Jean Marie Lambert

Mongolie (2008)

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Voyage en Mongolie
du mardi 15 juillet 2008 au jeudi 14 août 2008.

Les préparatifs des trois mousquetaires (comme eux, nous sommes quatre…) !

Un voyage de trente jours au pays de Gengis Khan…ça se prépare !

Et ce n’est aussi facile que cela parait; même en passant par une agence Mongole ayant une antenne à Paris.

Ce n’est pas le trajet sur place qui pose problème : il a été façonné à notre demande, donc sur mesure, par le représentant de Nomad Planet, un Mongol pure souche (Munkhe), parlant fort bien le français (et pour cause : il est marié à une française et travaille dans notre pays) et que nous avons pu rencontrer autant de fois que cela a été nécessaire (www.nomad-planet.com).

C’est aller en Mongolie qui est difficile, et même d’en revenir !

Trois solutions (pour autant que l’on ne prenne pas le transsibérien de Pékin ou de Moscou) :

Un vol Paris Moscou et Moscou Ulaanbaatar par l’Aeroflot; ou bien un vol Paris Pékin, Pékin Ulaanbaatar (très pratique à l’aller car pratiquement pas d’attente à Pékin, mais 10 heures de vagabondage dans l’aéroport de Pékin au retour !); ou, enfin, solution que nous avons retenue, un vol Paris Berlin par Air France puis Berlin Ulaanbaatar par la Miat.

Nous retenons cette solution car nous souhaitons, Régine et moi, faire une escale de quelques jours à Berlin…Il est entendu que nos amis nous rejoindront à Berlin le 15 juillet en fin de matinée.

Mais là commencent les difficultés avec le vol retour !

Il semble que nous nous heurtons très vite à des problèmes de réservation (alors que nous sommes très largement en avance !).

Les billets semblent trustés par des agences ou des individus qui bloquent ainsi le système (impossible de réserver par le net et l’email de la Miat est aux abonnés absents…), un peu à la façon de ces individus malpolis qui placent le soir leurs serviettes de plage sur les transats, de façon à les trouver libres le lendemain matin…

Bref, notre Munkhe se démène comme il peut, s’il obtient des billets allers sans problème pour le retour, c’est une autre paire de manches !

Nous souhaitons rentrer à Paris le 6 août : pas de billets, puis le 12, là, nous avons des billets, nous virons même les fonds à un intermédiaire qui nous a adressé une facture, mais une fois les fonds transférés, patatras, tout s’écroule ! Il n’ y a plus de place…Bref, nous sommes à deux doigts de renoncer à notre voyage (nous sommes au mois de mai) pour choisir une autre destination quand une éclaircie, on ne sait trop pourquoi, ni comment, se fait jour (si je puis dire !)…Nous avons des billets retour pour le 14 août.

A noter, en passant, que le 14 est l’ultime date possible, car les visas touristiques ne sont accordés que pour une durée de 30 jours…

Bref, nous avons enfin nos billets d’avion, nous avons crayonné nos cartes routières, nous avons nos visas, nous sommes prêts…

Mardi 15/07 2008. Berlin Ulaanbaatar.

Régine et moi sommes partis de Paris le samedi 12 juillet, histoire de nous balader quelques jours à Berlin, ville que nous ne connaissions pas encore.

Nos amis, Marie et Jean (voyages en Iran et en Chine…), doivent nous rejoindre sur le tarmac de l’aéroport de Berlin ce 15 août.

Nous ferons le trajet Berlin Ulaanbaatar par la MIAT (Mongol Irgenii Agaaryn Teever…), la Cie nationale Mongole.

La MIAT.

Une compagnie tout à fait fiable (avion neuf, Airbus) : peu de destinations hors frontières (Pékin, Moscou, Berlin, Séoul et le Japon).

Notre vol aller, tout simple : Berlin Ulaanbaatar direct.

Le vol retour est un peu plus compliqué : Ulaanbaatar Moscou, Moscou Berlin. Très peu d’attente à Moscou (juste histoire de faire un plein de kérosène).

Des hôtesses superbes, avec un très bel uniforme (au moins à l’aller, car j’ai l’impression que le retour Ulaanbaatar Moscou Moscou Berlin ne fait pas l’objet sur ce plan d’un soin aussi attentif !).

Rien à dire de spécial pour ce vol, sauf que nous mangeons tout le temps…que le coucher de soleil est splendide…que les nuages paraissent sales car ils se teintent des couleurs de la nuit…

Arrivée à Ulaanbaatar le mercredi matin, tôt, 6 heures de décalage horaire…

Mercredi 16/07/2008. Ulaanbaatar.

Passage du contrôle de police et de la douane sans aucun problème.

Nous sommes attendus par le jeune responsable de l’agence (Mougui), par celle qui sera notre guide et notre cuisinière (Bagui) pendant les trente jours à venir, et par un chauffeur.

Direction l’hôtel et premier contact avec le terrain !

La chambre est grande, je dois débrancher le téléphone, très bruyant (il sifflote tout seul!).

Nous nous reposons un peu, rendez vous est pris à 11 heures pour notre première sortie.

La Mongolie !

Un pays enclavé, coincé entre la Russie aimée, (si! si!), et la Chine (détestée !).

En bref, en 1912, les nationalistes Mongols chassent les Chinois et par le traité de Khiagt signé entre la Chine, la Russie et la Mongolie, la Mongolie devient une région autonome de la Chine. Le 28 novembre 1924, la Mongolie proclame son indépendance et n’a jamais fait partie du bloc soviétique contrairement à ce que beaucoup d’Occidentaux croient…(y compris moi !) même si elle a suivie de très près la ligne politique de l’URSS. Dans les années 90, la Mongolie devient une démocratie.

Superficie : trois fois la France, avec une population globale de 2,7 millions d’habitants…il y a à peu près 1 million d’habitants dans la capitale et 1 million de nomades.

Altitude moyenne : 1580 mètres, il fait donc toujours frais, et même froid, le soir au coucher du soleil.

Religions : bouddhisme tendance Tibet, mâtiné de chamanisme (80% de la population); islam (les Kazakhs, 4% de la population).

Niveau de vie : 1/3 des Mongols vit avec moins de 1,30 euros par jour. Cependant, le pays se développe rapidement (croissance de 8% en 2006) mais d’une manière très inégalitaire.

Classes sociales les plus corrompues : politiciens, médecins, enseignants.

Salaire mensuel moyen : 62 euros.

Monnaie : le tögrög. 1.000 T valent 0,55 euros, cours du 17 juillet 2008.

L’industrie minière est en pleine expansion (cuivre, or, uranium, charbon) dopée par des capitaux étrangers (russes, chinois et japonais présentement, canadiens et américains à l’affût…ce n’est pas pour rien que les Mongols sont présents en Irak par le biais de 140 soldats…).

L’élevage (peut être 30 millions de têtes de bétail !) fournit cuir, laine (cachemire) et viande à l’exportation.

L’industrie locale est pratiquement inexistante (le marché intérieur est petit et à faible pouvoir d’achat : tous les produits manufacturés proviennent soit de Chine soit de Russie).

L’aide étrangère est importante, faisant de la Mongolie un des pays les plus assistés au monde. 3.500 associations humanitaires font de la Mongolie le pays où l’on compte le plus d’ONG par habitant.

Catastrophes naturelles : elles n’ont pas épargné la Mongolie : hivers 1999 et 2000 extrêmement durs, sécheresse des printemps 2001 et 2002…Plus de 11.000.000 d’animaux d’élevage morts de faim ou de froid, soit 1/3 du cheptel…

Espérance de vie : 66 ans.

Au classement mondial du bonheur (!) la Mongolie se place au 59° rang, avant la France 62°…Classement établi par un psychosociologue de l’université de Leicester- Grande Bretagne-, c’est dire comme c’est sérieux…

A 11 heures pile, nous retrouvons notre guide, le chauffeur et la responsable « juridique » de l’agence qui nous fait signer les documents définitifs relatifs à notre séjour en Mongolie et, bien entendu, nous payons….

Visite de la ville : nous commençons par la vaste place principale (place Sukhbaatar, héros national,qui, en 1921, a déclaré l’indépendance de la Mongolie face à l’occupation chinoise), belle perspective avec en fond, le parlement précédé d’une énorme statue de Gengis Khan…

Il se trouve, le hasard fait bien les choses, qu’il y a en cette matinée, un défilé de mode sur la place…

Et c’est vrai que les Mongoles sont fort belles (même quand elles ne sont pas mannequins !)…

Nous rencontrons des hommes et des femmes vêtus de leurs magnifiques deels avec les larges ceintures colorées et le boutonnage si particulier.

Tourisme et Mongolie.

Ce qu’il faut savoir !

Le tourisme est une activité vraiment neuve en Mongolie avec tout ce que cela implique, c’est-à-dire une énorme bonne volonté mais assez peu de moyens…

En 2007, les statistiques font état de 450.000 touristes, principalement des Chinois (47%), des Russes (22%) et des Japonais, les Français formant probablement le groupe occidental le plus nombreux.

Pas de guides professionnels, au sens où nous l’entendons : la saison touristique est trop courte (deux mois et demi) pour pouvoir nourrir « son homme », si bien que les guides pratiquent leur métier comme deuxième ou troisième métier, pendant leurs vacances…

A titre d’exemple, notre guide travaille dans une société de service informatique et donne des cours d’anglais…un autre guide, francophone, que nous avons rencontré au cours de notre périple, est réalisateur à la télévision Mongole…

La formation donnée par les deux écoles de guides d’UB est assez primaire et elles forment plutôt des accompagnateurs (anglophones) que des guides.

Les infrastructures routières sont inexistantes, sauf aux alentours de la capitale, donc il faut s’attendre à des pistes de qualités inégales et savoir que l’on va avaler de la poussière… Attention aux dos fragiles !

Notre voiture était un van soviétique d’un autre âge…crevant souvent, tombant en panne de temps en temps, mais il ne sert à rien pour autant de rouler dans un moderne et rutilant 4×4 : ils ont les mêmes problèmes ! En fait, l’important pour ne pas dire l’essentiel, est d’avoir un chauffeur expérimenté (aucun panneau de signalisation !!! avec des pistes qui partent à droite et à gauche !!! des cartes aléatoires…) et bon mécanicien…

Le nôtre avait ces deux qualités fondamentales pour un bon voyage : l’art de réparer un radiateur qui fuit, un gicleur qui se bouche etc…et le sens de l’orientation, absolument indispensable pour circuler, par exemple, dans le désert de Gobi où l’on ne rencontre âme qui vive pendant des jours…

Bref, même en passant par les services d’une agence de voyage (on ne peut pas faire autrement, car les services de bus publics sont trop aléatoires et ne relient que les grandes villes), le tourisme en Mongolie reste une aventure (heureusement !).

Une fois cette mise en jambes faite, nous partons pour le monastère de Gandantegchinlen dit, pour faire court, monastère de Gandan.

Vaste bâtiment, construit au milieu du 19°siècle et qui a échappé à la destruction par le pouvoir communiste, ce dernier ayant estimé qu’il était utile de le conserver comme témoignage de l’obscurantisme …

Un peu en contre bas, un autre site, beaucoup moins »glorieux » (il ne s’agit que d’une yourte) mais par certains côtés tout à fait intéressant, consacré au chamanisme.

C’est une caractéristique étonnante et que nous vérifierons tout au long de notre voyage, cette croyance en l’existence des esprits et des relations entre les esprits des animaux et l’âme des morts. Il n’y a pas de livre sacré, c’est la tradition orale qui prévaut.

Les Mongols et les esprits.

Les Mongols (enfin ceux avec qui nous avons vécu pendant un mois, et ceux et celles que nous avons rencontrés), croient aux fantômes et les craignent.

Impossible de camper à moins d’un kilomètre d’un cimetière…

Ils se racontent des histoires de fantômes, avec tellement de conviction et de cœur, qu’il nous est arrivé de voir le narrateur et son auditoire au bord des larmes tant ce qu’il racontait était (sûrement) une horrible histoire de fantômes…

Une question portant sur la métempsycose nous était souvent posée : croyez-vous à la réincarnation ?

Nous allons ensuite déjeuner dans un restaurant Mongol de luxe plein d’étrangers. On y donne à cuire sa viande sur de très grandes plaques chauffantes.

Après ce bon déjeuner, nous filons au « musée international de l’intelligence », en fait, un musée du jouet (privé !) tout à fait particulier puisqu’il rassemble pour l’essentiel quantité de puzzles, de casses têtes et de jouets (11.000 objets provenant de 130 pays !) : on peut mettre la main à la pâte !

La visite est guidée, nous sommes munis de sur chaussures du meilleur effet…et nous rencontrons le conservateur tout heureux de nous montrer les pièces les plus difficiles.

C’est un musée qui participe à des expositions à l’étranger (à Paris par exemple!).

Beaucoup de pièces sont fabriquées sur place et peuvent être achetées.

Après avoir bien joué, nous partons vers le mémorial de Zaisan, au sommet d’une colline au sud de la ville. Il a été construit par les soviétiques à la gloire de leur armée libératrice et témoigne de l’amitié indéfectible (!) des peuples Mongol et Russe.

Il présente l’avantage d’offrir un beau point de vue sur la ville…



Au retour, nous faisons une courte halte au marché : Bagui est très inquiète pour notre sécurité, elle craint les voleurs (contre lesquels il n’y a rien à faire) et ne veut pas nous perdre…

Le marché est immense, il est organisé en quartiers, chaque quartier étant spécialisé dans une gamme de produits. Nous achetons quelques fruits.

Notre repas du soir sera un dîner folklorique, avec musique traditionnelle, chanteur et danseuse : les convives sont Français.

Ulaanbaatar.

Ville sans grâce, mais animée et très étendue. La population est assez hétérogène : des quartiers Chinois, Coréens et …Mongols ! Quelques immeubles, un building hôtel au profil de femme enceinte en construction sur la place centrale, beaucoup de petites maisons et en banlieue, des yourtes.

Circulation difficile malgré des avenues très larges.

A la vente, une maison neuve de 3/5 pièces, dans un quartier chic, coûte dans les 100.000 dollars US, un trois pièces meublé se loue dans les 300 dollars US par mois.

Il faut compter 1.000 à 2.000 dollars US par mois pour un appartement neuf en location.

Ceci étant, il doit y avoir une sérieuse crise du logement dans la capitale : notre guide, mariée, un enfant d’un an, habite avec son mari chez ses parents qui hébergent aussi sa sœur, bref, 5 adultes et un jeune enfant pour un trois pièces…

Jeudi 17/07/2008. Le départ vers Kharkorin.

Réveil à 6 heures du matin. Départ à 7 heures.

Notre équipe est donc au complet : Mougui, le directeur de l’agence, Bagui, notre guide de 23 ans qui nous fera aussi la cuisine (équipée d’un redoutable lecteur de DVD, heureusement, ça bouffe beaucoup d’électricité et comme l’électricité est rare…), et Béjine, notre chauffeur.

Nous emmenons aussi avec nous un passager clandestin : Munkhe, basé à Paris, et qui va suivre nos pérégrinations par portable interposé …Quatrième maillon de la chaîne, et qui a son importance, car c’est avec lui que nous allons parcourir des milliers de kilomètres : le van !

10gtIl me faut aussi présenter les passagers : Régine, Marie, Jean, et Jean Marie, votre serviteur.

La route vers Kharkorin est facile, au début…Elle fait vite place à une piste qui a parfois des dégradés !

Vu un pauvre petit poulain, abandonné de tous…il a une patte cassée et ne fera pas de vieux os…

Arrêt déjeuner à l’Eden, campement de yourtes et restaurant planté sur la piste. C’est là que nous goûtons pour la première fois du lait de jument fermenté. (airag) : c’est très rafraîchissant avec son petit goût acidulé.

La politique foncière !

C’est capital pour le pays qui craint de voir sa terre privatisée et colonisée par les Chinois !

Le 7 juin 2002, une loi foncière est adoptée :

Elle définit trois types d’occupation de la terre :

La propriété privée de terre, réservée aux citoyens Mongols, ne devrait concerner que 0,9% du territoire.

La possession, qui en fait un bail gratuit de 15 à 60 ans renouvelable pour 40 ans maximum, réservée elle aussi aux seuls Mongols.

La jouissance, statut des étrangers : le parlement décide de la superficie accordée et des modalités du bail.

Le 27 juin 2002, la loi foncière est complétée :

Elle accorde gratuitement un droit de propriété à chaque couple Mongol, marié, âgé de 18 ans au moins, pour un terrain à usage d’habitation, de 700 mètres carrés dans la capitale, d’une superficie plus grande (3.500 mètres carrés pour les chefs lieux) dans les villes de province.

En conséquence, chaque couple Mongol a vite fait de clôturer sa surface sans qu’il y ait apparemment de plan d’urbanisme; donc mitage intensif des espaces…mais bon, il y a de la place, beaucoup de place !

Nous reprenons la route et apercevons nos premiers chameaux et recevons nos premières gouttes de pluie : le toit du van a tendance à fuir !

Rien de bien grave, et nous stoppons en fin d’après midi dans un campement de yourtes (appelées également « ger »), près de la ville de Kharkhorin.

Ce sera notre première nuit sous une yourte : elle fait partie d’un campement pour touristes bien sûr, mais c’est un premier contact assez marrant.

La yourte, c’est rond, la porte d’entrée est basse (attention la tête !), il y a en son centre un poêle à bois avec son tuyau d’évacuation qui sera défait, car on craint la pluie pour la nuit, un morceau de toile étant rabattu pour fermer la « maison »…

De chaque côté, un lit, des tables basses pour poser ses affaires, une ampoule et voilà !

Le bloc sanitaire en dur est très bien équipé, toilettes, douches avec eau chaude….

Disons le tout de suite : on peut faire un voyage en Mongolie de ger en ger (de campement de touristes en campement de touristes), mais franchement, on loupe beaucoup de choses !

Vendredi 18/08/2008. Kharkorin vallée de l’Orkon.

Très bonne nuit passée sous la yourte !

Nous partons visiter le monastère Erdene Zuu : il reste trois temples restaurés dans le vaste enclos (à l’origine, il y en avait entre 60 et 100!).

Le site a connu bien des malheurs : sa construction a commencé à la fin du 16° siècle et s’est achevée 300 ans plus tard. Au mieux de son existence, il abritait jusqu’à 1.000 moines.

Mais il y a eu, au 18°siècle, des dommages causés par les envahisseurs Mandchous. Puis, les purges communistes des années 30 ont également amené leurs lots de malheur : les moines furent déportés, les temples rasés à l’exception des trois qui se visitent maintenant.

15Dans les années 65, le site rouvre sous la forme d’un musée.

Dans les années 90, la fin du communisme le permettant, le site reprend son activité religieuse.

Nous aidons une famille Mongole qui visite le site avec une jeune fille paralysée, assise dans un fauteuil roulant.

Les deux parents sont très âgés, le fauteuil, très lourd, ne permet pas de franchir des obstacles comme les marches, aussi Jean et moi allons mettre la main à la pâte…sous le regard de visiteurs locaux qui s’étonnent que ce soit des étrangers qui fassent le travail…

Une fois le monastère visité, nous partons au marché : à notre grand étonnement, les échoppes sont en fait des containers juxtaposés. On y joue au billard en plein air.

Marché tout à fait authentique, assez haut en couleur.

Visite obligée aux tortues de pierre qui marquaient les limites de la ville et au rocher phallique (bien nommé !).

Nous passons ensuite (c’est notre chemin) voir le monument construit en 2004 à la gloire de Gengis Khan (c’est lui qui avait eu l’idée de faire de Kharkorin sa capitale, mais c’est son fils qui l’a établie et Kharkorin n’a été capitale que pendant une quarantaine d’années).

Là, on prend vraiment conscience, à l’aide d’immenses cartes réalisées en mosaïque, de l’immensité de l’empire Mongol…

L’ovoo !

C’est un tas de pierres, en général dressé aux sommets des collines, avec en son centre un mât de bois qui supporte un morceau de tissu de couleur bleu. Tous ceux qui passent par cet endroit, soit klaxonnent, s’ils n’ont pas le temps de s’arrêter, soit descendent de leur véhicule, font, en silence, trois fois le tour du monticule dans le sens des aiguilles d’une montre, déposent un caillou à chaque tour et éventuellement des objets (on y verra des guidons, des chambres à air, des bonbons, des bouteilles cassées…). Si le « passant » est à cheval, il descendra de sa monture.

C’est une façon de rendre hommage aux esprits de la nature et de s’assurer que le voyage se passera en toute sécurité.

Nous reprenons notre piste « vallée de l’Orkhon », les paysages sont très beaux. Nous avons un passage à gué un peu difficile, mais notre chauffeur y arrive…pour tomber en panne une fois la rivière franchie (de l’eau dans le carburateur).

Le temps de la réparation permet à notre guide cuisinière de nous préparer le repas : nous nous asseyons autour d’une table de camping, bref, nous sommes royalement traités !

Reprise de la piste, nous stoppons pour faire refroidir le moteur (notre chauffeur place le van vent debout) et nous en profitons pour visiter une famille nomade qui, aussitôt, va nous offrir lait, beurre et fromage…

Nous partons à pied à l’assaut d’un lieu sacré-le monastère de Tovkhon, en ruine- (3 km de marche, ça fait du bien), mais nous prenons pas mal de retard. Dans notre montée sur le chemin de randonnée, nous croisons un 4×4 méchamment embourbé jusqu’au moyeu, nous le verrons également à notre retour, toujours immobilisé !

Aux trois quarts du sommet, des grottes, et une en particulier où il faut se glisser (« ventre de la mère ») et quand on en ressort, on est purifié comme si on connaissait une deuxième naissance…Bagui et Mougui s’en donnent à cœur joie !

Je continue la marche jusqu’au sommet (interdit aux femmes !) : c’est un ovoo.

La nuit tombe : il nous faut nous arrêter, même si nous n’avons pas rejoint comme prévu les chutes d’eau d’Ulaantsutgalan.

Nous montons nos tentes avec l’aide de Mougui… le matériel nous parait un peu léger…

Samedi 19/07/2008. Chute de l’Orkhon, nuit près d’Ongiin.

Les paysages.

C’est, avec ses habitants, tout le charme de la Mongolie…

C’est vrai que la Mongolie agrandit le regard : la vue porte aussi loin que possible et l’œil n’est arrêté par aucun obstacle.

Pas d’arbre en rideau, pas de haie, pas de clôture, pas de ligne électrique, pas de bâtiment, juste quelques yourtes si basses qu’elles ne font pas obstacle.

L’immensité verte (sauf bien sûr dans le désert de Gobi) mais pas à la Suisse…à la manière pointilliste : car lorsqu’on s’approche on voit bien qu’il s’agit de milliers de touffes d’herbes séparées entre elles soit par du sable soit par des cailloux…terre ingrate, nourricière pour les ovins et les chameaux…

Et l’odeur de la terre, une odeur tout à fait particulière, due aux plantes probablement médicinales, et les couleurs, variations infinies de vert, de bleu, de jaune…

Et quand on voit un cavalier descendre de la montagne à toute allure, on se prend à rêver et on se dit que rien n’est plus beau…

Réveil matinal : 5 heures 30 du matin (il fait jour).

Nous croisons ces drôles d’animaux qu’on appelle des yaks, des vaches déguisées en chèvre s comme le dit très justement Jean…

Nous passons quelques moments aux chutes de d’eau »Ulaantsutgalan ».

Et nous reprenons la route, enfin, la piste (pointe de 40 kilomètres heure !)…

Les paysages sont montagneux, il y a quelques conifères. On voit bien que les bois sont exploités, pas forcément de la meilleure manière !

Nous passons dans une ville de chercheurs d’or (vallée d’Uyanga) où s’entassent toutes les misères et tous les espoirs fantasmatiques.

On surnomme « ninjas » (allusion aux fameuses tortues) les hommes et les enfants qui transportent la terre sur leur dos dans des paniers d’osier.

Nous arrivons à notre point de chute du soir, prairie près d’une rivière…Chic, on va pouvoir, les tentes une fois dressées, se laver et laver quelques affaires !

Présence de moustiques : Mougui brûle de la bouse de vache, ce qui est censé éloigner ces sales petites bestioles…

Un cavalier nous rend visite : c’est un parent de Béjine, notre chauffeur.

Histoire d’eau !

3.500 lacs, 260 glaciers, 3.600 rivières et cours d’eau…mais peu d’eau dans le sud du pays (désert de Gobi oblige).

L’eau est un bien précieux, pur et dont il faut conserver la pureté : il y a une relation mystique entre les Mongols et l’eau.

Ainsi, il est inconcevable (et tout à fait impoli) de laver un corps ou un linge dans la rivière même : il faut mettre l’eau dans un seau, se laver sur la rive, et jeter l’eau sale dans le pré…

Dimanche 20/07/08. Vers le parc national Gurvan Saïkhan.

Avant de reprendre la piste, nous visitons les ruines du monastère « Ongiin Khiid »: les photos sont payantes (en dollars US…) et la visite guidée.

Le site est majestueux, il ne reste sur place qu’une douzaine de moines.

Le soleil est éclatant, il fait une chaleur difficile à supporter et nous allons déjeuner à l’ombre…du van, car il n’y a aucun arbre à l’horizon !

Visite d’une forêt de saxauls : petit arbre du désert (nous sommes à la frontière du désert de Gobi) qui a pour mérite de fixer le sol grâce à ses profondes racines, arbre particulièrement recherché par les nomades comme combustible de chauffage et de cuisson des aliments. A tel point que l’on craint sa disparition ! L’écorce est épaisse et sert de « réserve » d’eau. L’arbre (à toute petite feuille) est considéré comme mature à 25 ans, et mesure au
maximum 4 mètres de haut au bout de 100 ans ! C’est un arbre d’une telle densité qu’il ne flotte pas !

Nous arrivons prés du parc national de Gurvan Saikhan : l’entrée est payante et notre équipe voudrait bien dormir dans le parc ! Mais nous, nous voulons dormir comme prévu dans notre programme, près d’une famille nomade, et comme le client a toujours raison…nous faisons donc demi tour, quelques kilomètres, et voilà que nous plantons nos tentes prés des « gers » d’une famille nomade.

Et nous avons bien fait de protester, car nous allons passer une soirée merveilleuse auprès de cette famille qui nous accueille les bras ouverts !

Nous assistons à la traite des chèvres : l’opération consiste dans un premier temps à les regrouper, puis à les ficeler les unes aux autres par le cou en les positionnant tête bêche…

Puis vient la traite des juments : on laisse le poulain téter 2 à 3 lampées puis on l’écarte et on peut alors traire la jument…On nous montre un poulain orphelin : sa mère a été dévorée par les loups…

Nous pénétrons dans la yourte familiale : la porte est basse même si on le sait !

63La famille se compose des parents, d’un fils de 14 ans (c’est son anniversaire aujourd’hui), de deux filles et d’un autre garçon.

Elle semble assez aisée : 4×4 et moto à la porte, portable, télévision alimentée par panneau solaire…

Nous aurons droit aux traditionnels présents : lait fermenté de jument (légèrement alcoolisé), fromage de chèvre… Le maître de maison va nous faire respirer une sorte de tabac, sensé nous faire éternuer : nous nous y plions, à la plus grande joie de nos hôtes !

Nous nous replions vers nos tentes : attention, on sort toujours d’une yourte à reculons !

Lundi 21/07/08. Du parc national aux dunes de Khondor (de la glace au sable !).

Nous franchissons à nouveau l’entrée du parc : on nous remet un sac plastique à charge pour nous d’y mettre nos éventuels déchets et aussi de ramasser ceux des autres (enfin, c’est basé sur le volontariat !).

Nous arrivons après une agréable promenade (beaucoup de sympathiques mulots, marmottes et autres animaux de tout poil…), à la rivière de glace : assez étonnant de voir cette langue de glace alors qu’il fait très chaud, mais il est vrai que cette rivière ne voit pas le soleil : elle est très encaissée.

Nous reprenons la piste et nous arrivons à notre campement du soir : un campement de gers pour touristes, face aux dunes de sable (en plein dans le désert de Gobi).

Le désert de Gobi !

Couvrant 1/3 du territoire de la Mongolie, c’est un désert de pierres, de sable (3% seulement en superficie) mais aussi d’herbes.

L’eau n’est jamais bien loin : ancienne mer intérieure, ce désert est parcouru par 6 cours d’eau et par de nombreuses nappes phréatiques souterraines.

Et comme tout désert, il apporte son lot de mirages !

Nous profitons des installations d’eau chaude pour nous laver (une priorité…) et pour faire un peu de lessive dans les lavabos (encore que ce soit interdit : il faudrait faire appel au personnel, mais il n’y a personne). Vent et soleil font que le linge lavé à 18 heures est sec à 20 heures…

Le coucher du soleil sur les dunes est dit spectaculaire : malheureusement, des nuages nous empêcheront d’en profiter pleinement.

Nous dînons sur le coup de 21 heures, nous sommes les derniers.

A 23 heures, le groupe électrogène qui alimente les gers est coupé.

Nous faisons le point de notre itinéraire avec notre équipe : il est décidé de modifier l’étape de demain, la route étant estimée trop dangereuse par notre chauffeur.

Mardi 22/08/2008. De la route…et la nuit dans la montagne, près de Bayangovi.

Peu après notre départ, nous nous arrêtons prés d’une ger occupée par une veuve avec ses 6 enfants, trois filles et trois garçons…

Elle élève des chameaux (30 mâles et 30 femelles).

Elle nous offre lait et fromage à base de lait de chamelle.

Elle nous pose une question qui doit la tarauder : « pourquoi les étrangers viennent ils en Mongolie sans leurs enfants ? »

Le cordage à l’intérieur de la ger a une signification symbolique : une corde appelle la richesse, une autre la paix…

Une ger (maison de feutre)!

Une ger ou yourte (mot d’origine turque) n’est pas une tente mais une maison ronde…

En règle générale, une famille a deux gers : une qui sert d’habitat et la seconde de réserve, d’atelier de fabrication du fromage, de resserre…

Facile à monter comme à démonter (une matinée suffit, à plusieurs), elle est organisée selon un schéma invariable :

La porte d’entrée est au sud (on ne redira jamais assez qu’elle est basse !) et s’ouvre vers l’extérieur; en face, l’autel des anciens et les miroirs, à gauche et à droite de l’autel, des coffres peints de couleur vive (orange, en général) et des lits. Forcément, il y a peu de meubles : on ne peut pas être nomade et se balader avec des canapés !

Le sol de la ger, ce sont des tapis.

Surface au sol : variable, mais en général, un petit 30 mètres carrés.

Au centre, entre les deux poteaux qui font office de baleine de parapluie et qui donc tiennent la ger, la table basse et devant elle le poêle à bois, élément essentiel puisqu’il sert de chauffage et de cuisinière…

Les parois extérieures de la ger sont en feutre (de la laine tassée et non tissée). Elles sont parfaitement imperméables et lorsqu’il pleut on rabat une petite bâche qui obture le passage du tuyau de poêle.

Pas de clou, pas d’amarrage au sol.

C’est donc parfaitement confortable mais bien sûr, il n’y a pas beaucoup d’intimité…

Déjeuner à l’ombre du van, il fait vraiment chaud.

Un petit désastre : le beurre qui avait été mis dans la boîte de carton avec d’autres aliments a fondu (comme neige au soleil…)

Nous finissons par arriver et nous montons rapidement nos tentes. Nous sommes dans un lieu isolé, la terre sent bon, tout est tranquille…le seul problème, c’est qu’il n’y a pas d’eau…

Deux fiers Mongols viennent en moto nous rendre visite.

Mercredi 23/07/08. Bayan Ondor, nuit près d’un oasis (Bayan Tooroi).

Nous nous arrêtons en « ville » pour faire quelques courses : nous nous procurons au super marché local deux torchons (nous en manquons cruellement !), un eyeliner (eh, oui !) et un pot de crème pour protéger du soleil…

Les « supermarchés » !

Rien à voir avec les nôtres…Ce sont en fait de petites épiceries où on trouve un peu de tout à condition de bien chercher …

Car les rayons sont occupés pour les 3/4 par des bouteilles d’alcool (vodka locale) et pour le quart restant, par des bonbons et des gâteaux secs !

Nous continuons notre traversée du désert : pendant des heures et des heures nous ne verrons ni homme ni animal, c’en est presque angoissant !

Tout repose sur les qualités du chauffeur et sur son sens de l’orientation…et sur Mougui qui est en quelque sorte son navigateur…

Et le miracle se produit à l’arrivée : au déboulé de ces immenses espaces désertiques, nous arrivons dans une oasis près de Bayan Tooroi.

Il y a là un immense verger, des légumes, de l’eau qui jaillit de partout et qui coule à profusion!

C’est incroyable !

Le temps de reprendre nos esprits, de nous laver et de laver nos affaires, nous nous demandons si le rapport eau/récolte est vraiment porté à son efficacité maximale !

La chaleur est écrasante.

La nuit commence à tomber; nous nous réfugions sous nos tentes lorsque Bagui vient nous voir, affolée, Beguine et Mougui ont disparu !

Nous tentons de la rassurer : ils ne peuvent pas être bien loin ! Et de fait, nous les voyons revenir avec leur lampe de poche, ils avaient tout simplement été se laver, il est vrai hors de portée de vue …

Jeudi 24/07/08. De Bayan Tooroi à Eejkhairkhan Uul (ou Montagne Sacrée).

La matinée débute par une bonne douche sous l’eau fraîche d’un geyser artificiel…

Puis, nous partons vers la Montagne Sacrée : le trajet est assez fatigant (de la piste et de la poussière) et comble de malheur, notre chauffeur va prendre la piste sur la gauche de la montagne au lieu de prendre à droite…Conséquence : nous allons tourner autour du massif à la recherche de l’entrée du site et vers 20 heures seulement (il fait encore jour !) et après nous être ensablés à deux reprises à ne pas savoir comment faire pour nous en sortir, nous trouvons par hasard la ger du guide de la Montagne Sacrée.

Ouf ! Il est 21 heures quand nous revenons de la visite du site, le guide/gardien étant bien entendu intéressé par notre visite (il n’y a pas plus d’une centaine de visiteurs étrangers par an).

Nous avons bien mérité l’aiguille de porc-épic (je l’ai toujours aujourd’hui fichée dans ma polaire) qui nous est donnée de façon à éloigner les mauvais esprits…

Le vent se lève : je consolide la tente avec des pierres que je dispose tout au long…

Il est 23 heures 45, il fait une chaleur épouvantable et nous essayons de dormir.

Ça ne sera qu’un essai, car à 2 heures du matin c’est le vent et la pluie qui ne cessent de se renforcer. A 4 heures du matin, Mougui et Bagui passent nous demander si tout va bien et consolident notre tente de l’extérieur…

Nous sommes trempés à l’intérieur et nous nous préparons à évacuer éventuellement la tente pour nous réfugier dans le van…

A 6 heures du matin, c’est l’accalmie…pas trop de dégâts !

Vendredi 25/07/08. De la Montagne Sacrée à la proximité de Tögrög.

Petit déjeuner en compagnie du guide/gardien et de sa femme : ils vont partir au boulot !

Mais avant, ils vont donner à Marie et à Régine, deux petites souris en feutre, faites maison et nous font cadeau d’une conserve à prendre dans le garde manger…

89Le garde manger c’est le puits de la ger dans lequel nous allons puiser de l’eau fraîche et récupérer la conserve !

88Encore une journée où nous n’allons rencontrer personne !

Sauf des marmottes qui ne doivent leur vie sauve qu’à notre intervention car nos trois hôtes étaient partis à leur poursuite munis d’une pelle ! Paraît que la chair de marmotte est délicieuse, en tous cas, les Mongols en raffolent !

On croise aussi des poteaux électriques en bois montés sur des échasses en béton armé (elles sont fichées en terre et supportent le gel mieux que le bois).

La piste est difficile mais les paysages sont très beaux et variés.

90Nous arrivons dans une petite ville où nous faisons quelques achats (en particulier de la bière en bouteille plastique…) et nous recherchons un emplacement pour camper…91

Mais il y a beaucoup beaucoup de vent et nos tentes ne sont pas en état de le supporter !

Alors nous décidons de demander asile à des nomades : ils nous cèdent leur ger, moyennant finance, et la petite famille (10 enfants tout de même !) va dormir dans la ger d’à côté, celle qui sert de resserre.

Faune et Flore !

LA FAUNE :

Le loup, omniprésent, au moins dans les conversations et les mises en garde, nous n’en n’avons pas vu ni entendu.

L’ours, rare mais présent.

Les gazelles, les antilopes et plus bas, au ras du sol, les marmottes…

L’ibex : c’est notre bouquetin.

Le cerf.

Le faucon, le vautour et l’aigle et plus proches de nos plaines comme de nos marais, les canards, les oies, les cormorans, les grues cendrées, les martins pêcheurs…

LA FLORE :

L’edelweiss, à en rendre malade un montagnard, tellement ils pullulent !

Des conifères, quelques bouleaux.

Les saxauls, en cent ans, 4 mètres de haut, au mieux ! Les feuilles sont si petites qu’ils semblent ne pas en avoir…

L’armoise odorante.

Les plantes médicinales.

Samedi 26/07/08. De Tögrög au lac Tsetseg.

Au départ, la piste est tout à fait correcte mais cela ne saurait durer…

On voit souvent sur les bas côtés de la piste des squelettes entiers ou plus souvent des têtes d’animaux blanchies ou même des animaux auxquels il reste quelques lambeaux de peaux que les charognards finiront bien par déguster…

Puis curieusement, un panneau de circulation qui nous indique avec beaucoup d’humour, qu’il ne faut pas dépasser les 50 km à l’heure…

Comme toujours, le paysage est superbe et nous avons vue sur les neiges éternelles du Sutai.

Nous arrivons tôt au lac Tsetseg, ce qui va nous donner le temps de laver un peu de linge et de nous laver nous mêmes.

Régine va équiper notre van d’une ficelle partant du rétroviseur à une porte et pourra ainsi faire sécher notre linge…

Par contre, c’est fou ce qu’il y a comme moustiques et qui piquent en plus, alors que le soleil est loin d’être couché : en fait les moustiques s’adaptent comme ils le peuvent, car dés que le soleil disparaît à l’horizon, le vent se lève et il est suffisamment fort pour empêcher tout vol de moustiques ! Bref, des moustiques quand il n’y a pas de vent et quelle que soit l’heure de la journée !
Nous montons nos tentes dans un creux de terrain, dans les dunes, mais il y a quand même pas mal de vent !

Dimanche 27/07/08. Du lac Tsetseg à Manhkan.

La nuit a été assez mouvementée à cause du vent.

En piste donc, et nous nous arrêtons pour prendre des photos d’une traite de chèvres et de petits yacks.

A l’arrivée à Manhkan, en fin de matinée, nous cherchons le domicile de la cousine de Bagui : elle veut lui faire la surprise de notre arrivée !

12Curieusement, la rencontre est dénuée de toute chaleur, elle se fait dans une sorte de mutuelle indifférence !

En fait, je crois que les Mongols sont très pudiques et limitent au maximum les effusions…

16_001Nous sommes reçus les bras ouverts (bonbons et gâteaux à profusion !) dans la pièce principale de la maisonnette (deux pièces et une cuisine), la cousine est enceinte jusqu’au yeux, le mari est là : il vient juste de terminer ses études et recherche du travail dans l’informatique.

Dans la cour, un petit tas de bouses de vache bien sèches qui sert de combustible et des toilettes à pan de bois.

Nous partons en van pour voir des gravures rupestres (Tsenkheriin Agui) : c’est très décevant parce qu’en fait nous ne verrons rien qui puisse y ressembler et ce, dans une grotte remplie de crottes de chauve souris…

17_001Retour à la maison, où notre hôte entame une partie acharnée d’osselets (le jeu s’appelle shagai : on n’y joue pas du tout comme en France) avec des petits voisins et aussi avec Marie et Régine qui, il faut bien le dire, se sont dévouées !

Chaque osselet représente sur chacune de ses quatre faces, un chameau, un cheval, une chèvre, un mouton.

Cela peut durer des heures et chacun prend visiblement un grand plaisir à ce jeu ! Pendant ce temps là, Jean et moi prenons des photos !

18_001Bagui nous prépare un plat de buuz (c’est bien bon : c’est de la même famille que les raviolis chinois).

19_001Balade en ville avant le dîner : là on prend conscience des ravages de l’alcool : beaucoup d’hommes complètement ivres qui ronflent à même le sol.

Attirés par le bruit, nous pénétrons dans une salle de billard où des jeunes visiblement bien éméchés nous invitent à
participer…

Finalement, nous dormirons dans la pièce principale de la maisonnette, c’est plus confortable que sous la tente !

Attention : l’heure de Mankhan est l’heure d’Ulaanbaatar moins une heure : nous avons franchi un fuseau horaire !

Lundi 28/07/08. Lac Khar, Khovd, nuit auprès du mont Tsambagarav, accueil par une famille de nomades.

Nous sommes dans la vallée des lacs et passons au lac Khar (lac Noir), peu profond (4 mètres) mais deuxième plus grand lac de Mongolie par sa superficie. C’est un paradis pour les oiseaux : il y a une tour d’observation sur laquelle nous grimpons avec nos jumelles.

Proche du lac, une ger occupée par un pêcheur professionnel.

Écologie quand tu nous tiens, ou le respect de l’environnement !

Les Mongols sont pleins de bonnes intentions et vantent leur nature (fort belle, je le répète). Le problème c’est qu’ils la salissent avec une inconscience coupable : les bords des pistes sur 50 mètres de large sont jonchés de bouteilles cassées et d’objets divers en plastique.

Les gers sont entourées de débris divers sans que cela paraisse préoccuper les occupants…

Nous mêmes devions de temps à autre rappeler à notre équipage qu’on ne balance pas par la fenêtre ce dont on n’a plus besoin…

Je sais bien que le territoire est immense, mais tout de même ! A ce train là, dans quelques années, la situation deviendra ingérable (si ce n’est déjà le cas…).

Nous reprenons la piste, nous croisons un camion en panne, les deux gars sont là depuis trois jours à tenter de réparer.

Notre chauffeur va leur laisser un outil pour les aider à remettre en route leur camion. Pour notre part, nous nous inquiétons de savoir s’ils ont à boire et à manger…

Nous arrivons à Khovd, capitale provinciale : notre premier objectif, c’est de trouver les douches publiques…

En les découvrant, nous apprenons qu’elles sont fermées à titre exceptionnel pour 3 jours ! C’est bien notre veine !

Nous décidons donc de chercher un campement de ger pour touristes, à l’extérieur de la ville : nous en trouvons facilement un qui accepte de nous laisser un accès aux douches, moyennant finance.

Il n’y a pas d’eau chaude, le camion citerne vient juste d’approvisionner le camp, mais ça ne fait rien ! C’est si agréable !

Je rencontre un Américain qui habite avec sa femme Mongole à Ulaanbaatar depuis 4 ans.

Il vient de Californie (!), et écrit des romans à partir de faits historiques (dernier paru en Mongolie : la répression du Bouddhisme sous les communistes).

Évidemment, il n’a pas beaucoup de lecteurs, dans un pays peu peuplé et où la population est nomade pour l’essentiel (un nomade trimbale peu de livres…).

Ce campement est quasi neuf puisqu’il date de 2007, mais les douches sont déjà en piteux état, les lavabos coulent d’un peu partout, la porte des toilettes ne ferme pas…

Marie croise un petit groupe d’Italiens qui ont quelques problèmes avec leur « guide »…

Une fois la douche prise et bien prise, nous retournons à Khovd pour y déjeuner.

Il est 14 heures et Bagui nous trouve un restaurant coréen sympa avec salon particulier et toilettes infectes intégrées.

L’école en Mongolie.

La scolarité est obligatoire de 6 à 18 ans, et l’école est gratuite.

Il existe en ville des écoles maternelles privées, hors de prix, ce qui explique que les jeunes enfants de moins de 6 ans sont élevés par leurs grands parents.

Les enfants « nomades » sont internes (forcément !) du lundi au vendredi. A cette époque de l’année, nous sommes en période de vacances scolaires…

Curieusement, ce sont les garçons qui quittent l’école plus tôt que les filles : ils sont jugés plus utiles pour aider aux travaux d’élevage.

Taux d’alphabétisation : 98%.

Les langues étrangères enseignées sont l’anglais et le russe.

Il y aurait environ 185 universités et établissements d’enseignement supérieur pour 140.000 étudiants, en majorité des filles.

Une fois le repas pris, nous nous baladons sur la place de la ville : il y a une fête avec du chant et de la danse traditionnelles sur une estrade.

Puis départ vers le marché pour y faire quelques courses : nous achetons des prunes.

Reprise de la voiture pour arriver à notre campement près d’une famille nomade.

Nous arrivons à l’heure de la traite du soir des chèvres. Ceci fait, chaque tétine (les chèvres en ont deux) est enrobée d’un fin ruban de poil de chèvre enduit de merde de chèvre…

Raison : les chevreaux ne peuvent plus retrouver leurs mères (à l’odeur !) et cessent donc de téter…C’est une façon comme une autre d’obtenir un sevrage…

Bien sûr, le lendemain matin, à 5 heures, heure de la traite du matin, chaque pis est soigneusement nettoyé !

Nous montons nos tentes et nous dormons bien cette nuit, sans le vent qui fait claquer la toile…

Mardi 29/07/08. Notre campement.

Béjine a une manière astucieuse de se laver : il a pris une bouteille plastique, l’a coupée en deux en gardant la partie haute, celle du bouchon.

Il remplit la demi bouteille, maintenant à l’envers, et la fixe sur un bâton qu’il a fiché dans le sol : cela lui fait un robinet de plein air !

Les Mongols et la nourriture.

Il est clair qu’il ne faut pas espérer manger de la haute cuisine en Mongolie : la population étant nomade, l’élevage prime sur tout le reste car il est exclu d’avoir un verger ou un simple potager….

Les ingrédients de base sont difficiles à trouver (quand c’est possible !) : pas de légumes (sauf pommes de terre, carottes, oignons, le reste est importé), pas de fruit (ils sont importés de Chine). Par contre, abondance de produits carnés et de laitage sous forme de fromages, de yaourts, de beurre.

Un plat très bon : le buzz, raviolis à base de viande.

Journée de repos : nous nous promenons le long de la rivière que nous traversons à gué à la rencontre des yacks…

Notre déjeuner sera … une chèvre ! Elle sera tuée et dépouillée avec une grande dextérité par Béjine, notre chauffeur (on dirait qu’il a fait ça toute sa vie !).

Phase un : pratiquer une incision au niveau des côtes avec un couteau bien affûté,

Phase deux : pincer l’aorte avec ses doigts,

Phase trois : ficeler le vaisseau,

Phase quatre : enlever panse, tripes, dépouiller, couper…

Phase cinq : prendre une grande casserole, mettre la viande découpée avec eau, sel, aromates, pierres préalablement chauffées…le tout sur un feu de bois…mettre un couvercle, le couvrir d’une grosse pierre et laisser cuire ¾ d’heure environ…

Régaler les oiseaux charognards (buses et autres…) en lançant en l’air les morceaux dont on ne veut pas.

Nous allons donc nous régaler de viande fraîche…je donne deux infimes côtelettes à Régine, histoire qu’elle participe au festin !

Balade le long de la rivière, repos.…

Mercredi 30/07/08. De notre campement à Olgii et Ulaankhus.

Départ à 6 heures 15, adieu à la famille qui nous a accueillis, et cap à l’ouest pour nous rendre sur le lieu idéal d’observation de l’éclipse totale qui doit se produire dans quelques jours…

47_001Nous entrons dans cette partie du territoire Mongol où les Kazakhs, musulmans, sont majoritaires.

A telle enseigne, qu’il va être de plus en plus difficile à notre chauffeur Béjine et à Mougui, d’obtenir des renseignements sur la piste à suivre : les Kazakhs ne parlent pas mongol et les Mongols ne parlent pas kazakh…

En cours de route (de piste devrai je dire…), nous nous arrêtons pour faire une provision d’eau.

Surviennent alors des enfants et leur père…Échange de sourires, distribution de bonbons, et nous sommes invités à franchir le seuil des gers familiales…

La yourte kazakhe est légèrement différente de la yourte Mongole : à l’extérieur, il y a quelques éléments décoratifs cousus sur la toile, à l’intérieur, elle est plus grande, mieux décorée, avec des tapis de couleurs vives qui sont suspendus aux panneaux qui forment l’ossature de la yourte.

En règle générale, elle n’a qu’un pilier et non deux comme la yourte Mongole.

C’est une famille à plusieurs générations qui habite ici : une yourte est occupée par un jeune ménage (elle attend un enfant…), une autre par les grands parents (le grand père a des lunettes, c’est la première fois que je vois une personne âgée avec des lunettes…), une troisième par les parents…

Bien entendu, panneau solaire et télévision…et même, une Volvo, garée sur le côté (ce n’est pas un mirage !).

La famille va nous offrir à manger les produits d’accueil (lait, sucre, fromage…).

Nous reprenons la piste et arrivons à Olgii.

Petite ville de 30.000 habitants, avec un feu rouge (ce qui ne nous empêchera pas d’assister à un sévère accrochage).

Nous allons d’abord au marché (comme ailleurs, il faut payer pour y entrer) : authentique, on peut y faire ses provisions…

Nous passons ensuite visiter le musée : notre visite sera guidée. Au rez-de-chaussée, des animaux empaillés, au premier un bric à brac d’où émergent les héros locaux, le deuxième étage est le plus intéressant : il est consacré aux costumes et aux bijoux kazakhs.

A la sortie, nous longeons deux voitures qui visiblement font des opérations de change puisque, sur le tableau de bord, sont posés de manière bien visible des paquets d’euros et de dollars…

Nous rejoignons notre van (réparé d’une crevaison) et en voiture vers Ulaankhus.

Là, nous dressons nos tentes : la lumière est très belle mais malheureusement un vent violent s’est levé…

Jeudi 31/07/08. Les pétroglyphes de Tsagaan Sala (ou Baga Oigor), Ulaankhus, lac Khar.

Pétroglyphe : signe, motif gravé ou incisé sur la roche (in Petit Larousse 2007).

En chemin, nous longeons un cimetière musulman puis nous arrivons dans ce que l’on peut appeler un village fantôme, avec sa mosquée et son cimetière en plein centre et ses maisons inoccupées de part et d’autre…

Comme nous cherchons notre chemin, nous sommes très contents de croiser dans ce village déserté par ses habitants (nous sommes en été et ces logements servent de repli pendant l’hiver) 4 ouvriers qui remettent en état l’école et le dispensaire.

Notre van souffre : en plus de la crevaison (une de plus !), nous avons une fuite de liquide de frein et pour couronner le tout, nous déplorons la perte du bouchon d’un des deux réservoirs d’essence…

Nous sommes sur le lieu des pétroglyphes : imaginez des kilomètres (15 dit-on sur 500 mètres de large) de signes gravés sur la plupart des roches.

Ces « images » témoignent de la présence de l’homme sur ce territoire à l’ère paléolithique.

Il y en aurait 10.000 ! Ceux que nous avons vus représentent des cerfs, un homme avec arc, des chevaux…véritables compositions narratives.

Il y a visiblement des signes de vandalisme, des « touristes » qui décollent des pierres gravées…

Retour vers Olgii, il est 16 heures…Nous continuons notre piste pour camper prés du lac Khar, lieu choisi pour contempler l’éclipse qui aura lieu demain…

Vendredi 01/08/08. L’éclipse et le départ vers le lac Hurgan.

Lever tardif : 8 heures du matin !

Normalement, si tout se passe bien, le Naadam (mini Naadam) est pour aujourd’hui. Heureusement Marie se renseigne auprès d’un guide Kazakh qui pilote des Américains car ce mini Naadam n’a pas lieu où nous avons planté nos tentes mais à une dizaine de kilomètres d’ici !

Nous aurions pu attendre longtemps le passage de la course des chevaux !

Bref, nous prenons notre van et en route vers le point de rassemblement.

Il y a un peu de monde (des touristes) et notamment des Français.

Nous nous installons tout près de l’arrivée de la course des chevaux : avec des jumelles on voit très bien le nuage de poussière annonciateur du gros de la troupe.

La course se déroule dans la steppe, sur 25 kilomètres environ : une vingtaine de cavaliers (des enfants entre 7 et 12 ans) qui montent à cru, y participent.

Le premier arrivé va gagner 100 dollars…

Le Naadam.

En réalité : eriin gurvan Naadam, c’est à dire les trois jeux des hommes : la course de chevaux, le tir à l’arc, la lutte.

Le Naadam vrai de vrai se déroule les 11,12 et 13 juillet, mais il y a pendant tout l’été des Naadam locaux…

L’atmosphère est à la fête : c’est une sorte de kermesse en plein air où les Mongols se rencontrent, échangent des nouvelles et vendent aux touristes des produits artisanaux.

C’est l’heure du déjeuner : nous revenons en arrière dans un campement Kazakh.

Celui-ci laisse une impression étrange : on a vraiment l’impression de se trouver dans un campement de romanichels !

Curieusement, un policier de faction voudra contrôler nos passeports et, selon ses dires, se mettra en relation par radio avec Ulaanbaatar pour vérifier nos visas…

Là, se poursuivent les épreuves du Naadam : le tir à l’arc (le tireur, vêtu des ses plus beaux atours c’est-à-dire un magnifique deel, placé à 75 mètres environ, vise une balle de feutre sur la vingtaine de balles alignées les unes à côté des autres posées au sol derrière un petit muret de terre), et la lutte Mongole (mais nous ne la verrons pas car nous retournons à notre campement).

Nous attendons patiemment l’éclipse : le soleil a rendez vous avec la lune !

C’est la première fois que j’assiste à une éclipse totale (merci Régine !) et ça en vaut vraiment la peine !

Nous avions pris la précaution de prendre avec nous des lunettes de protection que nous avions achetées à Paris, pour nous mêmes et pour nos équipiers…

Nous reprenons la piste pour nous arrêter près du lac Hurgan.

Samedi 02/08/08. Du lac Hurgan au lac Hoton (ou Khoton), vallée de l’Hovd, Tsengel, nuit au-delà d’Olgii.

Nous sommes prêts très tôt ce matin : il y a eu un fort coup de vent vers les 5 heures accompagné d’un peu de pluie…

C’est la journée des lacs, des torrents, de la verdure dans la vallée…

Nous tombons en panne : une pierre a perforé le radiateur : heureusement, nous sommes proches d’une petite agglomération et comme il y a toujours quelqu’un qui passe par là, notre chauffeur se fait emmener par un motocycliste.

Peu de temps après, il est de retour avec…un tube de colle ! Il bouche soigneusement la tubulure esquintée et nous repartons.

Nous arrivons à Olgii vers 16 heures, nous trouvons un restaurant qui veut bien nous accueillir puis nous nous rendons aux douches publiques.

C’est une affaire qui tourne bien, il y a du monde mais un avec bon taux de rotation.

Dans le bâtiment on trouve également un coiffeur pour dames.

Il n’y a pas de cabines de douches pour femmes ou hommes, c’est selon l’ordre d’arrivée.

La tuyauterie est très fatiguée et il n’est pas facile de régler les débits d’eau chaude et froide, mais c’est quand même bien agréable !

Nous reprenons notre piste pour nous arrêter à la périphérie d’Olgii. Nous choisissons un emplacement pour y planter nos tentes : malheureusement, le vent se lève violemment et la tente de Jean et de Marie que nous étions en train de monter s’envole : les arceaux cassent comme du verre, bref, elle n’est plus utilisable…et nous avons dû courir pour la rattraper !

Nous décidons en conséquence de ne pas monter notre tente et de dormir tous les 4 à la belle étoile, sur nos matelas pneumatiques, à l’abri du van…

Dimanche 03/08/08. Vers le lac Achit, la réserve naturelle de Develin Aral, passage à gué de la Shiver, nuit au bord du lac Khyargas.

Nous arrivons au lac Achit : décevant, car c’est un lac pollué aux bords baveux de mousse blanche et avec mouches et moustiques…

Nous visitons (de l’extérieur, car nous avons renoncé à trouver l’entrée !) la réserve naturelle, dite du diable.

32_002Reprise de la piste, arrêt pour prendre de l’essence, à travers un grillage (on pourrait faire un livre de photos des pompes à essence de Mongolie : ça serait plus poétique qu’il n’y parait au premier abord !).

Nous devons passer à gué la rivière Shiver, passage très difficile : les 2 chauffeurs de 4×4 japonais hésitent à s’y lancer. Un chauffeur franchit la rivière à pied histoire de voir la profondeur, la force du courant et le chemin à suivre…

Puis, ils y vont…et ça passe, sous les applaudissements des automobilistes présents !

C’est notre tour : au ¾ du gué, voilà que Béjine cale ! Mais comme je suis là pour le raconter, chacun peut comprendre que le moteur est heureusement reparti…

Après ces émotions, lessive et déjeuner auprès de la rivière…

Beguine et Mougui en profitent pour se doucher, mais l’eau est trop froide pour nous !

Nous arrivons sur la rive (beaucoup de verre cassé) du lac Khyargas : nous plantons là nos tentes (Jean et Marie utilisent une tente de secours).

Comme il fait chaud et encore jour, nous nous baignons, l’eau est d’une température agréable…

Lundi 04/08/08. Rive du lac Khyargas, Öndörkhangai, Züünkhangai, nuit près d’une bergerie.

Tôt le matin, nous nous rendons sur une colline qui surplombe le lac : il y a là des sources thermales.

C’est assez amusant à voir : imaginez 5 à 6 gouttières en bois, posées légèrement inclinées et desquelles s’écoulent de minces filets d’eau. Attention : chaque gouttière a sa spécificité, l’une soigne les yeux, l’autre, juste à côté les reins, une autre le foie…

Nous reprenons notre piste, nous n’avons plus beaucoup d’essence et cela commence à inquiéter Béjine, notre chauffeur.

Cela ne l’empêchera pas de dépanner d’un demi litre des motocyclistes en panne sèche (ils n’avaient pas l’air très frais !).

Nous finissons par arriver dans une petite ville et par trouver de l’essence !

Nous partons à la recherche des pétroglyphes, proches, en théorie, de Züünkhangai.

Mais d’abord, nous montons nos tentes dans une bergerie, visiblement en service, mais délaissée durant ces mois d’été.

De pétroglyphes, point ! Nous verrons demain matin !

Mardi 05/08/08. De Züünkhandai au lac Telmen, du lac à la rivière Ider, proche de Telmen.

Toujours point de pétroglyphes…C’est l’échec !

Par contre beaucoup de plantes urticantes même à travers les pantalons…

Départ pour l’étape du jour : nous irons même un peu au-delà de ce qui avait été prévu…Le lac Telmen ne nous semble pas présenter un grand intérêt.

Vers 19 heures, le temps passe à la pluie, puis à la pluie et au vent…

La nuit sous la tente va être très pénible car le double toit n’est pas suffisamment étanche, bref, nous nous réveillons mouillés !

Mercredi 06/08/08.En route pour Mörön par Tsagaan Uul. Où l’on dort dans une guest house de Mörön.

C’est donc passablement fatigués et dans la mauvaise humeur que nous entamons cette journée, en nous promettant bien de ne pas dormir ce soir sous la tente !

Beaucoup de piste avant de nous arrêter à Tsagaan Uul vers 14 heures pour y déjeuner.

Nous entrons dans un étrange hôtel-restaurant qui a dû avoir son heure de gloire il y a bien longtemps : c’est une maison tout en bois avec un grand couloir qui dessert des chambres de 4 où habitent des familles ou des travailleurs isolés. Difficile de savoir ce qu’ils font là !

Certains travaillent ici comme saisonniers, d’autres logent ici à titre temporaire en attente d’un bus…

C’est notre guide cuisinière qui va nous préparer le repas aux fourneaux du restaurant…

Nous sommes dans la région des éleveurs de rennes, mais nous n’en verrons pas la queue d’un : il faut dire que les pauvres ont des queues minuscules !

Nous reprenons la piste pour arriver à Mönrön.

Petite ville sans charme particulier mais qui est pour nous importante car nous échapperons à la tente…

Nous allons dormir dans une chambre dortoir d’une « guest house » recommandée par Lonely Planet (c’est écrit en grand sur la porte d’entrée !).

Pour tout dire, je ne saurais la recommander (attention, je ne parle pas des gers installées dans la cour et qui semblent tout à fait confortables, en tous cas pour les Italiens qui y dorment !) : notre chambre collective fait eau (il suffit de placer judicieusement quelques récipients pour avoir de l’eau de pluie…), les lits sont branlants (il a même fallu en rafistoler un…) la lumière blafarde…

Finalement, c’est très cher (5.000 tugriks par personne) pour ce que c’est, mais ça nous évite la tente !

58_002Dans cette chambre prévue pour 5, nous allons faire connaissance d’une jeune femme de 27 ans, Néo-zélandaise mais habitant en Australie, en vadrouille, toute seule, avec sa moto…
Je ne vous dis pas les difficultés pratiques qu’elle a rencontrées : en particulier comment faire ses courses et continuer à jeter un œil sur la moto qui contient tous ses trésors ! Comment réparer (problème de pièces détachées), comment se repérer sur une carte (il y a des cartes spécifiques pour les motards…). Demain matin, son premier geste sera de trouver une paire de gants les siens ayant rendu l’âme……

57_001Elle a décidé de rentrer chez elle le jour où elle n’aura plus d’argent, mais, en principe elle s’est donné une année !

Notre guide, Bagui, est très intriguée (comme tous les Mongols, pensez une femme en moto !)…

Elle en vient à poser des questions fort indiscrètes sur la vie personnelle, en particulier si cette jeune femme veut des enfants…La réponse positive la rassure visiblement mais ce qui va l’inquiéter, c’est que pour autant il ne saurait être question de mariage !

Quand, un peu plus tard, nous expliquerons à Bagui, qu’en France la moitié des enfants naissent hors mariage, elle en perdra le souffle, aura du mal à nous croire, et je pense que c’est pour elle un choc culturel terrible, car, nous répond elle, c’est impossible en Mongolie d’avoir un enfant sans être mariée !

Jeudi 07/08/08. De Mörön au Lac Khösgöl.

La nuit a été tranquille, mais au matin nous découvrons qu’un moineau s’est introduit dans notre chambrée…

Nous partons, après un bref tour dans la ville, voir les stèles d’Uushigiin Uver :

Ce sont de grands blocs de pierre, de 3 à 5 mètres de haut, dressés et sur lesquels sont gravés des rennes (2°siècle avant JC d’après certains, 4° siècle avant JC pour d’autres) et des formes stylisées comme le soleil ou la lune. Pas trop loin des stèles, des tombes probablement en liaison avec l’édification des stèles.

Arrivée au lac Khövsgöl ! La mer de Mongolie ! Ou la perle bleue de la Mongolie ! Et on peut le comprendre : 134 km de long, 39 de large au mieux. 90 rivières s’y jettent ! On estime que ce lac représente à lui seul 2% des réserves d’eau douce du globe ! L’eau est très claire mais froide.

Le lac est surmonté de montagnes boisées de conifères, de pairies où broutent paisiblement vaches, yacks et chevaux: la Suisse, quoi !

Beaucoup de camps de gers pour touristes, mais, franchement, ça va faire du bien de se laver à l’eau chaude et de donner le linge à laver !

Avant d’arriver à notre campement, nous nous arrêtons à Khatgal et là, Bagui insiste lourdement pour nous faire faire un tour en bateau, or il est 16 heures, il fait frais, nous sommes fatigués…Bref, nous remettons au lendemain ce tour en bateau, que nous ferons d’ailleurs à partir de notre ger.

Cela nous fait un bien fou : une douche d’eau chaude, un poêle à bois qui ronfle dans la ger, la recharge des appareils photos grâce à la fée électricité, que du bonheur !

Et en plus, il fait beau !

Vendredi 08/08/08. Une journée au lac.

Une bonne nuit, cette nuit du jeudi au vendredi…Vers les 5 heures 30 du matin, comme il faisait un peu frais sous notre yourte, nous avons allumé notre poêle à bois : comme nous n’avions ni papier ni petit bois (penser à en récolter demain !), nous avons utilisé du papier de toilette et cela a fini par être efficace au bout d’une demi-heure…

Il est vrai que le tirage de ces poêles est exceptionnel (jamais entendu pareils ronflements !) par contre, il faut les recharger toutes les ½ heures car il n’y a aucun dispositif pour régler le tirage.

Il fait beau ce matin et nous décidons de faire un tour en bateau sur le lac pour 25 dollars US à nous quatre, Bagui étant la passagère supplémentaire.

Notre pilote va avoir quelques difficultés à mettre en route son moteur qui tombera en « panne » (rien de grave !) à deux ou trois reprises…L’eau du lac est glaciale.

Une fois rentrées, ces dames (Marie et Régine) vont faire quelques achats de bijoux « home made »…

L’eau du lac est glaciale, mais cela n’empêchera pas Bagui, Mougui et Béjine de se baigner…

Nous déjeunons d’un très bon poisson du lac et pendant ce temps, une pluie torrentielle…

Il était temps que nous rentrions !

La pluie cesse, le ciel se remet au bleu et nous sortons nous balader à pied dans le coin.

De retour, Bagui nous invite à une petite fête : en réalité il y a là un groupe de Coréens qui, la nuit tombée, et avec l’aide des Mongols du camp, vont allumer un grand feu et y cuire des pommes de terre.

Samedi 09/08/08. Du lac Khösgöl au village d’Ikh Uul.

Nous repassons par Mörön et nous en profitons pour faire le plein d’eau (potable…hum … hum !).

C’est très amusant de voir comment ça se passe !

Imaginez une casemate dans laquelle est enfermé un guichetier dont on n’entrevoit que le visage…

Le guichetier, tout en restant dans sa guérite, abaisse un tuyau en caoutchouc retenu par une ficelle et le précieux liquide s’écoule dans votre jerrican….vous payez selon la quantité prélevée et le tour est joué !

Nous passons également au marché pour faire quelques courses (nous nous procurons 4 pommes chinoises pour 1.100 tögrögs).

Puis nous prenons de l’essence et c’est là que Mougui s’aperçoit que les prix ont fortement grimpé…Il essaie de voir s’il ne peut pas nous imputer la hausse…mais nous, nous avons signé un contrat qui ne prévoyait aucune clause de réajustement du prix…bref, la question est enterrée et ne fera plus l’objet de discussion…d’autant que notre voyage tire à sa fin !

Nous arrêtons près d’un ovoo qui sépare deux provinces et nous y déjeunons (il y a une table prévue à cet effet). C’est triste de voir dans quel état sont les environs…verres cassés, dépôts d’objets divers…

Une chevrette cherche de l’ombre, elle est bien seule et a l’air misérable, pour tout dire malade…Un jeune chevrier viendra la chercher et la portera sur son épaule. Nous lui avons donné des bonbons qu’il a mis dans ses poches, mais hélas, ses poches sont trouées et comme le petit Poucet, on pourrait le suivre à la trace ! Pas fou, il s’aperçoit des fuites et retourne les ramasser…

Nous arrivons près du village de Ikh Uul où nous trouvons un bel espace pour camper au bord de la rivière.

Il y a là, tout proche, une famille de nomades qui s’affaire à la construction d’une ger, cadeau des parents du futur marié. Nous allons comme cela voir le travail des matériaux qui servent à la fabrication d’une yourte : le tissu qui fait le toit, les poteaux intérieurs que j’appelle les baleines de parapluie qui sous tendent le toit et qu’on est en train de peindre avec beaucoup d’application en bleu et en orange, les couleurs traditionnelles.

Il faut compter un mois, à plusieurs, pour construire une yourte, 4/5 heures pour la monter…

Le futur marié nous montre avec fierté la moto qu’il a gagnée lors d’une course de chevaux…

Dimanche 10/08/08. D’Ikh Uul à Baybalys, nuit près du volcan Uran Togoo Uul.

Nous passons à proximité des restes d’une forteresse Mandchoue, aux murs de terre, plantée là, dans une immense cuvette.

La campagne est tout à fait différente de ce que nous avons pu voir par ailleurs : elle est cultivée ! 50.000 hectares parait-il dans cette province appelée Bulgan.

Des plantations de pommes de terre, de blé, de légumes…Visiblement on a à faire au grenier de la Mongolie.

L’habitat, lui aussi, est différent : les yourtes laissent la place à des maisonnettes en bois.

Bref, la culture sous entend la sédentarisation.

Nous allons nous arrêter pour pique niquer au bord d’une rivière et là, nous allons rencontrer un couple de Français qui, lui aussi, rentre au pays…Leur guide est francophone (ce qui est très rare en Mongolie), professionnellement, il est réalisateur à la télévision Mongole.

Nous laissons passer un taureau apparemment furibard qui traverse la rivière pour aller retrouver le troupeau.

Nous arrivons à proximité du volcan Uran Togoo Uul où nous montons nos tentes, près d’une ger.

Puis un peu de grimpette sur le volcan (éteint !)…Ça ne fait pas de mal de se dérouiller les jambes ! Marchant sur le bord du cratère, je croise une famille Mongole qui va aussitôt m’offrir de l’airak (le lait de jument fermenté) qu’un petit garçon balade dans une bouteille plastique.

Nous sommes invités à manger le plat national (ou peut s’en faut !) une marmotte ! C’est affreusement gras mais nos trois compères Bagui, Béjine et Mougui se régalent !

Lundi 11/08/08. Des volcans à Bulgan, Orhon, Erdenet et monastère d’Amarbayasgalant.

Avant de reprendre la piste (beau coup plus confortable !), nous faisons à pied le tour de deux autres volcans : les paysages, alors que le jour se lève sont magnifiques !Arrivés à Bulgan, nous demandons à voir les stèles à cervidés de Seeriin Adag : elles dateraient de la fin du néolithique.

Là, Bagui va perdre une de ses tongs Adidas, mais elle ne s’en apercevra qu’une fois arrivée à Erdenet et pensera que ses coéquipiers la lui ont cachée!

Reprise de la piste : nous arrivons à Erdenet où nous cherchons un restaurant ouvert, ce qui est difficile : il fait une chaleur épouvantable !

Erdenet est une grande ville (74.000 habitants, la troisième par importance de Mongolie) dont la relative prospérité est due à l’exploitation d’une mine de cuivre. C’est aussi une ville neuve (1974 !) construite avec l’aide appuyée de l’URSS…D’ailleurs, il y a toujours une importante minorité russe dans la ville.

C’est à partir de cette ville que nous allons retrouver une route alsphatée et donc des moyennes horaires dignes de notre van…

Bagui va contacter par téléphone une de ses parentes, jeune femme avec un jeune enfant et nous allons déjeuner tous ensemble dans un restaurant coréen.

10_002Nous reprenons la route et longeons la fameuse mine dont la visite n’est plus autorisée, pour arriver à notre destination, le monastère d’ Amarbayasgalan, ou, en français, le monastère de la Félicité Tranquille.

Nous plantons nos tentes près d’un ruisseau et Béjine avec Mougui prennent le van pour se rendre à la petite ville qui jouxte le monastère : nous avons un lot de pneus crevés à faire réparer ! Ils sont longs à revenir, la nuit tombe, et Bagui est très inquiète…

Mardi 12/08/08. Visite du monastère, Ulaanbaatar, nuit dans le parc de Terelj.

La nuit fut bonne ! Surtout que c’est la dernière sous la tente !

Visite du monastère (restauré avec l’UNESCO entre 1975/1990) à l’intérieur d’une saleté repoussante ! Les piliers à l’intérieur du temple, outre le fait qu’ils soutiennent le bâtiment, servent également de gouttières….

Ceci étant, ce monastère de style manchou, construit au 18° siècle, a belle allure. Il y a eu jusqu’à 8.000 moines sur les lieux, aujourd’hui ils sont 70.

Nous reprenons notre route : nous déposons à Ulaanbaatar Mougui et ses tentes, passons chez un mécano (toujours un problème de pneu crevé pas réparé !).

Il y a une circulation folle dans cette ville, c’est bien pire qu’à Paris !

Puis nous reprenons notre route pour le parc de Terelj, à 55 kilomètres d’Ulaanbaatar.

Sur la bas côté de la route, à la vue de tous les automobilistes, sont disposées de ci de là, des carcasses de voitures accidentées, histoire de rappeler aux conducteurs ce qui peut toujours arriver en cas d’excès de vitesse !

Arrivée dans notre camp de gers (pour touristes! mais ça fait du bien !). Petit problème : nous ne sommes pas sur la liste et tout est plein !

Ce fût en réalité un faux problème car nous avions bien été enregistrés mais sous une autre entité touristique…

Bonne douche, bon dîner (légèrement occidentalisé), bonne nuit, bon feu dans notre poêle à bois, on ne se refuse rien !

Mercredi 13/08/08. Visite du parc. Retour et nuit à Ulaanbaatar.

Notre visite du parc commence par le rocher en granite dit de la tortue (ça y ressemble !), puis continue par le pont aux singes (pont piétonnier suspendu, très fréquent en Asie) et se termine par la visite du monastère de Gunjiin : il a été refait à neuf il y a peu de temps.

Vient l’heure du déjeuner : très bon !des crudités en entrée (miam miam !), suivies d’une soupe, du plat principal et d’un dessert…Le vin (australien) est apporté après la soupe.

65_002Nous retournons à Ulaanbaatar : nous vivons nos derniers moments en Mongolie !

Toujours plein de circulation !

Des tuyaux calorifugés traversent la ville : ce sont des conduites de chauffage et d’eau.

Nous déposons nos affaires à l’hôtel (toujours ce téléphone chevrotant qu’il me faut couper…), et partons visiter le musée d’Histoire Naturelle : on y voit de spectaculaires dinosaures et aussi une petite salle dédiée au cheval qui aurait pu finir comme les dinosaures, le cheval de Przewalski (du nom d’un officier russe qui a « découvert » l’animal en 1878).

En sortant du musée, nous faisons la connaissance du mari de Bagui (il cumule deux emplois au moins…).

Enfin nous partons faire les grands magasins : les « galeries Lafayette » locales où tout un étage est consacré aux souvenirs pour touristes. Nous achèterons un pot à thé (plus de 50 ans d’âge…) pour 80.000 tögrögs, avec certificat de paiement au cas où on nous demanderait quelque chose à la douane…

Tous les achats étant faits, nous sortons du magasin pour aller boire une bière à la terrasse d’un café (Régine ne résiste pas au plaisir de savourer une glace !).

Sur le chemin du retour, nous nous arrêtons quelques minutes à la gare ferroviaire (histoire de voir à quoi elle ressemble, elle très propre) passons non loin du musée des chemins de fer (mais nous n’avons plus le temps de le visiter, ça sera pour une autre fois !), par contre, Marie et Jean feront une halte à l’église orthodoxe russe.

70_003C’est l’heure du dîner : il nous faut rejoindre le restaurant où nous allons retrouver notre chauffeur Béjine et la directrice opérationnelle de l’agence, sœur du très parisien Munkhe !

Mougui n’est pas là : il est déjà reparti battre la steppe avec des touristes Japonais !

Le dîner qui clôture notre séjour en Mongolie est très sympathique, la clientèle du restaurant est occidentale pour l’essentiel !

Jeudi 14/08/08. Départ d’Ulaanbaatar pour Moscou, Berlin et Paris.

Réveil à 5 heures du matin, Bagui arrive vers les 6 heures avec la voiture qui doit nous emmener à l’aéroport.

Elle est au bord des larmes au moment de nous quitter : nous avons vécu côte à côte pendant 30 jours !

Le passage de la douane se fait sans problème, notre valise où nous avions mis notre pot à thé passe ses contrôles…Comme d’habitude, Régine fait nos derniers achats en tögrögs, histoire de rentrer les poches vides !

L’envol se fait à l’heure, nous atterrissons à Moscou, nous devenons des passagers en transit, nous reprenons notre avion pour atterrir à Berlin. Là, nous essayons de prendre un avion plus tôt que prévu pour Paris, mais le prix du changement est prohibitif !

Nous allons donc tuer le temps entre 12 heures et 18 heures en passant d’une boutique à l’autre (le tour est vite fait !) et d’un café à l’autre !

Nous récupérons nos bagages que nous avions déposés à la consigne vers 17 heures.

Le vol Berlin Paris se fera sans histoire !

A propos : 80,6 kilos au départ de Paris, 76,8 à l’arrivée ! C’est super en trente jours !

Un petit bilan !

6.300 kilomètres dont 4/5 sur pistes…

19 nuits sous la tente, en général près des familles nomades,

5 nuits dans des yourtes, campement pour touristes,

2 nuits d’hôtel à Ulaanbaatar,

1 nuit dans une yourte familiale,

1 nuit dans une maison familiale,

1 nuit dans une guest house.

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