Jean Marie Lambert

Inde du nord et Népal (1999)

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Voyage en Inde et au Népal, du 12 novembre au 29 novembre 1999.
D’ouest en est, de Delhi à Calcutta, puis Katmandou.

Vendredi 12/11. Départ pour New Delhi.

Nous rejoignons l’aéroport de Roissy par le RER. C’est fascinant de voir les wagons de la voie parallèle se joindre aux nôtres puis s’en écarter en silence, se frôler, s’éloigner à nouveau…On a l’impression de faire du sur place, puis de prendre de la vitesse et l’on regarde les voyageurs d’à coté comme on est soi-même regardé. Certains passagers dorment encore ou déjà, d’autres lisent…

Les sacs à dos pèsent environ 10-12 kg. Je n’ai pas porté de sac à dos depuis mon service militaire…

C’est le grand départ, nous nous envolons par Koweït Airlines vers Delhi que nous devons atteindre le 13 au matin. Nous ne voyagerons que par Airbus.

Sur les écrans vidéo, de temps en temps, figure la position de La Mecque par rapport à l’avion. Voilà qui aide à la prière !

Article intéressant Emmanuelle dans le Figaro (à mettre de coté pour lui expédier au retour).

Montée de passagers à l’escale de Rome. Beaucoup de Bonnes Soeurs…sur cette compagnie !

Samedi 13/11. Arrivée à Delhi.

Transit à l’aéroport de Koweït. Petite ballade dans le duty free local : pas d’alcool, mais vu dans la catégorie des objets en cristal – made in Koweït – un Père Noël et des Christs en Croix…

Penser à demander à Régine sa lettre au Père Noël…

Une armée de personnel préposé au nettoyage : là tout n’est qu’ordre et luxe !

Arrivée à Delhi avec plus d’une heure de retard. Les formalités douanières n’en finissent pas… Il est dans les 7 heures du matin, heure indienne.

La voiture qui doit nous emmener de l’aéroport vers la guest house où nous avons réservé de Paris est là avec son accompagnateur.

Sur la route à trois voies qui mène de l’aéroport à la ville, j’ai vu un homme mort, allongé sur la chaussée de droite, la chemise relevée laissant voir son sexe, entouré de trois vaches (sacrées bien sûr) en train de le brouter.

Installation dans la guest house, hôtel modeste mais suffisant, puis, aussitôt, visite des environs à pied. Nous visitons un marché et nous sommes frappés par la diversité des produits : aubergines, choux-fleurs, pommes de terre, piments, enfin rien ne semble manquer ! Nous prenons ensuite un tuc-tuc (sorte de vespa à trois roues) pour nous rendre au centre de réservation des billets de trains réservés aux étrangers et nous apprenons vite à lever les fesses lorsque l’obstacle se présente, et il y en a de multiple : trous dans la chaussée, ralentisseur, vaches à éviter…

La circulation se fait pour l’essentiel à coup d’avertisseur, sans prendre garde aux feux rouges, ni aux priorités…

Nous comprendrons très vite deux choses : la première est qu’il est inutile de montrer un plan au conducteur, car il ne sait pas lire un plan et encore moins l’anglais pour raison d’alphabet latin. Et puis de toutes façons, les noms des rues sont invisibles ! La deuxième, c’est qu’il est impossible d’obtenir du tuc-tuc qu’il nous mène là où nous voulons aller, à savoir la gare ferroviaire de Delhi pour y retenir nos places en tant que touristes auprès du bureau spécial réservé à cet effet ( il y a des places quota touriste). Le tuc-tuc nous emmène là où il est commissionné…

Le premier tuc-tuc nous mène à une agence de voyages qui nous apprend qu’il n’y a plus aucune place dans les trains, même pour touristes, à cause de la fête de Pushkar. Il me tend même le combiné téléphonique pour me prouver qu’il dit vrai. Il est de fait que je m’entends dire que tout est complet…

Mais j’ai vraiment une impression de malaise et d’entretien téléphonique bidouillé…

D’autant que notre homme enchaîne en nous proposant de faire la première partie de notre circuit -jusqu’à Agra- en voiture louée avec chauffeur, ce qu’il nous chiffre immédiatement à 1.000$ ! Hôtels inclus, essence inclus, salaire du chauffeur inclus…

Nous demandons à réfléchir.

Nous sortons de l’Agence et nous téléphonons à notre aimable correspondant indien dont nous avions fait connaissance quelques mois auparavant à Paris…miracle du portable : il est là et nous demande de le rejoindre au lieu dit tombeau d’Humayun où il pilote un groupe de touristes français. Il nous invite à dîner pour le soir même.

Nous reprenons un tuc-tuc et en avant ! Sur place, nous trouvons son assistant qui nous confirme qu’il y a sûrement des places en chemin de fer et demande à notre tuc-tuc de nous mener à la gare centrale. Gentil, mais inefficace, car il nous emmène dans une autre agence de voyage. Nous descendons fort en colère de notre tuc-tuc, refusons de négocier avec cette nouvelle agence et partons à pied, c’est plus sur, vers la gare que nous finissons par trouver…

Mais là, impossible de se rendre au premier étage qui semble ne pas exister…

Dépité, nous sortons à nouveau et avisons un passant pour lui demander où est ce fameux bureau de réservation, il nous hèle un tuc-tuc et lui donne des instructions…

Mais le dit tuc tuc nous emmène où bon lui semble, c’est -à – dire à la première agence de voyages…

Il est bientôt midi, il est samedi, les bureaux des chemins de fer vont bientôt fermer alors nous craquons…

Nous sommes convaincus d’être l’objet d’une arnaque magistralement organisée mais il ne nous reste plus de temps, car notre planning de visite de l’Inde est exigeant. Il faut sauver notre voyage aux Indes !

Alors, nous voilà avec une voiture et un chauffeur qui sera d’abord un minicar puis, au départ de Delhi une Ambassador.

D’un commun accord, il nous mène vers la vieille ville, se gare et nous attend jusqu’à trois heures. Nous aurons un mal de chien à retrouver sa voiture dans un parking surpeuplé…

En attendant, nous voici dans la vieille ville, dans le bruit, l’animation qui nous semble excessive, la pollution intense qui, nous l’apprendrons, ne nous quittera plus avant notre retour vers Paris ! Notre première halte sera pour un restaurant de rue où nous allons digérer notre défaite du matin.

Nous mangeons fort bien, nous sommes les seuls clients occidentaux et il en sera de même la plupart du temps, et nous réglons à notre cabaretier la somme de 79 roupies pour nous deux, soit au taux de change de 7 roupies pour 1 franc, 11,42 francs, soit 5,71 franc par tête…

Nous apercevons les premiers tuc-tuc à vélo. Visite d’une mosquée, celle de Jama Masjid. Nous reprenons la voiture et là, nous sommes pris d’une fatigue intense, nous payons le prix le prix d’une nuit sans sommeil…

Le chauffeur nous emmène sur le lieu de prière des Ba’hi. Une foule énorme d’indiens de tous âges en rang bien sages les uns derrière les autres, se déchaussant avant de monter les quelques marches qui mènent au sanctuaire. Ce dernier, en béton, très moderne, a la forme d’une fleur du lotus. C’est notre première rencontre avec le sacré.

Nous reprenons la voiture et nous demandons au chauffeur un retour rapide vers l’hôtel où nous nous endormons très vite…

Nous nous réveillons pour le dîner : notre hôte est arrivé à l’hôtel en moto et nous partons en tuc-tuc vers un quartier à la mode où nous allons dîner fort bien d’ailleurs…

Pendant notre trajet, nous voyons des sortes de bâches montées sur de vagues piquets un peu en deçà des trottoirs où ‘logent’ les sans-logis, hommes, femmes et enfants. C’est un type d’habitat que nous rencontrerons partout en Inde.

Notre projet de voyage est complété en fonction de la nouvelle donne et de retour à l’hôtel nous nous endormons très vite, car le lendemain, départ à 7 heures pour Bikaner.

Dimanche 14/11. Delhi Bikaner.

Départ à 7 heures du matin vers Bikaner. Nous faisons connaissance avec notre nouveau chauffeur, un aimable moustachu que Régine aura vite fait de surnommer ‘yes sir’. L’Ambassador va se révéler être un véhicule à toute épreuve, assez confortable, haut sur patte, à carrosserie épaisse mais à vitesse de croisière très réduite…

Quand à la vitesse de pointe, elle ne dépasse guère les 70 km (mais il vaut mieux compte tenu de l’état des routes qui alterne le bon, le médiocre et le détestable…).

Nous arriverons trop tard à Bikaner pour pouvoir visiter le fort qui est le centre d’intérêt de la ville (il ferme à 16h20, heure à laquelle nous arrivons tout juste, et les gardiens sont intraitables mais nous n’essayons pas la prévarication…).

Sur le chemin qui mène à Bikaner, arrêt à Fatehpur dont nous parcourons les rues émerveillés par les maisons richement décorées. Bien entendu, nous avons du choisir un ‘guide’ qui est un gamin d’une dizaine d’années dont le copain a vite fait de nous dire que le vrai guide c’est lui car il parle anglais alors que l’autre n’en connaît pas un mot…

Comme quoi le khalife qui se voit khalife à la place du khalife, c’est bien quelque chose d’universel…

C’est là, dans ce village, que je commence à prendre des photos, moi qui m’étais promis de ne pas en prendre…

A la fin nous distribuons quelques roupies aux guides et des crayons bille aux multiples accompagnateurs.

Nous traversons des campagnes de plus en plus désolées, nous croisons une antilope mais aussi des chameaux qui servent d’animaux de traits et nous voyons un homme dans son champ labourer son territoire avec un soc en bois tracté par un chameau.

A Bikaner, nous croisons une noce précédée d’une fanfare : il s’agit de la future qui se rend au domicile du promis…

Le soir, nous allons faire un tour dans le centre ville, c’est à dire dans les souks.

Beaucoup de fruits (nous achetons des oranges), de légumes et énormément de monde circulant qui en scooter, en tuc-tuc, en camion, en bus…

Visite d’un temple pris au hasard du chemin et dédié au héros de Régine à savoir Ganesh. Un havre de paix dans cette ville, un silence dans ce bazar…

Régine est souvent dévisagée au cours de notre promenade dans la vieille ville, d’une manière sympathique, non seulement par des enfants qui ne semblent pas en croire leurs yeux et qui la touchent pour voir si c’est vrai, mais aussi par des adultes. Est-ce sa rousseur qui intrigue ?

Nous rentrons à l’hôtel par tuc-tuc. A l’aller nous avions payé 30 roupies, au retour, Régine négocie un prix de 25 roupies seulement…

Ce retour se fait dans un tuc-tuc piloté par un jeune, décoré super-chic, avec musique branchée à fond la caisse…

Hélas, on ne laisse pas entrer notre magnifique tuc-tuc à l’hôtel, c’est à dire que nous n’aurons pas le droit d’être déposé sur le perron !

Dîner dehors, sur la pelouse. Dîner quelque peu surréaliste : nous sommes pommadés de crème anti- moustique, nous sommes les seuls à affronter le ciel étoilé et nous avons en permanence deux serveurs derrière nous…

Cette soirée dînatoire avait réellement un caractère fantastique…

Lundi 15/11. Bikaner Jodhpur.

Départ à 7 heures du matin vers Jodhpur. En chemin, à un passage à niveau fermé, nous rencontrons une jeune femme belge, seule, à vélo. Je lui demande si elle a besoin d’une aide quelconque, mais non tout va bien et je lui souhaite bon courage ! Elle avait encore deux jours de vélo pour rejoindre sa destination finale…

Visite du temple aux rats sacrés (Deshnoke), paisibles, ils se faufilent entre les jambes des visiteurs ! Encore une fois, mais il en sera de même tout au long de ce voyage, nous oublions de mettre des chaussettes, si bien que nous visitons pieds nus tous les lieux sacrés et ça n’est pas souvent d’une propreté éclatante !

Puis arrêt dans un château transformé en hôtel (Khimsar). Notre chauffeur n’a pas le droit de le visiter…

Arrivée à Jodhpur à l’hôtel Polo Palace. Ballade dans la vieille ville et visite du marché. C’est là que nous allons déjeuner pour 12 roupies à deux, c’est à dire pour 0,85 franc par personne, ce sera notre record (!) à coté d’une rigole, au milieu des tuc-tuc pétaradants, dans le bruit et la poussière. Les autochtones se marrent et l’accueil est très chaleureux : c’est d’ailleurs une chose que nous constaterons au fil du temps plus l’Indien est éloigné du touriste, plus il est aimable !

Auparavant, nous étions allés prendre un verre de lassi au plus célèbre vendeur de lassi de la ville. Dans sa boutique, une pièce réservée aux « ladies ».

Régine, qui n’aime pas trop le lait, va se contenter d’un coca.

des innombrables jeunes oisifs qui peuplent les lieux et qui sont prêts à vous faire une visite guidée. Notre guide n’entend probablement pas sa réflexion en anglais ‘mais nous nous sommes vus ce matin’ !

Retour à l’hôtel par tuc tuc pour 25 roupies.

Puis l’après midi, notre chauffeur nous emmène visiter le fort (Meherangarh) dans lequel il y a un musée très intéressant de siéges pour transport à dos d’éléphant et des berceaux pour fils et filles de Maharadjahs.

Apparition des premières cartes postales, sans timbre, bien sûr, et nous n’en verrons pas beaucoup durant notre périple.

Puis notre guide, sans connaître notre escapade du matin, nous emmène visiter le marché. pour nous, c’est la seconde visite et Régine se fait repérer à nouveau par un des innombrables jeunes oisifs qui peuplent le s lieux et qui sont prêts à nous faire une visite guidée. Notre guide n’entend probablement pas la réflexion d’un entre eux « mais nous nous sommes vus ce matin ! ».

Régine profite de l’occasion pour faire réparer un nu-pieds défaillant (coût 5 roupies, réparation immédiate), notre chauffeur nous emmène chez un marchand d’épices à qui nous faisons des achats. Il est équipé, comme beaucoup d’un ordinateur et me demande mon adresse e-mail ! De retour à Paris, je pourrais constater que mon e-mail a bien fonctionné et qu’il m’a envoyé des recettes de cuisine en français, s’il vous plaît ! Terre de contrastes très forts, puisque dans le même temps, dans chaque hôtel, de luxe ou non, il y a à disposition bougies et allumettes au cas où…

Puis re-lassi, deuxième du nom pour moi et deuxième coca pour Régine !

Mardi 16/11. Vers Jaipur.

Départ de Jodhpur à 7 heures du matin pour Jaipur. Long trajet, sans grand intérêt avec beaucoup d’accidents de camion. Arrivée à l’hôtel où nous devons rester deux nuits. Le principal intérêt de l’hôtel réside en son portier, homme de haute stature, majestueusement habillé, moustachu, et qui me fera, ignorant splendidement comme il se doit Régine, des ‘good morning sir’ à n’en plus finir…

Pour reconnaissance des services rendus, je lui laisserai un bon pourboire !

Nous partons déjeuner, toujours dans un restaurant de rue pour 95 roupies. Nous achetons 4 bananes pour 6 roupies.

L’après-midi, sous l’œil attentif de notre chauffeur bien évidemment commissionné, nous faisons quelques achats. Bague et collier d’émeraude pour Régine à qui le bijoutier veut absolument vendre une deuxième bague de diamants ‘Cartier’. Le pauvre ne sait pas à qui il a affaire et se cassera les dents sur une Régine inflexible dans son refus ! Puis achats de trois chemises (une pour Régine et deux pour moi) en soie et coton mélangé, faites sur mesure et livrables à l’hôtel dans les deux heures…le tout pour 3.000 roupies (soit 143FRF la chemise) après négociation menée de main de maître comme à l’accoutumée par Régine….Dîner au Niro’s, un des meilleurs restaurants de la ville pour 143 roupies (on n’a jamais pu faire mieux !) soit 30FRF par personne. Et c’était super-bon !

Mercredi 17/11. Jaipur.

Deuxième journée à Jaipur. Visite du Fort d’Amber : pour y parvenir, montée à dos d’éléphant ce qui n’est pas très confortable, c’est le moins que l’on puisse dire ! Puis visite du Fort de Nahargarth et de Gaitor royal.

L’après-midi est consacrée à la visite du musée d’État (à éviter, car capharnaüm épouvantable, pauvre et poussiéreux sauf si on veut voir ce qu’il ne faut pas faire…) et à un musée – privé – de costumes et de tissus : là, on voit que les moyens existent…

Le soir, soirée cinéma au Raj Mandir pour une séance de 3 heures (nous sortons au bout d’une heure !). La salle est immense (2.500 personnes dit-on) comble avec un public bon enfant et attentif. L’histoire prêterait à rire ou à pleurer , c’est selon, car il s’agit de l’histoire d’une famille qui vit dans un cadre merveilleux, digne des maharadjahs, avec P.C. et portables à tout bout de champ, bref une opulence dont nous n’avons pas vu d’exemple tout au long de notre voyage. Notre chauffeur que nous avions invité pour l’occasion a beaucoup aimé…

Enfin si cela peut faire rêver !

Nous allons ensuite dîner, moins bien que la veille au Natraj, restaurant végétarien.

Je me livre à mon occupation quasi quotidienne : la lecture des journaux (en anglais, évidemment). Ils sont étonnamment vrais. Je sais bien que nous sommes dans une démocratie mais je pensais la presse au service de la classe dirigeante, s’abstenant de tout ce qui fâche les riches propriétaires. Eh bien ! Pas du tout. Les problèmes cruciaux du pays sont abordés au fond, la malnutrition, la déforestation, la pollution, la place de la femme dans la société, la corruption, les hausses de prix…

Dans l’ordre d’importance rédactionnelle, les nouvelles concernent d’abord l’Inde et ses voisins, puis l’Asie, puis les États-unis et s’il reste de la place, la Grande Bretagne, ancienne puissance tutélaire. Rien sur l’Europe continentale – y compris la Russie- rien sur l’Amérique latine ni sur l’Afrique ou les pays du Moyen-Orient. Je ferai les mêmes constations pour ce qui concerne la presse népalaise. Ce qui est dommage c’est que j’ignore le tirage de ces journaux. Vu le nombre de gens qui savent lire et qui a les moyens d’acheter pour 2 roupies le journal, ça ne doit pas être faramineux.

Autre réflexion qui concerne les échafaudages : des bambous à large tronc, dressés verticalement mais simplement posés sur le sol avec des bambous horizontaux ficelés sur les supports verticaux et distants d’un bon mètre les uns des autres, et voilà tout !

Jeudi 18/11. Jaipur Agra.

Départ vers 7 heures du matin vers Agra. En chemin, nous nous arrêtons à Fatehpur Sikri. Visite difficile, car sollicitation multiple de guides en tout genre.

Arrivée à Agra où nous donnons congé à notre chauffeur qui doit rentrer à Delhi le jour même. Nous lui laissons un pourboire de 1.000 roupies. Nous sommes bien contents de nous retrouver enfin seuls et mon ‘tour opérator’ favori alias Régine, va prendre en main le reste du voyage avec l’énergie que je lui connais.

Notre premier souci est de faire confirmer nos billets d’avion pour Khajuraho auprès d’air India puis nous déjeunons et en route pour le mausolée d’Itimad ud Daulah, précurseur du Taj Mahal.

Retour à pied en longeant un marché et passage d’un pont qui a un corridor étroit pour les piétons et là, catastrophe ! Rencontre face à face avec une vache sacrée et meuglante ! Régine, pas fière, se faufile derrière un indien. Nous suivons ensuite le ‘fleuve’ Yamunâ dans lequel se baignent des vaches et où on lave le linge. Fatigués, nous arrêtons un tuc-tuc et la discussion est interminable : il demande 40 roupies pour un trajet que nous avons payé 20 à l’aller, puis demande 25 roupies à condition que nous alliions voir (sans acheter comme d’habitude…juste pour les yeux) la boutique que tient sa sœur. Régine se fâche et finit par l’emporter pour 20 roupies. Au fil de notre séjour en Inde, Régine prendra de plus en plus l’allure d’un Zeus terrible avec son faisceau d’éclairs dans la main droite ou, autre comparaison, tout contact avec un indien roublard (ils le sont tous) déclenchera chez elle les mêmes éclairs que ceux qui sortent des caténaires lorsque le contact se fait entre le tramway et les lignes électriques ! En rentrant, nous passons chercher notre billet de train Bénarès- Calcutta, mais il est illisible : en fait l’impression est décalée et il manque un certain nombre d’éléments dont l’heure de départ ou le numéro du train ! C’est la première fois que je vois figurer sur un billet de train l’âge des voyageurs et c’est un peu plus tard que dans un éclair de lucidité, Régine me dira ‘ 57 ans et je te fais faire tout ça !’ Nous donnons quelques affaires à laver.

Vendredi 19/11. Agra.

Nous prenons notre petit déjeuner à l’hôtel. C’est un petit déjeuner ‘continental’ merci l’Angleterre ! Nous arrivons au Taj- Mahal vers les 7 heures du matin pour le lever du soleil. Pas trop de monde et surtout des indiens car l’entrée est gratuite le vendredi. C’est calme, majestueux, superbe, c’est un reflet dans un espace d’eau. Nous retournons à l’hôtel après une flânerie autour du Taj- Mahal. Régine provoque toujours l’étonnement…

Après un court repos, nous partons vers le fort Rouge, bâtiment spectaculaire. Au moment de notre entrée dans les lieux se termine une cérémonie dont nous apprendrons plus tard de la bouche d’une des participantes qu’il s’agit du baptême d’une promotion de service civil. Les filles sont de blanc vêtues et les garçons sont en uniforme para militaire.

Ballade ensuite dans le bazar avec ses ruelles, ses échoppes de toutes sortes, ses odeurs parfois fétides surtout aux alentours des boucheries où pullulent les mouches ! Déjeuner dans un boui- boui à 28 roupies pour nous deux, soit 4FRF. Nous continuons à intriguer. Il est vrai que nous n’avons rencontré aucun Occidental sur notre trajet.

Nous retournons à l’hôtel et nous reposons prés de la piscine avec un tortillon destiné à éloigner les moustiques. Sur le panneau d’affichage de l’hôtel sont annoncés deux mariages. Bien entendu, Régine souhaite y pointer son nez. Et c’est ce que nous faisons en montant sur la grande terrasse du 4° étage. La mariée, très maquillée et très bijoutée parait d’une grande tristesse. Régine ira lui serrer la main qu’elle a glacée (pas la main de Régine, celle de la mariée !) comme une morte. Après autorisation, nous prenons quelques photos pilotés par une invitée de la noce – ancienne institutrice ayant crée une école payante pour enfants de 3 à 5 ans – Nous lui donnons quelques crayons bille, rien de mieux pour fonder l’amitié…

Les conducteurs de tuc-tuc au bout de deux jours nous reconnaissent et sont capables de nous dire où nous sommes allés et quel prix nous avons payé ! nous partons dîner, à pied, dans un restaurant d’hôtel.

Samedi 20/11. Agra Khajuraho.

Départ pour Khajurâho. Nous prenons un taxi pré payé à l’hôtel : 150 roupies dont 100 vont dans le tiroir du vendeur et 50 dans la poche supérieure de sa chemise, c’est ça l’Inde ! Vol air India très agréable. A l’arrivée, un rabatteur travaillant pour le Marbel Palace, hôtel que nous avions repéré dans le guide et qui n’a de palace que le nom. La chambre est à 500 roupies. Hélas, je ne demande pas à ce que ce prix soit écrit et le lendemain, il sera passé à 550 roupies ! Nous louons des vélos et faisons un petit tour dans la campagne environnante et cela nous fait beaucoup de bien d’avoir quitté les grandes villes.

Pas de bruit, pas de poussière, pas de monde ! Visite des principaux temples puis vélo et visite d’autres temples. Nous rentrons à l’hôtel et oh surprise, on nous demande à la réception si nous désirons louer un vélo pour le lendemain ! tout se sait ! Il a visiblement été mis au courant par le loueur à qui nous avions laissé notre adresse. Nous dînons dans un restaurant suisse en terrasse où seule la patronne fait les additions. Je téléphone à Emmanuelle. Il pleut de la neige fondue à Paris.

Dimanche 21/11. Départ pour Bénarès.

Petit déjeuner, toujours chez notre suissesse. Balade dans le parc des temples, puis départ vers l’aéroport. Vol sans histoire dans un avion vide de ‘jet airways’.

Avant le départ, Régine achète un tee shirt pour 100 roupies. Une française va demander l’autorisation d’achat à son mari…il s’agit de 17 FRF !

Arrivée à Bénarès, nous prenons un pré paid taxi qui va bien nous dépanner : en effet les deux hôtels que nous avions repérés sont complets. Il est vrai que les hôtels de qualité sont très souvent complets, car les prix, pour les occidentaux, sont peu élevés. Finalement, notre taxi nous trouve un hôtel pas cher où cohabitent des populations diverses. En effet, il est possible de planter sa tente sur la pelouse pour 30 roupies, ou de dormir dans un dortoir, ou dans une chambre, climatisée ou non, et de disposer ou non d’un balcon…

C’est cette dernière catégorie que nous retenons pour 900 roupies, soit environ 120 FRF. Nous prenons une légère collation sur une autre partie de la pelouse qui est réservée au restaurant Canton puis nous réservons nos billets pour une excursion sur le Gange, départ 5h20 et retour vers 8h20.

Nous sortons pour aller nous balader dans la vieille ville, tuc tuc à 60 roupies. Je remarque que derrière chaque tuc tuc pendouille une sandale en plastique, genre tong. Nous avons essayé, je ne sais plus dans quelle ville, le tuc tuc à vélo : mais nos fesses d’occidentaux prennent difficilement place sur le siège étroit réservé à cet effet…

Nous nous promenons dans la poussière, le bruit et l’obscurité, car la nuit tombe vite, vers 17h 17h20. Nous rejoignons le Gange et par hasard nous voici sur le plus célèbre Ghâts. Il est là le fleuve sacré et sur l’eau flotte des lumignons qui sont de simples bougies posées sur des feuilles et qui s’en vont au gré des courants. Quelques hommes procèdent à des ablutions. Nous suivons un rite étrange, une sorte de prière au fleuve, menée par un jeune officiant, entouré par une petite foule recueillie. Nous remontons vers l’hôtel avec un tuc tuc à 40 roupies ! Il y a encore plus de monde et plus de bruit qu’à l’aller.

Lundi 22/11. Bénarès.

Lever à 5h pour une visite du Gange à 5h20 heure théorique du lever de soleil.

Nous sommes remis à un batelier qui nous fait traverser la vieille ville musulmane, déserte à cette heure matinale à l’exception de quelques boutiques d’alimentation. Arrivés au bord du Gange, nous montons dans une barque et sommes très vite accostés par un vendeur de bougies flottantes : nous en achetons deux et il nous vend d’autorité une troisième. Nous parcourons les Ghâts, le soleil tarde à se lever, il y a des nuages. Sur la rive, il y a des hommes et des femmes qui se lavent, qui lavent du linge (celui des hôtels de Bénarès), certains boivent de l’eau…

Nous croisons le cadavre flottant d’une vache, puis nous arrivons au Ghât de crémation où la prise de photo est interdite (trop tard, j’en ai fait une…). Des tas de bois, un brancard sur lequel repose le cadavre enveloppé d’un homme sur qui veillent trois femmes. Il attend sa crémation. Un nouveau guide fait son apparition et monte dans notre barque.

Il nous explique qu’il a 11 femmes à charge qui sont arrivées à Bénarès pour y mourir et qu’il doit les soigner, les nourrir, et acheter le bois de santal pour leur future crémation. Il faut dans les 150 kg assurer une crémation. En fin de discours, il nous dit avoir besoin d’argent et pour justifier sa demande nous suggère de le suivre pour constater de nos propres yeux. Toute cette intervention sonne le faux. Régine lui donne 50 roupies, ce qu’il trouve fort peu, car ne correspondant pas au prix d’un kg de bois, 3 tee shirts et quelques savonnettes. Nous poursuivons notre ‘ chemin’ et revenons à notre point de départ. Là encore pourboire pour le batelier qui nous ramène dans la ville non sans avoir tenté de nous emmener dans un magasin de soieries ‘juste pour voir’. Après avoir pris une bonne douche et nous être quelque peu reposés, nous partons visiter Sarnath, haut lieu du bouddhisme. Négociation avec un tuc tuc sur la base de 100 roupies pour un aller et retour avec 2 heures d’attente pour nous permettre de visiter les lieux. Une fois sur place, nous visitons le site archéologique et le musée. Dans ce dernier, nous sommes poursuivis par un gardien qui fait la manche ! Nous visitons également un temple ‘jaïn’. Retour à l’hôtel, dans une poussière indescriptible. Nous déjeunons, il est 14h20 et nous allons prendre le train dans deux heures pour Calcutta.

La gare de Bénarès ! Ramassis de toute la misère indienne. Femmes, hommes et enfants affalés à même le sol, cul de jatte dans des petits chariots et qui se meuvent grâce à deux fers à repasser tenus dans leurs mains, vaches sur les voies, hommes urinant sur les voies, foule innombrable ! Pas un occidental ! Nous sommes arrivés très en avance et nous partirons avec 1h20 de retard ! Les annonces se font en hindi et en anglais mais sont inaudibles….D’ailleurs, l’anglais des indiens est très difficile à comprendre à cause d’un accent épouvantable. Tout à coup la foule des voyageurs et les petits marchands ambulants quittent le quai 4 pour se porter sur le quai 5 (le train avait été annoncé sur le quai 4). Renseignement pris auprès d’un aimable militaire, le train arrivera bien sur le quai 5. Il arrive enfin. Bousculade invraisemblable, nous atteignons la porte des sleeping 1° classe non sans peine. A l’extérieur des wagons est collée une feuille de papier sur laquelle figurent les noms des passagers. Pour le moment, nous cherchons nos places en passant dans des couloirs surencombrés avec des gens qui vont et viennent en tous sens…

L’Indien n’accorde aucune importance à l’autre : il crache, se mouche dans les doigts, rote, piétine si nécessaire…

Régine parvient à trouver le titi (chef du train) qui la mène à nos places. Nous voilà installés dans un compartiment de 4 – climatisé – avec un couple d’indien sensiblement de notre âge. Je comprends mieux pourquoi figurent sur notre billet sexe et âge ! Les deux vitres du compartiment sont minuscules (50×50 cm) et sont d’une saleté repoussante. Cela n’aidera pas à la contemplation de la campagne ! Régine qui habite la couchette supérieure dort avec les sacs à dos et le nez sur la climatisation. Je la trouverai le lendemain matin à l’envers, les pieds emmitouflés dans un drap. Les compartiments ne sont pas fermés par des portes mais par de simples rideaux à fleurs. Ils donnent sur un étroit couloir où de nombreux vendeurs se faufilent pour proposer un dîner, de cirer les chaussures, du thé, des boissons…

De l’autre côté du corridor, deux couchettes superposées en long, fermées elles aussi par un rideau fleuri. Les voyageurs attachent leurs valises avec des cadenas, il y a des anneaux prévus à cet effet. Un employé des chemins de fer nous apporte un plat de riz que nous dévorons. Je vais faire un tour aux toilettes qui sont propres et qui le resteront pendant tout le voyage. Le matin, nous apercevons des villages qui, me dit Régine, ressemblent étrangement aux villages africains : mêmes huttes, même toit de chaume, bananiers, palmiers, terre rouge…

Arrivée à Calcutta (ouf !) avec 2 heures de retard.

Mardi 23/11. Calcutta.

Horrible sortie de gare ! nous ne sommes plus au stade de la pauvreté et nous avons dépassé le stade de la misère. Nous trouvons un taxi pré paid et nous nous apercevons qu’il n’y a aucun tuc tuc dans notre quartier : ils doivent être interdits.

Nous prenons une douche réparatrice et nous filons en taxi vers le jardin botanique, espace gratuit, sale et désert. Nous le traversons en entier et passons devant un arbre extraordinaire le ‘banian’ de 200 ans d’âge et de 400m de circonférence. Nous trouvons à la sortie un vendeur de noix de coco avec qui nous faisons affaire. Retour prés de l’hôtel en taxi et nous nous engouffrons dans le métro (propre, sans siège sur les quais) pour descendre à Kalighat et visiter le temple de Kali où sont sacrifiées chaque jour 100 à 120 chèvres. Un brahmane nous prend en main pour la visite et en fin de parcours nous présente un cahier aux fins d’inscrire nos noms et le don d’argent que nous allons faire. Nous marquons 50 roupies, somme que notre guide trouve faible, car il nous montre les dons des personnes qui ont visité le temple. Nous remarquons des dons de 1.100 roupies ce qui est pour le moins étrange…et partons convaincus que notre don sera transformé à l’aide d’un 1 et d’un 0, en 1500 roupies ! Nous allons ensuite visiter le mouroir de Mère Théresa, une trentaine de places, pas toutes occupées. Régine laisse quelques tees shirts, des savons, des crayons bille, des médicaments, de l’argent.

Nous ressortons assez éprouvés et reprenons le métro pour déjeuner à l’hôtel. Nous repartons vers 16h20 faire des courses dans un Emporium, magasin d’état à prix fixe. Il faut croire que nous en avons assez des palabres ! Et c’est vrai que nous commençons à saturer.

Au retour, vu une femme et ses deux enfants s’allonger sur le trottoir sur un chiffon aussi sale qu’elle même. L’atmosphère est horriblement polluée et tout le monde tousse. Nous entrons dans l’Oberoi, hôtel de très grand luxe où nous souhaitons prendre un apéritif et dîner (c’est mon tour opérator préféré qui offre). Pour cela il nous faut changer des dollars ce que le caissier nous refuse car nous n’avons pas de chambre ! Nous sortons de là assez furieux et rentrons à pied. Las ! Je me trompe de chemin, si bien que nous rentrons fort fatigués ! Nous faisons nos comptes : il nous reste 400 roupies et en face, nous avons un dîner et un transfert en taxi vers l’aéroport pour Katmandou. Nous dînons pour 200 et le trajet en taxi ne devrait pas nous coûter plus de 200…À voir demain !

Mercredi 24/11. Vers Katmandou.

Taxi pour l’aéroport. Nous quittons Calcutta sans trop de regrets. Arrivés à destination, le taxi nous demande 200 roupies alors que l’hôtel nous avait dit 160 roupies. Régine se bat comme une lionne lui dit que 150 roupies suffisent bien et qu’elle connaît le système de tarification (complexe, le compteur n’est qu’un élément parmi d’autres). Il accepte 150 roupies plus un pourboire ! Nous nous en tirons pour 160 roupies, ce qui va nous permettre d’acheter deux verres de thé et deux tranches de cake ! Vol sans histoire vers Katmandou dans un avion rempli aux deux tiers. Nous sommes les seuls européens. A l’arrivée nous sommes pris en charge par un rabatteur qui nous indique où est la voiture qui nous attend et nous demande un pourboire…

Régine lui donne 7 roupies népalaises (11 roupies népalaises font 1 franc). Installation à l’hôtel. Il fait plus frais qu’en Inde (Katmandou est en altitude). Nous partons nous balader dans la ville et faisons quelques courses alimentaires et achetons après négociation deux châles en pashmina pour 1.000 roupies.

Nous nous arrêtons dans un restaurant situé dans un jardin où nous mangeons un bol de nouilles bien chaud avec du pain et deux tasses de thé…pour 16f. Dans les rues beaucoup de monde, de pollution mais pas d’agressivité. A l’hôtel, nous demandons à faire fonctionner le chauffage…

Quelqu’un doit venir, il vient et ça marche !

Jeudi 25/11. Environ de Katmandou.

Départ en tuc tuc pour Patan. Nous visitons le très beau musée situé sur une place dont nous apprendrons plus tard qu’il s’agit de Dubar Square. Visite de plusieurs temples, foule nombreuse et recueillie qui défile en faisant des offrandes : noix de coco, bougies, fleurs. Beaucoup de femmes. Nous rencontrons un groupe scolaire et nous donnons à l’institutrice une vingtaine de crayons bille pour ses jeunes ouailles !

Nous prenons un verre en terrasse d’un café et retour vers Katmandou. En chemin, nous nous arrêtons au Babel Mahal, centre commercial de luxe, aménagé dans un ancien palais. Sur le chemin du retour, nous achetons une troisième écharpe. Le vendeur en veut 1.000 roupies, Régine fait mine de s’en aller et, finalement, nous l’emportons pour 550 roupies. Achat d’un bol musical d’origine tibétaine mais gravé au Népal. Là aussi, négociation sur le prix : en fait nous passons parfois plus de temps à négocier qu’à choisir ! Arrêt dans une agence de voyage pour acheter deux billets d’avion (survol de l’Himalaya). Le patron de l’agence est un français, breton exilé ! Nous découvrons avec surprise le nom de la compagnie : il s’agit de la buddha airlines ! Un peu comme s’il existait une compagnie Jésus – Christ airlines ! Nous rentrons à l’hôtel, nous prenons un apéritif un rien longuet et dîner. Réveil prévu à 6 heures du matin (y en a marre !) pour rejoindre l’aéroport.

Vendredi 26/11. Katmandou.

Aéroport domestique de Katmandou. C’est le même que l’international mais la porte à coté. Première surprise, il faut payer une taxe sur vol intérieur en sus du billet d’avion. Deuxième surprise, le nombre et la diversité des compagnies présentes : Cosmic air, Yeti air, Shangrinla air, Buddha air, Necon air, Lumbini air, Gorka airlines et ,bien entendu, Royal air Népal…

Et ceci sans avoir répertorié les Cies d’hélicoptère, trois ou quatre…patatras ! Annulation du vol pour des raisons climatiques ! Nous reprenons un nouveau billet pour le 27 à 10h20.

Alors, nous décidons d’aller visiter un temple bouddhiste (Boudnath). Bel endroit, calme avec une place tout en rond autour de la stupa, à circulation interdite. Visite d’un autre temple dans le même secteur : douze moines tibétains se font face à face et psalmodient un texte ponctué de temps à autre par des coups de gong et des sons qui sortent de trompettes.

Nous prenons notre petit déjeuner face à la stupa avec vue sur elle. Nous voyons un homme alimenter une vache sacrée avec des bananes non épluchées à la stupéfaction des passants ! Ceci étant, la vache à l’air d’aimer…

Retour à l’hôtel et achat d’une nappe en chemin. Thé dehors sur la pelouse. Nous demandons le nom de l’arbre qui porte de gros fruits jaunes, style pamplemousse, mais très légers. Je demande si le fruit se mange. Le garçon dit que oui et nous propose d’essayer. C’est du pamplemousse en plus fade. Régine prend quelques pépins pour sa collection personnelle ! Puis, nous partons à pied visiter le monastère bouddhique de Swayambhu Nath. Beaucoup de marches à monter, des singes et des moines ! Je m’achète une trompe tibétaine, dont le prix est négocié par Régine puis nous entrons dans le monastère proprement dit où des moines dont de jeunes enfants psalmodient leurs textes sacrés. On y voit deux immenses trompes portées en leur extrémité par des supports à roulette !

Il y a beaucoup de tibétains en exil à Katmandou mais ils ne semblent pas se mêler à la population népalaise. Les jeunes enfants portent des culottes à trou ce qui leur permet de faire leurs besoins en baissant seulement leur pantalon…

Samedi 27/11. Katmandou.

Nous téléphonons vers 8h20 à Buddha air pour savoir si le vol a lieu. Réponse affirmative. Nous nous précipitons en taxi et nous arrivons vers 9h20. Là, nous apprenons que notre vol est retardé et qu’il aura lieu vers 11h- 11h20. En fait, le départ sera à 12h20. Mais ça valait la peine d’attendre ! Splendide spectacle à bord de ce Beechcraft de 18 places (9 places d’un côté, 9 places de l’autre) où chacun est prés d’un hublot. L’hôtesse de l’air ne cesse de faire l’aller retour pour nous nommer les sommets que nous approchons (de loin !). Puis l’avion fait demi-tour permettant aux passagers de l’autre bord de contempler à leur tour le spectacle. L’hôtesse passe dans les rangs pour nous proposer des tees shirts et une vidéo. A l’atterrissage, remise d’un diplôme attestant de notre vol !

Nous partons vers Kali – la déesse sanguinaire – pour laquelle on officie les mardis et les samedis. 20 km de route de montagne en moyen état. Nous traversons la campagne népalaise, ça fait du bien de voir du vert…

Nous nous mettons d’accord sur le prix : 1.200 roupies et une heure d’attente. Les sacrifices ont lieu dans l’ensemble le matin et il est 15h. Nous voyons cependant une chèvre décapitée. Beaucoup de monde dispersé dans la foret, beaucoup de jeunes qui écoutent de la musique, quelques vendeurs inévitables et pas d’occidentaux. Retour vers Katmandou. En chemin, nous nous apercevons qu’il nous manque 5 roupies pour payer le taxi. A l’approche de notre hôtel, il longe une rivière polluée, bordée de bidonvilles, route de terre défoncée.

Arrivée à hôtel, Régine se précipite pour faire du change pendant que je reste dans la voiture. Elle revient et nous payons. Je donne un crayon bille au chauffeur, il me demande si nous avons besoin de lui pour le lendemain. J’ai appris peu après que le change était fermé et que Régine a emprunté 10 roupies au réceptionniste ! Nous nous baladons un peu dans la ville et Régine s’offre une trompe tibétaine pour 800 roupies, payables en $ US. Je commence à avoir de la fièvre, un mal de gorge et nous dînons vite près d’un butagaz, il fait froid le soir !

Dimanche 28/11. Katmandou Delhi.

Prise de température : je suis à 38 5 ! C’est une angine qui commence au moment où notre voyage se termine ! Nous descendons payer l’hôtel, car nous quittons Katmandou ce matin pour Delhi, 30 $ US par nuit soit 120 $ US. Je laisse une lettre à envoyer en France (il s’agit de la facture de notre achat de bijoux à Jaipur) et la réception m’apprend que les timbres ont augmenté de 50% !

Au Népal, les prestations hôtelières et seulement celles-là, doivent faire l’objet d’un paiement en $. Nous sortons prendre notre petit déjeuner, je me traîne un peu. C’est un petit déjeuner suisse dans un restaurant népalais, mais les rostis sont immangeables ! Nous rentrons prendre nos sacs à dos et en taxi pour l’aéroport. Trajet très difficile dans une ville hyper polluée. Nous longeons un défilé : d’un côté les hommes et de l’autre, les femmes. Tous portent des pancartes, certains sont pieds nus. Ils se rendent dans un temple hindou pour la prière. Arrivée à l’aéroport, Régine paye la taxe de 2×600 roupies. Il lui reste de quoi acheter du thé et des twix ( ?) (c’est bien ça…)

Vol sans histoire vers Delhi avec seulement ½ heure de retard. Une fois à Delhi, ma santé se dégrade et j’ai très mal à la tête…

Heureusement, Régine prend le relais et s’occupe de la récupération des bagages. Nous partons à la recherche d’un téléphone pour prévenir Jagdish de notre arrivée puisqu’il nous avait aimablement proposé de nous héberger chez lui pour notre dernière nuit en Inde.

Le premier téléphone accepte bien notre pièce de 1 roupie mais refuse de nous la rendre alors que nous n’avons pas eu notre correspondant…

Nous sommes abordés par un jeune qui nous pilote vers un second téléphone et qui utilise une pièce de sa poche : pas plus de succès, le correspondant n’est pas là ! Nous le remercions et rentrons à nouveau dans l’aéroport pour faire du change. Nous trouvons un opérateur téléphonique qui fait notre numéro : personne. Nous lui demandons d’appeler le téléphone mobile : magie du ciel ! Nous avons Jagdish qui s’étonne de nous savoir à Delhi, quant à lui, il est à Bénarès ! C’est un comportement typiquement oriental : promettre et ne pas tenir ! Nous voilà chou blanc ! Nous payons l’opérateur 5 roupies plus une leçon de morale délivrée gratuitement par Régine ! A ce prix – là, c’est du vol !

Nous demandons au comptoir ‘tourist help’ où sont les retiring room : ils n’en savent rien et nous expédient à un autre comptoir qui lui-même…

Bref, nous arrivons devant le comptoir de l’office de tourisme de Delhi où on nous explique qu’il est trop tôt pour les retiring room, car les passagers ne doivent pas les occuper plus de 8 heures, or il est 16h et notre avion ne part le lendemain qu’à 5 heures du matin ! Nous optons alors pour un hôtel à 55 $ la nuit qui de toute façon s’annonce courte puisque nous devons nous lever à 3 heures du matin !

L’hôtel est minable pour le prix payé (surtout la salle de bains). Nous n’arrivons pas à dormir. Au réveil (3h du matin, comme convenu), on nous apporte un petit déjeuner que nous n’avons pas demandé ! Il nous sera bien entendu facturé ! On n’est pas au Népal, ici !

Lundi 29/11. Delhi Paris.

Le taxi commandé arrive et nous payons l’hôtel pour la chambre et le taxi. Prix de 250 roupies pour le trajet alors que la veille, il ne s’agissait que de 200 roupies, mais quoi ! Nous sommes en Inde !

Enfin nous passons les contrôles douaniers, l’avion décolle sans trop de retard, nous allons faire un transit à Koweït, puis une escale à Rome et une arrivée à Paris vers 19 heures.

Dans l’avion du retour, nous faisons connaissance de trois jeunes françaises qui ont bourlingué en Inde, en particulier en utilisant les trains et donc en ayant acheté des billets pour touristes à la gare de Delhi…

Alors, elles nous expliquent que le fameux premier étage existe bien mais qu’il faut pour cela franchir une porte qui est obstruée par des rabatteurs d’agence de voyages qui expliquent que les bureaux sont fermés, qu’il n’y a plus de place…

Une fois franchi l’obstacle, la montée des marches ne ressemble en rien à celles du Palais Garnier ! L’escalier est en effet encombré d’autres rabatteurs ! Enfin parvenues au guichet, elles ont constaté qu’il n’y avait personne à part quelques employés des chemins de fer désoeuvrés…

Nous avons donc été arnaqués de première à notre arrivée à Delhi !

Ceci étant, et cela nous console, un couple de français, importateurs de tissus, juge que le prix qui nous a été demandé correct…

Voilà Paris, son calme, son bon air, sa verdure…

Comme quoi !

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