mais notre as du volant se réveille et réussit à rétablir la situation. Ceci étant, il est horriblement vexé…

Il est 11 heures 30 quand nous arrivons au port : la Lutheran Guest House, où nous déposons nos affaires.

C’est à elle que j’avais téléphoné et écrit pour confirmer notre venue…mais heureusement que Pym est passé par là car ils sont surbookés à cause du festival…Et si Régine et moi sommes bien logés dans une petite chambre à lits superposés avec douche et toilette, il n’en est pas de même pour Philippe et Francis qui se voient offrir deux places dans un dortoir de 6 lits, douche et toilette étant communes.

Et comme ils arrivent les derniers, il ne reste que deux places en couchage supérieur…

Les prix !

Souvent aberrants !

A la Lutheran Guest House de Goroka, nous allons payer 75 kinas par personne et par nuit. Le fait que Philippe et Francis dorment dans un dortoir et dans des conditions assez limites au point de vue confort, ne change rien à l’affaire !

A titre de comparaison, le Value Inn de Lae nous revenait à 115 kinas par chambre.

Tout au long de notre voyage, les repas nous coûteront environ 25/30 kinas par personne, bière inclue, soit 8 euros au maximum.

Comme nous allons opter pour la demi pension, le séjour nous reviendra à 100 kinas par personne et par jour. Sauf que ce régime ne pourra s’appliquer qu’à partir de lundi car pour aujourd’hui, c’est trop tard et pour dimanche, jour du Seigneur, il n’ y a personne aux cuisines…

Nos affaires déposées, nous reprenons notre van qui nous emmène jusqu’au stade où a lieu le festival.

Nous achetons nos billets d’entrée et un pass « VIP » quasiment réservé aux occidentaux (qui sont peut être une petite centaine, c’est là où nous avons vu le plus grand nombre de touristes) compte tenu de son prix.

Sur la pelouse de ce stade défilent les tribus des Highlands, dans leurs habits traditionnels : elles dansent et jouent de la musique, hommes et femmes confondus. On peut compter une bonne centaine de tribus, près de 2.000 danseurs, chanteurs, musiciens !

Nous prenons beaucoup de photos et beaucoup de sons car vraiment c’est assez extraordinaire…

Le festival de Goroka. 

Il a été fondé en 1957 par des militaires et des missionnaires Australiens qui voyaient là une possibilité de faire cesser les combats entre tribus des Highlands.

Aujourd’hui, il coïncide avec les fêtes de l’indépendance : il a donc lieu en septembre aux alentours du 16, et toujours un samedi et un dimanche.

C’est aussi une compétition (pacifique !) entre les tribus et chacun a à coeur de se montrer sous ses plus beaux atours. Ce qui est particulièrement frappant, c’est que dans chaque groupe, on va trouver des jeunes, des vieillards, des grands, des petits, des beaux, des pas beaux, des femmes aux seins fermes et d’autres aux mamelles tombant à hauteur du nombril, bref, c’est tout un monde !

Il y a du monde, car vers 12 heures (nous l’apprendrons le lendemain !) les grilles s’ouvrent pour que la population puisse bénéficier du spectacle (3 kinas l’entrée, le pass « VIP » est à 150 kinas pour les deux jours du festival).

Nous terminerons notre après midi par un hot dog, mangé sur la pelouse et nous rentrons sagement à notre guest house en longeant l’aéroport qui est vraiment pile poil dans la ville !

Vers 18 heures (on dîne tôt en Papouasie !), nous sortons à nouveau, direction « le » restaurant chinois de la ville (je crois qu’il n’y a rien d’autre à proximité !).

Il fait nuit noire quand nous sortons du restaurant mais nous avons eu la présence d’esprit de prendre avec nous nos lampes frontales.

Il y a peu à faire comme distance entre le restaurant et la guest house, et heureusement, car on ne se sent pas très tranquille : la faute en est probablement à tous ces gardes armés de gourdin ou d’armes à feu qui nous demandent où nous allons et nous souhaitent une bonne nuit !

Dimanche 13/09/2009.Festival de Goroka, 2° jour ! Où l’on entend des tirs d’armes automatiques !

Après notre petit déjeuner, nous partons à la recherche du PMV numéro 1 ou 2 qui, l’un ou l’autre, sont susceptibles de nous emmener au stade.

Des vendeurs de journaux sur le trottoir proposent les deux quotidiens de langue anglaise : le Post Courier (groupe Murdoch) et le National (propriété d’un Malais). Nous avons de visu confirmation qu’il y a bien le choléra à Lae : on annonce 22 morts…

Nous demandons notre chemin : aussitôt un autochtone se met en tête de nous conduire jusqu’à l’arrêt du bus. C’est sympa, mais ça l’est moins quand nous constatons qu’il vide un van de ses occupants à notre profit…

De toute façon, on est dedans maintenant, il n’y a plus qu’à laisser faire.

Nous sommes donc conduits pour 10 kinas devant l’entrée « VIP » du stade, il est 9 heures 30 et en principe, le show a lieu à partir de 10 heures, 10 heures 30.

Là, nous avons la surprise d’entendre parler français avec un fort accent belge !

En fait, il y a là un groupe belge, piloté par vieux routier de la PNG (cela fait 38 ans qu’il vient dans le pays accompagner des touristes, il est d’ailleurs médaillé d’or, nous dit-il, par le ministère du tourisme de Papouasie).

Ce deuxième jour est une répétition de ce que nous avons vu et entendu la veille. L’intérêt n’en est pas moins vif : car nous allons avoir du temps, nous allons pouvoir choisir les groupes que nous apprécions particulièrement, bref, aller plus en profondeur, plutôt que de papillonner comme nous avons fait la veille de découverte en découverte…

Un groupe me plait particulièrement : celui des îles Salomon. Les jeunes femmes dansent et chantent au son de tuyaux de bambous frappés par des hommes à l’aide de tongs…

audio : du soleil dans les oreilles !Nous déjeunons classiquement d’un hot dog avec coca frais, une femme s’approche de nous et nous vend quatre bananes.

Une fois ce frugal repas avalé, nous nous dirigeons vers la sortie et nous y sommes presque lorsque retentissent des salves de coup de feu ! À 50 mètres de nous !

Aussitôt, c’est la panique : les gens courent dans tous les sens, à la recherche d’un abri…mais pas facile de s’abriter dans un stade !

Je retrouve Régine, « réfugiée » avec une femme et son enfant sur le côté d’une baraque en bois…On parle un peu, d’après ce que nous comprenons, elle est la femme d’un responsable de la police…Elle nous dit que c’est difficile à vivre un pays qui se compose de 820 pays…

Les choses ont l’air de se calmer : nous retrouvons Philippe et Francis et nous filons vers la sortie.

Apparemment, les coups de feu sont le fait du service de sécurité qui, pour une raison ou pour une autre, a souhaité se dégager : il faut dire qu’il y avait foule pour entrer.

Bref, nous prenons le chemin de retour en contournant l’aérodrome. Il se met à pleuvoir (léger, mais quand même !). Nous sortons nos capes de pluie et nous avons beaucoup de succès auprès de la population locale, cela fait rire tous les passants !

Nous ressortons en fin d’après midi pour dîner, toujours dans le même restaurant chinois.

A 19 heures 30, nous sommes de retour dans notre chambre…

Les 7 plaies de la Papouasie Nouvelle Guinée.

– les tremblements de terre

– les éruptions volcaniques

– les tensions ethniques

– les tentations sécessionnistes

– la malaria

– la corruption

– la pauvreté, fille de la corruption.

 

Lundi 14/09/2009. Goroka.

Nous avons 48 heures à passer à Goroka et le festival est fini.

Alors nous décidons d’aller au « Bird of Paradise » (l’hôtel de luxe de la ville) après avoir fait du change. Là, nous savons que nous trouverons une agence de voyage qui saura nous proposer des sorties dans Goroka et les environs.

Donc, direction l’ANZ pour du change. Il y a beaucoup de monde et pas de guichet spécifique pour le change.

Pour l’anecdote, la caissière nous demande quel taux de change elle doit appliquer pour nos dollars. Comme nous avons l’air un peu stupéfait de sa demande, elle se tourne vers son supérieur hiérarchique pour obtenir la feuille de conversion.

Ceci mis à part, ça n’est pas très rapide, mais ça se fait…

Nous attendons Philippe et Francis qui font eux aussi la queue pour du change.

Entre dans la banque le responsable du groupe de touristes belges que nous avons rencontré hier après midi au festival, avec deux de ses clients. Visiblement, il est connu comme le loup blanc car il s’adresse directement, sans faire de queue, à une employée qui va lui faire ses opérations…

Nous nous rendons à l’hôtel « Bird of Paradise », ou plus exactement à l’agence de voyage.

Là, nous optons pour une visite aux environs de Goroka, le Mont Gurupoka.

3 heures pour 320 kinas par tête…Nous avons rendez vous en début d’après midi.

Religion quand tu nous tiens !

C’est fou le nombre d’églises que l’on trouve en Papouasie !

Des Adventistes, des Témoins de Jéhovah, des Luthériens(23%), des Catholiques (28%), des Pentecôtistes(9%), des Anglicans, des Adeptes du 7° Jour (10%), des Évangélistes, des Unionistes (ex-Méthodistes), des Baptistes, j’en passe et des meilleures ! Il y a même quelques musulmans (4.000) et une mosquée à Port Moresby.

Certes, les églises ont joué et continuent à jouer un rôle important dans le domaine de l’éducation et de la santé (la constitution de la Papouasie déclare que le pays est « chrétien »), mais on ne peut qu’être frappé par les dégâts commis au nom d’une vérité….

Le pays fourmille de missionnaires (principalement Australiens) en tout genre…, une véritable nuée de criquets, vraiment impressionnant ces valises bourrées de bibles ! Certains se consacrent à sa traduction : il y a de quoi faire avec 820 langues différentes !

Il y a des prédicateurs un peu partout dans les espaces publics ! Y compris dans les PMV…

Reste-t-il des animistes ?

Déjeuner au restaurant chinois (le Mandarin), retour à la guest house puis nouvelle sortie direction l’agence de voyage.

Nous serons 6 pour le trajet car à nous quatre, viennent s’ajouter deux Italiens (curieusement, peu diserts).

Nous sommes au total :6 touristes, un chauffeur, un guide, et une fois sur place, nous perdons notre chauffeur et notre guide, mais en échange, nous récupérons un guide « local » et un natif du village qui, vêtu à la légère, va nous montrer le chemin.

Ça monte doucement, mais Philippe et Francis sont fatigués…

Chemin faisant, nous découvrons les cultures locales : le café, la patate douce, le tapioca, l’ananas et plein d’autres plantes dont j’ai oublié le nom !

Nous jetons un coup d’œil à des « huttes d’hôtes » (neuves) qui peuvent servir de relais dans le cadre d’un trek, un peu à la manière de celles que nous avons occupées lors de notre trek en Ethiopie du nord…

Arrivés au sommet, nous avons une belle vue sur les alentours. Nous visitons une grotte, qui, parait il, servait de salle à manger du temps où les Papous mangeaient leurs ennemis (enfin, seulement la cervelle).

Nous avons droit, une fois redescendus, à un sing sing (c’est ce que nous avons vu au festival), c’est-à-dire à une danse et un chant.

audio : sing sing

Reprise du 4×4 et arrêt devant une jolie petite maison que nous prenons en photos après accord de la propriétaire.

A Goroka, nous faisons quelques courses (comme acheter une casquette pour Francis qui a perdu la sienne à Lae, dans les jardins de l’Université, mais aussi des tranches d’Edam, de la vanille….le pays est producteur !).

Plus ça va, plus Philippe ressemble à un mudman (photo festival…). C’est que pour se protéger du palud, il a opté pour un antibiotique (doxycycline) plutôt que pour du Lariam. Et l’antibiotique, ça ne va pas du tout, mais pas du tout avec le soleil, alors il se tartine en triple épaisseur avec une crème solaire…

Sur les trottoirs, beaucoup de vendeurs (euses) : des sacs, appelés bilums, très solides, fabriqués avec de la liane colorée par des extraits de plante (plus modernes, mais moins solides, les bilums tricotés en laine), des kotekas (étuis péniens), des masques sculptés, des colliers, des flèches, de la vannerie….

Dîner à la Guest House (service à 18 heures !): le réfectoire est un peu triste ! Et puis, il n’y a pas de bière !

Mardi 15/09/09. Goroka.

Dernière journée !

Nous décidons de faire un peu de marche autour de Goroka.

Mais nous nous rendons compte assez vite qu’il est impossible de marcher seuls ! Sous des prétextes de sécurité (vrais ou faux ?), nous voici accompagnés très vite par un vieillard qui est rejoint par son fils (agent de sécurité en uniforme, avec un talkie-walkie hors d’usage, mais ça en impose !).

86Peu de temps après, se joindra à notre petite troupe la nièce (jeune enfant d’une dizaine d’années) et le petit fils de 5/6 ans…

Mais finalement, ça n’est pas plus mal qu’ils soient là : ils peuvent nous donner quelques explications sur ce que nous regardons, ils connaissent tous ceux que nous allons croiser, ils savent les endroits qui sont susceptibles de nous intéresser…

Il nous montre des citronniers, des orchidées, un végétal qui sert de colle pour l’empennage des flèches et un curieux fruit, blanc à l’intérieur, mais qui devient rouge quand il est écrasé avec le doigt : ce fruit sert de peinture décorative pour le corps.

89Ce qui nous frappe, c’est la propreté des lieux et aussi le fait que chaque maison/hutte a quelques fleurs sur le devant…

Nous allons leur montrer quelques cartes postales de Paris, mais il est très difficile de leur expliquer à quoi servent l’Opéra, la tour Eiffel, l’arc de Triomphe….

En redescendant, nous faisons le tour de deux énormes réservoirs d’eau qui servent à l’alimentation de la ville.

Nous retournons en ville, après avoir remercié nos hôtes à qui nous laissons 50 kinas et quelques menus cadeaux. Notre guide principal va nous donner son adresse postale pour que nous puissions lui envoyer des photos : il a beaucoup de mal à écrire et c’est sa nièce qui lui donne un coup de main…

Déjeuner au « mandarin », repos dans nos chambres (Philippe et Francis dorment mieux maintenant que les occupants du dortoir sont partis…).

Vers 16 heures, nous nous préoccupons du lendemain : il nous faut savoir où trouver un PMV pour Mount Hagen, vers quelle heure est le départ et comment nous rendre de la guest house au point de départ des PMV…

Apparemment, un véhicule de la guest house nous conduira sur la place du marché d’où partent tous les bus…

Nous allons faire un dernier tour au bar du « Bird of Paradise », Philippe et Francis en profitent pour faire un peu d’Internet (mais il n’y a pas d’ADSL !).

A 18 heures pétantes, nous prenons notre dîner (le dessert est excellent), la nuit tombe, il n’y a rien d’autre à faire que de rejoindre nos lits…

Mercredi 16/09/2009.Goroka/Mount Hagen. Le jour où Philippe perd (?) son appareil photo…

90Départ à 7 h 30 de la Guest House : nous sommes emmenés au marché qui est le lieu de départ de tous les PMV.

A nous 4, nous occupons 6 places, nos bagages étant assis eux aussi !

Évidemment, nous aurons à payer pour 6 passagers, mais, d’une part, cela reste raisonnable à 20 kinas la place, et d’autre part, cela nous permet d’espérer un départ plus rapide, puisqu’on ne part qu’après avoir fait le plein de passagers !

Francis lance le pari que nous ne partirons pas avant 8 heures : il va gagner de peu, malgré les efforts de Philippe qui s’égosille pour attirer le chaland…

Nous allons avoir 3 heures et demie de route de bonne qualité sauf par endroits…

Mais c’est une route de montagne, et un jeune garçon n’arrête pas de vomir : tout y passe, les pâtes, la bile !

A un arrêt, Philippe constate la disparition de son appareil photo ! Il est normalement accroché à sa ceinture, le pan de sa chemise tombant par-dessus.

A-t-il été volé au marché de Goroka ce matin même ? Ou a-t-il été oublié en chargement de piles à la Guest House ?

Allez savoir ! Toujours est il que Philippe va téléphoner à la Guest House pour s’en assurer : pas de chance, ils disent ne rien avoir…

En fin de matinée, nous voilà arrivés à destination Pym est là, à la Lutheran Guest House (c’est une véritable chaîne hôtelière à travers le pays !).

C’est plus confortable qu’à Goroka, même s’il y a des petites bêtes qui courent le long des murs : Philippe et Francis vont avoir chacun une chambre.

Quelques chiffres ! 

40% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté.

Un ouvrier non qualifié gagne environ 300 kinas par mois (payé à la quinzaine), soit 80 euros (pas de quoi faire la fête !).

Il n’y a aucun système de retraite, sauf pour les fonctionnaires et les employés des grandes entreprises qui perçoivent un capital pour solde de tout compte au moment de leur départ.

Il n’y a pas d’assurance chômage, ni d’assurance maladie mais la journée d’hôpital coûte peu cher : de 3 à 5 kinas.

Les deux maladies dévastatrices sont la malaria et la tuberculose. A noter l’apparition du sida qui affecterait entre 25.000 et 90.000 personnes.

Dans les zones rurales (85% du pays) ce sont les églises qui gèrent le système de santé.

Dans l’après midi, nous visitons une ferme d’orchidées où nous rencontrons un toucan très gentil, qui se pose sur les avant bras de ses admirateurs et une plantation de thé.

Le dîner a lieu à 18 heures 30, tout est fini à 20 heures 15….

Jeudi 17/09/2009. Mount Hagen.

Départ à 9 heures du matin pour la visite du village natal de Pym : Paiya. Mais avant, Francis va prélever de l’argent à un distributeur automatique de billets (ça marche très bien, et il y en a plusieurs dans toutes les grandes villes).

Arrivés sur les lieux, nous visitons d’abord une sorte de musée privé où a été rassemblé l’équipement du guerrier (la maison des armes) : des boucliers, des arcs, des flèches…

Tout est en bois, ou en pierre : il n’y a pas de métal.

Nous visitons ensuite la maisons des Dieux : figurines anciennes sculptées dans la pierre, puis la maison des Chefs : là reposent les crânes des chefs du village. Il leur est rendu hommage par tout le village une fois par an.

8aEnsuite, rencontre avec le chef du village qui n’est autre que le père de Pym : il est en habit traditionnel pour nous accueillir ainsi que sa dernière épouse (il a 5 femmes !) et deux de ses filles.

Le Chef du village, on pourrait dire du clan (840 personnes tout de même), est Chef à vie; en principe, le fils choisi lui succède. Ce qui veut dire qu’au décès de son père, Pym sera appelé à le remplacer…

12Le Chef du clan décide seul, mais peut consulter le village. Il rend la justice, il est l’intermédiaire entre le pouvoir provincial et le clan.

10Trois causes principales de conflit dans les Highlands : les vols de cochons; les femmes; la terre…

Le Chef porte un imposant collier fait de dents de sanglier : chaque dent correspond à un animal tué par lui ou qui lui a été offert.

Nous assistons au spectacle étonnant de la « fabrication » du feu à partir de rien, ou presque ! C’est le frottement d’une liane qui donne naissance à la flamme.

Pour terminer, nous avons droit à un sing sing : rien que des femmes, qui dansent et frappent à la main la peau (du lézard ou du serpent) du tambour (le kundu), Régine va se mêler à la troupe à la grande joie des villageoises !

Les danseuses ont peint leurs têtes et enduit leurs corps de graisse de cochon : ainsi ils luisent et brillent au soleil.

 

audio : le sing sing.

En dernier lieu, nous visitons une case traditionnelle : la maison est rectangulaire, le sol en terre battue est recouvert d’une natte. Au centre, le foyer, où se fait la cuisson des aliments (autrefois, les aliments étaient mis sous la cendre et cuisaient ainsi, mais les missionnaires ont introduit la casserole…) sans conduit d’évacuation de la fumée. Autour du feu, un siége-banc. Sur la gauche, la chambre des parents, en face, celle des enfants.

On se lave dans la rivière, les animaux « logent » à l’extérieur.

Nous déjeunons d’un sandwich, nous rentrons à la Guest House pour nous y reposer.

Vers 16 heures, nous ressortons pour visiter le marché : il alimente Lae et même Port Moresby, mais comme il n’y a pas de voie terrestre entre la capitale et Mount Hagen, le transport se fait par avion ou par bateau (par Lae).

Comme c’est notre dernière journée à Mount Hagen, nous invitons notre guide et notre chauffeur à prendre un verre au « Poroman ». C’est l’hôtel de luxe de la ville et notre chauffeur hésite à venir avec nous au bar, car l’entrée est interdite aux porteurs de tongs…mais le garde donnera son autorisation !

Vendredi 18/09/2009. Mount Hagen/Wewak, 250 kilomètres à vol d’oiseau mais 3 heures par avion !

23Aéroport de Mount Hagen ! Petit aéroport mais avec une piste en dur !

Nous prenons pour la première fois l’autre Cie opérant en Papouasie : Airlines PNG.

Nous montons, à l’heure dite (8 heures 45) ou peu d’en faut, dans un Dash-08.

Et nous arrivons très vite à Goroka…Là, nous descendons d’avion le temps qu’on remette du carburant. Puis, nouveau départ vers Madang…A nouveau, descendre de l’avion puis y remonter…pour Wewak, que nous atteignons vers 12 heures…

En principe, Chris (agence PNG Frontier Adventures) doit nous y attendre ! Mais comme il n’y a personne, nous téléphonons à l’hôtel (« In Wewak boutique Hôtel ») pour qu’il vienne nous chercher avec une voiture.

La première chose que nous faisons une fois arrivés à l’hôtel, c’est de déposer nos affaires dans nos chambres et d’aller déjeuner au Cocoa Restaurant…

L’hôtel est très luxueux, quasiment neuf car ouvert en 2006, les chambres sont grandes et très confortables, la mer de Bismarck (encore lui !), très proche : on la voit de la terrasse, la piscine est de bonne taille…

Philippe et Francis se partagent une chambre.

Le restaurant est de bonne qualité et pas plus onéreux que ceux que nous fréquentons d’habitude.

Sur les murs sont accrochés de nombreux objets de collection, absolument superbes !

Il est dans les 14 heures quand nous sortons de table et nous décidons d’appeler Chris dont Pym nous avait donné le numéro de téléphone, pour connaître la suite du programme…

Il finit par arriver et nous faisons le point sur le programme des jours suivants ainsi que sur le matériel qui nous est nécessaire (moustiquaire individuelle, casquette, répulsif….).

Vers 15 heures 30, nous partons en ville, à la recherche de l’agence Air Nuigini, car nous voulons confirmer notre vol Wewak/Rabaul ainsi que le Rabaul/Port Moresby et, pourquoi pas, les vols Port Moresby/Singapour…

27Vaste programme !

Bien que l’heure de fermeture soit proche, nous sommes très aimablement reçus et pris dans un bureau à part.

Nous avons bien fait de faire confirmer nos vols, car, outre le fait que nous avons maintenant les billets (mais pas les cartes d’embarquement), nous avons le nouvel horaire des vols Wewak/Rabaul…

Une fois les confirmations faites et bien faites, nous nous dirigeons vers une banque pour y faire du change, mais ici, les banques ferment à 15 heures…Donc, il est trop tard, mais Philippe et Francis vont avoir recours à un ATM. A noter qu’il est interdit de pénétrer dans la banque avec un téléphone portable….

Nous rentrons à l’hôtel pour nous reposer et nous doucher…

Le dîner (vers 20 heures) a lieu dans la salle de restaurant (Vanilla Room Restaurant) : nous pouvons manger pour 50 kinas par personne (c’est l' »engagement » de l’agence), tout dépassement étant à notre charge !

C’est bon, même délicieux…

Samedi 19/09/2009. Vers la Sepik River…

 

La Sepik River !

Un des plus grands fleuves du monde! Elle serpente sur 1.126 kilomètres et elle est navigable sur 480 kilomètres par des navires de 4 mètres de tirant d’eau et sur le reste, par pirogue.

Elle coule comme un sillon dans la forêt primaire et se jette dans la mer de Bismarck par une embouchure de 1,6 km.

Les tribus (Iatmul, Arapesh, Biwat…) habitent sur les rives ou en hauteur dans la forêt et elles sont très isolées les unes des autres, ce qui leur a permis de garder leur identité. On estime que 430.000 personnes vivent de la rivière poissonneuse et des produits de la forêt.

Les clans du fleuve troquent leurs poissons contre du sagou qui vient des clans de des terres. Pas d’échange monétaire sauf avec la « ville » où l’on achète le sel, les tees shirts…

Incontestablement, le point fort de la région, ce sont les talentueux sculpteurs sur bois.

Il y a peu de matières premières, à part le bois, les plumes, les coquillages, l’argile…

Il est prévu que nous partions à Pagwi, lieu d’embarquement, non pour Cythère, mais pour la Sepik River, à 8 heures 30. En fait, il est 10 heures quand arrive le van…

Nous arrivons à Pagwi vers 14 heures 30 et nous rencontrons sur les lieux 3 suisses allemands qui sont en attente depuis ce matin (le soleil tape fort !). Il s’agit d’un couple qui travaille ici et d’une de leurs amies.

En fait, ils attendent l’essence que nous leur amenons pour pouvoir partir !

Notre pirogue (à moteur) fait dans les 12 mètres de long sur 55 centimètres de hauteur, elle est faite d’un seul tronc d’arbre. C’est loin d’être confortable…

Les pirogues ont la proue sculptée en forme de tête de crocodile : c’est l’animal redouté du fleuve !

Nous partons donc sur la fameuse rivière quand le moteur de la pirogue »suisse » fait des siennes : nous allons les remorquer côte à côte jusqu’à ce que les gicleurs soient débouchés…

Après nous être arrêtés à Yamamum, histoire de faire provision d’eau, nous arrivons vers 17 heures à notre point de chute, une belle maison en bois, sur pilotis à Kanganaman. Elle sera notre camp de base où nous reviendrons chaque soir.

Nous allons installer les moustiquaires dans les deux chambres, une pour Philippe et Francis, l’autre pour nous deux.

Bien sûr, pas d’électricité, pas d’eau courante, les mobiles ne passent pas, mais qui s’en plaindrait ?

Il fait horriblement chaud dans les chambres, pas un souffle d’air ! Au loin, de la fumée : on est en train soit de chasser le cochon sauvage, soit d’agrandir une surface cultivée.

Vers les neuf heures, nous avons la surprise de voir arriver deux jeunes Français. Ils sont photographes tous les deux et font un reportage pour la revue « Grand Reportage », celle là même que j’avais feuilletée chez mon dentiste parisien (c’est loin tout ça !).

La nuit va être dure à cause de la chaleur…

Philippe s’est battu toute la nuit avec sa moustiquaire et il a fini par gagner : elle s’est décrochée !

Dimanche 20/09/2009. Sur la Sepik River.

 

Le sagoutier.

C’est un palmier à multi usage : avec les feuilles tressées, on fait un toit (à remplacer pour cause d’insectes dévoreurs et de pluies excessives tous les 2 ans) ou des nattes, le tronc sert à monter les parois des maisons mais c’est aussi un aliment de base (on en extrait l’amidon qui sert de féculent, on en fait des galettes…).

Recette : prenez un arbre palmier de 8/15 ans d’âge, coupez le, retirez l’écorce (5 à 10 cm d’épaisseur), prélevez les fibres, concassez les, versez de l’eau et malaxez, récoltez l’eau et laissez décanter (les particules de farine arrachées aux fibres sont entraînées par l’eau) et voilà !

La farine est très riche en amidon, on lui donne une forme de galette que l’on met à cuire dans une poêle.

On peut aussi abattre le sagoutier et laisser s’installer des larves (vers de sagou) qui sont une friandise appréciée…des autochtones !

Nous visitons le village de Kanganaman et sa maison des Esprits.

Maison des Esprit ou Haus Tambaran.

Elle est réservée aux hommes « initiés », donc interdite aux femmes (sauf les touristes étrangères…). On y pénètre la tête nue.

Très curieusement, l’entrée est souvent décorée d’une sculpture représentant une femme aux cuisses largement ouvertes…

Comme le nom l’indique, c’est là que résident les Esprits et où sont rassemblées les sculptures sacrées.

La maison des Esprits (structure de 25 mètres en hauteur, 50 mètres de long, un étage) est en quelque sorte le centre de la vie locale (au moins pour les hommes !) : ils s’y réunissent pour parler, dormir, y passer la journée…Chacun a sa place déterminée.

Chaque village a au moins une maison des Esprits, deux si le village est habité par deux clans.

Puis, nous reprenons notre pirogue pour aller visiter le village d’Aibom, unique centre de poterie de la région.

L’argile est prélevée par les femmes au pied de la montagne d’Aibom, derrière le village. Si une femme se marie en dehors du village, elle perd son droit à prélever de l’argile, mais garde la possibilité de le travailler.

Les poteries (fabriquées sans tour) sont souvent peintes en rouge, blanc ou noir. Ce sont les hommes qui, traditionnellement, donnent les formes des figures et qui les peignent. Philippe fait l’acquisition d’une poterie.

Nous arrivons à Chambri, sur le bord du lac du même nom.

A Chambri, nouvelle maison des Esprits.

Nous allons patienter quelques minutes avant de repartir vers notre Guest House car le temps se fait menaçant et de fait, il va pleuvoir une bonne partie de la nuit.

Comme nous sommes en période de basses eaux (la mousson doit survenir peu de temps après notre départ), nous apercevons le long de la rive des pièges à poisson, sorte de huttes normalement immergées, sans toit, dont on ouvre la porte en période de hautes eaux. Les poissons sont censés s’y jeter !

Bizarrement, nous n’aurons pas croisé de filles pendant toute cette journée !

Notre confort est en nette amélioration : nous avons maintenant une douche ! À l’africaine, bien sûr !

Philippe se bat à nouveau toute la nuit avec sa moustiquaire et il finit par gagner : il la décroche !

Lundi 21/09/2009. Sepik River.

89Il a plu dru pendant une bonne partie de la nuit, il fait donc plus frais !

Nous reprenons notre pirogue, mais miracle : nous avons nos siéges en rotin pour nous asseoir…C’est nettement plus confortable…

Nous visitons le village de Kararau puis celui de Kaminabit.

J’en profite pour visiter une maison sur pilotis : une grande pièce avec, à droite, le séchoir de poisson, au fond les nattes, les matelas et les moustiquaires. Le propriétaire des lieux a une moto, mais emballée dans un carton !

Les achats de produits artisanaux.

Il y a deux prix : le premier, c’est-à-dire celui qui va vous être annoncé, puis le « second price », celui de la transaction …il suffit de demander !

J’ai ainsi acheté un « stick ring » : ce sont des anneaux de bénitier (coquillage) montés sur une tige en bois utilisés pour l’achat d’épouse. Ces anneaux faisaient office de monnaie.

Ce qui est un peu gênant, c’est la production massive de masques : on a vraiment l’impression d’une fabrication, certes, toujours artisanale, mais qui tend vers la massification….Bref, j’en commande 100 livrables demain matin…les masques ont-ils encore une âme ?

 

Pas d’école dans le village mais une église catholique, construite par les habitants; il y a 7 ans.

Nous passons devant une maison en construction : il faut compter 6 mois pour la bâtir et elle « tiendra » 25 ans.

Nous avons droit à un « sing sing » : dans le groupe qui évolue devant nous, un homme, qui est en fait le leader, en short, des crocs aux pieds…C’est lui qui dirige l’ensemble.

audio : le sing sing

 

Comment communiquer !

Deux méthodes :

1/ la traditionnelle : le garamut. C’est en quelque sorte un tambour à fente, son appellation vient du bois dont il est fait : le garamut, c’est à dire le bois de fer. L’utilisateur se sert du garamut selon un code préétabli pour envoyer ses messages.

2/ la moderne : la radio. Les messages sont alors radiodiffusés, mais on voit bien les limites de l’exercice : les receveurs ne peuvent répondre !

106Nous rentrons à notre guest house pour en ressortir à la nuit tombée : nous sommes conviés à la Maison des Esprits pour y écouter un trio : deux longues flûtes de bambou et un garatum.

En fait, il y a le maître : un homme âgé, dont on nous dit qu’il a vécu et fait ses études supérieures aux États-Unis et qui serait rentré au pays pour y transmettre son art, et l’élève, plus jeune.

Les deux flûtistes jouent sur deux notes.

audio : musique sacrée.

Philippe se bat à nouveau avec sa moustiquaire et il finit par gagner : il la décroche !

Mardi 22/09/2009.Sepik River et retour à Wewak.

Avant de retourner à Pagwy pour y reprendre notre van, nous visitons le village de Palembei, « spécialisé » dans la représentation d’oiseaux.

Autre caractéristique : il y a deux « Haus Tambaran », et une troisième qui a été détruite pendant la seconde guerre mondiale par des bombardements japonais.

On dit que les plus beaux bilums de la Sepik River sont fabriqués ici…

Nous reprenons notre pirogue motorisée et arrivons au terme de notre séjour sur la Sepik River : nous disons un au revoir à James (il a été notre pilote).

Nous rentrons donc par la route, il pleuviote un peu, mais cela n’empêche pas le cinéma en plein air, et nous arrivons à Wewak, une fois la nuit tombée.

Il nous reste peu de temps pour nous laver (enfin une douche !) et nous habiller.

Un constat : j’ai le dos dévoré par des puces (probablement !) et il en est de même pour Philippe !

Un bon dîner, une bonne bière fraîche, un bon lit pour une nuit bien courte car nous nous réveillons à 4 heures du matin…pour un avion à prendre !

Mercredi 23/09/2009.1/ le jour où Régine oublie ses lunettes. 2/ Wewak/Rabaul ou comment faire dans la durée un Paris/Singapour tout en restant en Papouasie !

Bref, nous sommes réveillés à 4 heures du matin pour un avion qui décolle 6 heures !

Le van de l’hôtel nous conduit jusqu’à l’aéroport, nous attendons quelques minutes avant que le portes ne s’ouvrent, et nous voici, quasiment en première ligne pour l’enregistrement des bagages.

Le vol est assuré par Air Nuigini.

En fait, dès le départ, nous avons ¾ d’heures de retard, mais ça n’est pas bien grave, vu que nous allons passer notre journée soit en avion, soit dans un aéroport…

Et c’est pendant que nous attendons pour embarquer que Régine s’aperçoit qu’elle a oublié ses lunettes !

Régine téléphone donc à l’hôtel, mais personne ne va répondre, il est visiblement trop tôt, la réception est fermée…

Et nous nous envolerons sans savoir ce que sont devenues les lunettes…Heureusement, Régine a une paire de rechange qui fera l’affaire jusqu’à Paris.

Une fois assis dans l’avion (plein comme un œuf) nous avons droit aux consignes de sécurité, mais comme le système de sonorisation est en panne, la chef de cabine utilise un mégaphone…

Nous arrivons à Port Moresby où nous avons une très longue escale et quelle n’est pas notre surprise de croiser Pym à la réception des bagages : il nous confirme avoir réservé trois chambres au Rabaul Hôtel.

Que faire au terminal « lignes intérieures » de l’aéroport de Port Moresby ?

D’abord, aller au comptoir d’Airlines PNG pour que Philippe et Francis se fassent confirmer leur vol vers les îles Trobriand.

Et, là, surprise, le vol retour vers Port Moresby est décalé d’une journée, si bien qu’au lieu de revenir le mardi 29 septembre, ils reviendraient le mercredi 30 pour reprendre l’avion vers Singapour le jeudi 1 octobre…

Évidemment, ils s’inquiètent, car dans ce type de voyage, mieux vaut prévoir un peu large pour faire face aux aléas, et là, il n’y a plus de place pour l’incertain…

Ensuite, sortir de ce terminal, à coup sûr, pour aller se réfugier au terminal « International », nettement plus confortable car il a des boutiques (enfin, 3 ou 4 !) et surtout un restaurant dont nous allons accaparer quatre places.

Pour ça, il nous a fallu convaincre le garde à l’entrée que, certes, nous n’avons pas de billet international mais que nous voulons vraiment nous rafraîchir et prendre un petit déjeuner.

Chemin faisant (300 mètres entre les deux terminaux), je vois un vendeur de journaux et la une est faite sur les îles Trobriand : la situation alimentaire est très mauvaise et la pénurie alimentaire commence à faire des ravages….

Nous attendons, nous attendons…L’avion qui doit faire le trajet Port Moresby Rabaul est prévu à 15 heures, en fait le vol aura lieu à 17 heures…et nous arriverons à Rabaul, la nuit tombée à 18 heures 30…

Normalement nous aurions du trouver la voiture de l’hôtel : en fait rien du tout !

Pas grave : nous prenons un PMV en quelque sorte privé. Le nouvel aéroport de Rabaul est à 40 kilomètres de la ville, et on comprendra très vite pourquoi demain matin !

Nous arrivons à l’hôtel par nuit noire à 20 heures, nos chambres sont bien réservées, mais notre hôtesse, Susie (Australienne), a prévu de nous surclasser, ce qui est vraiment sympa !

Jeudi 24/09/2009. Rabaul.

 

Rabaul.

 

Ex capitale de la New Britain (ou Île de la Nouvelle Bretagne). A beaucoup souffert !

D’abord promue au moment de sa construction en 1910 comme capitale de la Papouasie Nouvelle Guinée par les Allemands puis maintenue au rang de capitale par les Australiens lorsque ceux-ci administrèrent la Papouasie après la première guerre mondiale, Rabaul a connu l’invasion Japonaise : 110.000 Japonais occupent Rabaul en 1943.

En 1975, au moment de l’indépendance de la Papouasie, Rabaul est ravalée au rang de capitale provinciale.

En 1990, il y avait 30.000 habitants, il y en aurait 3.900 aujourd’hui…

Les éruptions volcaniques :

1937 : 500 morts, énormes dégâts, les Australiens décident de faire de Lae la capitale provisoire avant de se réinstaller à Rabaul, mais la deuxième guerre mondiale met fin à ce projet.

1983 et 1984 : nouvelles alertes !

1994 : une alerte est donnée, on craint l’éruption des volcans Tavurvur et Vulcan, la ville est évacuée à temps, 19 heures avant l’éruption (mais elle est détruite à 80% non par des coulées de lave, mais par le seul poids des cendres sur les toits, l’aéroport disparaît), 2 morts…Kokopo devient la nouvelle capitale du district à 20 kilomètres de là….

Aujourd’hui, seul le volcan Tavurvur fait preuve d’une certaine activité…

Le port : il a fait la richesse de la ville (c’était le meilleur port du Pacifique Sud et c’est d’ailleurs pour cela que les Japonais l’ont envahi), mais le problème c’est qu’il est en quelque sorte le gigantesque cratère d’un volcan…

Vendredi 25/09/2009. Rabaul au matin !

Alors là, c’est la grande surprise !

Le temps de passer de nos chambres (curieux : les vitres sont comme des glaces sans tain) à la salle de restaurant pour le petit déjeuner que nous sommes recouverts d’une poussière noire, le sol lui-même est noir de poussière, l’air est gris malgré un soleil que l’on devine, et non loin de là le volcan Tavurvur crache une épaisse fumée qui, à cause du vent, se rabat sur l’hôtel… C’est un combat sans fin contre la poussière car toutes les vingt minutes, avec une régularité de métronome, le volcan crache…On se croirait dans une mine de charbon !

Quand la pluie se met de la partie, il est facile de deviner que c’est de la boue noire qui tombe du ciel!

Nous décidons d’aller voir de près le phénomène, je veux dire le volcan…

C’est le 4×4 de l’hôtel qui va nous y emmener.

La route, ou plutôt la piste, est noire, comme toute la rare végétation des bas côtés…Quelques palmiers quasiment déplumés ou dont il ne reste plus que le tronc…

Le chauffeur, qui habitait dans le coin, nous raconte l’éruption du volcan : sa maison a été entièrement détruite (nous passons devant l’emplacement, éclats de rire), comme des milliers d’autres, tenez, voilà ce qui reste de la résidence du premier ministre (une rambarde de pierre) et notre chauffeur d’éclater de rire à chaque tour de roue ! Tenez, nous passons devant l’aéroport (on devine une piste !), là, c’était le quartier Chinois (éclats de rire !)…

Nous arrivons dans un petit village misérable, fait de huttes noircies par les cendres, face au volcan dont nous sommes séparés par un bras de mer.

Il y a là quelques habitants qui vivent de la pêche et de la récolte d’œufs comme nous allons pouvoir le constater au pied du volcan.

Nous montons dans deux pirogues de pêche à balancier simple monté à gauche (enfin, à bâbord !) : Philippe a la sienne et son rameur, et nous trois la nôtre et nos deux rameurs….Nous allons traverser à la rame le bras de mer qui nous sépare du volcan Tavurvur.

Dix à quinze minutes après, nous voici sur place, c’est-à-dire au pied du volcan : nous ne sommes pas seuls, car il y a un groupe d’hommes armés de pelles qui creusent des trous dans la terre pour y prélever les œufs que viennent déposer là les mégapodes (du grec, grand pied, oiseaux qui enterrent à 2 mètres de profondeur leurs œufs au lieu de les couver, la chaleur du sable noir-33 degrés- faisant office d’incubateur). Ces oiseaux sont des as de la géothermie !

Nous arrivons près d’une coulée de lave qui s’est dirigée vers la mer et non la terre lors de l’éruption volcanique de 1994 : inutile de dire que les poissons qui passaient par là à ce moment là se sont retrouvés dans un court bouillon !

Puis notre piroguier nous montre un trou dans le sable fait par un bloc de pierre qui a été projeté là dimanche dernier par le volcan, qui, toutes les vingt minutes se rappelle à notre bon souvenir : grondement, émissions de fumée mêlées de cendres, jet de pierres…Ceci étant, ce volcan n’est plus considéré comme dangereux (du moins pour le moment !).

Nous retournons à notre village non sans voir aperçu deux sources jaillissantes d’eau chaude.

Retour au Rabaul hôtel pour y déjeuner.

En fin d’après midi, nous décidons de faire un tour en ville : Philippe qui est fatigué ne se joint pas à nous.

De l’hôtel, nous allons au port : il y a là un navire qui décharge, mais pas une grande activité. Peu de monde dans la rue principale, mais tous ceux que nous croisons nous font de grands « hello » et nous souhaitent la bienvenue. Il y a même une voiture qui s’arrête à notre hauteur et dont le chauffeur nous demande si tout va bien !

C’est vrai que nous sommes les seuls touristes…

Nous passons au marché, il est animé et on y trouve un peu de tout. Astuce : la noix de coco avec manche, c’est quand même nettement plus pratique pour boire !

Retour vers notre hôtel après un bref passage au « supermarché » où nous achetons du coca et de l’eau.

Le dîner sera excellent car nous mangerons de la langouste…

Vendredi 25/09/2009. Rabaul : le jour où nous avons frôlé la noyade.

36Nous avons la lumineuse idée de faire un rafting : le Lonely Planet nous y invite : la rivière Warangoi présente toutes les caractéristiques d’une descente facile…

Nous partons donc avec notre 4×4 et à l’arrière, cinq chambres à air de camion bien gonflées !

Cela nous fait curieux de quitter Rabaul : nous avions perdu la mémoire du ciel bleu, de la verte nature, des fleurs, nous avons l’impression de sortir d’une mine de charbon !

Arrivés sur les lieux, Francis renonce à sa chambre à air et la suite montrera qu’il a bien raison !

C’est donc à trois que nous allons descendre la rivière avec notre guide.

Je n’ai jamais fait de ma vie quelque chose d’aussi dangereux : la rivière est peu profonde car nous sommes en fin de saison sèche, le courant est donc très fort, les obstacles dans la rivière sont innombrables : les troncs d’arbre, les rochers qui affleurent…Sans compter que nous n’avons pas de gilets de sauvetage ni de casque de protection.

Nous voilà donc partis à l’aventure, assis dans nos chambres à air, les fesses qui rebondissent sur le lit de galets de la rivière, pris dans le courant sans pouvoir de direction, ballottés d’une rive à l’autre à une vitesse incroyable, bref, nous avons mille occasions de nous fracasser la tête ou de nous noyer…

J’ai peur pour Régine, pour Philippe et pour moi…

A un moment, j’étais alors en dernière position, je passe la tête sous l’eau pour éviter un obstacle, je réapparais à la surface, je suis alors bloqué tout près de la rive par un arbre abattu, je tourne la tête à droite et je vois une chambre à air vide à côté de moi ! Je me dis que quelqu’un est passé par là et a oublié sa chambre à air…Je tourne la tête à gauche et à ma grande stupéfaction je découvre Philippe qui me montre sa chambre à air à ma droite, en fait il l’avait lâchée….Il me demande de lui passer la mienne quitte à ce que je prenne la sienne… toute proche de moi !

Nous faisons donc échange de chambres et nous repartons.

En bout de course, l’arrivée n’est alors plus bien loin, ma chambre à air rend l’âme, je me saisis de mon sifflet que je porte toujours autour du cou et je siffle de toutes mes forces, car le courant est tellement violent que je ne peux pas rester debout très longtemps ! Le hasard veut que Régine passe par là : elle a entendu mon appel au secours et me propose son aile secourable, je veux dire un partage de sa chambre à air !

Nous repartons donc tous les deux, et heureusement, notre guide s’aperçoit de notre situation qui est vraiment périlleuse et se porte à notre secours : il me donne sa propre chambre à air et poursuit sa route (si je puis dire…) à l’aide de sa planchette de natation en mousse…

Enfin, Régine arrive en premier, elle demande à ce qu’on vienne me chercher…

Je suis récupéré mais dans quel état ! Légèrement blessé au dessus de l’œil, un peu aussi à la lèvre, je saigne ! Je suis blanc comme un linge, j’ai mal partout et je finis la course couvert de bleus ! Il faut littéralement me sortir de l’eau (mais j’ai ramené ma chambre à air trouée !).

Régine est en meilleur état que moi mais sera elle aussi couverte de bleus et de quelques petites coupures.

Quant à Philippe, il arrive en troisième mais comme il ne parviendra pas à « accoster » (impossible de se diriger sur une chambre à air avec un courant phénoménal…), trois jeunes, au milieu de la rivière, viendront stopper sa course.

Bref, nous nous sortons bien de quelque chose qui aurait pu très mal tourner : Francis en a bien eu conscience qui a eu l’intelligence de renoncer…et franchement, il n’y a pas de quoi être fier de notre exploit !

Le bilan : les trois casquettes perdues, les lentilles de Régine dans l’eau, des bleus partout, très mal au dos, quelques plaies et trois grosses frayeurs.

Nous nous remettons lentement, assis au sec sur un tronc d’arbre puis nous allons boire une bière au bistrot du coin…

De retour à l’hôtel, nous nous effondrons sur notre lit : il est 15 heures, le restaurant est fermé mais ça n’est pas grave, on peut se passer de manger !

Régine me fait un bon petit thé accompagné de deux biscuits…

Samedi 26/09/2009. Rabaul/Port Moresby, par avion.

Normalement, nous devons trouver à notre arrivée à Port Moresby le frère de Pym qui doit nous emmener à la Gordons Guest House.

Il n’y a personne, mais ce n’est pas très grave car nos deux compères, qui ont décidé de ne plus aller dans les îles Tobriand, vont profiter de notre attente pour changer leur départ de Port Moresby vers Singapour : finalement, nous repartirons tous les quatre par le même vol, celui du lundi 28 après midi.

Comme leur vol vers Paris est prévu pour le 1° octobre, ils feront une escale prolongée à Singapour.

Port Moresby

Doit son nom à John Moresby, capitaine explorateur britannique, venu là en 1873.

Il y aurait 250.000 habitants et certains disent entre 60 et 90% de chômeurs !

La ville est considérée comme peu sûre (c’est un euphémisme !) avec un taux de criminalité inégalé dans le monde…bref, pire que Lagos !

37Le frère de Pym finit par arriver et nous emmène à la Guest House…

Après avoir déposé nos affaires, nous partons, toujours en voiture pour visiter le centre de Port Moresby : le problème c’est que de centre il n’y en a point ! Et comme nous sommes samedi fin d’après midi les rares magasins sont fermés…

Nous déjeunons/dînons (il est 16 heures passées) dans un restaurant chinois puis, après avoir fait une brève visite au palace du coin, le Crowne Palace, nous partons à la recherche d’un vendeur de carte téléphonique car la nôtre est épuisée…Nous trouvons notre bonheur dans une superette et, oh surprise, la patronne va offrir une bouteille d’eau minérale à Régine (on ne doit pas avoir des têtes qui respirent la santé !).

Nous appelons donc notre chauffeur qui va nous ramener à la Guest House.

Notre lit est suffisamment confortable, même si le drap du dessous est délavé avec une magnifique trace de fer à repasser !

Dimanche 27/09/2009. Port Moresby.

Nous disposons d’une voiture avec chauffeur pour la journée (200 kinas, une misère !)…Nous commençons par un plantureux petit déjeuner que nous prenons dans un hôtel face à la mer, le Ela Beach Hotel.

Après cela, nous sommes prêts pour les ultimes achats : notre chauffeur nous emmène chez un Canadien installé de longue date en Papouasie et qui tient un bric à brac, fort bien ordonné d’ailleurs, sorte de caverne d’Ali Baba où l’on trouve tous les objets d’artisanat de Papouasie.

Après avoir longuement hésité, Philippe renonce à l’achat d’un étui pénien (pourtant, il nous en parle tous les jours depuis notre arrivée sur le sol de Papouasie le mardi 8 septembre…) mais complète ses achats faits en province par l’acquisition d’un dessus de porte en bois sculpté.

Francis tourne autour des boucliers…

Nous reprenons notre voiture et nous partons visiter le jardin botanique, accompagnés bien entendu par un gardien qui se fait comme ça un peu d’argent de poche…

audio : entendu dans le parc.

Il est presque 13 heures quand nous quittons le jardin botanique, direction le musée, dont les portes sont censées s’ouvrir à 13 heures.

Rien ne se passe !

Nous partons donc déjeuner dans un très bon restaurant chinois et au retour, il est 14 heures 30, nous nous pointons devant le musée qui est obstinément fermé !

Ça s’explique très bien : il y a aujourd’hui un match d’une importance capitale, puisque c’est une rencontre de rugby à 13, entre l’équipe de Papouasie et celle d’Australie….Donc, tout Port Moresby est dans le stade ! Ça se terminera d’ailleurs pas très bien pour l’équipe locale qui subira une lourde défaite…

Un peu dépités, nous repassons par notre galerie d’art où Francis se décide pour l’achat d’un très beau bouclier en bois (c’est assez lourd, mais pour un ancien joueur de rugby…).

Notre Canadien, plus prolixe maintenant que tout à l’heure, surtout depuis qu’il sait que Francis a vécu quelques années au Canada, nous confie qu’il a comme client l’Ambassadeur de France. Francis aura donc droit à un petit discount !

Retour à la Guest House où tout le monde suit la retransmission du match à la télé !

Nous ressortons vers 19 heures pour aller dîner dans un bon restaurant indien : le Cellar.

Lundi 28/09/2009. Le départ pour Singapour !

 

Un regret !

Nous n’aurons pas rencontrés de tribus Papous « dans leur jus ». Il eût fallu, pour cela, soit accepter deux jours de marche en montagne aller et la même chose au retour, soit chartériser un avion à 1.500/2.000 euros de l’heure…

A notre grand étonnement, nos bagages sont enregistrés par Air Nuigini jusqu’à Paris, alors que nous changeons de compagnie à Singapour…

Surprise ! Nous retrouvons à l’aéroport les deux jeunes Français que nous avions rencontrés lors de notre périple sur la Sepik River (l’article et les photos doivent paraître en mars prochain dans « Grands Reportages ») ! Ils sont accompagnés d’un Papou, l’un des deux qui sont déjà venus en France par l’intermédiaire de Canal + (leur séjour en France avait fait l’objet d’une émission). Il va séjourner de nouveau en France pour quelques mois. Dans l’avion, il troquera son chapeau de velours vert contre une couronne de plume et mettra sa baguette en travers du nez…

Nous nous souhaitons le bonjour : je le fais en pidgin, ce qui étonne beaucoup …

Il y a là aussi les Australiens, les joueurs de rugby, qui rentrent au pays après leur large victoire sur les Papous…Les employés de l’aéroport veulent tous des dédicaces…

Le vol a trois heures de retard (nous partons vers 17 heures, l’avion est à moitié vide) et nous avons, Régine et moi, notre correspondance à prendre à Singapour…Heureusement, il y aura un petit rattrapage et nous aurons bien assez de temps pour changer d’avion et repartir sur Londres….

Nous laissons Philippe et Francis à Singapour d’où ils repartiront le jeudi1 octobre pour Paris.

Le vol de Singapour vers Londres sera sans histoire. Une anecdote cependant : à une passagère qui demandait (poliment !) l’aide d’un steward pour mettre son bagage à main dans le casier prévu à cet effet, il fut répondu qu’ il n’était pas payé pour ça et qu’elle n’avait qu’ à le faire elle-même !!!

Mardi 29/09/2009. Paris, la surprise !

Nous arrivons à bon port en milieu de matinée, après l’escale de Londres.

Mais, il manque un bagage : celui de Régine ! C’est la première fois en quinze ans que cela nous arrive !

Nous allons donc nous plaindre au bureau des pleurs, situé tout près des tapis roulants…

Prouesse technologique : l’employée après avoir saisi les références du bagage, nous dit qu’il est resté à Londres et qu’on va le faire suivre…

Certes, il va suivre, mais nous ne le récupérerons que le jeudi soir à 21 heures 45, à domicile !

audio : une derniére fois !

De nombreuses photos illustrant ce récit ont été prises par Francis, qu’il soit remercié de m’en avoir laissé l’usage !

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