Jean Marie Lambert

Laos (2002)

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VOYAGE AU LAOS
Du 14/11/2002 au 22/11/2002.

 

Jeudi 14/11/2002 du Vietnam au Laos : départ d’Hanoi pour Vientiane.

Vol sans histoire par la Thaï. Nous nous installons dans la guest house qui nous semble assez éloignée du centre et nous avons beaucoup de mal à nous y retrouver dans Vientiane (140.000 habitants), il y fait très chaud, les cartes sont très approximatives…l’alphabet n’est pas du tout latin et rien n’est véritablement retranscrit. On paye en dollars us, en bath thaïlandais ou en kips, comme on veut, y compris pour des toutes petites sommes. Le kip est balayé par le dollar !

Les Laos ont les traits beaucoup moins fins que les Vietnamiens, ils font « ruraux »!

La ville est dolente et n’à rien avoir avec l’agitation d’Hanoi. Il n’y a qu’un feu rouge et il a la particularité suivante, chacun des 4 feux est indépendant des autres, si bien qu’il n’y a jamais qu’une voie de circulation libre à la fois. C’est évidemment plus long mais aussi beaucoup plus sûr.

Nous nous rendons pour déjeuner au marché (le Laos est un pays à cuiller et fourchette) et Régine s’enquiert de la station de bus (nous devons demain nous rendre par bus local à Vang Vieng) auprès de chauffeurs de tuk tuk, ceux-ci ne comprennent pas la question mais forment un véritable attroupement. En désespoir de cause, nous sortons un plan de la ville, mais les chauffeurs ne savent pas lire et font appel à l’un de leur collègue à qui l’on passe des lunettes. Tout ça dans la bonne humeur…n’empêche que nous repartirons sans notre renseignement !

Nous nous faisons conduire par un tuk tuk à une librairie, mais pour lui aussi, ce n’est pas commode : il s’arrête plusieurs fois pour demander son chemin. Nous nous procurons une carte locale, peu après Régine constatera en enlevant l’étiquette du prix (15.000 kips), que la carte est gratuite !

Nous décidons, puisque nous devons revenir par la suite à Vientiane, de trouver une autre guest house près du Mékong et là nous réservons pour des nuits futures.

Dans notre actuelle guest house, nous rencontrons un couple de Français, pas tout jeune. Lui, Breton, est un ancien militaire de carrière qui a fait la guerre d’Indochine (son frère y est mort) et qui revient au moins une fois l’an, revoir nos anciens alliés, les Hmongs, que nous avons lâchés lorsque nous nous sommes retirés du Vietnam, après leur avoir promis qu’au grand jamais, la France éternelle ne les abandonnerait…

Cela lui est resté en travers de la gorge, je devrais dire du cœur, et depuis il cherche à lui tout seul à racheter cette ignominie en venant soigner les Hmongs du Laos. Pour ce faire, il a passé quelque temps avec des infirmiers et des dentistes ce qui lui permet de faire les soins élémentaires. Il collectionne aussi les puces qui lui sont fournies par les Hmongs et qu’il ramène au laboratoire en France. Il parait qu’il y a deux ans, l’une d’entre elle était porteuse du bacille de la peste !

Notre hôte, qui parle le français et qui connaît tout le monde, se propose de nous conduire demain matin à la station de bus.

Vendredi 15/11/2002 départ par bus local pour Vang Vieng.

Il est 9 heures et nous sommes dans le bus local qui doit partir à 9 heures 30.Régine trouve qu’on est beaux ! Toujours est-il qu’à peine installés, on nous fait changer de bus. Il est aussi minable que le précédent, rouillé de l’intérieur, siéges pourris, mais les ventilateurs fonctionnent. Ce bus fait partie du programme japonais d’aide au transport urbain du Laos…comme c’est un programme qui date de 1988…cela explique l’état du bus !

Les passagers sont sympathiques (il n’y a que 2 autres Européens – des Italiens-) et Régine a vite fait de s’y faire des copines ! Nous échangeons quelques fruits et nous remarquons une lao en train de déguster discrètement un œuf enfilé sur un bâton de bois. C’est l’un des mets favoris des laos : l’œuf a été couvé et on mange l’embryon, c’est-à-dire le corps avec ses ailes…bon, nous n’aurons pas le courage d’essayer !

laos-2Dans le bus une mère et son enfant. Comme dans beaucoup de pays d’Asie, le jeune gamin a une culotte fendue (pas de couche) ce qui facilite l’écoulement de l’urine sur les genoux de sa mère laquelle s’essuie la robe puis les mains avec une serviette, qui a dû, dans un passé lointain, être blanche !

A chaque occasion, des vendeurs passent pour vendre des œufs de caille, de l’eau…

Nous arrivons en fin de matinée en trois heures pour 160 Km, par une route excellente (c’est la seule vraie route du Laos, celle qui relie l’ancienne capitale Luang Prabang à la nouvelle, Vientiane).

Nous nous installons à la Guest House Nana.

Après avoir déjeuné, nous partons explorer les rives de la rivière Nam Song. Nous la traversons par un pont de bambou (passage payant, au milieu du pont!) et nous allons paresser ainsi tout l’après midi !

Nous rentrons sur le coup de 18 heures (il fait nuit) et prenons notre douche avant d’aller dîner dans le village.

Au retour, c’est-à-dire vers 19 heures 30, nous constatons l’inondation : l’eau de la douche s’est écoulée dans la chambre (c’est vrai que pour 4 dollars!). Heureusement, plus de peur que de mal, nous ne perdons dans l’affaire qu’un paquet de kleenex et nos sacs à dos ont bien résisté à l’eau ! Mais rétrospectivement, nous nous demandons ce qu’il serait advenu si nous avions pris notre douche juste avant de nous endormir !

Samedi 16/11/2002 départ pour Luang Prabang.

Régine au moment du départ fait remarquer à notre hôte l’état déficient de la tuyauterie, mais cela ne semble pas le surprendre et en compensation, il nous offre…une bouteille d’eau !

Nous prenons cette fois, un bus « touriste », à air climatisé. Le départ se fait à 9 heures 30 et l’arrivée à 15 heures 30 pour 230 Km, mais il faut dire que c’est une splendide route de montagne et plus on grimpe, plus les gens sont misérables. On ne voit pas de trace de culture mais d’évidents signes de déforestation.

Dans notre minibus, une lao de Paris, un couple de Danois et un couple de Français. Lui est fabricant marchand de glace ce qui intéresse beaucoup Régine! Il voyage pendant la morte saison qui va d’octobre à fin mars. Elle, a pris une année sabbatique accordée par le Crédit Agricole et auparavant elle travaillait à la Société Générale !

Ils ont remarqué comme nous le comportement des jeunes Occidentaux à Vang Vieng : ils dînent d’une pizza face à la télé en buvant une ou plusieurs Heineken tout en regardant un film américain d’une cassette pré enregistrée…Ce n’est plus un voyage, mais une transplantation !

Arrêt déjeuner. Là, des enfants quémandent de la nourriture, nous leur donnons bananes et biscuits achetés sur place. Nous voyons passer un camion de livraison d’essence avec des chèvres en équilibre difficile, juchées sur la citerne…

laos-6Arrivée à Luang Prabang et là, beaucoup de difficulté à trouver une Guest House. Je garde les sacs et Régine part à la recherche. Il faut dire que c’est compliqué par ce qu’on n’entre pas dans une maison avec ses chaussures, il faut donc constamment se déchausser et se rechausser. Tout est complet sur la rive du Mékong.

Le chauffeur de notre minibus me glisse le carte de visite d’une Guest House, Régine réapparaît, bredouille.

Heureusement, l’adresse du chauffeur est la bonne ! Nous pouvons enfin donner notre linge sale ! 3 kilos !

Par hasard, nous revoyons notre français militaire qui lui a fait le trajet avec sa femme Mimi de Vientiane à Luang Prabang en 11 heures de bus !

Dimanche 17/11/2002 journée à Luang Prabang.

Il a plu très violemment cette nuit et la matinée commence mal, mais enfin, nous sortons nos vélos de location, enfilons nos ponchos et en avant !

Visite du Wat Xieng Thong, superbe !

laos-7Puis nous nous dirigeons, sous la pluie, vers l’ancien Palais Royal transformé en musée après la mort du roi (de faim dit- on…en 1981, emprisonné suite à la prise de pouvoir des communistes). Porte close ! Le musée ferme à 10 heures 30 pour rouvrir à 13 heures 30 !

laos-7aAlors nous allons prendre un verre, puis comme le ciel se fait serein, nous allons repérer l’embarcadère où nous devons aller demain pour nous embarquer sur un longue queue (bateau lent) vers Huay Xai.

Là, nous rencontrons un Lao parlant français, appris à l’école primaire.

Il nous raconte que d’enseignant d’histoire géographie à 35 dollars par mois, il est devenu batelier ce qui lui permet de gagner 5 à 6 fois plus !

Il nous apprend qu’un étranger a loué pour lui tout seul un bateau pour faire le trajet que nous allons entreprendre pour 350 dollars, compte tenu de notre expérience, ça peut se comprendre après coup !

Arrive 13 heures 30. Nous filons vers l’ancien Palais Royal et comme de bien entendu, il faut se déchausser.

Intéressant à voir, des cadeaux offerts par les différents grands de ce monde…dont de la porcelaine de Sèvres offerte par de Gaulle! C’est peu après que j’apprendrai que le pouvoir en place, celui qui a fait périr la royauté, tendait une opération de réhabilitation en célébrant officiellement l’anniversaire de la royauté…En fait une partie du problème laotien est là : pas d’identité nationale (48% de la population n’est pas d’origine lao), un État corrompu, comme beaucoup en Asie.

Nous en ressortons pour grimper les marches qui mènent au mont Phu Si (That Chomsi).

Nous en descendons pour prendre une noix de coco dans un café et pour rentrer avec nos vélos à la guest house, mais auparavant, nous visitons le vat Aham, entouré d’un groupe de Français dont deux d’entre eux font savoir à tous les autres que ce n’est pas la Birmanie…Dés lors, nous n’aurons de cesse dans nos comparaisons de mettre en avant « que ce n’est pas la Birmanie… ».

Lundi 18/11/2002 en bateau vers Huay Xai, arrêt à Pakbeng

Remonter le Mékong était un de mes rêves enfouis…Alors, nous y voici ! Le fleuve est couleur de terre, il est fait de rapides, d’espaces bouillonnants et de roc qui affleurent à la surface de l’eau, il est dangereux et la navigation est interdite de nuit (c’est le simple bon sens!). Les rives sont faites de sable ou de roches ou de boue.

A mon grand étonnement , il est peu fréquenté et nous ne croiserons que quelques rares « cargos » et pas mal de bateaux rapides qui sont en fait des hors bords de fabrication thaïlandaise qui prennent 4-5 passagers (en général Occidentaux) harnachés de gilet de sauvetage avec casque obligatoire. Le trajet que nous allons faire en 2 jours peut donc être fait en 6 heures, à 80Km heure !

Nous, on va aller lentement…

L’embarquement n’est pas triste : il faut rejoindre le bateau (à fond plat, sorte de pirogue) en descendant la rive boueuse et passer sur une planche en bois de la largeur de deux lames de parquet avec pour toute rampe un pieu en bambou fiché dans la boue à une de ses extrémités et tenue de l’autre par un homme d’équipage. Enfin, nous arrivons à monter à bord.

Il y a beaucoup d’Occidentaux – nous sommes peut être une quarantaine, installés sur des chaises en rangée de 3, donc il est très difficile de circuler sans déranger tout le monde pour se rendre aux toilettes -, d’autant plus que les Laos déjà installés se font virer au profit des étrangers (il faut dire qu’à 12 dollars la place, nous faisons un pont d’or au batelier !). Comme couleur locale, c’est raté ! Il nous reste cinq locaux : un Lao, le batelier, sa femme (affligée d’un chapeau ridicule), leur fillette et un homme d’équipage qui ne va cesser d’écoper tout le long du parcours !

Normal, parce que le poids des Occidentaux avec armes et bagages doit bien faire le double de l’équivalent en Laos si bien que notre bateau affleure l’eau et circule encore plus lentement que lentement… Nous avons une certaine chance, car nous avons réussi à nous allonger juste derrière le pilote, à l’avant du bateau, en compagnie de 2 autres Occidentales. Nous sommes donc loin du bruit assourdissant du moteur (il faut se bourrer les oreilles avec du coton).

laos-9Nous allons serpenter d’une rive à l’autre en fonction des courants, il va se mettre à pleuvoir, puis à midi le soleil fera son apparition. N’empêche que les rives sont belles.

Nous arrivons à Pakbeng, escale obligée à moitié de notre parcours, mais comme nous avons pris du retard pour cause de surcharge manifeste, nous arrivons alors qu’il fait déjà nuit noire (il est 18 heures 30).

Nous n’accostons pas au quai (je suppose qu’il y a un droit à payer pour cela) mais au pied d’une montagne de boue, en pleine nuit donc, et il va falloir grimper tout ça à quatre pattes tant c’est glissant en tenant la lampe de poche entre les dents…l’équipage décharge le bateau. Tout à coup j’entends un plouf ! Je constaterai un peu plus tard que c’est mon sac à dos qui est allé goûter du Mékong !

Il nous reste à trouver une Guest House…Un entremetteur me propose de l’opium (c’est la ressource principale de la région).

Ce village, c’est l’arnaque aux touristes : comme l’étape est obligatoire, les prix sont plus élevés qu’à Vientiane ! Il y a surpopulation et nous réussissons à trouver une chambre minable pour 4 dollars.

Régine étale mes affaires, finalement assez peu mouillées.

Le ventilateur s’arrêtera à 22 heures (il n’y pas d’électricité, tout est histoire de générateur). Nous en avons plein le dos ! Et comme le dit Régine, quitte à voyager avec des Occidentaux, autant le faire confortablement (nous avons doublé un bateau de luxe, un vrai avec pont et chaises longues, arrêté le long de la rive). Par manque de chance, ce bateau, le Luang Prabang 2 ne mouillera pas à Pakbeng…

Mardi 19/11/2002 de Pakbeng à Huay Xai.

Inutile de dire que la nuit a été mauvaise…et ce matin-là, nous partons à la recherche d’un petit déjeuner, vendu au prix fort, quand nous tombons sur le militaire et Mimi ! Eux ont fait le trajet en deux jours à bord d’un cargo qui a stoppé la nuit venue à proximité d’une rive, certains des passagers ayant été débarqués pour dormir à terre, d’autres, dont eux, ayant dormis dans le bateau sous un abri sommaire qui prenait l’eau de pluie !

laos-11Bref, ils ont fini par arriver à Pakbeng, furieux de l’accueil piège à touristes et qui est bien loin du Laos idéalisé.

Ils reprendront le bateau avec nous pour monter jusqu’à Huay Xai et Mimi va arborer de superbes lunettes de soleil Christian Dior qui lui donneront l’allure d’une vamp fripée avec une touche d’institutrice à la retraite.

laos-10Nous remontons sur ce fichu bateau, mais cela va mieux. D’abord, il fait soleil et puis, il y a beaucoup moins de passagers, certains étant restés à Pakbeng.

La petite fille du batelier (4 ou 5 ans) va continuer à jouer avec une pelote d’élastiques et une liasse de kips…sur un espace qui ne fait pas un mètre carré !

Nous stoppons pour déposer un couple d’Allemands. Nous sommes contrôlés par la police fluviale.

Au redémarrage, la femme du pilote est persuadée qu’il manque un passager : elle demande au pilote de revenir en arrière, il refuse et ils ont un échange assez vif ! Mais finalement, tout va bien, car un Occidental sort des toilettes !

Enfin, nous arrivons au terme de notre équipée…la journée de lundi, 11 heures de navigation, celle d’aujourd’hui 9 heures seulement !

Nous arrivons à Huay Xai en fin d’après midi, mais toujours sans accoster à quai, mais au moins, il fait jour.

Sur la rive d’en face, la Thaïlande et quand la nuit sera tombée, le contraste entre les deux villes sera saisissant : du coté Thaïlandais, éclairage à gogo, feux d’artifice, du coté Lao, tristesse et pauvreté…

Nous choisissons une super Guest House à 5 dollars (ce sont des bungalows sur pilotis en bambou tressé, dans le style architectural du pays).

Nous partons dîner, munis d’une lampe de poche. Au retour, comme nous entendons du bruit et malgré notre fatigue, nous grimpons des marches jusqu’à un temple où se termine une célébration.…Nous y retrouvons notre militaire et Mimi.

Mercredi 20/11/2002 avion vers Vientiane.

Avant notre départ vers l’aéroport, notre hôte nous remet une enveloppe contenant de l’argent à remettre à Vientiane, où l’on nous attendra. Nous discutons un peu avec lui et nous sommes un peu stupéfaits de découvrir qu’il voyage beaucoup (trois mois dans l’année) : il est venu en France avec sa femme (ses enfants s’occupant de la Guest House pendant son absence) et se plaint de la cherté du coût de la vie (70 euros la chambre d’hôtel), il prépare un voyage aux États-unis et en Amérique Latine…Il a trouvé qu’il y avait beaucoup de noirs à Paris ! Il faut dire que d’une façon générale, les asiatiques sont très racistes.

Comment fait- il financièrement ? Réponse un peu plus tard…

Nous notons aussi deux superbes 4×4 au bas mot à 30.000 euros pièce…

Nous récupérons un Monde du 7 novembre, laissé là par un Français.

Nous voyageons par Air Laos et pour tout dire le vol va bien se passer, malgré les craintes concernant la fiabilité de la compagnie, avivées par le site officiel du Ministère des Affaires Étrangères et par les guides comme Lonely Planet !

Il doit rester en tout et pour tout 4 avions en état de vol, les vols sont intérieurs, la Cie n’ayant pas l’autorisation de voler en dehors des frontières du Laos…il fut un temps où la Cie avait davantage d’avions, mais leur nombre a diminué au fur et à mesure des accidents !

Notre avion est Chinois, il s’agit d’un Y12 bimoteur.

Nous allons l’attendre longtemps à l’aéroport car alors qu’il aurait dû décoller de Huya Xay à 8 heures 50 et il n’a pas encore décollé de Vientiane !

L’aéroport est vraiment étonnant : c’est un aéroport de brousse où trône une balance, un vague poste de police, le tout dans un champ avec une piste courte et en dur construite il y a bien longtemps par les Américains.

Nous serons une dizaine pour 15 places disponibles dont 1 Français médecin, avec qui nous lions conversation.

laos-12Il est chargé – depuis 2 ans – au titre d’une ONG, d’installer dans les tribus un minimum d’équipement sanitaire. Son travail consiste donc à former des infirmiers, des accoucheurs, à faire construire des latrines et à propager l’hygiène élémentaire. Il est à la retraite et peux faire enfin ce qu’il veut.

Il nous explique que les Laos ont depuis bien longtemps inventé les 35 heures, que la prévarication règne partout : il n’a actuellement plus de visa celui-ci étant parvenu à son terme. Il a fait une demande de renouvellement et dispose d’une attestation temporaire qui ne lui permet pas de sortir des frontières. Il sait qu’il aura son visa mais il ignore quand…mais il sait aussi qu’en glissant un billet de 50 dollars (une fortune ici !), il aura immédiatement son document. Alors, comme il le dit, il arrive qu’on craque !

Nous lui faisons part du train de vie de notre hôte et il nous explique que c’est strictement impossible en restant dans le cadre d’activités légales.

Il le connaît bien d’ailleurs et il sait que son train de vie est issu directement non de son activité de Guest House qui lui sert tout au plus de couverture, mais de trafic divers avec la Thaïlande qui est juste en face !

Régine commence à se poser des questions sur l’argent qui lui a été remis !

Il nous dit que la Thaïlande souhaite passer du sexe à la médecine et qu’elle s’équipe en fonction de ce nouvel objectif. Ses chirurgiens (formés aux USA) sont réputés dans certains domaines : esthétique, prothèse de hanches. Les cliniques sont des palaces, les infirmières au top et cela revient, voyage compris avec 8 jours au bord de la mer, 3 fois moins cher qu’en France ! J’avais déjà entendu dire grand bien des dentistes de Bangkok…

Nous survolons un immense lac (barrage qui fournit de l’électricité vendue à la Thaïlande, une des premières ressources à l’exportation avec le bois). Vu d’en haut, le Mékong ressemble à s’y méprendre à une piste de couleur ocre.

A l’arrivée à Vientiane, nous sommes effectivement attendus et Régine remet son enveloppe bien contente d’en être débarrassée !

A midi, nous voilà attablés devant le Mékong. Régine termine sa noix de coco et nous rentrons dans notre nouvelle Guest House qui se trouve juste en face du Mékong, après avoir acheté dans une superette locale une brosse de chiendent.

laos-13Le système électrique est astucieux:il faut introduire la clef de la chambre dans un étui et cela permet à la lumière de jaillir…si bien que lorsque l’on sort de la chambre, en récupérant la clef, on coupe le courant…Nous passons un peu de temps à nettoyer nos affaires suite à notre remontée du Mékong:tout y passe, les sacs à dos sont vidés de leur contenu, les chaussures brossées et lavées…le tout est exposé au soleil sur la terrasse.

Nous partons acheter deux paires de chaussures (115.000 kips pour les deux) afin de suppléer nos adidas, ce seront des nu-pieds qui vont nous accompagner pendant le restant de notre séjour.

En fin d’après midi, quand le soleil est moins violent, nous sortons faire un tour. Le grand jeu des enfants mais aussi des adultes, c’est un panneau de bois avec de multiple casiers : on dispose dans chacun de ces casiers un ballon gonflable de couleurs diverses. Le jeu consiste à percer les ballons avec des fléchettes (3) et si on réussit à crever 3 ballons, on gagne une bière, avec 2 ballons, un jus de fruit…

Jeudi 21/11/2002 Vientiane.

laos-15Location de vélos (assez nuls !), pas de frein à proprement parler, des selles mal adaptées mais notre loueur n’entend pas faire l’effort de les remettre à niveau !

Visite des Vats : le Vat Si Saket (aux multiples bouddhas), puis grande ballade au marché, après avoir laissé nos vélos au garage à vélo contre quelques kips.

laos-16Déjeuner au bord du Mékong avec poulet rôti.

Visite du Vat In Peng, puis d’un autre, tout prés de l’hôtel Palace (chef d’œuvre soviétique !).

 

Vendredi 22/11/2002 départ par avion pour Phnom Penh (Cambodge).

Avant de prendre l’avion en début d’après-midi, nous allons faire un petit tour au musée Lao : un invraisemblable bric à brac, un entassement de choses qui n’ont rien à voir les unes avec les autres, et beaucoup de photos et d’objet dénonçant le colonialisme…

Nous prenons un taxi pour nous rendre à l’aéroport, coût 3 dollars (à l’aller nous avons payé 5 dollars, mais il est vrai qu’on n’a pas vraiment le choix quand on arrive, d’autant qu’il n’y a pas de service de bus !).

laos-14Nous arrivons à l’aéroport vers 12 heures 15 et nous apprenons que l’avion est retardé (il s’agit de Vietnam Airline) : c’est peut de le dire car le départ est fixé à 18 heures 50 au lieu de 13 heures 50 ! Ce qui aura pour principale conséquence de nous faire arriver la nuit tombée à Phnom Penh.

Un groupe de coréens attend lui aussi l’avion, ils voyagent vraiment en groupe, serrés autour d’eux- mêmes. N’empêche qu’ils vont nous donner des grains de riz, des noix de cajou ( ? ).

Nous embarquons à 18 heures 30 et malheureusement j’ai laissé par mégarde mon couteau suisse dans mon bagage à main. Confiscation de l’objet illicite qui me sera rendu à l’arrivée.

A Phnom Penh, nous prenons un taxi qui a une conduite à gauche, alors que l’on roule à droite ! En fait, les rares voitures sont importées d’occasion soit de Malaisie ou de Thaïlande, pays où l’on roule à gauche. Les feux rouges (côté autos mais aussi côté piétons) sont munis de compteurs de secondes ce qui permet de savoir où on en est du décompte du temps.

La Guest House que nous visions est complète, nous descendons sur suggestion de notre chauffeur à l’Angkor Hôtel.

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