Jean Marie Lambert

Mexique et traversée du Belize ( 2004)

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Le Mexique et la traversée du Belize

du 31/03/2004 au 20/04/2004.

Mercredi 31/03/2004. Départ de Paris pour Mexico (par Iberia).

J’arrive suffisamment en avance avec mon sac à dos de 12,8 kilos (dont 3 guides bien épais), pour pouvoir choisir une place côté porte de secours, non pas que j’ai quelque crainte, mais cela me permettra d’allonger mes jambes au moins jusqu’à Madrid.

Car à Madrid, changement d’avion.

Et c’est assez compliqué d’autant que les hôtesses d’accueil parlent certes l’espagnol, c’est bien le moins, mais pas l’anglais.

Ça m’apprendra à n’avoir pas fini l’Assimil « l’espagnol sans peine » !

Il y a des couloirs à emprunter, un escalier à descendre, un bus à prendre au vol (si je puis dire…), un escalier à monter, la douane, encore elle, et enfin l’attente dans la salle d’embarquement B24.

Heureusement, il y a les boutiques hors taxe : elles vont sûrement avoir la prochaine visite de Régine qui doit me rejoindre à Lima le 20 mai prochain…

L’embarquement se fait à l’heure et le vol jusqu’à Mexico est sans problème.

Du fait du décalage horaire, parti vers les 8 heures du matin de Paris et de Madrid vers les 12 heures 30, je me retrouve à Mexico vers les 16 heures le même jour, c’est magique !

Le passage de la douane est amusant comme tout : la fouille des bagages a pour origine le passager lui-même, car c’est à lui d’appuyer sur une touche d’un poteau de signalisation à 2 couleurs, verte ou rouge !

S’il déclenche le rouge, la fouille va être complète mais si c’est le vert qui s’allume, c’est tout bon, on peut passer !

Bien, j’ai eu le vert !

Plein de taxis à la sortie et je fais attention, car on raconte des histoires horribles au sujet de taxis qui dépouillent leurs passagers.

J’en prends un jaune avec radio téléphone et une bonne tête et j’arrive sans encombre à mon hôtel (celui de l’arrivée est toujours réservé !).

Le ciel est gris, il ne fait ni chaud ni froid.

Mes premières impressions sur les Mexicains ? Ils semblent plutôt petits, gras et basanés (bien sûr, il fallait oser la faire !).

Quelques mots sur le Mexique :

97,5 millions d’habitants (dont 25% d’ascendance indienne), et probablement quelque 20 millions à vivre à Mexico !

2 millions de kilomètres carrés.

40% des Mexicains vivent en-dessous du seuil de pauvreté (c’est-à-dire avec moins de 60 dollars US par mois, essayez un peu pour voir !).

Jeudi 01/04/2004. Mexico, visite de la ville et préparation de la suite du voyage.

L’hôtel est très bien situé, près du centre historique de la ville.

Il est confortable et je dispose dans la salle de bain d’un robinet d’eau purifiée.

Première balade dans des rues très propres, vu un écriteau à l’entrée d’un café qui proscrit celle-ci aux mineurs, aux femmes et aux mendiants…Les féministes apprécieront !

L’animation ne commence véritablement qu’à partir de 9 heures du matin et dure jusqu’à 10 heures du soir.

me3Je visite comme il se doit tout ce qu’un touriste digne de ce nom doit visiter : le Zocalo qui est la place principale avec la Cathédrale, le palais de la Nation ou du Président, la Cour de Justice…, le Templo Mayor et son musée.

Après avoir déjeuné mexicanement, c’est-à-dire comme tout un chacun, (65 pesos, soit 4,55euros ou 5,67dollars US), je poursuis ma visite : la Plaza Santo Domingo et son église, les écrivains publics avec leurs machines à écrire, les imprimeurs à façon…Puis, le Palacio de Iturbe qui expose les œuvres achetées par la Banamex, le musée Franz Meyer où les gardiens sont absolument charmants et prévenants, souriants et d’une grande politesse, caractéristiques d’ailleurs communes à tous les gardiens de musée que j’ai pu croiser..

En fin d’après midi, je vais acheter mes billets d’autobus pour la suite de mon voyage. La vendeuse, très sympa, ne parle pas l’anglais et moi, je ne parle pas l’espagnol, mais nous arrivons à nous entendre ! Tout passe avec le sourire et un crayon quand même !

me5La police circule en buggy ! Les policiers sont tous munis de gilet pare balle, de même que les services de sécurité privée.

Les chanteurs de rue sont en uniforme, ils se déplacent à deux, l’un joue d’un limonaire pendant que l’autre quête.

Il y a quelques tricycles qui transportent des passagers.

Un coca : 7 pesos ou 0,61 dollar. Une entrée de musée : 30 pesos ou 2,61 dollars.

Un déjeuner ou un dîner : 65 pesos ou 5,67 dollars.

Vendredi 02/04/2004. Mexico.

Cette matinée est dévolue à la visite du musée ethnographique. Pour ça, il faut prendre le métro, vraiment très bien fait. Qu’on en juge !

me4A l’intérieur, le nom de chaque station est inscrit en braille à hauteur d’homme sur un panneau.

Dans les rames, le parcours est également figuré en pictogramme (un cavalier, une église, une tête de femme… est accolé au nom de la station), si bien qu’un analphabète sait à quelle station descendre car, bien entendu, ce même pictogramme se retrouve sur les quais.

Enfin, au moment de la presse, deux wagons sont réservés aux femmes et aux enfants de moins de 12 ans.

Un ticket de métro : 2 pesos ou 0,17 dollar ou 0,14 euros. S’achète uniquement à l’unité.

Les bagages sont interdits et à chaque tourniquet, il faut mettre son billet sous le regard d’un homme du métro, donc, pas de fraudeur ! Pas de siége à l’intérieur des stations, pas de quêteurs dans les rames, mais de la vente ambulante.

J’arrive à l’ouverture du musée d’Anthropologie.

Magnifique musée sur le plan architectural comme sur le plan du contenu. Beaucoup de scolaires en uniforme.

Sur tous les lieux touristiques on peut voir 4 à 5 Indiens encostumés qui se jettent, retenus par un élastique, du haut d’un mât d’une quarantaine de mètres et font ainsi des figures.

Visite du musée d’art moderne qui est à proximité du musée d’Anthropologie et retour à l’hôtel par des trottoirs maintenant encombrés comme pas possible, par des vendeurs de bricoles diverses et variées, sorte de farfouille à ciel ouvert.

Je ressors à nouveau et sur le coup de 18 heures sur le Zocalo, les militaires affalent les couleurs. C’est une véritable cérémonie, avec fanfare. Le drapeau est immense, il y a un peu de vent et il ne doit pas toucher le sol, exercice difficile !

Dîner mexicain, toujours à 65 pesos : c’est assez gras et à base de crêpe de maïs fourrée de tout et de n’importe quoi !

Samedi 03/04/2004. Aller et retour Mexico Taxco en bus.

Je prends le métro pour me rendre au terminus des bus (terminal Sur), 2 heures de route pour 170 kilomètres, avec la Cie Futura.

Prendre son billet exige bien sûr de trouver le guichet de la compagnie, de donner son nom et l’heure de départ souhaitée. Tout ça est traité par informatique. Compte tenu de mes faibles connaissances en espagnol, je rédige toujours un bout de papier que je tends à la vendeuse de tickets et tout s’est toujours bien passé.

Les bus sont impeccables, très confortables mais avec deux inconvénients : le circuit vidéo, qui sert à la diffusion de films débiles et violents pendant tout les trajets (films US ou Chinois, sous-titrés en Espagnol), et la climatisation excessive, si bien qu’on se pèle de froid à l’intérieur alors que sur le trottoir les gens circulent en bras de chemise !

Les bus sont tous munis de crucifix, de chapelets et d’images saintes…

On monte dans le bus après une fouille débonnaire et une hôtesse donne à chaque passager une petite bouteille d’eau et un en-cas !

Ceci ne m’empêchera pas de me tromper de bus, mais, heureusement, la place numérotée que je devais occuper est déjà prise par une charmante jeune femme qui me fait comprendre mon erreur.

Le départ se fait à l’heure dite (8 heures 30) et le trajet est sans histoire et sans étranger, sauf moi, jusqu’à Taxco.

Sur place, mon premier souci est de prendre mon billet de retour.

La ville est à flanc de montagne qu’elle escalade : les rues sont donc très pentues et très étroites. Ce n’est pas une ville pour personnes âgées !

Il fait très beau et très chaud, mais il y a beaucoup d’air et plein d’oiseaux qui chantent. Je monte au Zocalo en prenant un taxi collectif…bien serré !

L’église baroque est superbe mais le flash est interdit…Elle donne sur une petite place avec un kiosque à musique. L’atmosphère est bon enfant d’autant qu’un mariage se prépare.

Dans les petits musés que je visite, le gardien, à l’entrée, me fait remplir un cahier sur lequel on porte son nom, sa nationalité et sa ville de résidence.

Je déjeune au « Paco », très cher pour le pays, mais en face de l’église. Des Indiennes sont assises sur les marches du parvis et tressent des joncs : entre autres des Christ en croix, et les enfants les vendent.

Nous sommes samedi et c’est jour de marché : des pêches, des ananas, des mangues, des pommes, de délicieux avocats, d’énormes radis roses et des fruits inconnus…Des poteries de toutes formes et de toutes couleurs.

En fin d’après-midi, je reprends le bus pour Mexico et le retour se fait sans problème.

Mais la première fois que j’ai croisé un camion rempli jusqu’à la gueule d’oranges et sur lesquelles étaient installés vaille que vaille deux ouvriers agricoles, je n’ai pu m’empêcher de penser au roman de Steinbeck, les raisins de la colère.

Aller et retour Mexico Taxco (160 kilomètres) : 50 pesos ou 4,37 dollars ou 3,50 euros.

Dimanche 04/04/2004. Visite du site de Teotihuacan et retour à Mexico en bus.

J’ai décidé de partir tôt mais je suis tributaire du métro et le dimanche, l’ouverture des lignes ne se fait qu’à 7 heures du matin.

Comme je pressens qu’il est trop tôt pour prendre mon petit déjeuner à l’hôtel, je sors le prendre dans la rue. Il y a là justement une vendeuse avec un gros faitout dont elle soulève le couvercle devant chaque acheteur. C’est mon tour : il s’agit d’épis de maïs, lequel est réduit en purée mais emballé dans des feuille de maïs et mixé avec un peu d’épices. C’est brûlant et délicieux. J’en ai pour 5 pesos !

Je prends le métro et j’opère un changement à la station La Roza. De très longs couloirs de correspondance avec des photos représentant d’un coté des embryons humains à divers stades de leur évolution et de l’autre coté des animaux…A un certain endroit l’obscurité se fait, et je passe sous une voûte céleste représentative du système solaire.

J’arrive au terminal Norte, gigantesque, un Roissy en quelque sorte…

En plein milieu, trône une vierge immense posée à même le sol et enfermée dans une cage de verre.

Je trouve le guichet où prendre le bus (25 pesos) et je m’installe à une place.

Visite du site, pas grand monde au début, mais quand j’en ai terminé, une foule de gens et des parkings pleins.

Il me faut retrouver un bus pour rentrer à Mexico et je me renseigne auprès d’une jeune femme de l’office de tourisme : elle est si charmante qu’elle va quasiment me mettre dans le bus. Les Mexicaines sont décidément très aimables.

Nous sommes dimanche, il est 16 heures 30, mais les magasins sont tous ouverts et les trottoirs encombrés comme les autres jours par d’innombrable vendeurs !

Dans les rues, des jeunes gens agitent des petits drapeaux rouges qui signalent qu’une place de parking est disponible. Chaque mètre carré disponible (par exemple, quand un immeuble est démoli) devient un parking !

Les petites filles qui vendent des babioles dans les cafés et les restaurants sont bien chaussées et correctement habillées, rien à voir avec la pauvreté de l’Asie du Sud Est ou Madagascar.

Lundi 05/04/2004. Un départ en bus mouvementé pour Papantla.

Comme il est impossible de se rendre au terminal de bus El Norte avec un sac à dos par le métro, je prends un taxi, celui de l’hôtel. J’ai une bonne demie heure d’avance avant le départ du bus et tout me semble bien aller.

Je passe les divers contrôles de bagages avant de me rendre sur le quai d’où doit partir mon bus.

Mais de bus, point !

Cela me parait invraisemblable car, à supposer qu’il puisse partir en avance, il ne saurait le faire que s’il est complet or, je n’étais point dedans !

J’avise un employé de la Cie Ado (c’est par elle que je dois arriver à Papantla) et dans un fort mauvais anglais mais avec beaucoup de mimiques, il me fait comprendre en me montrant

l’horloge du quai, que je ne suis pas à la bonne heure ! En effet, d’après cette horloge, le bus est parti depuis une demie heure !

En fait, entre ma montre et l’heure officielle il y a une différence d’une heure !

L’explication est toute simple : le Mexique est passé en heure d’été dans la nuit de samedi à dimanche dernier !

Voilà ce que c’est d’être un voyageur individuel : personne ne m’a rien dit !

Sur le moment, assis dans le grand hall du terminal, j’avoue avoir eu quelque découragement.

Pas un étranger en vue, personne parlant anglais !

Me voici donc à ne savoir que faire, avec mon barda, seul, ne parlant pas espagnol et peu désireux de rentrer en ville.

Au bout de 5 minutes, je reprends du poil de la bête, et muni de mon dictionnaire de poche, j’élabore quelques phrases en espagnol que je mets sur papier, puis je me dirige vers les guichets de la Cie Ado. Je dois faire la queue car il y a beaucoup de monde. J’arrive enfin à hauteur du guichet et je tente d’expliquer mon cas. Je montre mon billet pour Papantla, ma montre, et je désigne la grande coupable, l’horloge du hall !

Je crois d’une manière générale que dans la vie, tout ce qui vous arrive est déjà arrivé à d’autres, et arrivera encore à des milliers d’autres et donc, qu’il y a toujours une solution !

La vendeuse de ticket, jolie fille au demeurant, mais qui ne parle que la langue de Cervantès comprend mon problème, interroge son ordinateur mais l’air désolé me dit qu’il n’y a plus de place pour les autres bus à destination de Papantla. Par contre, demain !

Je n’ai aucune envie d’attendre demain.

Elle me propose alors de partir pour Poza Rica à 15 heures.

J’avais lu quelque chose sur Poza Rica, ville relativement proche de Papantla mais selon le Lonely Planet, ville dans laquelle il ne fait pas bon s’attarder…

Je prends quand même mon billet pour Poza Rica et je vais me rasseoir, il est midi, heure nouvelle, et le départ est à 15 heures.

Une fois assis, plus calme, je me dis qu’après tout, la Cie Ado dessert peut être Papantla à partir de Poza Rica…

Il me reste à retourner au guichet, à refaire la queue, à m’apercevoir que le client juste avant moi est servi par ma gracieuse guichetière, mais qu’elle cède sous mon nez place et caisse à un collègue masculin !

Je raconte alors à nouveau mon histoire : il comprend très vite le problème et me confirme qu’il y a bien un bus entre Poza Rica et Papantla. Je réserve donc une place sur le dernier départ ce qui me ferait théoriquement arriver à 21 heures 15 à Papantla au lieu de 15 heures selon le schéma d’origine ! En espérant que mon bus Mexico Poza Rica sera bien à l’heure !

Je me rassois, rasséréné, je n’ai plus qu’à déjeuner d’un sandwich et à attendre le départ de 15 heures.

Sur le coup de 14 heures 30, je cherche mon bus sur le quai, mais aucun n’affiche Poza Rica. Normal, car ce sont seulement les terminus qui sont affichés et si mon bus s’arrête à Poza Rica, il va jusqu’à Tuxpan, sa destination finale.

Enfin, je finis par m’y retrouver !

Le bus est tout à fait moderne : sont affichées sur un écran les données suivantes : la température intérieure (15 16 degrés, dehors il fait un bon 25 ! On ne voyage pas sans sa polaire et son écharpe), l’heure, la vitesse limite du bus (95 kilomètres heure, dès que ce seuil est franchi, et il le sera une fois, un bip retentit dans le bus !). Il y a bien sûr l’inévitable circuit vidéo avec, en prime, la cassette de musique locale !

Mais tout va bien se passer et nous arrivons à l’heure à Poza Rica, ce qui me permet de prendre le bus à temps pour Papantla (après avoir montré patte blanche, c’est-à-dire mon passeport comme tout un chacun), où je fais une entrée bien méritée sur le coup de 21 heures 30.

Il me reste à prendre un taxi (à cette heure, il fait nuit noire) pour trouver un hôtel. Finalement, celui que j’avais repéré fait l’affaire.

Je prends une chambre pour une nuit, le tout en espagnol. Les gens me comprennent mais rient beaucoup !

06/04/2004. Visite du site El Tajin et départ pour Vera Cruz en bus.

En principe, pour visiter le site d’El Tajin, je dois trouver Calle de 16 Septembre, des combis blancs Volkswagen. Je trouve bien la rue, mais pas les combis!

J’arrête alors un bus, destination Poza Rica (on n’échappe pas à son destin) mais avec un arrêt à Las Ruinas.

Le site est une splendeur et carrément émouvant. Personne ou presque, juste un couple de Mexicains avec leur fille d’une douzaine d’années et un caniche aux oreilles enrubannées.

Monsieur lit à haute voix les commentaires inscrits sur les plaques de signalisation pour toute sa petite famille, des fois qu’elle ne saurait pas lire !

Une fois rentré à Papantla, je prends mon déjeuner (50 pesos, nous sommes en province !) au premier étage d’un restaurant. Je domine ainsi le Zocalo et j’observe les hommes, tout de blanc vêtus, en pantalon bouffant, chapeautés d’une espèce de panama, et tous munis d’un sac à main fait de jonc tressé.

Je rentre à l’hôtel pour récupérer mes affaires que j’avais laissées sous bonne garde à l’accueil et je me rends à pied cette fois, au terminus des bus Ado.

Le bus pour Vera Cruz (4 heures de route) embarque ses passagers dont moi, et un gros carton frappé du sigle « Larousse ».

Un déjeuner en province : 50 pesos.

Nous allons longer la côte jusqu’à Vera Cruz.

Mon voisin, vers les 18 heures se met à ronfler abominablement !

L’ambiance de Vera Cruz est vraiment spéciale : on a réellement l’impression d’une ambiance méridionale !

Beaucoup de groupes de musiciens, les gens dansent sur les places, il est minuit que ce n’est pas encore fini !

Je séjourne à l’hôtel Oriente, plutôt cher par rapport à Mexico, mais enfin nous sommes au bord de la mer.

Mercredi 07/04/2004. Vera Cruz.

La ville vibre donc jusqu’à minuit passé, et les travaux commencent à 7 heures !

Il fait chaud mais le ciel est couvert.

Je vais prendre mon café dans un bistro du port.

Dans les cafés, et il paraît que c’est typique de Vera Cruz, quand le verre de café au lait est vide, on frappe dessus avec la petite cuillère et aussitôt arrive un garçon avec deux bouilloires, une remplie de café, l’autre de lait et le garçon a pour charge de remplir à nouveau le verre, gratuitement! Inutile de dire qu’il règne un sympathique tintamarre !

Un fond de café est versé dans le verre et il est complété par du lait versé en hauteur à la manière des Berbères !

Office du mercredi saint à la Cathédrale : il est 10 heures du matin, l’église est bourrée de monde, beaucoup de gens debout, l’évêque avec sa crosse, sa mitre, officie. Pas d’orgue mais des guitares et des percussions.

Je passe chez un marchand de glaces : il faut d’abord payer à la caisse et donc avoir choisi sa formule, en pot ou en boule et quelle quantité et combien de boules : compliqué pour un non hispanisant !

Une petite glace : 17 pesos ou 1,48 dollar.

Beaucoup de téléphones portables accrochés au ceinturon, ils ont dû remplacer les pistolets.

Manifestation pacifique sur le Zocalo, TV Aztèque est là, ainsi que deux ou trois radios.

Ce soir, manifestation folklorique sur une estrade montée sur le Zocalo.

Jeudi 08/04/2004. Vera Cruz Oaxaca en bus.

J’arrive au terminal de bus à 7 heures du matin pour un départ à 8 heures et 6 heures 30 de route.

Le trajet s’effectue sans encombre, toujours avec des films débiles et une climatisation réfrigérante !

Arrivé à Oaxaca, je me rends par taxi (le chauffeur me parle de de Gaulle!) à mon hôtel réservé (contrairement à mon habitude !) car je sais que la ville est envahie par les Mexicains traditionnellement en congé pendant la semaine sainte. J’ai, du reste, bien fait car l’hôtel va afficher complet.

oa4Je prends au kiosque de renseignements touristiques le plan des manifestations d’aujourd’hui et du vendredi saint : la procession commence sur le coup de 21 heures aujourd’hui et à 18 heures demain.

Les gamins ont tous à la main une tige de bois au bout de laquelle il y a des figurines en papier crépon montées sur un cercle, le tout avec des pétards.

En réalité, la procession va s’ébranler vers les 21 heures 30, donc à la nuit. En tête un oriflamme suivi de pénitents habillés façon Ku Klux Klan mais en violet, puis des porteurs de torches, ensuite un tambour et le Christ porté par des scouts, ensuite une fanfare et les processionnaires.

Vendredi 09/04/2004. Visite du site de Monte Alban et retour à Oaxaca.

moa1Le bus est un bus aller-retour, c’est-à-dire qu’il faut prendre le billet retour en même temps que l’aller. J’ai ainsi un départ à 9 heures pour un retour à 11 heures 30.

Sur le site il y a beaucoup de touristes mexicains et étrangers, dont des Français au visage pâle : ils doivent tout juste arriver!

Au retour, je visite le marché, le musée de la ville.

Arrive l’heure du défilé : il y a entre autres, des soldats romains (Mexicains déguisés, bien replets sous leurs uniformes de carton pâte !).

La foule est immense, le vent rend difficile le port des bannières.

Samedi 10/04/2004. Oaxaca Coixtlahuaca Oaxaca.

Me voici à la gare routière de 2° classe pour prendre le bus. En fait, il va jusqu’à Mexico.

C’est un bus toute sécurité puisqu’il y a la photo de la Vierge et un crucifix. L’avantage d’un bus 2° classe, c’est qu’il n’y a pas de circuit vidéo.

Lorsque le bus est complet, il y a encore de la place, car le chauffeur dispose de seaux en plastiques qu’il renverse et qui font office de tabouret.

A un moment donné, nous sommes arrêtés pour un contrôle inopiné d’ordre médical : le chauffeur descend de son véhicule et a droit à une prise de tension, un contrôle d’alcoolémie, un examen de la vue…Le médecin est sous une tente de toile.

2 heures après le départ, le chauffeur va me laisser sur la route en m’indiquant que le village est là bas à droite à 3 kilomètres.

Il fait très chaud, j’en ai pour une heure. Heureusement, je suis doublé par une voiture qui s’avère être un taxi conduit par une femme et elle m’embarque moyennant finance, bien sûr.

Je visite l’église, c’était le but de ma sortie et je me renseigne pour le retour. Apparemment, les bus n’ont pas d’horaire fixe et on me conseille de prendre un taxi pour me rendre à quelques dizaines de kilomètres d’ici, où je trouverai sans problème un moyen de transport pour Oaxaca.

C’est l’option que je choisis et comme j’arrive très en avance sur le passage du bus, je prends le parti de déjeuner sur la route.

Comme le bus tarde beaucoup, je me décide à stopper un combi blanc, sorte de taxi collectif, qui va me ramener à Oaxaca. Je ne paye que 40 pesos alors que le bus, beaucoup moins rapide et beaucoup moins confortable m’avait coûté 61 pesos.

Dimanche 11/04/2004. Oaxaca Villahermosa par avion.

vi1C’était l’avion ou 12 heures de bus…alors j’ai craqué pour l’avion. En fait, le trajet est assez débile car je retourne à Mexico pour ensuite repartir de l’avant vers Villahermosa.

Arrivé sur place, je pars sans attendre visiter la seule chose à visiter dans cette ville sans grâce : le Parque Museo la Venta. Il y a là un parc zoologique mais surtout quantité de statues olmèques absolument fascinantes.

La chaleur est éprouvante, d’ailleurs tous les chauffeurs de taxi ont sur leur tableau de bord un carré de tissu éponge pour s’essuyer le visage

Je cherche à faire du change : mais le bureau de change où je me rends refuse les billets de 100 dollars.

Je me fais un dîner dans la chambre pour 13 pesos !

Lundi 12/04/2004. Villahermosa Palenque par bus.

Pa1Le bus que je dois prendre est un bus « el paso » c’est à dire de passage : il vient de quelque part et prend quelques passagers à Villahermosa. Il est en retard de près d’une demie heure.

Le trajet est court : 2 heures 30, si bien qu’arrivé à Palenque et une fois déposé mon sac à dos, je repars visiter les ruines de Palenque.

Les femmes indiennes portent leur enfant attaché dans le dos dans un morceau de tissu comme les femmes africaines, mais l’enfant est mis sur le côté et non à califourchon.

Mardi 13/04/2004. Visite des sites d’Yaxchilan et de Bonampak.

Il pleut ce matin (il est 6 heures et j’attends le mini bus) ! C’est bien la première fois et ce sera d’ailleurs la seule, au moins dans la journée !

Si bien que je serai de retour à Palenque vers 19 heures 30 dans un état indescriptible, obligé d’acheter un journal local (j’ai choisi le plus épais pour 10 pesos) pour en fourrer mes chaussures qui mettrons 48 heures à sécher !

Dans notre minibus, des touristes : un ménage mexicain et leur fille, très certainement aisé car logeant dans un « Best Western ». Ils ont fait un séjour en Europe il y a peu : 1 mois, pour visiter : Londres, Amsterdam, Bruges, Munich, Paris et Versailles, Zurich, Venise, Rome, Florence, Milan, Marseille, Barcelone et enfin Madrid ! Ouf ! Les déplacements internes se sont faits par le train exclusivement. Ils sont très surpris que je me refuse à aller à Cancun.

Deux Françaises dont l’une de 25 ans, juriste de formation, donne des cours à l’université de San Cristobal et fait des traductions en free lance.

L’autre est aussi enseignante mais au lycée français de Mexico.

Nous sommes 13 touristes pour faire les visites, dont des Mexicains et un Norvégien (en réalité, un Colombien qui a été adopté par une famille norvégienne).

Pour visiter le site de Yaxchilan, il faut prendre un bateau à moteur qui remonte le fleuve Usumacinta pendant une demi heure : je me suis cru en train de remonter le Mékong au Laos ! Mais tout cela va se faire sous une pluie tropicale battante ! Autant dire que la visite en sera très affectée.

Par contre, la visite du site de Bonampak se fera sans pluie. Site plus modeste que le précédent, mais tout de même très intéressant.

Mercredi 14/04/2004. Palenque Mérida par bus.

Le départ a lieu à 8 heures et j’en ai pour à peu près 8 heures de route.

La région de Mérida (péninsule du Yucatan) est nettement plus pauvre que celles que j’ai visitées jusqu’ici. Les habitations sont sommaires, les toits en chaume, les bas côtés de la route sont jonchés de débris plastiques.

J’arrive à Mérida et au premier abord la ville me paraît très agréable. Les rues n’ont pas de nom, mais seulement des numéros.

L’hôtel est sympa, calme, mais un peu loin du centre.

Je me balade dans la ville pour un premier contact. Il y a une manifestation sur le Zocalo, et j’apprends que les travailleurs ne céderont pas.

Au centre de la place, la police abaisse les couleurs.

Jeudi 15/04/2004. Une journée à Mérida.

Je réserve pour visiter les sites d’Uxmal et de Kabah pour demain et de Chichen Itza pour le sur lendemain.

Ce qui est très agréable, ce sont les places ombragées avec bancs et siéges en vis-à-vis, les églises sont ouvertes et fraîches. L’atmosphère est douce et nonchalante.

Les Indiens sont laveurs de carreaux.

Il n’est pas rare que les gens se signent en passant devant une église.

Je visite le musée des arts et traditions populaires.

Sur le Zocalo, j’assiste à la vente par un marchand ambulant, d’un hamac. Une demie heure de discussion, mais il a fini par gagner l’affaire sur la base de 200 pesos.

Il y a dans cette ville un consulat d’Autriche ( !), des Pays Bas ( !), de Belgique, de Cuba, du Belize, des États-unis, d’Espagne (bien sûr) et de France.

Le soir, il y a sur les places des concerts gratuits : j’assiste à l’un d’entre eux axé sur la musique et la poésie romantique. Il y a un conteur de poèmes, un chanteur très guimauve, un ballet folklorique, un groupe de 5 musiciens.

J’achète une glace à un vendeur ambulant pour 10 pesos et je rentre me coucher.

Mon réveil de voyage commence à prendre du retard !

Vendredi 16/04/2004. Visite d’Uxmal et de Kabah.

Le départ de l’hôtel à lieu à 9 heures en théorie. En fait, il s’agit d’un ramassage non pas scolaire, mais d’un ramassage de touristes : le minibus fait le tour des hôtels où l’attendent des clients et les premiers à embarquer le font à 9 heures, les derniers plus tard, si bien que j’embarque sous le coup de 9 heures et demie.

Nous serons 5 dans notre combi : 1 Mexicaine, 2 Allemands et 2 Français.

La Française, de 35 ans environ, a pris une année de congé sabbatique, car comme elle me le dit, elle n’a pas de mari, pas d’enfant. Elle a vendu son appartement à Paris pour financer son voyage et est partie pour un tour du monde. Elle loge principalement dans des auberges de jeunesse. Elle travaillait dans une entreprise de vente à l’exportation de pains français surgelés, il paraît que ça marche très fort !

La journée promet d’être chaude.

C’est amusant de savoir qu’elle a payé son excursion 290 pesos alors que moi, j’ai payé 330 pesos pour un prix de vente en agence de 400 à 410 pesos ! Je pense que le prix varie en fonction de la catégorie de l’hôtel dans lequel on séjourne.

Sites très intéressants.

Samedi 17/04/2004. Chichen Itza.

Pas trop de monde sur le site, quelques groupes de touristes américains.

Mes compagnons de route seront Italiens, Japonais (il a beaucoup de problème, ce jeune de 25 ans, avec le déchiffrage de l’alphabet latin) et Mexicains.

Retour après la visite du site.

Je suis sur le Zocalo, il est 18 heures et il fait soleil. Aujourd’hui, la descente des couleurs se fait sans tambour ni trompette : peut être parce que nous sommes samedi.

Dimanche 18/04/2004. Mérida Tulum par bus.

Après 4 heures de route, arrivée à Tulum, petite ville située en bord de mer et proche de Cancun.

Une fois débarqué, je prends aussitôt mon billet pour le lendemain, direction Chetumal.

tulu1L’hôtel, tenu par un Italien, est agréable mais assez cher (400 pesos), il est vrai que je suis dans les environs de Cancun, une des zones les plus touristiques du Mexique.

Je pars aussitôt en taxi visiter les ruines de Tulum. Il me dépose à l’entrée du site qui est assez éloignée du site lui-même, si bien qu’il y a un petit train qui amène moyennant finance sur le site lui-même.

Rien qu’à l’idée qu’il puisse y avoir pour accéder au site un petit train façon Montmartre, indique bien par qui sont fréquentées ces ruines !

Effectivement, il y a des flopées d’Américains obèses en tenue de plage, venus de Cancun avec leur bracelet d’hôtel en plastique coloré.

Le site vaut surtout par sa situation géographique en bordure de mer, car les ruines ont été sérieusement rebâties.

Lundi 19/04/2004. Tulum Chetumal par bus.

4 heures de bus pour ce qui va être ma dernière étape au Mexique puisque de Chetumal, je vais passer au Guatemala.

Je compte passer deux jours sur place car il y a un musée très intéressant à voir à Chetumal et les musées sont fermés le lundi.

En fait, la ville est si peu intéressante et je suis si découragé par mon hôtel sans eau chaude (le Cristal) et aux allures de pénitencier, que je décide de partir dès mardi matin pour le Guatemala, sans voir ledit musée.

Je ne peux pas prendre mon billet de bus pour Flores comme je le fais d’habitude, les billets n’étant vendus que le jour-même. Le départ à lieu à 6 heures du matin.
Je suis un peu inquiet, car je ne sais pas s’il y a du monde au non en partance vers le Guatemala : autrement dit, y aura-t-il de la place ?

Toujours est il que je me fais réveiller à 5 heures du matin par l’hôtel.

Mardi 20/04/2004. Du Mexique au Guatemala : de Chetumal à Flores par bus en traversant le Belize.

J’ai un taxi appelé par téléphone de l’hôtel, je le paierai 15 pesos pour le trajet parce que c’est un taxi radio téléphone (c’est 10 pour un taxi normal !), j’ai 250 pesos de billet de bus pour Flores, il est 5 heures 30 et je suis dans la salle d’embarquement. En fait, il n’y a personne : nous sommes 7 en tout, dont 2 locaux !

Le bus part bien à 6 heures, il n’est pas terrible, un peu déglingué de l’intérieur, on voit bien que l’on quitte le Mexique ! Avantage : il n’a pas de circuit vidéo !

A 6 heures 30 nous passons la frontière mexicaine, nous sommes au Belize.

Curieux pays que le Belize (ex Honduras Britannique de 1862 à 1981, année de l’indépendance), ex partie prenante du Guatemala, parcelle de territoire vendue (de 23.000 kilomètres carrés) par un président guatémaltèque aux Anglais, du temps de la reine Victoria contre argent comptant et promesse, jamais tenue, de construire une route entre la capitale du Guatemala et celle du Honduras Britannique. Ce n’est qu’en 1992 que le Guatemala a renoncé à ses prétentions territoriales sur le Belize.

250.000 habitants qui parlent l’Anglais, langue officielle !

Quand on traverse le pays, on est frappé de ce que l’on voit du bus, à savoir que tout est anglais, sauf la conduite qui reste à droite : beaucoup de rues portent le nom de la reine Victoria, les enseignes des magasins sont en anglais, les distances sont exprimées en miles. La population est noire à 10%, 44% sont d’origine maya espagnole. Il doit y avoir également des Asiatiques, car certaines boutiques vendent visiblement des produits d’Asie.

Autre curiosité : de l’autobus, je vois des peaux blanches avec chapeaux de paille et chemise à carreaux véhiculés dans des charrettes tirées par des chevaux. Ce sont des mennonites, d’origine allemande. Ils seraient environ 5.000 à vivre au Belize. Ils font irrésistiblement penser aux Amish.

Dans le bus, il y a deux Françaises, l’une est originaire de Marseille, l’autre d’Aix en Provence. Jusque là, rien d’extraordinaire, sauf qu’elles travaillent toutes les deux comme enseignantes à Saint Pierre et Miquelon ! C’est bien la première fois que je rencontre des représentantes de cette île! Saint Pierre et Miquelon, 240 kilomètres carrés, un peu plus de 6.000 habitants et pas grand-chose à faire car depuis peu, les Canadiens ont repris à leur profit les droits de pêche qui étaient la seule ressource de l’île.

Si bien que l’île vit aux crochets de la métropole.

Ils sont si peu nombreux qu’il y a beaucoup de consanguinité avec les résultats que l’on connaît et beaucoup d’alcoolisme, car l’alcool est détaxée et les gens s’ennuient à mourir.

Le bus va faire un bref arrêt à Belize City qui n’est point la capitale (c’est Belmopan), et nous passerons la frontière vers le Guatemala à Benque Viejo.

J’apprendrai plus tard par une Française rousse et délicieuse, que les gens sont trop pauvres pour avoir une montre et que le soleil leur donne l’heure somme toute gratuitement. Le gouvernement du Belize a bien essayé de faire adopter l’heure d’été, mais comme tout le monde a continué comme si de rien n’était, il y a renoncé après la deuxième tentative !

Et là, mauvaise surprise : il faut payer un droit de sortie en monnaie locale (le dollar Belize, mais on accepte aussi le dollar US) d’un montant tout à fait exorbitant puisque de 15 dollars US, à rapprocher des 250 pesos ou 22 dollars US pour le trajet en bus !

A suivre…au Guatemala !

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