Jean Marie Lambert

Inde du Sud (2010)

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Voyage en Inde du Sud.
Du 31 janvier au 6 mars 2010.

La préparation !

Elle a été angoissante… sur le plan administratif !

Un suspense insoutenable !

Vers le 15 décembre, je regarde, tout à fait par hasard, les formalités d’entrée sur le territoire Indien.

Et quelle n’est pas ma surprise de constater que l’Inde exige 3 pages vierges consécutives pour délivrer un visa !

Panique à bord, car je sais que le passeport de Régine est bien plein ! Coup de téléphone et catastrophe : le passeport de Régine a bien trois pages vierges mais pas du tout consécutives !

Or, nous avons déjà notre billet pour Chennai (Madras) : départ de Paris le samedi 30 janvier !

Bref, il ne nous reste que peu de temps pour faire faire un nouveau passeport, biométrique…

Régine réunit les pièces essentielles : la fiche d’état civil, une pièce justificative de domicile (très difficile à justifier le domicile depuis qu’EDF ne sort plus de facture qu’une fois par an et que le téléphone n’est plus celui de France Télécom…).

Régine présentera comme preuve ses impôts locaux et nationaux (encore que l’employée de mairie ait eu des doutes sur la recevabilité des documents).

Il va aussi falloir motiver la demande car le passeport de Régine est toujours valide !

Nous tirons donc –en version française !- les exigences de l’ambassade d’Inde à Paris qui justifient la demande de nouveau passeport…

Reste à déposer la demande à la mairie. Les délais d’obtention sont de l’ordre de 3 à 4 semaines, c’est selon…

Mais nous partons au Maroc le 17, pour revenir le 22 décembre…Et l’entrée au Maroc ne peut se faire que sur présentation du passeport…

Ce qui veut dire que nous ne pouvons déposer cette demande que le 23, ça fait vraiment court, car entre le dépôt du nouveau passeport auprès des autorités indiennes et l’obtention du visa, il s’écoule 15 jours ouvrés, soit 3 semaines !

Il faudra donc faire appel à une société spécialisée qui peut obtenir un visa en un temps record (action-visas à Paris) et surtout, croiser les doigts pour que tout se passe bien et vite !

Nous sommes tellement inquiets pour la suite que nous décidons d’étudier un voyage « titleernatif ! », un pays qui n’exigerait pas de visa…quitte à abandonner nos billets d’avion Paris AR !

Heureusement, le dossier déposé en mairie le 23 décembre (après que l’employée s’est battue avec l’appareil photo qui renâcle) va être traité rapidement puisque le 8 janvier, un coup de téléphone avertit Régine que son passeport est prêt !

Il ne reste plus qu’à le transmettre auprès d’action-visas le 11 janvier et le récupérer muni du précieux sésame le 15 !

51Nous poussons un grand « ouf » de soulagement et nous débouchons une bouteille de champagne !

A l’examen du visa, on comprend mieux le pourquoi des trois pages consécutives : en fait, le visa occupe deux pages vis-à-vis, et le seul moyen d’avoir deux pages en vis-à-vis, c’est d’en demander 3 !

Sur la page de droite, le visa proprement dit, sur la page de gauche, un avertissement pour l’audacieux qui voudrait revenir en Inde dans un délai inférieur à 2 mois après son premier voyage…le visa étant « valable » pour une durée de 6 mois…

Samedi 30/01/2010. Le départ ! Paris-Abou Dabi.

Nous partons en fin de matinée pour notre première étape : vol Etihad Airways avec escale à Abou Dabi, puis Abou Dabi/Chennai (ex Madras) avec une arrivée sur place à 4 heures du matin.

Les vols se font sans histoire, mais nous avons la surprise d’avoir des hôtesses de l’air françaises sur la ligne Abou Dabi-Chennai.

Dimanche 31 janvier 21010. Arrivée à Chennai (Madras), 6.700.000 habitants (État de Tamil Nadu).

A l’arrivée, nous faisons un peu de change, dollars US contre roupies, à un taux tout à fait défavorable (8 à 9 % sous le cours, heureusement que Régine ne m’écoute pas, une fois de plus, car s’il n’y avait eu que moi, j’aurais changé beaucoup plus…).

La roupie et notre budget.

Nous sommes arrivés en Inde avec 2.500 dollars US et à l’époque, il fallait 1,45 dollar pour avoir un euro.

Nous avons tout dépensé…soit la contre valeur de 1.720 euros auxquels il faut ajouter le Paris/Paris porte à porte, soit 1.360 euros pour nous deux et la réservation de notre chambre à Chennai pour deux nuits, soit 88 euros.

Soit un total de 3.200 euros à deux pour 35 jours sur place.

Notre grande surprise, c’est le prix des entrées dans les musées : il y a un tarif pour les nationaux et un tarif pour les étrangers.

Pourquoi pas?

Mais ce qui ne va pas du tout c’et le rapport entre les deux : en général, 250 roupies par personne (3,8 euros) contre 15 roupies (0,21 euro) pour le « national »…

Les toilettes nous mettent vite dans l’ambiance et nous rapellent que nous sommes arrivés : produits désinfectants qui vous débouchent le nez, cafards…

Nous cherchons le guichet des taxis prepaid (toujours rechercher les transports prepaid, on est certes « roulés » mais au moins, cela a le mérite d’être officiel !).

Les bureaux à gauche dans les couloirs sont occupés (il est 4 heures 30 du matin) par les employés qui dorment profondément, les coudes sur leurs pupitres ou à même le sol sur de mauvaise nattes…

En fait, il y a deux guichets « prepaid » côte à côte : le « privé » et le « public ». Bien entendu, il ne faut pas céder aux sollicitations appuyées du guichet « privé », et éviter les individus qui arpentent les couloirs avec des tee-shirts rouges avec l’inscription en gros caractères noirs, »taxi prepaid » et qui, en fait, ne travaillent que pour eux !

Bon, c’est l’Inde quoi ! Il faut s’y faire, et vite !

Nous prenons notre taxi (300 roupies, soit 4,5 euros), direction l’hôtel où nous avions réservé.

Bien entendu, le chauffeur voudrait bien aller ailleurs (une commission n’a jamais fait de mal à personne !), mais il n’insistera pas trop…

Nous sommes très vite pris à la gorge par les odeurs d’une ville qui s’éveille : les égouts qui régurgitent, les vapeurs d’essence âcres, la poussière !

Bon, c’est l’Inde quoi ! Il faut s’y faire, et vite !

L’Inde…

État fédéral de plus d’un milliard d’habitants…

Espérance de vie : 66 ans pour les femmes; 64 ans pour les hommes.

Taux d’alphabétisation : 54% pour les femmes; 75% pour les hommes.

Identité nationale (je sais, c’est à la mode !) : l’Inde rebaptise ses villes et leur rend leur nom d’origine, ceux d’avant la colonisation.

Langues officielles : 18 langues reconnues, dont l’anglais. En Inde du nord on parle surtout le l’hindi, en Inde du sud, le tamoul.

35 à 40% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté, moins de 1 US $ par jour.

L’Inde du sud :

360 millions d’habitants.

États visités : le Tamil Nadu, une incursion dans l’Andhra Pradesh, le Kerala, le Karnataka, Goa, le Maharashtra.

Beaucoup moins pauvre que l’Inde du nord ! On sent dans les villes l’émergence irrésistible d’une classe moyenne : la mendicité n’est plus le fait que des personnes âgées.

Les guides : le Guide du Routard et le Lonely Planet.

Arrivés à notre hôtel puis dans notre chambre : il est 6 heures du matin, il fait chaud et nous allons dormir un peu (malgré le bruit de la rue et la dureté du matelas qui s’apparente à un matelas de fakir dont on aurait enlevé les clous !).

Face à notre chambre, un cinéma qui ne désemplira pas et un temple d’où partira une procession (étonnante, car les officiants se serviront d’un micro pour psalmodier et chanter, l’énergie électrique étant fournie par un générateur antique et terriblement bruyant, tiré en fin de procession…).

Audio : la divinité se promène…

A 9 heures du matin, coup de sonnette pour nous signaler que le journal est pendu à notre porte dans un élégant petit sac…

Forcément, nous nous levons et nous allons prendre notre petit déjeuner compris dans le prix de la chambre.

A la réception, nous demandons combien coûte un tuk tuk pour nous rendre au « government museum » : 30 à 40 roupies selon votre talent de négociateur (dans les faits, c’est Régine qui prend en charge la négociation des prix…les pauvres…) !

Mais avant de nous y rendre, nous passons à la gare ferroviaire d’Egmore où nous savons trouver un office du tourisme, d’où nous pourrons réserver pour le lundi notre visite à Tirupathi.

Visite du musée (250 roupies pour chacun de nous, 15 pour le « national »), puis déjeuner (le premier d’une longue série !) à 200 roupies à deux, soit 3 euros, je précise, avec deux cocas !

Nous filons ensuite au Fort Saint Georges, là, c’est 5 roupies pour le « national » et 100 pour chacun de nous (un rapport de 1 à 20 !)…

Retour par tuk tuk : il nous demande 100 roupies, Régine lui en offre 50, ce qu’il accepte.

 

Les tuks tuks (ou auto rickshaw).

Véhicule à trois roues de couleur jaune et noire, couvert d’une capote en toile, muni d’un compteur (inutile de demander sa mise en route !), deux places à l’arrière (pour les occidentaux) facilement 5 places pour les « nationaux »…

Autre caractéristique : quelle que soit l’heure de la journée, les chauffeurs n’ont jamais de monnaie et demandent des sommes qui sont hors du commun !

Bien sûr, il faut relativiser : 50 roupies c’est 70 centimes d’euro, 70 roupies c’est 40% de plus, mais seulement 30 centimes d’euro en plus !

Mais c’est très énervant d’être pris pour des vaches à lait !

Il est vrai que l’exemple vient d’en haut : si le gouvernement fait payer les touristes 20 fois plus que le « national » on ne voit pas pourquoi le petit tuk tuk n’en ferait pas autant…Et c’est le même principe qui s’applique dans les boutiques : le prix de départ est grosso modo celui des marchés de la région parisienne.

A Chennai, suite à une décision de la Cour Suprême, les tuks tuks fonctionnent tous au GPL et sont tous neufs !

Non loin de notre hôtel, la misère à l’état brut : des familles installées à même le sol, près des poubelles d’immeubles garnies de rats, avec la vague protection d’une toile plastique.

4Dîner végétarien à 130 roupies à deux (1,95 euros) avec un thé au lait.

Retour à l’hôtel à 19 heures 30 : nous sommes fatigués et nous devons nous lever demain matin à 5 heures pour aller, en voyage organisé, à Tirupathi…

Beaucoup de bruits dans notre chambre : le chauffeurs klaxonnent ou cornent, en veux tu en voilà, et font pétarader leurs moteurs.

Lundi 01/02/2010. Une journée à Tirupathi (État d’Andhra Pradesh).

Réveil à 5 heures du matin (c’est pas des vacances !), départ à 5 heures 30 pour arriver à l’heure près de la gare centrale d’où part le car de 6 heures qui doit nous emmener à Tirupathi.

Le car est à l’heure, à côté de nous s’assoie un sympathique jeune homme qui nous explique être un « business man » : en fait, il fabrique et vend du parfum (le marché indien représente 80% de son activité, le reste est à l’exportation, surtout dans les Émirats arabes).

Bien sûr, il souffre de la crise économique et connaît bien les parfums français (il a même appris un peu de français pour l’occasion).

Il a fait un voyage de trois semaines en Europe avec sa femme : au pas de charge, l’Italie, les Pays Bas, la Belgique, la Suisse et la France…

Notre bus s’arrête en banlieue de Chennai : nous sommes débarqués et montons dans le bus « Volvo » qui doit nous mener à bon port.

Toutes les places sont occupées sauf une. Nous sommes les seuls étrangers, et ça se comprend ! Dans notre groupe, un jeune pèlerin qui vient pour la 15° fois !

Cinq heures de route avant d’arriver au village de Tirupathi pour 135 kilomètres, là, nouveau changement de bus (un tout moche, déglingué) et nous grimpons (18 kilomètres de route en lacets) sur la colline sacrée de Tirumala.

Je pense que le changement de bus vient du fait que nous avons changé d’État : nous sommes passés du Tamil Nadu à l’Andhra Pradesh et certains bus ne peuvent aller au-delà d’un certain point, il en est de même pour les voitures louées par les agences de tourisme (à noter que la mention « all india » permet de circuler dans toute l’Inde).

Avant d’arriver sur les lieux, notre guide confisque tous les appareils photos et tous les téléphones car il est interdit de prendre des clichés, il les fourre dans un grand sac et nous demande 5 roupies, aux uns comme au autres, pour le service rendu…

Nous sommes sur place: on ne devine pas encore l’immense foule qui se rend sur ce lieu sacré, mais nous allons assez vite nous en apercevoir !

Pour le moment nous nous dirigeons vers une petite maison d’un étage où nous laisserons nos chaussures (les temples se visitent toujours les pieds nus) : tout au long, plein de petites maisons donnés par de riches indiens (comme Lakshmi Mittal-la plaque fait foi)) qui servent de logement aux pèlerins (à louer, alors que les dortoirs sont gratuits).

On dit que 20.000 personnes peuvent séjourner simultanément sur place.

Ces lieux saints sont comme tous les lieux saints du monde : encombrés par les marchands du temple !

Nous nous dirigeons donc en groupe vers le temple (le Sri Venkateswara autrement dit, le dieu Vishnou), et là, nous nous rendons compte du chemin de croix que nous allons devoir faire…

Il y a une foule immense (60.000 pèlerins par jour en moyenne, c’est dire !), canalisée en fonction du prix d’entrée : la file d’attente sera plus ou moins longue selon le prix payé…

En cas de gratuité, l’attente est en moyenne de dix heures…

 

La queue en Inde…

Elle est toujours immense…Une particularité : là où un occidental laissera un espace d’environ 1 mètre entre lui et son prochain (grossière erreur, car l’Indien se faufilera pour remplir l’espace), l’Indien laisse à peine 10 centimètres, ce qui assez désarçonnant au début…

A noter qu’il existe (mais pas toujours) des files d’attente pour hommes et des files d’attente pour femmes comme aux guichets des gares…

La queue est immense : on ne voit ni le début ni la fin !

Nous serons fouillés par deux fois et nous aurons à passer sous un portique détecteur de métaux.

Nous finissons par pénétrer dans une salle d’attente qui peut contenir plusieurs centaines de personnes : il y a des siéges, mais pas pour tout le monde. Le personnel ferme les grilles d’accès et de sortie de cette salle et l’attente commence : tant que la salle suivante ne s’est pas vidée nous aurons à attendre !

Vient le signal : la grille s’ouvre, les pèlerins se précipitent à l’indienne c’est à dire en piétinant le voisin si nécessaire, et nous entrons dans une deuxième salle d’attente, identique à la première, puis les grilles de devant et de derrière se referment…et ainsi de suite, peut être une dizaine de salles successives…Nous mettrons bien deux heures avant de rejoindre une nouvelle queue qui mène directement au cœur du temple. Ici aussi nous aurons à piétiner au moins une heure avant d’être précipités par un mouvement de foule devant l’idole Vishnou…A peine cinq secondes, car on est bousculé de partout, on voit vaguement et d’assez loin, une statue du Dieu, noire, à quatre bras, le visage caché par un tissu. Les « locaux », dont beaucoup d’hommes, de femmes et d’enfants ont le crâne rasé, sont en extase, joignent les deux mains en signe de vénération, font un vœu (obligation de revenir si le vœu est exaucé), s’inclinent et poussent un cri « ohm »…

 

Temple et « business ».

Le temple est ouvert en certaines occasions, pratiquement 24 heures sur 24 et toujours 7 jours sur 7.

Construction : 9° siècle après JC, mais c’est au 15° siècle qu’il devient ce lieu vénéré.

Toit du temple en or.

Maison des mariages.

Budget : 10 milliards de roupies par an, soit 15.000.000 d’euros, en majeure partie des donations.

La nourriture est gratuite pour les pèlerins nécessiteux (15.000 repas par jour, en moyenne).

Plus de 400 barbiers officient, car il est considéré comme signe de foi et de reconnaissance de se faire tondre les cheveux (1 tonne par jour, quand même !) qui ne sont d’ailleurs pas perdus pour tout le monde puisque on les retrouve dans les salons de coiffure occidentaux (bénéfices générés par cette activité de coupeur de cheveux : 6.000.000 de dollars US).

La coupe est gratuite…

C’est fini ! Nous sortons, épuisés, et on nous remet deux boulettes de sucrerie, des « ladhous ».

Ça a le mérite d’éviter l’hypoglycémie…

Nous passons devant un enclos où des dizaines de personnes trient et enliassent les billets de banque qui ont été donnés par les pèlerins.

Nous retournons chercher nos chaussures, nous reprenons un car vers Tirupathi, récupérons nos appareils photos et les téléphones, puis le deuxième car et nous nous arrêtons pour déjeuner (il est 15 heures 30)…

Nous arrivons vers 21 heures 30 à la gare centrale de Chennai et à 22 heures nous voilà attablés pour le dîner (500 roupies à deux, 7,50 euros, on ne se refuse rien !).

Franchement, c’est une expérience unique, impressionnante et qui laisse pantois, même si parfois, il nous semble être les Fabrice Del Dongo à la bataille de Waterloo… !

Mardi 02/02/2010. En route vers Mamallapuram (Mahabalipuram), 12.000 habitants.

D’après le personnel de l’hôtel, aller jusqu’à la gare routière coûte de 80 à 90 roupies…

Alors, nous discutons : point de départ 150 roupies, puis 120 et enfin nous topons à 100…

Une fois arrivés à la gare routière, Régine va aux renseignements (les billets se prennent ils dans le bus ou à un guichet?) pendant que je garde les bagages.

Et sur quel quai le départ?

Une fois ces questions résolues, nous montons dans un bus flambant neuf (c’est notre premier bus et c’est aussi le dernier à avoir un tel confort !), nous avons à faire 58 km et cela nous coûtera 140 roupies à nous deux (les billets se prennent dans le bus).

Disons tout de suite que les tarifs varient en fonction de la « qualité » du bus : c’est pourquoi le notre restera vide au 2/3.

Nous traversons l’immense banlieue de Chennai et roulons dans la campagne indienne (enfin, campagne, c’est beaucoup dire, car les villes  succèdent aux villes…).

Ce qui nous frappe, c’est le nombre d’écoles d’enseignement supérieur (technologie, administration, gestion, médecine…), bâtiments tous neufs ou en voie de construction, style monumental (genre temple grec), taille gigantesque…érigés en pleine campagne !

Arrivés sur les lieux, et après avoir évité la batterie habituelle de rabatteurs, nous trouvons facilement l’hôtel Mahabs, très proche de l’arrêt de bus.

Hôtel très confortable, avec grand jardin et piscine, calme, pas trop loin de la mer, tout pour plaire et un prix tout à fait raisonnable…

La sonnette de notre chambre, c’est l’imitation du chant de la mouette !

Nous partons déjeuner en bord de mer (restaurant à « touristes ») puis nous allons à pied visiter le premier temple (le temple du rivage), puis l’ascèse d’Arjuna (Arjuna’s Penance) et pour finir, nous prenons un tuk-tuk pour nous rendre aux Five Rathas  (5 temples en forme de char).

Entrée à 250 roupies par personne pour les touristes, 10 pour le « local » !

Mercredi 03/02/2010. Puducherry (Pondichéry), 220.000 habitants (700.000 au sens large…).

Nous optons pour un car express, qui se prend en dehors de la ville. Quarante roupies pour nous y rendre en tuk-tuk, et coup de chance, le bus en provenance de Chennai, arrive tout de suite.

66 roupies pour nous deux (1 euro), deux heures de trajet pour 130 km.

A signaler que les passagers de moins de 130 centimètres (autrement dit les enfants) paient demi tarif…

Je suis assis à côté d’une jeune femme, mère de deux jeunes enfants : sa petite fille n’a pas un an mais elle est déjà habillée et maquillée en femme (sourcils faits, vernis à ongle, bagues multiples, bracelets aux poignets et aux chevilles…).

Arrivée à Pondichéry, 50 roupies pour le tuk-tuk qui va nous emmener à la Guest House que nous avons choisie (le Rêve Bleu…), mais patatras, c’est complet !

La propriétaire nous indique une autre guest house, toute proche (Océane) où nous trouvons une chambre à 900 roupies la nuit (13,5 euros).

 

Hommes et femmes dans les bus…un jeu subtil !

On ne s’en aperçoit pas immédiatement !

Une fois dans le bus (une épreuve, car même si le bus est vide, il est pris littéralement d’assaut par les passagers), les femmes seules s’assoient auprès d’autres femmes seules et si la rangée n’est pas complète, les hommes ne peuvent la compléter sans que l’accord ne soit donné par un signe de la tête.

Par contre, une femme peut très bien s’asseoir à côté d’un homme.

Une fois installés, nous nous baladons dans la ville (beaucoup de belles boutiques de soierie) et l’impression qui s’en dégage est tout à fait étrange : nous sommes en Inde mais nous avons vraiment le sentiment d’être en terre étrangère à l’Inde !

Pondichéry.

Petit village acheté en 1673 par la Cie française des Indes orientales…à l’histoire tumultueuse…En 1761, la ville est prise d’assaut par les britanniques et presque complètement rasée…Elle est récupérée par la France en 1765.

En 1954, le territoire est rattaché à l’Inde, de facto, et en 1962, de jure…

Il est laissé la possibilité aux habitants pendant 6 mois d’opter soit pour la nationalité française, soit pour la nationalité indienne.

On évalue à 30.000 le nombre d’indiens ayant optés pour la nationalité française.

10.000 français, environ, habitent aujourd’hui Pondichéry.

La ville est calme, propre : ça nous change !

Et puis, tous ces noms de rue : rue de la Caserne, rue de La Bourdonnais, rue Surcouf, avenue Goubert…

Et puis, « l’hôtel de ville », la »maison de police », les joueurs de boule ( !), la statue de Jeanne d’Arc, les églises catholiques, l’Alliance française (magnifique bâtiment), les gens qui vous interpellent en français, les petites annonces rédigées en français et en anglais, les établissements religieux (les sœurs de Cluny)…

Nous déjeunons dans un restaurant français (une fois n’est pas coutume !) et nous partons nous promener sur l’avenue Goubert qui longe la mer : déception, il n’y a pas de plage…

Beaucoup de motos, peu de vélos, beaucoup de tuk-tuk, mais peu de tuk-tuk à traction humaine (vélo).

 

Les sâdhus

36Pour la première fois en Inde, nous rencontrons des sâdhus : hommes qui choisissent une vie de sainteté et qui pour cela coupent tous liens avec leur famille, s’habillent d’une tunique jaune, safran ou blanche et vont, sans toit, errer sur les routes, mendiant leur nourriture.

Certains ont le crâne rasé, d’autres au contraire, ont une abondante chevelure.

Nourrir un sâdhu, c’est attirer sa bénédiction. Ils sont aussi consultés par la population pour régler divers problèmes (litiges, ennuis de santé…).

On estime qu’il y a environ 4 à 5 millions de sâdhus en Inde (0,5% de la population), dont très peu de femmes.

 

Jeudi 04/02/2010.Pondichéry.

Journée de balade dans la ville.

Avant d’aller au marché, nous passons à la poste pour acheter des timbres. La vente de timbres se fait dans un petit hangar, il faut dire que le bâtiment principal est en pleins travaux.

Juste à la sortie, il est mis un gros pot de colle de couleur verte à la disposition des usagers, car les timbres indiens ne sont pas gommés.

Mais comme le courrier de Régine n’est pas encore écrit, nous allons acheter un tube de colle au supermarché du coin.

Le marché est sympa, assez animé, tout à fait conforme aux marchés asiatiques. Il y a du raisin blanc et du raisin noir aux étals des marchands de fruits.

 

Les firmes françaises qui font de la publicité !

Areva, Saint Gobain, Vache qui Rit, Sodexho, Legrand, c’est à peu près tout…

Nous nous dirigeons ensuite vers la gare, car il nous faut prendre des billets de train pour le mercredi 10 mars (trajet Madurai/Allepey, ou, Madurai/Alappuzha).

Il faut suivre toute une procédure, et nous avons de la chance car il n’y a que très peu de monde au guichet…

Il est spécifié qu’il n’y a pas de guichet réservé aux femmes…

Il nous faut d’abord remplir une demande de billet de train (elle est en hindi et en anglais-ouf !).

Sur cette demande, il faut bien entendu mettre son nom, son sexe, son âge (il y a des réductions, mais pas pour les étrangers), le numéro du train que l’on envisage de prendre ainsi que son nom, la classe demandée, la date du voyage et curieusement, son adresse (même si c’est en France…).

Une fois le document rempli, Régine le remet au préposé qui tapote sur son ordinateur et nous sort un billet tout beau tout propre : je dois dire que le système parait tout à fait efficace !

Nous voyagerons en seconde classe, en couchette et air climatisé.

Une fois les tickets obtenus, nous visitons l’église catholique très kitsch…voisine de la gare.

Thé de cinq heures sur la digue : mais il y a une panne d’électricité, donc, un café froid avec une tartelette aux pommes.

Vendredi 05/02/2010.Départ en bus pour Kumbakonam, 161.000 habitants.

Trouver le bon bus, c’est un exploit de plus à mettre à l’actif de Régine !

On nous renvoie vers des lignes avec changement, apparemment, il n’y a rien en direct avant 9 h 30, or, il est 7 h 30…

Donc, après avoir beaucoup tourné, nous prenons un bus, direction Chidambaram où nous devons changer pour un bus direction Kumbakonam…

Le problème des bus, c’est qu’ils sont très vieux, parfaitement inconfortables, et rien n’est prévu pour les bagages…pas de coffre dans les flancs…ni de galerie sur le toit…quand il y en a, le personnel n’est pas du tout volontaire pour y hisser les valises…il nous faut donc mettre nos bagages sous un siège, étant entendu que cela ne peut être fait qu’aux places du fond.

Il est vrai que les locaux voyagent les mains vides, à notre grand étonnement : les bus sont vides de ce que l’on voit d’habitude dans des pays similaires à l’Inde, pas de poule, pas de ballot, pas de pneu, rien quoi, dans les allées, sauf des gens debout !

Sur ce trajet, nous sommes obligés de mettre nos valises sur nos genoux, ce qui est un rien pénible quand on a 4 heures de route…

Nous changeons de bus comme prévu à Chidambaram pour notre destination finale.

Arrivés à Kumbakonam, nous prenons un tuk-tuk à 40 roupies pour notre hôtel, et là, surprise, il est complet !

Mais il y a de la place dans l’annexe qui se situe juste en face.

Immense chambre, confortable, de la taille d’un studio.

Petit tour dans les magasins, les farfouilles…puis, 120 roupies pour aller retour et attente sur place, au temple d’Airatesvara à Dharasuram.

Pour terminer la journée, visite des temples « intra muros » : Sarangapani et Nageshwara.

35Comme nous en avons un peu assez de payer 250 roupies par tête, nous nous contenterons de visiter les parties gratuites.

Dîner à l’hôtel, ambiance assez lugubre, avec seulement des locaux dans le restaurant, on mange à la main…

Sortie « nocturne » au bassin de Mahamakhan qui se remplirait, selon la légende, des eaux du Gange tous les douze ans… il nous faudra repasser en 2016 !

Samedi 06/02/2010. Visite du temple Sri Pragadheswarar, à Gangakondacholapuram.

Paraît que je stresse abominablement en pensant à notre arrivée à Alappuzha (Alleppey), il faut quand même savoir que nous arrivons le jeudi 11 par le train, à 2 heures 25 du matin, et que nous n’avons pas encore contacté de guest house…

Donc, nous décidons de réserver par téléphone une chambre à la guest house « the nest », pour deux nuits, arrivée le 11 très tôt le matin…

J’ai John au téléphone qui me demande de confirmer notre réservation le 10.

Une fois le problème réglé, et après un frugal petit déjeuner, nous arrêtons un tuk tuk pour aller à la gare routière Il comprend très bien où nous voulons aller et bien sûr, propose ses services d’autant, paraît-il, qu’il y a un pont cassé !…

Arrivés à la gare routière, vous imaginez comme c’est commode de demander son bus avec un nom pareil…d’autant que rares sont ceux qui sont capables de lire les caractères latins.

Et de fait, contrairement à ce qu’indiquent les deux guides (GDR et LP), il n’y a plus de bus direct…à cause d’un pont dit « weak bridge ».

Donc, après avoir longuement tourné autour des bus, nous en prenons un, direction Anaikkarai…de là, accompagné d’un mentor que nous n’avions pas sollicité mais qui s’est avéré tout à fait sympathique, nous traversons à pied le fameux pont (il y a des crocodiles qui se prélassent au soleil et les locaux se lavent dans la rivière, à quelques mètres de ces animaux sympathiques…), interdit à la circulation des poids lourds, pour cause de faiblesse, et nous prenons un 2° bus direction le temple Sri Pragadheswarar, dédié à Shiva.

Nous arrivons au temple à 16 heures, qui est son heure d’ouverture de l’après midi.

Le lieu est très serein, le temple très beau, il vaut le détour !

Le retour va être très facile (c’est la même chose qu’à l’aller, mais à l’envers…) et rapide car il y a peu de passagers, contrairement à l’aller où les passagers s’entassaient debout dans le couloir….

D’une façon générale, les indiens se montrent tout à fait aimables avec nous, sollicitent des photos, nous aident quand c’est nécessaire et se marrent en nous voyant !

Il faut dire que dans nos trajets, nous sommes les seuls étrangers !

 

Le supermarché.

Une fois les produits passés en caisse (délivrance d’un ticket justifiant le paiement), nous sommes arrêtés, comme tout le monde, juste à la sortie, par un homme qui nous demande notre ticket de caisse et prend note du montant qu’il inscrit dans un grand registre…

Après le dîner, nous faisons une petite balade en ville, histoire de prendre le frais (c’est tout relatif, car il fait bien dans les 30°).

Nous tombons sur un meeting politique, avec estrade pour l’orateur, chaises plastiques pour les auditeurs et micro/haut parleurs hurleurs !

Dimanche 07/02/2010. Thanjavur (Tanjore), 215.000 habitants.

Bon petit trajet : le bus n’est pas complet, il roule vite, nous avons pu glisser nos bagages sous les siéges du fond.

Nous arrivons à la gare routière, toute nouvelle et située à 5 km de la ville : il nous faut prendre un transport pur nous rendre à notre hôtel ! Bien entendu, les tuk tuk font tout ce qu’ils peuvent pour attirer notre attention, mais nous décidons de prendre un bus « normal » pour nous rendre dans la ville.

En fait, il va nous déposer assez loin de notre hôtel et nous aurons à faire un peu de marche à pied, sous le soleil et ses 40°… Et nouvelle déconvenue : l’hôtel est complet…

Mais le personnel d’accueil est sympa, il nous en indique un autre, tout proche…

La chambre est correcte pour 900 roupies (blattes et drap troué inclus).

Nous partons visiter le Marata Palace Museum, un très intéressant musée de sculptures en granit et en bronze du 9°au 13°siècle.

Surprise : il y a autant de billets que de visites à faire ! Nous commençons par acheter un billet pour la « bell tower » (aucun intérêt), puis un autre, pour le musée proprement dit. Au prix du billet (toujours le prix de faveur pour les étrangers !) il faut ajouter la taxe sur les appareils photos…

La visite achevée, nous rentrons à l’hôtel pour nous reposer non sans avoir auparavant déjeuné d’un thalis (70 roupies pour nous deux, soit un peu plus d’un euro).

La sortie de fin d’après midi sera pour le temple de Brihadishvara, magnifique !

Nous rentrons à l’hôtel à pied en longeant un bidonville installé sur une place publique : les abris sont faits, pour le toit, de feuilles de bananier, et pour les « murs » de bâches plastique.

 

Le thalis.

C’est le plat du peuple : pas cher, vite mangé et ça bourre suffisamment !

Les restaurants qui le proposent ressemblent à de vastes cantines : certains, les plus grands en « surface », ont même un coin famille.

On sait quand le restaurant commence son service car le patron affiche à l’extérieur un panneau sur lequel est indiqué : « meals ready »…

38_001Sur une feuille de bananier (quand c’est plus « chic » c’est un plateau métallique), on trouve du riz blanc (servi à volonté) et des currys de légumes qui sont dans des petites coupelles, parfois une sorte de riz au lait, comme dessert.

Tout ça se mange à la main et c’est tout un art !

D’abord, rouler le riz entre ses doigts, puis le tremper dans les trois ou quatre curry, et étape ultime, porter le tout à la bouche (c’est la langue qui avance, à la façon d’un fourmilier).

Bon, ça n’est jamais très beau à voir ! Et ce n’est pas toujours très bon…

La nuit s’annonce paisible car la ville s’endort vers les 22 heures…Mais le repos va être interrompu sur le coup d’une heure du matin par une procession…On sort une divinité qui va faire un petit tour en ville (c’est pas une heure !) avec fanfare, haut-parleur et groupe électrogène qui fait le bruit d’un compresseur des années 60…

Silence ! On voudrait dormir !

Lundi 08/02/2010.En route vers Tiruchirappalli (Trichy), 850.000 habitants.

Nous prenons le bus 74 qui doit nous emmener à l’extérieur de la ville dans la nouvelle gare routière, mais voilà que tout le monde en descend, nous suivons…

Arrivés à la gare routière, Régine trouve vite le bus qui doit nous emmener à destination et c’est de la chance, il part tout de suite.

Pas grand monde dans le bus mais il va se remplir au fil des kilomètres pour finir surchargé.

Nous trouvons facilement notre hôtel à 1.800 roupies, belle chambre.

Nous prenons le bus pour le temple Srirangam : nous prenons sur place un guide sympathique dont l’anglais est compréhensible…

Nous achetons deux bracelets de cheville en argent pour ma petite fille : les enfants et même les femmes adultes en portent. Ils ont une particularité: ils sont faits de petites clochettes qui tintent lorsque l’enfant marche ! On peut ainsi le suivre à l’oreille !

 

Les bijoux

Il y a deux types de magasins : ceux qui vendent des bijoux en argent et ceux qui vendent des bijoux en or.

Même dans les plus petites villes, il y a pléthore de bijoutiers et foule dans les magasins !

Le prix est établi en fonction de deux éléments :

– le poids du bijou, multiplié par le cours de la matière première

– auquel le bijoutier ajoute une somme, variable selon l’habileté du fabricant et sa propre marge.

Puis nous prenons un tuk tuk pour visiter le deuxième grand temple de la ville : le Tiruvanaikaval Temple.

Pour rentrer à notre hôtel, un peu de marche, et Régine nous trouve un bus qui va nous ramener au centre ville, tout près de notre hôtel.

Mardi 09/02/2010. En route pour Madurai, 1.200.000 habitants.

Tout se passe bien ! Nous avons pu mettre nos bagages à l’avant, et la route et les portions d’autoroute sont en très bon état !

Ce qui reste surprenant pour un esprit occidental, c’est la facilité avec laquelle les véhicules utilisent les autoroutes à contre sens…mais ça n’a pas l’air de gêner qui que ce soit !

 

Le réseau routier

Le plus souvent neuf et bon. A cet égard, les guides LP et GDR retardent…

Bien sûr, il y a encore des parcours difficiles ou des portions défoncées, mais visiblement, le problème est pris à bras le corps.

Reste que les voies de circulation sont en bien meilleur état que les bus qui les empruntent…

Nous arrivons à la gare routière de Madurai, qui est nouvelle et donc située en dehors de la ville (c’est la tendance : les gares routières inter villes sont maintenant construites à l’extérieur).

Régine trouve le bus qui nous emmène à la gare routière des bus de  » ville », et de là, un peu de marche à pied pour rejoindre notre hôtel.

Très bon déjeuner à 135 roupies pour nous deux (2 euros) avec eau minérale.

Pour l’après midi, le programme est tout tracé : visite du temple, le Sri Meenakshi Temple.

Nous y retournons le soir pour la procession de 21 heures : pas grand intérêt, il n’y a que des touristes…

Musique processionnaire !

Nous nous offrons un dîner somptueux !

D’abord, une bière bien fraîche : cette boisson ne figure pas sur la carte car l’alcool est plus ou moins prohibé. Et il faut donc la demander spécifiquement et pas dans n’importe quel restaurant !

C’est coûteux : 650 roupies (plus de 9 euros), c’est une bière de 65 centilitres à 5° d’alcool et sur la bouteille, on peut lire la mention suivante « en vente seulement dans le Tamil Nadu ».

Mercredi 10/02/2010. En train vers Alappuzha (Alleppey), 282.000 habitants.

 

Attention !

Lorsque l’on prend son billet de train, il faut connaître le nom de la gare d’arrivée : en effet, il n’y a pas de gare à Cochin…la gare est à Ernakulam…de même, Goa n’existe pas, c’est un État, la gare est principale est celle de Margao (Margaon)…

Notre départ en train est programmé vers 16 heures 30 et d’ici là, nous flânons en ville.

Régine fait quelques courses : des bracelets de cheville, des cartes postales. Les boutiques sont en train de s’ouvrir et l’on voit les commerçants en faire le tour intérieur avec à la main une mèche allumée et une clochette. Il s’agit probablement d’éloigner les mauvais esprits et de mettre de son côté le Dieu du commerce !

Alleppey, c’est une excellente idée de Régine.

Cette étape doit nous permettre de nous reposer un petit peu de notre fatigue accumulée et de visiter, par bateau, la région des « backwaters » !

Nous passons un coup de fil à John, le propriétaire de la Guest House, pour qu’il vienne nous chercher à la gare d’Alleppey.

A 15 heures, nous voici à la gare : c’est tôt, mais nous voulons nous repérer !

Nous déposons nos bagages à la consigne (il faut montrer notre passeport, mais c’est plus pour noter notre nom sur un grand registre que pour contrôler notre visa).

Nous repérons le quai d’où le train doit partir puis nous sortons de la gare pour faire des courses alimentaires car nous avons prévu un petit pique-nique…

Il va falloir s’armer de patience car le train -un express- va parcourir 450 kilomètres en 10 heures, soit une moyenne de 45 kilomètres à l’heure !

A dire franc, si on considère le nombre respectable d’arrêts et la durée de ces arrêts, on doit tourner autour d’un 80 kilomètres à l’heure.

Notre arrivée est prévue à 2 heures 25 du matin…

Avec une petite demi-heure de retard, le train arrive en gare, nous sommes en seconde classe avec air climatisé : nous serons tous les deux seuls dans un compartiment à deux.

 

Les gares !

Ça n’est plus ce que c’était !

Elles sont propres, plutôt accueillantes, les mendiants sont fermement chassés par la police munie de longs bâtons.

On y trouve de la vente ambulante, des restaurants (genre buffet de la gare) et aussi des prises pour recharger téléphones portables et ordinateurs…

Les annonces sont faites en hindi et en anglais (difficile à comprendre !).

 

Les trains !

D’une longueur inhabituelle, mais sur chaque wagon est inscrit le numéro du train, le « nom » du train (en anglais et en hindi) et le numéro du wagon.

Exemple : trajet Mangalore/Madgaon.

2620; Matsyaganda express; 3A.

La composition des trains est indiquée sur un tableau à la vue des voyageurs ou alors, c’est encore mieux, un tableau lumineux défile et indique par rapport à un repère situé sur le quai, l’emplacement théorique du wagon.

Restent à trouver les places…

 

Les wagons !

Je ne sais pas de quand datent les wagons voyageurs, probablement des années 50…

Ils sont à bout de souffle; passer deux heures les siéges deviennent inconfortables; les vitres sont minuscules (c’est une façon de se protéger du soleil) et sales, elles sont souvent recouvertes d’un film jaunasse; les ventilateurs ne fonctionnent pas; la climatisation fait un bruit d’enfer; ce n’est pas très propre mais à côté de cela, chaque wagon, au moins en seconde classe, a deux prises : l’une pour les ordinateurs portables, l’autre pour recharger les téléphones mobiles…C’est dire qu’on modernise plutôt que l’on ne remplace…

Bref, modernité et vétusté sont les deux mamelles de l’ Indian Railways, 4° réseau du monde, 1,6 millions d’employés, 20 millions de passagers/jour…

Il y a quelques wagons réservés aux femmes (seulement dans la classe la moins bonne).

A chaque extrémité du wagon, deux types de toilettes (étonnamment propres pendant les trajets) : Indian toilet (w-c à la turque) et western toilet (w-c à l’anglaise).

 

L’ambiance !

Les passagers sont invités à attacher leurs valises avec des câbles pour éviter les vols (des anneaux sont prévus à cet effet).

Pendant les trajets des vendeurs de boissons (thé, sodas, café) et de nourriture (samoussas, bananes etc.…) parcourent les trains. Il y a même un service de restauration à la place (pas mauvais du tout, et servi avec une cuillère pour les occidentaux).

Ce qui est étonnant, c’est l’attitude des passagers : il nous est arrivé de prendre un train du matin (9 heures 30) et les couchettes sont déjà en place, la distribution des draps, couvertures, oreillers est terminée sur le coup des dix heures et tout le monde, jeunes et moins jeunes, va s’étendre et dormir…

A ce propos, les couchettes du haut ne sont peut être pas les plus agréables car on est trop près de la clim qui finit par donner mal à la tête : il faut donc prévoir de mettre un drap en travers pour en atténuer les effets.

Nous nous mettons d’accord avec le contrôleur pour qu’il nous signale notre arrivée à Alleppey…à 2heures 25 du matin !

Effectivement, juste avant notre arrivée, un employé vient nous réveiller, nous nous préparons, nous sommes prêts à sortir, le train s’arrête, nous sommes dans le couloir mais impossible de passer la porte car l’employé s’est rendormi, enveloppé des pieds à la tête d’un tissus qui fait linceul, sur un rabattant de bois qui lui sert de couchette et qui bouche la sortie !

Il nous reste l’autre sortie du wagon vers laquelle nous nous précipitons…

Nous voilà sur le quai, il est bien 2 heures 25, le train a rattrapé son retard !

Il fait très bon

Peu de passagers sont descendus à cet arrêt.

Nous voilà sortis de la gare à la recherche de notre hôte, qui, normalement, doit nous attendre…mais personne…seulement cinq à six tuk tuk qui attendent les clients, mais point de Mister John !

Nous voilà bien ! Nous décidons qu’il peut être en retard, et lui laissons ¼ d’heure…

Un quart d’heure d’ heure plus tard, toujours personne…alors, là, un peu inquiets nous prenons un tuk tuk, direction la guest house de John…10 minutes plus tard, nous sommes devant la porte de la guest house…notre chauffeur corne, secoue la porte métallique, les chiens aboient, nous faisons un bruit d’enfer mais rien n’y fait…personne ne bouge…finalement, nous voyons John sortir de la maison, torse nu, un téléphone à la main…il nous dit que notre arrivée, dans son esprit, était prévue le 12 et non le 11…bref, sa guest house est pleine, mais avec son téléphone, il parvient à nous trouver une place dans une guest house toute proche…nous nous y rendons…mais notre « nouvel » hôte nous dit tout de suite qu’il n’a pas de chambre pour cette nuit mais qu’il va nous loger dans une pièce qui lui sert de séjour…nous voilà, pour Régine, allongée sur un vague canapé à la dureté inégale, et moi, par terre à ses pieds, sur un méchant matelas, avec un ventilo qui fait beaucoup de bruit…mais bon, nous sommes à l’abri, bien fatigués, et nous allons réussir à dormir un peu…

Jeudi 11/02/2010. Alleppey (État de Kerala).

A 8 heures, nous sommes debout ! Notre hôte occasionnel nous dit qu’il aura une chambre disponible ce matin, à partir de 11 heures…

Nous allons donc chez John pour prendre notre petit déjeuner, fort copieux (Régine recommande le miel !).

Nous nous mettons d’accord avec John pour la journée de demain : nous réservons un bateau pour nous tout seuls qui naviguera le 12 et dans lequel nous passerons la nuit du 12 au 13.

Nous partons en ville car nous avons à réserver des billets de train, ce que nous allons faire par l’intermédiaire d’une agence.

Tout irait bien, nos billets sont établis par ordinateur…sauf que…nous sommes sur une liste d’attente pour le trajet Kochi/Bangalore…en 2° et 3° position !

Nous payons, y compris pour le trajet Kochi/Bangalore…

 

Les listes d’attente !

Lorsque les trains sont complets; il est établi une liste d’attente, par ordre d’inscription.

Bien entendu, si personne ne se dédit, il n’est pas possible de prendre le train…

Nous avons cependant une place affectée, mais elle n’est évidemment pas définitive.

Dans ce cas précis, d’après l’agence, il n’y a aucune crainte à avoir, d’abord parce que nous sommes dans des positions extrêmement favorables en 2° et 3° et qu’en plus, étant étrangers nous sommes prioritaires…

Nous ne saurons que 24 heures avant le départ si oui ou non nous avons nos places.

Pour cela, nous pourrons consulter la « waiting list » à partir d’un ordinateur, ou nous rendre à la gare où seront affichées, une heure avant le départ, les listes des passagers qui, inscrits sur la « waiting list », pourront prendre le train du fait des désistements…

Au cas où il n’y aurait pas de place disponible, nos billets seraient remboursés !

Nous rentrons, il est 11 heures, dans notre chambre, modeste, mais suffisamment confortable (air conditionné).

Nous repartons vers les 14 heures pour aller déjeuner en ville (210 roupies à nous deux, avec un thé, soit un peu plus de 3 euros) : le restaurant que nous avons choisi a deux salles : l’une pour le « tout public » et l’autre réservée à la clientèle féminine.

Nous sommes toujours étonnés de la relation entre le mangeur et le mangé : tout est avalé à la vitesse grand « V » et en quantité considérable : visiblement la nourriture est nécessaire, mais pas le plaisir de la table !

Retour à la guest house, repos et départ pour la plage. Atmosphère paisible, bien loin des turbulences des grandes villes.

Beaucoup de monde (mais la plage est immense), des cerfs volants, des vendeurs de ballons, de cacahouètes grillées devant vous dans du sable chaud, des chameaux pour amuser les enfants…

Il est 19 heures quand nous rentrons dans notre chambre et nous décidons de ne pas aller dîner. Nous nous contenterons des quelques biscuits qui nous restent de la nuit précédente.

Vendredi 12/02/2010. Alleppey, les backwaters.

Nous nous levons vers les huit heures, dans le fond, une bonne nuit, qui nous permet d’effacer la précédente…

Nous demandons à John de téléphoner pour nous et de nous réserver une chambre pour les quatre nuits que nous avons l’intention de passer à Cochin.

Il nous déconseille vivement de faire le parcours Alleppey /Cochin par le bus et nous réserve un taxi qui fera le trajet beaucoup plus vite et que nous ne paierons pas trop cher car nous voyagerons avec trois autres touristes.

C’est vrai que le trajet en bus veut dire des ruptures de charge ! Il faut, au sortir de notre excursion sur les canaux, prendre un tuk tuk pour nous rendre à la gare routière d’Alleppey, puis arrivés à Cochin (en fait, à Ernakulam) prendre un autre tuk tuk qui nous déposera sur le quai où nous devrons prendre un ferry pour nous rendre à Fort Cochin (notre point d’arrivée…), et là, prendre encore un tuk tuk pour nous rendre à la guest house où nous avons réservé !

Après notre petit déjeuner, nous attendons notre départ pour l’excursion sur les canaux.

1_001Des hommes décrochent en grimpant aux cocotiers des noix de coco. Ils ont une méthode bien particulière pour y grimper : ils se lient les chevilles avec une corde, laissant peu de jeu entre les pieds, et progressent par petits bonds sur l’écorce de l’arbre…

Vers 12 heures c’est le départ pour l’embarquement…

Nous passons d’abord dans un orphelinat pour remettre une enveloppe contenant de l’argent que John a prélevé devant nous sur le prix du billet que nous avons payé.

C’est une donation de 300 roupies, contre laquelle un reçu nous est remis.

Un moment de gêne tout de même : lorsque nous arrivons dans le bureau du supérieur (?), il y a un jeune à genoux, les mains jointes, visiblement en train de se faire passer un savon…

Notre chauffeur complète les provisions en s’arrêtant dans un supermarché, fort bien pourvu (Régine y trouvera les cacahouètes grillées indispensables à tout apéritif) et va ensuite acheter dans une boutique spécialisée une bonne bière pour nous deux !

 

L’alcool !

Les deux États -Kerala et Tamil Nadu- sont des États prohibitionnistes: il est interdit –ou à peu près- de consommer de l’alcool, donc de la bière.

Mais il y a parfois des accommodements avec le ciel : la bière peut être vendue sous le manteau (à Cochin, par exemple) ou dans une théière (demandez alors du thé « spécial »)…

Mais d’une façon générale, faire attention à ne pas offusquer les Indiens par des demandes qu’ils jugent parfaitement déplacées…

Pas d’alcool dans les restaurants végétariens…

3Arrivée au quai d’embarquement, le bateau est là, devant nous, et c’est magique !

Il parait immense (il n’y a cependant qu’une seule chambre pour trois personnes) : il y a 8 sièges en rotin qui pendent du plafond. Visiblement, ce bateau fait aussi des excursions d’une journée.

La table pour manger est de bonne taille, la cuisine est vaste et nous partons suivre les canaux.

C’est très reposant et les paysages de la campagne sont magnifiques : voir le vert des rizières nous change du bitume des villes…et le calme, seulement le bruit du moteur !

Beaucoup d’oiseaux, de palmiers, de verdure…

Vers 17 heures, le thé nous est servi par un des hommes de l’équipage (ils sont trois).

Avant que la nuit ne tombe, nous nous arrêtons à proximité du village de Kainakary (10.000 habitants).

Nous sortons du bateau et nous nous promenons vers le village : nous longeons une rizière où des hommes sèment du riz à la volée.

 

 

Les backwaters :

C’est un réseau de 900 km de canaux navigables, à l’intérieur des terres, parallèles à la mer d’Oman et qui longent la côte de Malabar. Ce réseau relie cinq grands lacs, alimentés par 38 rivières. C’est un véritable labyrinthe, mélange d’eau salée et d’eau douce à la faune incomparable !

Le bateau :

A l’origine, ces bateaux de 30 mètres de long, servaient au transport de marchandises (riz, épices –poivre, cardamome, vanille, cannelle etc.…).

Ils sont fabriqués en fibre de noix de coco, les lattes de bois sont liées et colmatées par du coir (fibre de la coque de la noix de coco).

On n’est jamais le seul bateau à naviguer : on estime qu’il y a environ 400 bateaux pour touristes, dont 120 à Alleppey…

Nuit à bord ! Il fait bien chaud sous la moustiquaire…

Samedi 13/02/2010. Retour vers Alleppey et départ pour Kochi (Cochin) ,1.360.000 habitants.

Dès 6 heures du matin, les haut-parleurs fixés au sommet des cocotiers déversent musique et informations…Il faut dire que le Kerala est le seul État Indien à avoir été dirigé pendant plusieurs années par le parti communiste (élections de 1957) avec quelques titleernances…d’où la présence de drapeaux rouges frappés de la faucille et du marteau dans certaines communes…

C’est peut être pour cela qu’au Kerala l’espérance de vie (73 ans contre 62 ans pour l’Inde) et le taux d’alphabétisation (93,6% contre 63% pour l’Inde) sont très supérieurs à la moyenne nationale. Garçons et filles sont pratiquement tous scolarisés.

Notre programme du matin, après un copieux petit déjeuner, c’est d’abord une balade en canoë (le canoë permet d’aller partout où notre house boat, compte tenu de sa taille, ne peut aller…), puis, le retour vers Alleppey mais avec une htitlee « pêche » (!).

Nous voilà munis de cannes à pêche élémentaires, baguettes de bois avec fil de nylon et appât !

A ce jeu là, je suis l’heureux vainqueur avec trois poussons pêchés (et remis à l’eau), Régine ayant pêché le plus beau des poissons (un tout jaune !).

De retour à notre port d’attache, nous prenons notre taxi qui doit nous emmener à Fort Cochin pour 375 roupies par personne.

Trois autres touristes montent à bord : un couple d’anglais (elle horriblement bavarde !) et une allemande, d’allure assez délurée, qui parle un excellent anglais (heureusement, elle est aussi bavarde que l’anglaise, lui, on le comprend est tout à fait muet !).

Nous arrivons à Fort Cochin, et sommes déposés à la porte de notre guest house, la « red house ».

Nous avions choisi la meilleure chambre, en fait un petit studio, au dernier étage, pour 2.000 roupies la nuit (30 euros).

Une immense entrée avec un réfrigérateur, une grande chambre, une belle salle d’eau, un balcon…et bien sûr, l’air conditionné et les ventilateurs…

Inconvénients (il y en a quand même) : nous sommes assez loin de centre –une bonne dizaine de minutes à pied à faire en pleine chaleur- et la vue n’est pas terrible car nous donnons sur une caserne…

Il est 17 heures quand nous sortons faire un tour en ville.

Nous allons à pied jusqu’aux « chinese fishing nets » (carrelets) : grands filets de pêche tenus par de longues perches en bois et dotés d’un ingénieux système de contre poids.

Nous achetons une bière, pas facile à trouver (à mettre dans notre réfrigérateur) puis nous filons au restaurant, le Mango Tree.

Le service est lent, tellement lent (contrairement à l’habitude) qu’un client s’endort à table…

Un tuk tuk nous ramène à la guest house pour 30 roupies, mais nous aurons beaucoup de mal à ouvrir la porte de notre chambre : la clef –très bel ouvrage- est d’un modèle tout à fait ancien, d’origine portugaise.

Dimanche 14/02/2010. Fort Cochin.

Cochin !

Cochin est un ensemble qui regroupe trois entités : Ernakulam, Mattancherry et Fort Cochin.

A cela, s’ajoute une multitude d’îles…dont une île artificielle (Willigton) construite dans les années 20. Il y a peu de ponts (il faut faire de grandes détours pour en trouver un), il faut donc utiliser les ferries, très nombreux et peu chers.

C’est un doux mélange de population : une diaspora juive –ils ne sont plus qu’une quinzaine à ce jour-, des Arabes, des Chinois, des Portugais, des Hollandais, des Anglais…arrivés par vagues successives, les Indous seraient même minoritaires (47%) !

Après notre petit déjeuner, nous partons visiter la synagogue. La chaleur est écrasante et nous ne faisons qu’une partie du parcours à pied, le reste en tuk tuk.

En soi, la synagogue ne présente pas grand intérêt, mis à part les carrelages du sol.

Nous déjeunons dans le quartier (achat de safran, de savon à la noix de coco) et retour à la guest house par tuk tuk.

Ves 16 heures 30, nous sortons pour nous rendre à un spectacle typique du Kerala : le kathakali.

Mais nous sommes tout près de l’église « Santa Cruz » où se déroule un mariage…Bien sûr, nous y allons : le rite est catholique, la décoration plutôt kitch avec des cœurs un peu partout, l’ambiance bon enfant…

La messe de mariage (extrait !)

Les futurs mariés ont dû arriver en voiture rouge, superbe, vieille de 100 ans, de fabrication britannique, mais ils repartiront en Mercedes…

Puis nous nous rendons au théâtre : les acteurs se maquillent longuement sur scène devant leur public (uniquement composé d’occidentaux !) puis jouent.

Chant kathakali.

Jeux de mimiques, de danses, réalisés par des hommes.

Nous sortons, et nous voici à nouveau devant les »chinese nets ».

Nous dînons au restaurant de l’hôtel « elite ».

Nous sommes assis près d’un groupe de 6/8 indiens, plus une bière, cachée sous la table…la chair est faible !

Nous rentrons à la guest house avec un conducteur de tuk tuk qui, dès qu’il sait que nous sommes français, va entonner des chansons d’Hugues Aufray dont  » hisse et ho, Santiano » !

Il n’oubliera pas non plus de nous proposer un tarif réduit si nous acceptons de nous arrêter dans un magasin…

Lundi 15/02/2010. Cochin.

Nous décidons d’aller faire un tour à Ernakulum et pour cela, nous devons prendre d’abord un tuk tuk qui nous conduira jusqu’au débarcadère où nous prendrons un ferry.

Notre grande surprise, c’est le prix demandé par le tuk tuk : 15 roupies !!! Seulement 15 roupies : il doit débuter dans la profession !

Quand je pense que pour des trajets beaucoup plus courts nous avons payé plus du double !

D’ailleurs, au retour, nous ne trouverons pas en dessous de 30 roupies, soit le double pour le même trajet…

Régine se pointe au guichet des femmes pour acheter les tickets de traversée (la file des femmes est beaucoup moins longue que la file des hommes).

Il est bien spécifié sur un panneau que l’on ne peut pas prendre plus de 2 tickets par personne…La traversée va nous coûter 2,50 roupies par personne.

17Une petite vingtaine de minutes et nous voici à Ernakulum. Notre premier souci sera d’aller prendre un café à l »Indian Cafe House », les serveurs sont vêtus d’uniformes tout à fait seyants !

Puis nous passons chez un opticien : en effet j’ai perdu un étui à lunette (j’achète un tout neuf pour 100 roupies), et la paire que je porte nécessite réparation (effectuée gratuitement).

Après avoir parcouru la « Jew Street » (multitude de magasins de tissus), nous arrivons sur les « Champs Elysées » locales : la « Gandhi Road ».

Notre idée, c’est de faire les boutiques : il y a de très belles choses, mais malheureusement, difficilement portables en France car trop chargées de pierreries…

 

Étonnant !

Nous passons devant un guichet de la Catholic Syrian Bank…

C’est en l’an 52 que Saint Thomas, disciple du Christ, a évangélisé le Kerala.

Les Hindous évangélisés ont fait allégeance à l’église orthodoxe d’Orient à Antioche en Syrie.

Cette communauté a prospéré, elle a même créé cette banque au nom étrange…

La banque a été fondée en novembre 1920, à Thrissur (Trichur), et elle a aujourd’hui, 364 guichets, pour l’essentiel dans l’État du Kerala.

Il fait très chaud et nous décidons d’aller déjeuner dans un restaurant de cinéma (complexe tout à fait moderne).

Horreur, c’est la même chaîne que le Mango Tree de Fort Cochin !

Ce ne sont pas les mêmes serveurs, et nous allons être servis rapidement ! A la fin du repas, le serveur nous apporte un questionnaire d’appréciation que Régine se fait un plaisir de remplir (c’est son boulot…).

Il fait une chaleur épouvantable et nous rentrons aussi vite que possible par le même chemin qu’à l’aller.

Nous ressortons vers 17 heures, il fait moins chaud et le soleil va bientôt se coucher.

Nous prenons un délicieux jus de fruit au « Tea Pot » (clientèle exclusivement occidentale) avant d’aller dîner, selon les recommandations de notre hôte, au « Dal Roti », très bon dîner, mais à part le patron et deux trois serveurs, il n’y a que des occidentaux.

Mardi 16/02/2010. Cochin.

Nous demandons à notre hôte de vérifier ce qu’il en est de la « waiting list » : en effet, nous sommes toujours incertains quant à notre voyage en train de Ernakulum à Bangalore…

Il allume son ordinateur mais il a beaucoup de difficulté à ouvrir la page de l’Indian Railways…

Bref, nous partons en ville sans savoir si demain, nous pourrons aller ou non en train à Bangalore, suspens !

Nous retournons dans le quartier de la synagogue pour visiter le palais « hollandais » (en fait, résidence construite par les portugais en 1558 pour y loger le gouverneur, mais rénové en 1663 par les hollandais, d’où son nom).

Visite intéressante, belles fresques, mais photos interdites et pas de cartes postales pour compenser…

Après que Régine a acheté un pantalon (rude négociation pour le faire passer de 450 à 350 roupies), nous déjeunons dans le quartier.

Puis retour à la Guest House (nous apprenons que nous sommes toujours sur la « waiting list » mais que la mise à jour n’est pas encore faite ! donc, tout espoir n’est pas perdu !) d’où nous ressortons à la fraîche, si je puis dire, vers 17 heures.

Nous allons vers les vendeurs de poisson et de fruits de mer qui sont juste à côté des « chinese net » : nous choisissons 10 grosses crevettes « king size » pour 250 roupies et nous aurons 100 roupies à ajouter pour la cuisson.

L’intermédiaire nous accompagne jusqu’au restaurant, deux trois rues plus loin : c’est là que nous mangerons nos crevettes grillées. Rendez vous est donc pris pour 19 heures 30.

Mercredi 17/02/2010. Cochin, départ pour Bengaluru (Bangalore) ?

Mercredi matin toujours pas de nouvelle pour nos billets de train…

A 11 heures, nous sommes en ville, toujours à proximité des « chinese net ». Nous sommes invités à la manœuvre par un des pêcheurs.

12Il s’agit de tirer fort sur la corde pour remonter le filet : à dire franc, répéter l’exercice 300 fois par jour pendant 5 heures doit être assez fatiguant et surtout frustrant quand on voit le peu de poisson (surtout des mulets) qui s’agite dans les filets…

Le produit de la pêche revient à 30% au propriétaire du filet, les pêcheurs se partageant les 70% restant.

Ils nous expliquent que la pêche est beaucoup moins bonne depuis le tsunami qui, d’ailleurs, a dévasté les filets.

3Bref, nous sommes sollicités pour laisser un peu d’argent à la caisse !

Nous filons au Mango Tree (eh oui ! on y retourne) pour prendre un jus de fruit : comme d’habitude, l’attente est délirante et il fait très froid dans cet espace climatisé !

Déjeuner au « top roof » de l’hôtel « Elite » puis retour à la guest house par un tuk tuk qui nous la joue grandiose rapport à son tarif : c’est 30 roupies, il n’a plus de père, il n’a pas d’argent…Je le console, en lui expliquant que moi, je n’ai plus de père mais aussi que je n’ai plus de mère !

De retour à la guest house, notre hôte nous donne tout de suite la bonne nouvelle : nous ne sommes plus sur la « waiting list » ! Nous aurons donc des places…pas les mêmes que celles prévues initialement, mais dans la même catégorie.

 

La cuisine !

 

Deux catégories de restaurants : les restaurants végétariens, les plus nombreux, et les non végétariens (mais très peu de viande, rarement du porc, surtout du poulet).

Certains restaurants affichent nettement la couleur : ils ont deux cuisines au sein du même établissement, une pour les « veg. », une autre pour les non « veg ».

Caractéristiques communes aux plats indiens : c’est bon, et parfois très bon mais…le poisson ne sent plus le poisson mais le massala, le poulet sent les épices mais pas le poulet, le thé au lait à le goût du lait, pas celui du thé…

D’une façon générale, les mets sont très épicés !

Nous partons pour la gare d’Ernakulum : un tuk tuk et nos deux valises, le ferry, un tuk tuk du quai à la gare ferroviaire…

Nous arrivons largement en avance, nous déposons donc nos bagages à la consigne et partons faire un tour en ville (achat de nourriture pour notre pique nique de ce soir!).

Pour la première fois (et l’unique fois) nous voyons de l’halva en vente : confiserie faite à base de semoule de blé, de miel ou de sucre, avec des inclusions de fruits secs.

Retour à la gare : nous passons devant un grand tableau où sont accrochés par des pinces à dessin des listing informatiques, train par train, qui donnent l’état des « waiting list » : on se croirait devant les résultats du bac !

Effectivement, nous retrouvons nos noms, en très bonne place, suivis d’une flopé d’autres (une bonne soixantaine) ce qui veut dire que beaucoup de passagers renoncent au dernier moment à prendre le train…

Nous retrouverons, à la montée dans le wagon, le listing informatique de l’ensemble des passagers du wagon…collé au scotch sur son flanc.

Nuit du mercredi au jeudi, dans le train, vers Bangalore.

Le train arrive à quai avec 20 minutes d’avance sur l’horaire mais partira à l’heure, c’est-à-dire 21 heures et arrivera à bon port un peu avant 10 heures du matin…

Nous avons à faire 630 kilomètres et nous mettrons donc 13 heures, soit une moyenne de 48 kilomètres à l’heure…

Nous sommes quatre dans notre compartiment et nous occupons les couchettes du haut. Régine tend un drap fourni par l’Indian Railways en travers, de façon à éviter d’avoir la climatisation sur le crâne.

Nous mangeons nos chips achetées en ville (extra dures !) et notre orange, voilà notre dîner !

Jeudi 08/12/2010. Bangalore Mysore en bus.

Nous trouvons facilement le bus direction Mysore car la gare routière est juste en face de la gare ferroviaire.

Pour la première et dernière fois, nous pouvons mettre nos valises dans la soute à bagages !

Et puis, luxe suprême, nous avons droit à une bouteille d’eau minérale !

Nous traversons Bangalore, la police est en uniforme comme toutes les polices du monde, mais chaque agent a un magnifique chapeau style cow boy !

La ville est très étendue (5,7 millions d’habitants), les feux rouges sont alimentés par des panneaux solaires.

Anecdote : nous longeons un cimetière chrétien (présence de tombes et de croix sur les tombes) et nous voyons entre les tombes du linge à sécher au soleil, accroché à des fils…

Nous arrivons à Mysore, toujours le même système de gare routière à l’extérieur de la ville.

Mais là, nous optons pour un tuk tuk qui va nous amener à l’hôtel que nous avions choisi dans notre guide (nous sommes à peu prés sûrs que le tuk tuk s’est fait commissionner, sans raison aucune…).

Le sol de notre chambre est en marbre (attention, ce n’est qu’un hôtel de deuxième ordre !).

Nous sortons vers 19 heures pour aller dîner au « Dynasty », restaurant de l’hôtel Palace Plaza.

Très bon dîner, surtout que nous pourrons boire une bonne bière bien fraîche : finie la prohibition, l’alcool est en vente libre (il y a même du Martini, du whisky, de la vodka –mais peut être cela est il de fabrication locale…et plusieurs marques de bières sur la carte) et une bonne glace !

400 roupies pour nous deux (6 euros tout de même !), ça les valait bien, surtout avec la nappe à carreaux et les serviettes en tissus.

Vendredi 19/02/2010. Mysore (État du Karnataka), 950.000 habitants.

Le problème de Mysore, ce sont les fréquentes pannes de courant qui surviennent la nuit : on est alors réveillé par le bruit des générateurs poussifs qui se mettent en marche.

Au petit matin (enfin, vers 9 heures 30), nous partons visiter le palais du maharaja, le Mysore Palace et en avant cocher !

Les photos sont interdites à l’intérieur du palais et l’on doit déposer les appareils photos à la consigne.

Nous nous contentons de les mettre dans nos sacs à dos…grossière erreur, car dès le premier scan nous voilà repérés ! Il nous faut (théoriquement) faire marche arrière et retourner à l’entrée du palais (une bonne distance sous un soleil ardent…); mais nous sommes sauvés par un garde qui nous fait comprendre que moyennant finance, il nous laissera passer avec nos appareils…

Le palais (reconstruit en 1912 suite à un incendie) est immense, très kitsch (mélange de styles et de matières : bois d’acajou pour les plafonds, portes en bois incrustées d’ivoire, trône en or).

La spécialité de Mysore, c’est le bois de santal sous toutes ses formes : nous achetons quelques cônes pour mettre dans nos brûle parfum.

 

Les billets de banque.

Ils ne sont pas tous en mauvais état, mais tous servent de bouts de papier où l’on fait ses opérations…pas de billet sans une addition, une soustraction ou une division…

Nous retournons à notre hôtel et en profitons pour déjeuner dans une de ces innombrables cantines…pour 76 roupies -1,14 euros- à deux (et encore, nous avons pris du thé !).

Dans ce restaurant populaire, l’équipe est composée d’un serveur et d’un homme de ménage qui passe débarrasser les tables et les essuie avec une serpillière sale (haut le cœur, surtout quand on fait ça sous votre nez…). La caisse est à l’entrée et on paye en sortant.

Nouvelle sortie aux environs de 17 heures (les heures chaudes de la journée sont en général passées dans notre chambre), direction le marché.

audio : un marché comme partout !

C’est vraiment un marché qui vaut la peine d’être visité ! Des étals d’épices, de légumes, de fleurs, des bruits, des couleurs et des odeurs…Une atmosphère agréable.

Dîner à l’Indra Bhavan, restaurant lui aussi populaire, de qualité, proche du marché !

76 roupies pour nous deux avec de l’eau minérale et deux cocas !

Samedi 20/02/2010. Mysore/Somnathpur/Mysore.

Mauvaise nuit : beaucoup trop de coupures de courant et donc trop de bruits.

Et puis, les Indiens ne se préoccupent pas du tout de ceux qui souhaiteraient dormir et s’interpellent à haute voix dans les couloirs qui résonnent, quelle que soit l’heure…

Nous partons après notre petit déjeuner, à pied, vers la gare routière (City Bus Stand) où nous trouvons facilement le bus qui nous conduira à la New Bus Stand.

Mais une fois arrivés là, quel pataquès !

Nous sommes envoyés d’un bord à l’autre de cette gare routière et effectuons plusieurs fois le tour sans trouver notre destination (merci à LP et au GDR, vos indications sont fausses : le bus ne part pas de la New Bus Stand…).

Finalement, nous comprenons que ce fichu bus ne part pas de la gare routière, mais qu’il se prend à un arrêt « trottoir » non loin de là, le long d’une rue voisine.

Nous finissons par trouver le bus et en route pour Bannur. Là, pas de temps à perdre, nous changeons pour Somnathpur.

Cette escapade nous permet de renouer avec la campagne indienne, ses rizières, ses buffles mais aussi la surcharge de passagers et le chargement hétéroclite de ballots avec, en prime, une chèvre, qui sera fort gênante lorsque Régine voudra descendre….

Nous visitons le temple et prenons la route du retour vers Bannur (la même qu’à l’aller, mais avec un bus qui a perdu ses amortisseurs) : nous sommes assis dans la rangée du fond et ça fait mal aux fesses !

A Bannur, nouveau bus, et il se trouve que Régine est assise à côté d’une professeure de sociologie qui lui remettra sa carte au cas où il nous arriverait, un jour, de revenir à Mysore…

Tout à côté de notre hôtel, il y a le palais de Jaganmohan qui abrite la galerie-musée de Jayachamarajendra : nous la visitons. Assez décevant comme visite, on en est au stade d’un simple bric à brac.

 

Tuk tuk et racket.

De temps en temps, et plus particulièrement à Mysore, nous constatons la présence près des tuk tuk d’individus qui se prétendent propriétaires de ceux-ci et entament la négociation sur le prix du trajet.

En fait, comme ils parlent anglais (enfin, un petit peu…), ils indiquent au chauffeur (non anglophone, et incapable de lire les caractères latins, donc les adresses) où ils doivent conduire les passagers, mais bien entendu, ils en profitent pour racketter les chauffeurs et les passagers…en pratiquant des prix tout à fait abusifs (exemple 100 roupies, sacrifié à 80 roupies…pour un trajet que nous ferons à 60).

Pour ce soir, nous avons décidé de faire un dîner de roi (ou plutôt de Maharaja…).

Direction le restaurant « la Gardenia », (hôtel Regaalis), mais notre tuk tuk se trompe et nous emmène d’abord au restaurant du « Green Hotel ».

Demi tour, et finalement, nous arrivons à bon port : nous entrons avec notre tuk tuk qui nous débarque juste à la hauteur du portier moustachu et en uniforme.

Visiblement, notre arrivée ne passe pas inaperçue : dans le parking de l’hôtel, il n’y a que de belles voitures rutilantes avec chauffeur, des autobus touristiques tout neufs, mais pas l’ombre d’un tuk tuk !

Le portier a du mal à garder son sérieux mais me gratifie d’un « good night sir ». Nous avons remarqué que d’une façon générale, les fous rires ou les sourires sont le fait du « petit » personnel, mais que plus on monte dans la hiérarchie moins ça devient drôle !

Le dîner est sous forme de buffet, il n’y a que des occidentaux, et bien sûr, des couverts, des nappes et des serviettes…

Là, nous cassons notre tirelire, car le repas va nous coûter 1.100 roupies à deux (dont 200 rien que pour la bière), soit environ 17 euros.

Le retour va nous coûter, de nuit noire, 50 roupies pour un aller à 60…

Dimanche 21/02/2010. Mysore/Srirangapatnam/Mysore.

Cette fois, nous allons trouver sans problème aucun, notre bus pour Srirangapatnam.

Là aussi, de la vente ambulante : cure oreilles, concombres, « médicaments »…

Sur place, il y a plusieurs sites à visiter : le temple, accessible à pied à partir de la station de bus et surtout le palais d’été du sultan Tippu, tout à fait à l’opposé, et à grande distance de la gare routière.

Nous voilà partis pour le temple (pas grand intérêt), il fait très chaud (comme d’habitude) et nous nous arrêtons dans un petit jardin public où nous pouvons nous reposer à l’ombre d’arbres séculaires…

Une fois visité le temple, nous prenons un tuk tuk pour le palais d’été superbement orné de fresques (photographies interdites, mais beaucoup de visiteurs, y compris les locaux, passent outre).

Nous reprenons un tuk tuk qui nous conduit jusqu’à la gare routière et de là, nous montons dans notre bus pour rentrer à Mysore. C’est un bus tout neuf, peut être est ce pour cela que le trajet nous coûtera 30 roupies au lieu de 20 à l’aller…J’imagine qu’une telle différence de prix doit être difficile à absorber pour la population locale.

De retour à Mysore, nous nous arrêtons à notre boui-boui habituel et nous faisons comprendre à notre serveur que nous ne souhaitons pas manger de thalis : il va donc nous servir tout autre chose et c’est bien bon, le tout pour 56 roupies à deux !

De notre hôtel, nous cherchons à téléphoner à Goa, pour réserver une chambre, mais c’est tâche impossible, personne ne connaît l’indicatif, lequel ne figure pas non plus dans le répertoire officiel !

Nous ressortons à la nuit tombée, car nous sommes dimanche, et le dimanche le palais du maharaja brille de tous ses feux de 19 à 20 heures ! C’est tout à fait spectaculaire car féerique, l’entrée est gratuite, il y a beaucoup de monde mais les jardins sont vastes. On dit qu’il y a 96.000 ampoules (nous ne les avons pas comptées…), et il y a un petit orchestre militaire qui joue de la musique traditionnelle indienne.

Petite musique de nuit…

Une fois nos yeux suffisamment éblouis, nous rejoignons le restaurant du Palace Plaza, le Dynasty mais cette fois nous montons en terrasse.

Beaucoup de monde sur la terrasse et beaucoup de français dont un groupe de huit femmes, de toute génération, qui ont invité leur guide indien, sa femme et leur fils.

Le service est forcément un peu débordé, il le sait et s’en excuse…

Lundi 22/02/2010. Départ pour Hassan, 120.000 habitants (autant dire un village…).

Nous nous levons de bon matin (8 heures), et nous prenons un tuk tuk pour nous rendre à la gare routière inter city.

Il est 8 heures 45 quand nous installons dans notre bus nos bagages, sous le siége arrière. Arrive un couple allemand, pas de chance car nos deux bagages prennent toute la place disponible sous le siége…

Il est 9 heures quand le bus démarre et il a bien du mérite vu son âge !

A un arrêt, un jeune écolier offre, à travers la vitre, deux trois bonbons à Régine : voilà qui est tout à fait contraire à l’usage qui veut que se soit à l’étranger de donner !

44Puis à un autre arrêt, montée d’une volée d’écoliers en uniforme, garçons et filles, de retour de classe…Ils sont particulièrement en forme et vont très vite se placer dans le corridor formant une masse compacte à côté de nous.

Apparemment, le transport est gratuit pour eux.

Et les questions fusent : ils veulent tout savoir de nous, enfin les questions habituelles posées par un grand, le seul à baragouiner un peu d’anglais.

Mais il y a une question qui dérange et à laquelle, pratiquant l’art de l’esquive, nous ne répondrons pas : en effet, ils nous demandent quelle est notre caste !

Une écolière sympa a une très belle montre à son poignet mais ses chaussures sont trouées…

Un petit garçon, son frère, est particulièrement espiègle avec une bouille très expressive. Il a avec lui un sac plastique à l’intérieur duquel il y a un bouquet de coriandre, une bouteille d’eau et une boite métallique ayant contenu son déjeuner.

Nous arrivons à Hassan en fin de matinée : la ville nous apparaît très vite comme poussiéreuse, sans intérêt et bruyante mais elle a l’avantage d’être une bonne base de départ pour la visite de deux sites « incontournables »…

Nous trouvons relativement facilement notre hôtel (pas de plan de ville ni dans LP ni dans GDR) après que Régine s’est renseigné auprès d’un commerçant.

Nous réservons pour trois nuits à moins de 1.000 roupies la nuit, une grande chambre avec AC et ventilateur. Elle est propre, le drap du lit est troué (mais on a l’habitude !), le lit est une vraie planche (mais on a l’habitude !), il n’y a pas d’électricité (panne).

Nous partons déjeuner et là nous faisons une mauvaise expérience : j’ai la mauvaise idée de nous arrêter à un restaurant/bar (toujours éviter ce genre d’enseigne !).

En fait, il n’y a que des hommes en train de boire fioles d’alcool sur fioles d’alcool…

Nous déjeunons fort mal dans une atmosphère sordide et poisseuse, pour 200 roupies à nous deux, d’un poulet masala, d’un chapati et d’une bouteille d’eau minérale. Un petit carré de journal fait office de serviette en papier.

Nous partons nous balader dans le jardin communal et nous trouvons, un peu par hasard, un café internet.

Nous lançons une demande de réservation d’hôtel pour Goa (plage de Benaulim)…on verra bien si on nous répond !

Nous complétons notre maigre déjeuner par un arrêt à une « pâtisserie » : sol douteux et collant, avec une multitude de mouches !

Le dîner au Survana Gate sera beaucoup plus confortable : 270 roupies pour un vrai repas en terrasse couverte…l’inconvénient, c’est qu’à partir de 20 heures, nous avons droit à la coupure quotidienne d’électricité et donc à la mise en marche d’un générateur qui fait un bruit d’enfer !

Mardi 23/02/2010.Hassan, Halebid, Belur, Hassan.

Pas très facile de trouver le bon bus car il n’est pas à quai, mais tout finit par s’arranger !

Nous traversons la campagne indienne : des éoliennes, des tracteurs, mais aussi des buffles qui tirent des socs en bois, des maisons coquettes en brique mais aussi des maisons en pisé, des bidonvilles (abris en toile plastique)…

Nous visitons le temple de Hoysaleswara, temple paisible, situé près d’un lac. Régine, à leur demande, photographie un groupe de femmes, l’une d’elle lui baisera la main.

Puis nous reprenons un tout petit bus, hors d’âge, comble, pour nous rendre à Belur où nous visitons le temple de Channekeshava, orné de quelques sculptures érotiques.

A Belur, nos déjeunons fort bien dans le restaurant d’un hôtel tout neuf, il y a deux Italiens et leur guide.

Puis nous reprenons un bus pour Hassan, il est rapide et normalement confortable !

Arrivés à Hassan, nous nous précipitons vers un café Internet : sur les trois demandes de réservation que nous avions faites pour notre séjour à Goa, nous avons enfin une réponse du Palm Grove Cottages.

Le soir, nous sortons pour dîner, toujours au Survana Gate.

Il y a là un couple d’allemands qui va déménager vers une salle intérieure dès que le générateur va se mettre en route, c’est-à-dire à 8 heures pétantes. Le drôle, c’est que le serveur va continuer à apporter les plats et les déposer sur une table vide de ses occupants…jusqu’à ce qu’il s’aperçoive que ses clients sont partis se réfugier loin du bruit.

Sur le chemin du retour nous achetons une mini pastèque, des bananes et des kleenex extra strong (!).

Régine se fera engueuler par un clochard à qui elle voulait donner quelques roupies, il faut dire qu’il était en train de dormir plus ou moins…

Mercredi 24/02/2010. Hassan/Sravanabelagola/Hassan.

Mauvaise nuit : les Indous vont parler très fort et très tard dans la nuit. Ce n’est que vers une heure du matin que le calme va revenir.

Nous trouvons facilement le bus pour notre destination.

Une fois sur place, courage, il y a 615 marches pour arriver au temple !

Et pas question d’y aller en chaussures : pieds nus c’est difficile car les pierres sont chaudes, et il y a foule de petits vendeurs qui vous proposent des chaussettes à prix décroissant au fur et à mesure que l’on approche de l’entrée (de 10 à 5 roupies).

Il n’est pas obligatoire non plus de monter à pied : à mi parcours on peut se laisser transporter par palanquin (chaise de rotin avec coussin, fixée sur deux longs bambous, et portée à l’épaule par quatre costauds).

A l’issue d’une montée pas trop fatigante tout compte fait, nous arrivons au temple et à la statue nue (clou du spectacle) de Gomateshvara, 1.000 ans d’âge, sculptée en un seul bloc de pierre, de 17,50 mètres de haut.

 

Un temple de la communauté Jaïne.

La communauté Jaïne est une communauté non violente, végétarienne, ils seraient 4 millions, surtout présents en Inde du nord. Ils obéissent à 5 règles majeures :

– Ne tuer aucun être vivant (cela exclut de manger des racines car on pourrait causer du mal à un animal en les déterrant)

– Ne pas voler (forcément, ça les rend populaires)

– Se détacher des biens matériels : le laïc doit se fixer une limite maximum de biens qu’il ne doit dépasser sous aucun prétexte. S’il le fait, charge à lui de redistribuer le surplus.

– Être chaste

– Ne pas manger de nuit (on pourrait par mégarde avaler un insecte) ni voyager de nuit (on risque d’écraser un être vivant)

Principal temple à l’étranger : celui d’Anvers (la ville des diamantaires).

Nous avons vu un groupe de femmes Jaïnes chanter des psaumes de louanges tournées vers la statue de Gomateshvara et portant devant la bouche un morceau de tissu ce qui empêche à tout insecte volant de pénétrer dans la bouche ouverte…

Chant jaïn.

Nous redescendons accompagnés d’une famille d’instituteur (c’est le temps des vacances, 8 jours sans élèves !).

En moyenne, il faut compter sur des classes de 50/55 élèves, garçons et filles, dans le primaire. La retraite de l’instituteur se prend à 58 ans.

Nous déjeunons au Raghu, restaurant végétarien, puis nous reprenons le bus pour Hassan : une belle bagarre à l’indienne pour pouvoir monter dans le bus vide…assis à côté de nous, un Polonais de Cracovie…

A un arrêt, contrôle des billets (ce sera le seul contrôle de tout notre voyage), je me demande s’il ne s’agit pas plutôt de contrôler le vendeur de billets que les passagers…

Arrivés à Hassan, alors que nous nous apprêtons à descendre, les passagers »montants »nous donnent à travers les vitres baissées, qui un foulard, qui un mouchoir, qui un tricot à mettre sur une place libre…

Nous passons dans une pharmacie car j’ai certaines parties du corps couvertes de piqûres de moustique et ça gratte terriblement…

Pour le dîner, restaurant habituel, et comme les soirs précédents, un groupe de jeunes Indiens, probablement des étudiants, festoie (pas de filles, rien que des garçons !).

Les restaurants.

Au dessus de 400 roupies pour deux, il n’y a que des occidentaux et quelques rares riches indiens.

Entre 100 et 400 roupies, il y a beaucoup d’indiens, mais pas d’indiennes…

A moins de 100 roupies, il n’y a que des indiens souvent en couple…et nous !

Jeudi 25/02/2010. Hassan/Mangalore (4000.000 habitants) par bus.

Pas grand monde dans ce bus de luxe, il est aux ¾ vide, coût du trajet 334 roupies pour deux.

Nous avons 4 heures 30 de trajet dans un paysage tiré des Vosges ! La route est une route de moyenne montagne en lacets, nous longeons des torrents, des forets de conifères, ça monte et ça descend !

Nous croisons un nombre incroyable de poids lourds de livraison d’essence et de gaz, un véritable défilé !

Tout va bien, jusqu’au moment ou nous abordons une portion de route absolument détestable qui nous fait heurter le plafond du bus…dit de « luxe ». J’imagine ce que cela doit donner dans un bus « ordinaire » !

Arrivés à Mangalore, notre chauffeur de tuk tuk nous déconseille vivement l’hôtel que nous avons choisi, bien entendu, il en connaît un autre bien mieux…

Le problème est réglé quand nous lui expliquons que nous avons réservé…

Nous logeons donc au Poonja International, très bon hôtel.

 

Hôtels !

Certains hôtels pratiquent la formule de la location de chambre dite de 24 heures.

C’est très pratique car cela veut dire que la chambre est disponible jusqu’à 24 heures après l’arrivée : ainsi une chambre occupée à 21 heures, doit être libérée le lendemain à 21 heures…

Nous partons nous balader dans la ville et je confirme qu’elle ne présente pas grand intérêt (mais nous le savions).

Vendredi 26/02/2010. Mangalore/Margao (c’est-à-dire Goa)/Benaulim par le train.

Lever tardif, car nous prenons le train en début d’après midi. Petit déjeuner continental pour 85 roupies par tête.

Le train se forme à Mangalore, si bien qu’il est à quai lorsque nous arrivons à la gare. Nous avons donc largement le temps de nous installer.

Le départ est prévu à 14 heures 40 pour une arrivée 437 kilomètres plus loin, à 20 heures 45, soit 6 heures de train et une moyenne de 73 kilomètres à l’heure.

Visiblement, des mesures de sécurité sont prises : pour la première fois nous voyons une équipe de trois hommes avec chien et matériel de détection parcourir les wagons.

2A l’heure dite, le train s’ébranle et il est 15 heures quand le personnel du train distribue draps, couvertures et oreillers…Les passagers commencent à s’allonger…

Tout va bien, mais nous ne savons pas où nous sommes, il est 20 heures 45 et la nuit est tombée…Avons-nous dépassé notre station sans nous en rendre compte ? Lorsque nous nous arrêtons à une gare intermédiaire, le panneau de la gare est illisible car non éclairé, il n’y a aucune annonce par haut parleur…

1Soulagement, quand nous apprenons que nos trois compagnons de voyage descendent eux aussi à Margao.

Bref, nous n’avons qu’un peu de retard (une vingtaine de minutes).

Nous prenons un taxi prepaid (affiché à 180 roupies, 250 payées, parait que c’est un tarif de nuit…) pour nous rendre à l’hôtel : ça change vraiment du tuk tuk…

Nos hôtes nous attendaient, notre chambre est prête, elle nous coûte 1.728 roupies par nuit, sans petit déjeuner.

Samedi 27/02/2010. Benaulim, 10.000 habitants, État de Goa.

Notre première préoccupation au lever, c’est de louer des vélos pour voir comment se présente le village et aussi pour repérer un hôtel plus proche de la plage ou qui offrirait une piscine.

80 roupies par jour et par personne.

Après avoir visité le Carina Beach Resort (avec piscine), nous filons au Camilson’s Beach Resort (beaucoup de difficulté pour trouver cet hôtel, en bord de mer).

3C’est là que nous réservons pour le reste de notre séjour soit 4 nuits à 2.000 roupies TTC la nuit, sans petit déjeuner.

Balade en ville, achat de produits artisanaux, petits cadeaux…

Nous retournons à notre hôtel d’origine où nous passerons notre seconde nuit.

Dans la chambre voisine une femme se plaint en hurlant qu’elle prend des décharges électriques lorsqu’elle prend sa douche (c’est vrai que le système de chauffage de l’eau par résistances parait quelque peu dangereux…).

Dimanche 28/02/2010. Benaulim, changement d’hôtel.

Pour faire ce changement, il nous faut un tuk tuk…et c’est là que nous nous apercevons que la corporation impose ses prix : 70 roupies quel que soit le trajet !

4Notre nouvel hôtel est agréable, en bord de mer, nous avons un petit balcon, l’air conditionné (enfin, quand il y a de l’électricité !).

Nous déjeunons à l’hôtel, face à la mer.

Il fait très chaud, mais heureusement, il y a du vent.

La plage est immense, avec une petite marée et quelques coquillages, surtout des coques que les gens ramassent.

Bon, ce n’est pas la plage avec cocotier et sable blanc, mais elle propre. On pourra se baigner sans problème sauf qu’il ne faut pas nager à cause du courant.

Deux filles viennent faire une démonstration de leur talent : elles plantent dans le sable deux piques de bois de deux mètres de haut, reliées par une corde d’une vingtaine de mètres, la plus jeune grimpe sur la corde et fait un numéro de funambulisme pendant que la plus âgée agite un tambourin.

Une fois la quête faite, elles démontent le tout et recommencent un peu plus loin…

A 21 heures, il fait encore dans les 31°…

Lundi 01/03/2010. Benaulim.

La nuit va être pénible : pas d’électricité donc pas de clim, pas d’eau (fuite dans le circuit !).

Nous nous renseignons sur Old Goa, le seul lieu à visiter dans le coin.

Il faut affréter un taxi pour une partie de la journée.

L’hôtel nous demande 1.500 roupies alors qu’en ville le tarif est de 1.200…Il consent à baisser son prix à 1.300 roupies, nous refusons.

Au sortir de l’hôtel, nous avisons un taxi et nous lui demandons quel serait son prix : 1.000 roupies, pour deux heures de trajet (aller/retour) et deux heures de visite.

Nous nous mettons d’accord pour demain matin, 9 heures.

Une fois la transaction faite, nous allons passer la journée à nous reposer allongés sur des transats avec un bon livre (l’hôtel a quelques livres en français, laissés là par des clients).

Mardi 02/03/2010. Velha Goa (Old Goa).

Notre chauffeur est exact au rendez vous et va nous conduire avec beaucoup de douceur jusqu’à Old Goa.

Il nous demande de bien faire attention lorsque nous aurons à traverser la rue principale…

Velha Goa fut une ville, qui, au XVI° siècle était plus peuplée que Londres…il n’en reste rien, mis à part quelques boutiques…et surtout 4 églises portugaises des XVI° et XVII° siècles.

Nous avons commencé notre visite par la basilique du Bom Jesus avec le tombeau de Saint François Xavier, puis la cathédrale Sainte Catherine et l’église Saint François d’Assise pour terminer par l’église San Cajetan.

Toutes ces églises sont très proches les unes des autres.

Retour à Benaulim vers 13 heures : nous en profitons pour essayer de réserver par internet un hôtel sur Bombay (Mumbai). En principe, l’hôtel devrait recevoir notre email, mais comme on est sûr de rien, je prends le numéro de téléphone du centre de réservation.

Mercredi 03/03/2010. Benaulim, dernier jour.

Journée super tranquille, consacrée au bronzage, à la baignade et à la lecture…

Je téléphone par acquis de conscience au centre de réservation de l’Ascot Hôtel, et je fais bien car visiblement, ils se soucient d’internet comme d’une guigne !

Bref, je réserve pour deux nuits au prix record de 6.600 roupies la nuit (Bombay est une ville très chère et l’hôtel est de qualité…), soit 100 euros, taxes et petit déjeuner inclus.

Pour notre dernier dîner en face de la mer, nous commandons des crevettes « king size » mais nous demandons expressément qu’elles soient grillées sans autre accompagnement que du sel…

Il y a une table de deux couples français, voisine de la nôtre.

Jeudi 04/03/2010. Benaulim /Mumbai (Bombay), 18.000.000 d’habitants (!), en train.

Une rude journée !

Véhiculés par notre taxi d’hier (qui nous recommande de faire très attention aux pickpockets à Mumbai…) nous sommes sur le quai vers 8 heures 30.

Le train se forme dans cette gare et nous trouvons notre wagon d’autant plus facilement que nos noms figurent sur la feuille informatique scotchée sur la porte du wagon.

36Rude journée, car le départ est prévu à 9 heures et demie, et l’arrivée à 21 heures 45, soit 12 heures 15 de train…pour 765 kilomètres, soit 62 kilomètres à l’heure…

Mais comme d’habitude, nous avons droit à une distribution d’oreiller, de draps et de couvertures…plus, une serviette essuie mains et un petit savon aux 18 herbes…

Les petits vendeurs n’arrêtent pas de défiler : noix de cajou, soupe à la tomate, thé, café, sodas…

Nos tickets sont contrôlés et pour la première fois nous avons à montrer nos passeports…

Nous déjeunons grâce à nos provisions de bouche et nous commandons un dîner, livré à la place, très bon, servi avec une cuillère (visiblement, c’est une cuillère pour étranger, car les locaux mangent à la main…).

Nous arrivons à Mumbai, avec un peu de retard (ce n’est pas grand-chose compte tenu du temps de trajet) et le dos en compote…

La gare est en pleins travaux mais il suffit de suivre le flot des voyageurs pour trouver la sortie.

Un rabatteur s’intéresse particulièrement à nous, m’assure de ses services, d’un hôtel pas cher etc, etc…

J’ai beau lui dire de nous laisser tranquilles, il n’en continue pas moins et finit par nous agacer vraiment…à tel point qu’il finit par le remarquer (enfin !) et termine nos échanges verbaux par un magnifique « fuck you ! »(ce que je ne veux pas traduire dans la langue de Molière…).

Nous finissons par trouver un taxi qui, pour 150 roupies, (bien entendu, les taxis ont beau avoir des compteurs, ils ne sont jamais mis en marche, du moins pour les touristes occidentaux) va nous déposer à notre hôtel : soulagement, notre réservation a bien été consignée…

Notre chambre est superbe, grande, avec un lit géant et confortable, nous avons même une baignoire et, à part, une douche…le sol est en marbre, la télévision est un écran plat : bref, du luxe !

Seule fausse note : la balance, qui affiche des résultats tout à fait étonnants (j’affiche 60 kilos, c’est un stade aigu de dénutrition !) mais qui satisfont pleinement Régine !

Vendredi 05/03/2010. Bombay.

Réveil tardif, petit déjeuner dans une salle déserte.

Visiblement l’hôtel a une clientèle musulmane : beaucoup de femmes plus ou moins voilées, peu d’hommes…

Nous partons à pied vers l’embarcadère, d’où nous prendrons un bateau pour l’Elephant Island.

Pour l’occasion nous longeons l’hôtel Taj Mahal, toujours en travaux et sévèrement gardé depuis l’attentat.

Nous payons notre traversée (240 roupies pour nous deux), mais comme l’employé refuse l’un de nos billets de 100 roupies, Régine va refuser à son tour un billet de 20 roupies qu’il entend nous rendre comme monnaie…il comprend le message !

La traversée est d’une heure assez longue mais permet de découvrir une partie du port de Bombay. Notre petit bateau est plein de passagers avec beaucoup de touristes locaux.

Nous allons croiser des dauphins…

Arrivés sur l’île, nous empruntons le train miniature pour 5 roupies, pour un trajet de 5 minutes…

Nous entrons sur le site, non sans avoir payé 250 roupies chacun, 10 pour les locaux…et une taxe dite touristique de 5 roupies par personne…

Nous grimpons à pied un grand escalier de pierre sous l’œil attentif des singes et visitons les temples, taillés dans le bastitlee dans les années 450 à 750.

L’intérêt, ce sont les sculptures tout à fait spectaculaires, surtout dans la première grotte.

Retour sans problème, arrêt déjeuner vers 16 heures (!) dans un restaurant de spécialités libanaises et iraniennes…mais pas de dizi…

La rue qui mène à notre hôtel est l’une des plus commerçante de la ville et Régine va plonger dans cette farfouille et dénicher des trésors…

Samedi 06/03/2010. Bombay, dernier jour.

Notre avion décolle en fin d’après midi, aussi nous avons le temps de faire la promenade pédestre proposé par le LP. On se croirait vraiment en Grande Bretagne !

Reste que nous avons des problèmes pour faire confirmer notre vol retour : il est facile grâce à notre numéro de dossier de confirmer Abou Dabi Paris, par Etihad Airways, par contre, pour le vol Bombay Abou Dabi, opéré par Jet Airways pour le compte d’Etihad Airways, il nous est impossible de procéder à une confirmation, car nous ne sommes pas reconnus par la Cie…

C’est plus que gênant, car à quoi peut bien servir une confirmation pour seulement la seconde moitié du retour !

Nous décidons donc de nous rendre de bonne heure à l’aéroport…

Nous prenons un taxi pour 450 roupies, l’aéroport est quand même à une trentaine de kilomètres de la ville.

Nous sommes tombés sur un as du volant qui, pendant ce trajet, va nous offrir un résumé de tout ce que la conduite d’une automobile peut présenter comme sensations fortes…

Nous filons donc à très grande allure, en débordant à droite, à gauche, en chevauchant les lignes blanches, coups de frein, d’accélérateur : toute la panoplie y passe !

Nous allons prendre, pour 50 roupies supplémentaires, un immense pont qui contourne par la mer la route côtière, toujours très encombrée…

Arrivés sur les chapeaux de roue à l’aéroport, nous cherchons à y entrer : ce qui n’est pas facile car il est sévèrement gardé par des hommes en armes…Il nous est interdit d’entrer par la porte « Jet Airways », tout simplement pace que nous avons trop d’avance par rapport à notre heure de départ…Nous arriverons tout de même à forcer le passage par une autre entrée, car le garde a du mal à lire nos réservations en langue française…

Dès que le guichet d’enregistrement de Jet Airways ouvre, nous nous précipitons pour procéder aux formalités de départ.

Pas de problème, nous aurons nos billets pour le trajet Bombay/Abou Dabi.

Passage du contrôle de police : nous avons à remplir une fiche et, incroyable mais vrai, nous devons indiquer notre adresse en Inde !

Régine va perdre son ticket d’embarquement qui va glisser de son passeport…heureusement, nous nous en apercevons très vite…

Pas de problème pour notre vol de retour. Une escale à Abou Dabi de trois heures, le temps de dépenser les rares dollars qui nous restent !

Arrivée à Paris : il fait encore nuit et surtout, il fait très froid…

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