Jean Marie Lambert

Ethiopie Nord, seconde partie (2007)

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Voyage en Ethiopie : deuxiéme partie, le nord, du lundi 10/12/2007 au mercredi 02/01/2008.

Il y a une première partie…(le sud, bien sûr !), du 29/11/2007 au 9/12/2007, à l’adresse suivante : http://www.jm-lambert-voyages.fr/ethiopie-sud-2007/

Lundi 10/12/07. Addis/Bahir Dar.

Il est cinq heures, Addis s’éveille…

C’est le patron de l’agence en personne qui est venu nous chercher à l’hôtel et qui va nous conduire à l’aéroport !

Le trajet en avion se déroule tout à fait normalement (mais attention : il faut absolument confirmer les vols 48 heures avant, nous avons vu des passagers se faire refouler bêtement…).

Nous sommes attendus par l’hôtel qui a sur place un représentant.

L’hôtel est bien situé, au bord du lac Tana, mais, comme un peu partout en Ethiopie, souffre d’un manque d’entretien (et c’est peu de le dire !).

Nous louons des vélos style VTT. Ça va quand ça descend, mais ça ne va pas fort quand ça monte ! Faut pas non plus que la descente soit trop forte, car les vélos n’ont qu’un seul frein et pas de sonnette…

Bon, quelques « étudiants » cherchent bien à faire la causette avec nous, mais dans l’ensemble ils ne sont pas trop collants.

Nous partons à la recherche des sources du Nil Bleu (le Nil Bleu va rejoindre le Nil Blanc à Khartoum et, à eux deux, ils vont devenir le Nil) : nous ne les trouverons pas, en fait nous allons passer sur un pont sans nous rendre compte qu’il s’agit là des sources du Nil Bleu, car c’est le lac Tana qui donne naissance au fleuve!

De retour en ville, nous nous arrêtons pour garer nos vélos (il y a un service spécialisé de garde de vélo) et pour prendre un verre dans une pâtisserie salon de thé : Régine prend un thé et je prends un jus de mangue.

Régine a commis là une erreur fatale ! Car aussitôt le thé servi, la voilà entourée d’une multitude de guêpes, pas agressives du tout, mais qui voudraient bien elles aussi profiter du sucre…Bref, on l’aura deviné, nous abandonnerons le thé à nos amies les guêpes !

Nous allons ensuite déjeuner dans un restaurant local : le patron, très élégant, va venir faire la conversation avec nous : il parle un peu le français. Et la discussion embraye directement sur la religion, thème qui visiblement est tout à fait porteur en Ethiopie ! Là aussi, notre interlocuteur s’inquiète de la poussée de l’Islam.

Balade dans la ville (les cartes postales sont très décevantes) et retour en fin d’après midi à l’hôtel.

Nous dînons en plein air tout près d’un feu de bois (il fait frais dès que le soleil tombe et nous sommes à 1.800 mètres d’altitude).

Nous préparons notre journée de demain : il s’agit pour nous de passer la journée sur le lac Tana à visiter les monastères.

Nous nous rendons au comptoir de l’hôtel et à notre grande surprise, nous sommes accostés à proximité immédiate du comptoir par des vendeurs de circuits…alors que l’hôtel lui-même en vend tout autant !

Bref, nous allons conclure avec l’hôtel sur la base de 1.200 birrs pour la journée.

Mardi 11/12/2007. Le lac Tana.

Le lac.

Plus de 20 monastères orthodoxes, fondés en général au 16° et 17° siècle.

37 îles, 3.600 kilomètres carrés : c’est le plus grand lac d’Ethiopie mais d’une faible profondeur : 14 mètres.

A la source du Nil Bleu, des crocos et des hippos…

 

85Le départ va se faire vers 7 heures du matin.

Nous sommes tous les deux dans un petit bateau à vitesse rapide (enfin, tout est relatif).

Nous allons visiter les principaux monastères (certains sont interdits aux femmes) :

Narga Selassié, superbe (nous sommes accueillis par un garde armé d’un vieux fusil –disons qu’ils ont à peu près le même âge tous les deux- et habillé d’une toge blanche), Bet Maryam, Mehal Giyorgis, Kibran Gabriel (là, on est entre hommes! Ce qui me vaut de goûter la bière locale, dite « holy beer ») et pour finir, Intos Eyesus.

Tous ces monastères ont une caractéristique commune : les peintures (naïves) peintes à même les murs et qui retracent des épisodes bibliques. Certaines sont vigoureusement restaurées…

Nous revenons à notre hôtel en passant par les fameuses sources du Nil Bleu.

Nous préparons notre lendemain : il s’agit de trouver un bus vers Gondar. L’hôtel va nous faciliter la chose : le bus part de leur jardin, demain matin à 8 heures 30, le trajet nous coûtera 75 birrs par personne. Notre intermédiaire demande une avance de 100 birrs…

Bon, pour être clair, nous nous sommes faits rouler dans la farine : le trajet vaut tout au plus 60 birrs pour nous deux !

Mercredi 12/12/2007. Bahir Dar/Gondar (altitude : 2.200 mètres).

Le van va rouler sans problème jusqu’à destination, bien rempli, mais pas plus de passagers que de places assises.

Il y a un fort contraste entre les deux « nénettes » assises à l’avant à côté du chauffeur, hyper maquillées, jeans serrés, portable, et les travailleurs de la terre vêtus de toges blanc sale…

Les travaux des champs (nous les voyons à travers les vitres) se font à l’aide d’instruments aratoires primitifs, le soc est tiré par une paire de bœufs.

Nous trouvons un interlocuteur qui se débrouille en anglais : il va être notre intermédiaire entre le chauffeur et nous, car nous souhaitons, si c’est possible, être arrêtés devant notre hôtel : le Circle Hotel (qui est rond, comme son nom l’indique…).

Ce sera possible !

Notre chambre d’hôtel va nous coûter 92 birrs la nuit (après négociation !).

Comme partout, et bien que sa construction soit relativement récente (8 ans), l’entretien laisse grandement à désirer…Salle d’eau et sa plomberie aléatoire, prises électriques, ampoules défaillantes…

Dès la nuit tombée, apparition de blattes…

Nous partons déjeuner en face du Palais Royal.

Le restaurant est visiblement un restaurant pour touristes : nous serons Espagnols, Italiens et Français. Les seuls locaux sont les serveurs et les guides/chauffeurs…

Ce restaurant est bien décoré avec des objets de fabrication locale. De plus, un aimable canard circule entre les tables, assurant ainsi un service « poubelle! ».

Notre guide « Bradt » nous indiquait qu’il était possible d’acheter dans ce restaurant des bons de nourriture que nous pouvions distribuer aux quémandeurs de tous âges.

Malheureusement, le restaurant a changé de propriétaire et le nouveau n’a pas repris le flambeau…

Le repas terminé, nous partons visiter le Palais Royal.

A notre grande surprise, nous sommes accostés à l’entrée par un guide qu’Hayelom (notre guide du sud) nous avait recommandé.

Il a du travail pour la journée mais il va nous mettre dans les mains d’un de ses confrères (Hailemariam Dessalegne) qui est membre de l’association des guides privés de Gondar.

Il parle un très bon anglais et nous pouvons le recommander à ceux qui souhaitent une visite accompagnée de Gondar et de ses environs.

Le Palais Royal est un château forteresse du XVII° siècle, construit en pierre, Gondar étant la capitale jusqu’au milieu du XIX°siècle.

Elle avait aux yeux des souverains trois avantages : une position facile à défendre, une situation saine (pas de malaria), un ravitaillement en eau facile.

Curieusement, les Portugais sont passés par là (jésuites et hommes d’armes) et la construction s’en ressent !

Chaque roi ayant régné à Gondar va construire à l’intérieur de la cité, son propre édifice : il y a ainsi cinq palais/châteaux.

Nous verrons également la cage du lion (début du XVIII° siècle), important symbole du pouvoir royal. Le dernier lion à avoir occupé cette cage serait mort en 1992 et il n’a pas été remplacé…

Nous convenons d’une balade en taxi et à pied pour demain matin (le village des Falashas et Kosoye, en bordure lointaine du parc national du Simien).

Sur le chemin du retour nous nous arrêtons au bureau d’Ethiopian Airways, histoire de confirmer notre vol Gondar/Axum.

La nuit va débuter par une chasse aux cafards !

Jeudi 13/12/2007. Gondar.

Ce matin, nous prenons un taxi en compagnie de notre guide pour nous rendre à Kosoye en marge du parc national, histoire de nous dérouiller les jambes.

Un petit trek de trois heures ne peut pas faire de mal surtout si l’on songe aux 4 jours prévus aux alentours de Noël.

Dès que nous quittons la route goudronnée, notre chauffeur descend de voiture et retire soigneusement les enjoliveurs de ses roues.

Kosoye est connu pour avoir été le lieu où la reine Elisabeth II, séduite par le paysage, a fait arrêter sa voiture et pris une « cup of tea » (année 1965).

Nous discutons avec notre guide : il nous fait part des difficultés que connaissent les jeunes hommes pour se marier. Cela coûte beaucoup d’argent car il faut payer des intermédiaires qui sont chargés de plaider votre cause auprès de la future belle famille (encore heureux si celle-ci n’écarte pas votre candidature !).

Il nous apprend que l’enseignement en faculté se fait en langue anglaise.

Nous sommes entourés d’enfants, très vite, alors que les lieux paraissent déserts ! Je prends quelques photos de Régine, enfants sur les genoux, en priant le ciel qu’il n’y ait pas de poux!

Au retour de notre trek (nous avons vu d’assez près des babouins et des oiseaux magnifiques) nous nous arrêtons pour une courte visite au village de Wolleka (autrefois village Falasha et dont les habitants, juifs, 10.000 environ, ont été rapatriés en Israël dans les années 85/92), vide de ses occupants, donc sans grand intérêt.

De retour à Gondar, et après notre déjeuner, nous filons visiter l’église Debre Birhan Selassié.

Construite au XVII° siècle, elle a été rebâtie à la fin du XVIII° siècle.

Il n’y a pas souvent de visiteurs, car il nous faut frapper fort sur les persiennes métalliques de la maison du gardien (que nous dérangeons probablement dans l’art de faire la sieste) pour qu’il veuille bien nous vendre des billets d’entrée.

Il nous faudra ensuite attendre l’arrivée du saint homme (le pope) muni de ses clefs…

Les murs et les plafonds sont richement décorés et les photos se font bien sûr sans flash.

Nous reprenons, toujours à pied, notre chemin pour aller visiter les bains de Fasilida. Là, pas grand-chose à voir, sinon des travaux de réhabilitation.

De retour en centre ville, nous prenons un verre dans un café tout proche de la poste (monument mussolinien).

Après un court repos nous nous dirigeons vers un restaurant tout près de l’hôtel : en fait l’immeuble abrite un bordel sur deux étages ! Mais aussi un restaurant…

Nous rentrons assez vite à l’hôtel : un homme armé d’un pistolet mitrailleur est en faction devant la porte d’entrée…

Vendredi 14/12/2007.Gondar/Axum par avion.

6 heures 30 du matin…

Pour franchir l’enceinte de l’aéroport il faut montrer patte blanche : contrôle des passeports, capots avant et arrière du taxi levés, fouille de la boite à gant…

Nous sommes fortement en avance.

L’avion est en quelque sorte un avion taxi : il va faire le trajet Gondar Lalibela puis Lalibela Axum.

A l’arrivée, surprise : le bon copain de notre guide Hayelom est là à nous attendre pour nous conduire à l’hôtel de notre choix. Il est là aussi pour nous proposer ses services car nous souhaitons descendre en voiture d’Axum à Lalibela en nous arrêtant en cours de route pour visiter les églises troglodytes du Tigré.

Notre nouveau compagnon préfère être payé en euros plutôt qu’en birrs, ça peut se comprendre.

Les enfants !

Très nombreux, bien sûr ! 44% des Ethiopiens ont moins de 14 ans…

Très tôt ils vont aider les adultes ce qui fait qu’on ne voit pas d’enfant jouer. Tout au plus avons nous vu des garçons avec quelques rares cerceaux (roue de vélo) et des petites filles jouer à l’élastique…

Ce que l’on voit le plus souvent (!), ce sont des balles de chiffon, au bout d’une corde, fichées sur un poteau. Il s’agit, seul ou à deux, de frapper la balle avec le pied.

138Nous partons déjeuner à l’hôtel Africa (injera de rigueur) et faisons du change.

Après notre balade dans la ville (41.000 habitants, altitude : 2.100 mètres), nous allons nous reposer sur les bords de la piscine de l’hôtel.

Samedi 15/12/2007. Axum.

Pour une fois le réveil ne sera pas trop matinal !

Nous ne prenons pas le petit déjeuner à l’hôtel et nous préférons trouver un petit bistro où boire un café et manger un gâteau !

Dans tous les cafés, il n’y a que des hommes –à part les serveuses ! Le sol est jonché d’herbe fraîchement coupée, ce qui est un signe de bienvenue.

140Nous partons faire un tour au marché et pour la première fois, nous voyons une marchande de salade verte (de la batavia !), sinon peu de choses sauf des pommes de terre, des tomates, des oignons et des épices…

Il y a aussi des vendeurs de poteries et d’ustensiles de cuisine pour cuire l’indispensable injera.

Dans le parking attenant, des ânes et des chameaux qui attendent leurs propriétaires.

Comme c’est le jour du grand marché, il y a aussi sur la place centrale un marché de paniers : il y en a qui sont très beaux.

Nous voulons visiter le champ de stèles. L’entrée est très facile à trouver, mais les billets ne se vendent pas sur place ! Et c’est là que les choses se corsent, car bien sûr, les gardiens ne parlent un mot d’anglais…Il nous faut rebrousser chemin car la centrale de billets se situe en ville et heureusement, sur le chemin du retour, nous croisons des Italiens qui nous indiquent à peu près, où nous pourrons trouver ces fichus billets !

Nous visitons donc le champ de stèles et l’une d’entre elles, encore entourée de matériel de levage, fait la fierté de tout le pays (nous verrons un peu plus tard une émission de télévision à ce sujet) : c’est celle qui vient d’être restituée par l’Italie. Cette stèle avait été prélevée en 1937, puis sa restitution avait été décidée en 1947 (signature du traité de paix entre l’Italie et l’Ethiopie) dans un délai de 6 mois …en fait, c’est en 2005 que la stèle retrouve sa place à Axum et décembre 2007 que les travaux de restauration sont enfin terminés !

Nous visitons le petit musée tout nouveau tout beau, accolé au champ de stèles ainsi que l’église attenante.

Dans la cour, un puits et pour puiser l’eau, une demi-chambre à air qui fait office de seau…Après avoir déjeuné, nous montons la colline pour nous rendre au monastère d’Aba Pantaleon. Nous sommes pris en main par une jeune gamine qui va nous guider, nous aider même parfois car la pente est parfois rude surtout quand on est proche de l’arrivée.

Nous trouvons sur place un vieux pope qui va nous faire payer très cher (40 birrs) le feuilletage d’un livre ancien orné de très belles enluminures.

Une fois la visite faite et la fillette récompensée à hauteur de sa demande (il y a en quelque sorte un tarif syndical) avec 1 billet de 10 birrs (elle a refusé 10 billets de 1 birr ce qui me laisse à penser qu’elle ne sait pas compter mais qu’elle reconnaît fort bien la forme et la couleur des billets), nous redescendons en ville.

Dimanche 16/12/2007.Axum/Adigrat (altitude : 2.500mètres) : route des églises rupestres.

148A 7 heures du matin, nous sommes sur la route dans un minibus qui sert d’ordinaire de taxi collectif.

1° arrêt pour visiter Yeha et son temple, le plus ancien édifice d’Ethiopie. L’assemblage des pierres est tel qu’il n’a pas été fait usage de mortier. Visite du petit musée.

Nous sommes arrivés en plein milieu d’un office : celui-ci ne se fait pas dans l’église mais à l’extérieur de celle ci.

Reprise de notre trajet : curieusement, il y a une alternance étonnante de tronçons de piste et de route goudronnée. Il semble que les adjudications aient été faites bizarrement !

Nous arrivons à Debre Damo.

C’est un monastère dont la visite est interdite aux femmes et elles ne connaissent pas leur bonheur !

En effet, le monastère est bâti sur un plateau (altitude : 3.000 mètres, surface du plateau 0,5 kilomètres carrés) et pour atteindre le plateau il n’y a pas d’autre moyen que de se hisser à l’aide d’une corde sur 15 mètres environ…Je suis donc muni d’un harnais et un moine me tire de là haut…Il faut mettre ses pieds contre la paroi et progresser comme on le peut ! J’arrive épuisé au terme de l’escalade !

Les seuls éléments féminins tolérés sont les poules car, comme chacun sait, les poules ont des ailes et sont donc des oiseaux !

Visite de l’église, petite balade dans le village (des maisons de pierre qui servent aux 100 moines habitant sur place).

La descente va être plus facile, d’autant que je descends en « double ».

Je retrouve Régine, entourée d’enfants, avec qui elle a discuté en anglais (ils apprennent tous l’anglais !).

Nous reprenons notre route et arrivons à Adigrat.
Charmante petite ville, qui ne présente aucun intérêt, mais où nous nous sommes trouvés très bien !

L’hôtel est probablement en rapport qualité prix le meilleur que nous ayons eu durant notre périple. De plus, nous trouvons du premier coup un délicieux salon de thé avec de bonnes pâtisseries…

En face, il y a la télévision payante et on diffuse en direct un match de football, Liverpool contre je ne sais plus qui…C’est 2 birrs l’entrée et c’est plein de monde !

Nous dînons dans un restaurant style local : case ronde comme nous en avons vu dans le sud !

Lundi 17/12/2007. Adigrat/Mekele (altitude : 2.000 mètres).

Encore de la route/piste. Nous croisons des chameaux, des attelages nombreux faits de 1, 2, 3 ânes qui tirent vaillamment leur charge. Les ânons apprennent leur métier en suivant librement leurs mères…

Les instruments aratoires du type fourche sont entièrement en bois.

Nous visitons l’église Pierre et Paul. Il nous faut attendre la venue du pope, le seul qui ait les clefs.

C’est une église haut perchée sur la falaise mais l’accessibilité est aisée depuis qu’un riche paroissien s’est cassé le cou. Il a en effet financé la mise en place d’un escalier en bois et la construction d’une église neuve, en bas, dans les champs…

L’entrée est bien entendu payante (100 birrs pour nous deux –c’est le même « prix »d’entrée pour toutes les églises- ce qui est plus cher que notre chambre d’hôtel de la veille au soir !).

Le pope ouvre les persiennes qui laissent les fresques de la petite église à l’ombre, nous pouvons prendre des photos sans flash. Sauf que…une peinture murale demeure dans l’obscurité, alors là, nous pouvons utiliser le flash…

 

Puis un peu plus loin, visite de l’église d’Adi Kesho. La visite se fait à la bougie !

Nous arrivons fatigués à Mekele : la ville ne présente pas grand intérêt en soi mais elle n’est pas désagréable à parcourir.

Mardi 18/12/2007. Mekele/Lalibela (altitude : 2.600 mètres).

Nous avons un passager supplémentaire : un ami de notre guide qui profite du minibus pour descendre à Lalibela.

Départ à 7 heures du matin, arrivée à Lalibela à 16 heures 30.

Nous commençons par une bonne route alsphatée puis une bonne piste. Notre trajet et celui de la vieille route qui passe par Sekota, (380 kilomètres). Le paysage est superbe !

A Sekota, nous sommes arrêtés pour un contrôle routier : en fait, c’est plutôt pour nous donner une pochette de documents à remettre aux autorités compétentes à Lalibela. Nous servons de coursier !

Arrivés à Lalibela, nous demandons à être déposés à l’hôtel « Paradise » (le mal nommé).

Il est en construction…

Bref, après une nuit à 100 birrs, nous nous préoccupons du lendemain !

Nous prenons contact avec l’hôtel où nous avions retenu une chambre pour la nuit du 22 décembre : ils ont de la place, sauf pour le 22…Ça n’est pas gênant car c’est justement la nuit que nous avions réservée d’Addis !

Le gérant est très content de nous voir rester quelques nuits chez lui et il nous fait un prix d’ami ! Il faut dire qu’ Hayelom est passé par là et que nous sommes particulièrement choyés !

Mercredi 19/12/2007. Lalibela.

Les choses ont changé à Lalibela : contrairement à ce qu’indiquent les guides, il y a maintenant une banque et un bus quotidien vers Dessié.

Aujourd’hui, c’est une journée décrétée journée nationale (pour nous deux seulement) de farniente !

Nous passons de l’hôtel Paradise (7,20 euros la nuit) à la Jérusalem Guest House (pour 25 euros la nuit avec petit déjeuner, nettement mieux, même très bien pour tout dire !).

Pour quoi ce nom de Jérusalem ?

Nous l’apprendrons par la suite, Lalibela, capitale, fut « transformé » par son roi en petite Bethléem et devint donc lieu de pèlerinage lorsque les lieux saints furent conquis par les musulmans.

D’où, d’ailleurs, son grand nombre d’églises !

Notre chambre, avec balcon, donne sur la vallée et, au loin, sur la chaîne de montagnes.

Les valises sont défaites en un tour de main, le linge sale remis à la réception…

Nous préparons notre journée de demain : il nous faut un guide pour visiter les églises de Lalibela, pour vendredi nous nous réservons deux mules pour visiter un monastère haut perché, pour samedi un 4×4, nécessaire à la visite de Yemrehanna Kristos.

170Puis nous prenons la voiture de l’hôtel pour nous rendre au centre ville (l’hôtel en est assez éloigné, encore que la notion de centre ville soit assez confuse !).

172Nous déjeunons au restaurant du « Seven Olives ».

Là, deux françaises vont s’asseoir à côté de nous : l’une est résidente en Ethiopie depuis 4 mois –après avoir pas mal bourlingué dans ce vaste monde, en Equateur entre autres,-. Elle est une fanatique des graines à germer (comme une autre que je connais bien !), et gère une roseraie aux portes d’Addis (formation d’origine : maquilleuse sur les plateaux de cinéma). L’Ethiopie tente de devenir un pays producteur de fleurs coupées, en particulier les roses.

Elle et son amie sont cependant assez étonnées de nous voir ici, sans guide et sans réelle connaissance de l’amharique !

Après ce déjeuner, nous allons acheter une casquette, car le soleil se fait fort et nous n’oublions pas que nous allons bientôt partir en trek pour 4 jours…

Toute la difficulté consiste à avoir un prix correct qui ne soit pas, si possible, un prix trop « faranji »…

Bref, de 75 nous passons à 65 birrs (4,60 euros), ce qui est certainement beaucoup trop !

Mais j’ai là une très belle casquette chinoise, qui célèbre l’entrée de l’Ethiopie dans le troisième millénaire !

Nous rentrons à pied à notre hôtel et sur le chemin, nous voyons un édicule public qui sert de WC et de douches, mais vu l’état de la bâtisse, je doute qu’il serve encore !

Une petite fille se précipite vers nous, toute crasseuse, pour nous montrer sa boucle d’oreille en plastique, toute jeune, toute belle et déjà très coquette…

Un autre panneau, très explicite, indique aux enfants qu’il ne faut pas faire ses besoins dans la rue, qu’il y a des toilettes publiques pour ça !

Nous nous arrêtons pour acheter du shampoing en doses (très pratique pour les voyageurs, mais impossible à trouver en Europe) et des biscuits.

Jeudi 20/12/2007. Lalibela.

Journée visite des églises, et il y a de quoi faire, puisqu’il y en a treize au programme !

Nous sommes pilotés par un guide (indispensable à la compréhension des choses et à l’ouverture des portes).

Beaucoup de ces églises (taillées dans le roc) sont en chantier : elles vont être recouvertes, aux frais de la Communauté Européenne d’un velum protecteur, ceci afin d’éviter les infiltrations d’eau à la saison des pluies.

Donc des chantiers, que nous traversons avec notre guide, lequel se fait apostropher (c’est lui qui raconte) par des ouvriers et des ouvrières parce qu’il ne les a pas salués, contrairement à nous ! Comme quoi !

Dans une pièce attenante à une église que nous visitons, des popes aveugles répètent des chants de Noël : cette année c’est le 6 janvier que la fête a lieu.

A noter l’importance du gardien de chaussures : cet homme va nous suivre tout au long de nos visites et veiller sur nos chaussures pendant la visite des églises et il aidera Régine à escalader les marches parfois hautes…

Une fois les visites terminées, nous retournons au centre ville : sur la place qui sert de « gare » routière il y a une petite représentation théâtrale (programme financé par une ONG allemande). Apparemment; il s’agit d’expliquer aux spectateurs l’art de cuisiner en « écolo ».

Nous allons déjeuner chez Françoise (elle parle très bien le français), mais elle fait de bien mauvaises pizzas…accompagnées de chips ! Nous n’avons pas essayé la quiche lorraine !

Vers 15 heures, nous retrouvons notre guide pour la visite de la dernière église, celle qui se visite en fonction de l’éclairage : l’église saint Georges.

Retour à notre hôtel en fin d’après midi. Nous réservons nos mules pour demain…

Le muletier est averti par portable qu’il doit se présenter demain matin avec deux mules…

Nous nous renseignons également pour la suite de notre voyage : le patron de l’hôtel comprend bien ce que nous voulons (le bus public) et ne cherche pas à nous vendre le véhicule particulier ou l’avion ! Bref, il y a un bus tous les matins qui part de Lalibela pour Dessié et nous en aurons pour environ 8/9 heures de route…

Vendredi 21/12/2007. Lalibela, visite du monastère Ashetan Maryam (3.150 mètres).

Les femmes, les ânes, les chevaux, les mules …

C’est en quelque sorte, un classement hiérarchique

Dans les campagnes, les femmes portenttout, véritables fourmis sous leurs ballots : j’ai essayé, dans des conditions optimales, de mettre une charge de fagot de bois sur mes épaules, je n’ai même pas réussi à soulever la charge…Un fagot de bois, cela vaut à la vente entre 2 et 5 birrs, soit entre 0,14 euro et 0,35 euro…

Les filles sont souvent « promises » vers 8/9 ans, « mariées » vers 13/14 ans…Age légal du mariage : 18 ans.

Excision : on estime à 75% les filles ayant subi une mutilation sexuelle (légalement interdite).

Les seuls hommes qui portent des charges sont ceux qui portent de lourds ballots de paille sur leurs épaules et ils sont considérés comme des sous-hommes par leurs concitoyens…

Un « SMIG » (quand il existe) c’est 200 birrs mensuel.

L’âne vaut 600 birrs, il porte, mais seulement des charges, pas des humains.

Le cheval, sert à transporter les humains (pas les humaines !), 1.200 birrs.

La mule, sert à transporter les humains (pas les humaines !), 3.000 birrs : la mule est mieux adaptée au terrain montagneux que le cheval, d’où son prix…

188pmMa mule est très sympa (il parait qu’elle émet moult pets, nous sommes en file indienne et Régine est derrière !), mais celle de Régine ne veut en faire qu’à sa tête (qui se ressemble s’assemble, dit on !)…

La montée vers le monastère se fait lentement, mais sûrement, sous l’œil attentif de nos deux muletiers. De temps à autre, la pente étant trop rude ou le sol trop mauvais, nous descendons de nos montures et marchons à pied à côté d’elles.

Aux deux tiers du chemin, arrêt repos, pour les mules et les équipages…

Comme par hasard, il y a là un homme, sa petite fille et des boissons fraîches à vendre !

Nous, comme nous n’avons vraiment pas soif (après tout, nous n’avons fait que de la mule), nous déclinons l’invitation à boire. Mais après tout, le vendeur a une bonne idée : nous pourrions en offrir à nos muletiers. Nous on est d’accord, et ils se choisissent des sodas.

C’est 20 birrs les deux bouteilles (plus du double du prix en plaine…, mais bon !).

Le vendeur donne donc les bouteilles à nos hommes, mais sans les ouvrir (moi, je n’avais pas fait spécialement attention).

Je m’éloigne pour prendre quelques photos, le panorama est en effet magnifique.

Curieusement, le vendeur fait tout pour éloigner Régine et lui faire admirer le paysage.

Mais fine mouche, Régine retourne rapidement sur les lieux et remarque que nos muletiers rendent deux bouteilles vides au vendeur. Elle réalise que ces hommes n’ont pas eu le temps matériel, ni d’ouvrir, ni de boire les sodas en question…

Bref, nous remontons sur nos mules et Régine se met en colère : elle a compris ce qui s’est passé, elle a démonté le scénario et m’en parle (moi, j’avais rien vu, rien entendu et je suis si naïf en matière d’arnaque…) : les muletiers n’ont jamais bu les sodas, mais les ont rendus tels que au vendeur et ont fait semblant de restituer des bouteilles vides…

Alors Régine va expliquer à nos muletiers, à l’aide de ses mains, ce qui s’est passé. Ils vont très vite comprendre que Régine a tout pigé à défaut d’avoir tout vu !

Il ne nous manque qu’un élément : les modalités de partage de l’arnaque entre le vendeur de sodas et les muletiers (y a-t-il d’ailleurs partage ?)…

Bref, la montée continue, avec une Régine toujours en colère !

Arrivés au but (3.150 mètres, le but lui-même n’a pas grand intérêt, c’est la balade qui est belle), nous redescendons, mais à pied cette fois (c’est bon pour le futur trek!).

Nous repassons bien entendu devant l’homme aux sodas et là, nos muletiers expliquent au vendeur que nous avons tout compris (enfin, quand je dis nous !)…

Alors, cette fois ci, nos hommes vont boire leurs sodas après une discussion en amharique… !

Retour en ville : sur la place proche d’une église, une grande assemblée d’hommes et de femmes.

Déjeuner d’une injera pour deux (une fois n’est pas coutume), 18 birrs avec eau gazeuse.

Samedi 22/12/2007. En 4×4 pour Yemrehanna Kristos, retour Lalibela.

Une heure et demie de tout terrain pour 45 Km ! C’est dire !

Comme le dit Régine, qui ne s’est aperçue de rien, ça aurait été bien mieux si on avait fait le trajet en 4×4 (ça fait ¾ d’heures qu’on roule en 4×4 !) !

A l’arrivée, une petite demi-heure pour rejoindre l’église : c’est facile car il y a maintenant des marches qui y mènent.

Mais bien sûr, assises sur les marches, des femmes (et rien que des femmes) aveugles, goitreuses, mendiantes…

A première vue, le site est très décevant car on arrive face à un mur de parpaing (1985 !), mais une fois passé le mur, quelle merveille et quelle atmosphère !

Un début de richesse !

Au cours de notre voyage, on voit les huttes de bambou et de pisé aux toits de feuilles remplacées par d’affreux rectangles de parpaing au toit de tôle ondulée qui brille au soleil.

C’est sûrement plus confortable, plus grand mais aussi bien laid.

Nous rentrons à Lalibela. Beaucoup de marcheurs et de bourricots sur la piste, car c’est un jour de marché aujourd’hui et chacun a hâte de s’y rendre.

199pmLalibela grouille de monde, le marché bat son plein : nous achetons 4 carottes à prix farenji (2 birrs, prix de départ 4 birrs) et deux beignets (1 birr, prix apparemment normal).

Nous prenons le chemin des écoliers pour rentrer à l’hôtel, nous passons déjeuner au Mégabit, c’est bon, et pas cher : 22 birrs (1 omelette, 1 plat de légumes, 2 eaux ambas, 2 thés).

Alors que nous déjeunons tranquillement, dans un cabanon, vient s’asseoir à côté de nous un jeune couple, un paquet à la main : le paquet est vite ouvert, vite partagé, pas difficile de s’apercevoir qu’il s’agit de kat…En principe, son commerce est interdit mais on en trouve partout…

Nous faisons quelques courses au « supermarché » voisin et Régine trouve quelques cartes postales.

Nous préparons nos bagages pour le trek de demain : nous allons regrouper nos affaires dans la valise de Régine, plus souple que la mienne (je parle de la valise !) et laisser le reste à l’hôtel.

Nous devons voir un responsable de l’organisme organisateur (TEFSA) ce soir à 17 heures pour les dernières consignes. Attention : pas d’électricité tout au long du trek ! De la bougie !

Dimanche 23/12/2007. En route pour le trek. Première journée : 12 Km. Altitude : 2.600 à 3.000 mètres. Lalibela/Filakit en 4×4, Filakit/ Mequat Mariam à pied !

10 heures du matin : le 4×4 qui doit nous emmener au point de départ du trek est à l’heure.

Nous trouvons, déjà installés dans la voiture, John et Christina qui vont être nos compagnons de douleur pendant les 4 jours à venir !

John et Christina forment un couple américano anglais fort sympathique : John (USA) a 63 ans et Christina (GB) a peine plus de 50.

A 13 heures, nous voilà on the « spot »…

Nous sommes donc 4, plus notre guide (prénommé Tafara) plus les âniers (2).

Les cadichons portent les bagages.

Chaque jour plein, nous aurons deux équipage d’âniers qui vont ainsi se relayer : un le matin, l’autre l’après midi.

Le trek commence !

Très vite, nous constatons que John traîne la patte : visiblement, il supporte difficilement l’altitude et plus encore, comme nous le verrons par la suite, les chemins caillouteux où l’on peut se tordre facilement une cheville.

Nous traversons un haut plateau et nous pouvons voir de près les travaux des champs : la récolte est faite mais reste encore à séparer le grain de la balle.

La météo a annoncé une possibilité de pluie et a invité les paysans à vite rentrer leurs récoltes…

Pour ce faire, le paysan prépare son aire de battage : à l’aide d’une grande amphore remplie d’eau et à l’extrémité de laquelle il a disposé des branches feuillues, il arrose avec soin le surface de battage (un cercle).

Puis, il étale les céréales, marche dessus. La suite des opérations au prochain arrêt…

Quelques heures de chemin après, nous voici rendus à notre campement de nuit. Enfin, quand je dis campement, c’est beaucoup mieux qu’un campement !

Il s’agit de tukuls (la hutte traditionnelle), tout neufs, merveilleusement disposés au bord d’une falaise (mieux vaut ne pas être somnambule!).

Les toilettes en elle-même valent le déplacement : assis sur le trône, la vue sur la vallée est superbe ! Elles se veulent écologiques : l’urine est recueillie par un dispositif spécial et servira d’engrais.

Douches à l’africaine.

Un très beau coucher de soleil ! Et un éclairage aux bougies dans notre tukul !

Un regret !

Les tukuls qui ont été construits par les communautés locales et qui sont gérés par elles, sont idéalement placés mais à l’écart de tout village : d’où l’impression d’être à part, un peu comme au Club Med’, dans la mesure où les seuls contacts que nous aurons le soir et tôt le matin, avant les départs, seront les contacts avec les cuisinières…Dommage !

C’est vrai que nous pourrions remettre nos chaussures et faire encore deux à trois Km pour nous retrouver dans le village, mais franchement, nous n’en aurons pas le courage !

Une grande satisfaction !

L’argent que nous avons et allons dépenser pour ce trek, est versé au bénéfice des communautés locales qui ont découvert qu’elles vivent dans des lieux superbes et ont appris un métier (cuisiner ou guide), leur donnant une certaine stabilité de ressources (dans la mesure où il y a des touristes pendant les mois d’exploitation).

Lundi 24/12/2007. Trek de Mequat Mariam à Wajela. 20Km. Altitude : 2.600 à 3.000 mètres.

20 Km…Ça n’est pas que ce soit difficile mais très souvent le chemin est caillouteux et les pierres roulent…

Nous partons de Mequat Mariam vers 8 heures du matin et arrivons à 15 heures 30 à Wajela.

C’est une très dure journée pour John qui visiblement a présumé de ses possibilités…

La végétation a été brûlée tout au bord de la falaise et sur une profondeur de deux mètres : ainsi les animaux ne sont pas tentés par l’herbe fraîche et ne risquent donc pas de tomber aiguillonnés par le péché de gourmandise !

Toujours un excellent accueil de la communauté : nous logeons dans des tukuls tout neufs mais, là aussi, loin de toute communauté.

Petit problème d’ordre pratique : Régine est sous la douche toute savonnée (Régine, pas la douche !) quand l’eau du réservoir cesse de couler, d’où un appel strident « au secours »…

Et quand on sait que pour aller chercher de l’eau au point le plus proche il y a en gros 2 heures de trajet aller retour…

Ce soir au dîner, deux hommes se mettent à danser puis deux femmes. Les instruments sont primitifs : ce sont des bidons de plastique. J’enregistre et je fais écouter : ils sont tous très étonnés.

(audio :  chant et danse)

Mardi 25/12/2007. C’est Noël ! Trek de Wajela à Alterow. 16,5 Km.

3 points forts au cours de cette journée de Noël :

1/ à l’arrêt déjeuner, sur un plateau où est construite une église, on prépare un enterrement (orthodoxe) : c’est une jeune femme mariée depuis 1 an et demi, enceinte, décédée d’une maladie inconnue.

3 chevaux non montés et caparaçonnés précédent le cortége.

Le cadavre repose sur un brancard de fortune, déposé sur le sol. Les participants se mettent en cercle et tournent autour du brancard en psalmodiant.

(audio lamentations)

Viendra ensuite l’enterrement proprement dit auquel, bien entendu, nous n’assisterons pas.

2132/ la suite de la récolte : une fois l’aire circulaire préparée comme on l’a vu plus haut…la céréale est foulée par trois bœufs qui vont par leur piétinement séparer le grain de la balle.Pour éviter que les bovins ne se régalent en mangeant le tef, ils ont leurs museaux ficelés…

211

J’enregistre le chant du laboureur qui accompagne ses bêtes : c’est un chant de remerciement à la nature qui apporte la richesse et la santé.

 (audio chant de battage)

Cette richesse et la santé sont aussi souhaitées pour les voisins…c’est un bon moyen d’éviter toute jalousie !

3/ visite impromptue d’une école (nous l’avons demandé) ! Nous sommes reçus à l’extérieur du bâtiment par le Directeur et un de ses instituteurs avec qui nous allons discuter. Je vais laisser mon adresse postale au Directeur (dans un premier réflexe imbécile, je lui ai proposé mon adresse email, mais le village n’a pas d’électricité !).

Ils vont nous inviter à pénétrer dans une salle de classe : c’est une classe où l’on apprend l’anglais. Au mur sont accrochés des objets et leur traduction en anglais…

Christina est à son affaire mais pas les élèves, garçons et filles qui sont tout timides…

Il nous suffira de sortir de la salle de cours pour les entendre papoter à nouveau !

L’école est « neuve » : elle a 7 ans d’âge.

A l’entrée, des panneaux d’affichage de lutte contre le sida (c’est curieux pour une école primaire) et aussi des panneaux qui exaltent l’éducation (« l’éducation est la clef de la vie ») ou qui représentent des animaux.

C’est une école assez pimpante, plutôt bien entretenue, un terrain de sports la jouxte (filet de volley).

Les murs extérieurs sont décorés de peintures éducatives : cartes d’Afrique et d’Ethiopie, représentation d’un pistil…

C’est une école primaire et secondaire (obligatoire de 7 à 16 ans), avec 687 élèves et une moyenne de 65 élèves par classe. Il ne faut pas s’en étonner, mais il n’y a que 160 filles sur les 687 élèves…

Je ne sais plus combien il y a d’enseignants, mais le nombre de femmes enseignantes est très faible : 4.

Les cours se donnent par demi journée, l’école la plus proche est éloignée de 5 Km.

Bien sûr, il n’y a pas de « ramassage » scolaire, ni de cantine, puisque les enfants du matin rentrent chez eux à midi et que ceux de l’après midi ont en principe déjeuné avant d’arriver en cours.

Intelligemment, les cours sont suspendus pendant la saison des pluies (sentiers impraticables) et pendant la saison des récoltes (les enfants sont réquisitionnés par leurs parents).

Et puis, c’est Noël (enfin, pour nous, c’est Noël…).

Nous arrivons sur le site d’Alterow. Nos tukuls sont tout neufs et le site est tellement neuf que l’espace douche (!) est en train de se construire.

Mercredi 26/12/2007. Trek, d’Alterow à Yadukulay, 15Km.

Pas plus de kilomètres qu’hier (heureusement !) mais ça monte et ça descend !

Sur notre chemin, nous nous arrêtons à une »ferme »: 0,7 hectare…et 5 enfants !

La hutte est ronde, le sol est en terre battue, à gauche on gare les bêtes (moutons et chèvres) et les humains qui nichent au dessus des bêtes dans le même espace. A droite, la réserve à grain et le matériel de culture et de filage de la laine, au centre, le feu, c’est-à-dire la cuisine…

Pas d’ouverture franche, sauf la porte, pas de cheminée.

Nous poursuivons notre chemin qui se transforme en chemin de croix pour John : il va arriver très tard et épuisé, accompagné par notre guide.

Le site est assez mal situé, très à l’étroit sur un pic rocheux et l’accessibilité des toilettes et de la douche aléatoire.

Jeudi 27/12/2007. Fin du trek (3 Km) : Yadukulay/route vers Lalibela/Lalibela.

66 Km à pied ! Ce n’est pas si mal en haute montagne : j’apprends que je suis le doyen des treks ! Enfin, jusqu’en 2007 !

Il fait froid ce matin et en plus, il y a du vent, vivement le soleil !

La descente vers la piste qui va nous mener à Lalibela se fait rapidement…à tel point que nous sommes en place dès 8 heures 30 alors que le 4×4 qui doit nous ramener en ville n’est prévu qu’ à 10 heures…

224Nous prenons donc le temps des dernières photos, des derniers paysages…

A 10 heures (un peu plus, mais bon !), arrive notre 4×4.

De retour à Lalibela, nous cherchons à savoir comment faire pour prendre le lendemain un bus public vers Dessié.

La « gare » routière (on devrait mieux dire le terre plein d’où partent les bus, mais on dit qu’on est en train d’en construire une autre en dur !) est vide : pas de guichet à l’horizon. Nous allons nous renseigner à la poste toute proche: l’employé n’a visiblement pas grand-chose à faire et il est tout disposé à nous aider dans un anglais à peu prés compréhensible.

Il est sympa, il va nous donner deux cartes postales que nous nous empresserons d’oublier à l’hôtel et nous demande notre adresse postale

Bref, après lui avoir confié nos cartes qu’il oblitère devant nous, il nous confirme que la vente des billets se fait dans le bus et pas avant 18 heures, heure à laquelle le bus arrive de Dessié.

Nous rentrons à l’hôtel et décidons d’attendre demain matin pour acheter nos billets. En accord avec notre hôtelier, nous décidons d’un lever matinal : 4 heures 15 pour un départ à 4 heures 30…et un bus qui démarre à 6 heures…

Mais il est vrai que le chauffeur du bus qui va jusqu’à Addis en deux jours (arrêt pour la nuit à Dessié) préfère vendre des billets jusqu’à Addis, les places restantes étant vendues à ceux qui, comme nous, s’arrêtent à Dessié. Il vaut donc mieux en conséquence arriver un peu tôt à la gare routière…

Vendredi 28/12/2007. Lalibela/Dessié. Altitude : 2.500 mètres. Une journée de bus !

Nous arrivons largement les premiers à la gare routière : il est 4 heures 45 ! Le départ est à 6 heures…

Il fait nuit noire, mais sur ce qui est le parking, on remarque de nombreuses formes humaines couchées à même le sol, enveloppées dans des couvertures. Des sans domicile ou des passagers qui ne veulent pas rater leur départ ?

Il y a des chauffeurs de bus qui commencent à faire chauffer leurs moteurs.

Nous prenons nos billets auprès du chauffeur et nous nous installons dans le bus. Il partira à 6 heures pile après que le chauffeur eut embrassé la figurine de Saint Georges et mis une cassette musicale.

Le tableau de bord est agrémenté de fleurs en plastique et d’images saintes (c’est bon pour notre sécurité !).

Les rares voyageurs étrangers sont une jeune Française qui voyage seule, et 2 Asiatiques. Le bus n’est pas à moitié plein quand il démarre. Oui, mais, à l’arrivée à Dessié nous serons complet, avec en prime des poules dans la travée centrale !

Car le bus va son bonhomme de chemin : il s’arrête pour prendre des passagers et aux arrêts principaux, un pope monte faire embrasser la sainte Croix aux passagers volontaires –je n’ai pas réussi à persuader Régine à se plier à la coutume- et récolter un peu d’argent.

A dire vrai, le pope de campagne a l’air aussi pauvre et déguenillé que ses paroissiens…

Halte déjeuner de 20 minutes à Woldia, juste le temps d’avaler nos sandwichs préparés par l’hôtel et de boire un coca à la terrasse d’un café.

Il est 16 heures 30 quand nous arrivons à Dessié, le dos cassé !

Le bus se gare dans la gare routière, les bagages entassés sur le toit vont y rester pour la nuit, car le bus repart dès potron-minet vers Addis.

La ville nous parait très étendue, pas très sympa de prime abord, nous trouvons un hôtel un peu pourri mais pas trop cher à 100 birrs. Il faut dire que la façade et même les pièces de « réception » sont bien tenues, mais pour le reste !

Il se trouve que et hôtel accueille un groupe de jeunes américaines, une d’entre elles avec qui je vais discuter est d’origine danoise par sa mère et il se trouve qu’elle apprend le français dans son lycée (petite ville de l’Etat du Maine…).

Nous cherchons en vain à faire laver notre linge : l’hôtel ne rend visiblement pas le service et en ville, nous n’arrivons pas à faire comprendre que nous voulons absolument le récupérer le lendemain…Pas grave, on le donnera à Addis.

A 20 heures 30, extinction des feux. Mais Régine a remarqué que nos draps sont tachés (nous dormirons dans les nôtres) et par ailleurs, la chasse d’eau fuit comme ça n’est pas permis ! En plus, il fait diablement froid !

Samedi 29/12/2007. Dessié. Altitude 2.500 mètres.

Dès notre lever, Régine avise une femme de chambre à qui elle montre l’état déplorable de notre literie ainsi que l’état de saleté de la moquette (ou ce qu’il en reste !).

En fait, il y a eu visiblement une inondation dans cette chambre car la moquette est encore un peu humide…

La préposé fera le nécessaire !

Notre intention première était de profiter de notre arrêt à Dessié pour visiter en 4×4 les environs du lac Hayk.

Hélas, la ville de Dessié offre bien peu d’opportunité aux voyageurs et nous n’avons pas pu trouver de moyens de transport individuels (il est vrai que nous aurions pu faire le trajet en transport en commun, mais bon, on avait donné !).

Bref, nous allons passer la journée à ne rien faire (ça nous change un peu…)

Bon, grande balade, visite du marché, sirotage de jus de fruit au balcon d’un café, tour rapide des boutiques (il n’y a pas grand-chose à voir), Internet (réservation d’un hôtel à Addis, et comme nous avons décidé de jouer les grands seigneurs, nous descendrons au Hilton !). Il fait beau et chaud…

Nous passons à la gare routière pour acheter notre billet de bus pour Addis et là, on nous indique l’heure de départ en heure éthiopienne…

Mais l’employé va nous courir après pour nous préciser l’heure en heure « universelle »…

Déjeuner d’une injera dans un restaurant typique (très peu de femmes !), à la table d’à côté, on se régale de viande crue coupée en gros morceaux et gras apparent (faut aimer et aimer voir !) : une boucherie est intégrée au restaurant…

C’est à vous dégoûter du tartare pour la vie !

Nous faisons quelques courses pour notre déjeuner de demain dans le car…

Dimanche 30/12/2007. Retour à Addis (altitude : 2.400 mètres), la grande vie !

Matin blême : il est 5 heures 30 du matin et la gare routière n’a d’autre éclairage que les phares des autobus. Et des autobus, il y en a !

Comment faire pour trouver le nôtre, il semble qu’il y a un numéro de bus sur le ticket et peut être des numéros de place. Tant pis, nous nous présentons à l’entrée d’un bus, ça n’est pas le bon…

Au deuxième essai, nous sommes dans le bon ! Nous sommes plutôt bien placés, j’ai beaucoup d’espace pour mes jambes, mais nous sommes à hauteur de la porte arrière, sur les roues arrières, et surtout, la serrure de la porte arrière et sa clef sont pleines de graisse rose…Régine y gagnera une énorme tâche rouge, mais nous ne nous en apercevrons qu’une fois arrivés à Addis, dans le hall de l’hôtel Hilton…Un Ethiopien, que nous croisons, pense que Régine s’est blessée (comme quoi c’est bien imité !).

Bref, nous voici à Addis. Nous négocions un taxi pour le Hilton avec, il fallait d’en douter, un prix Hilton pour étranger…

Il est 16 heures quand nous arrivons dans le hall de l’hôtel au niveau de la réservation, fatigués, hirsutes, mal rasé (moi !), avec nos bagages poussiéreux et réclamant la clef de notre chambre…

Et là, l’incident !

Le Hilton n’a pas notre réservation en carnet ! Nous tempêtons (en anglais !), nous expliquons que la réservation a été faite la veille par Internet, sur le site d’expédia…Rien à faire, on nous invite à payer à nouveau, alors que la carte de crédit a déjà été débitée…ou alors il nous faut donner un numéro de réservation…que nous n’avons pas !

En désespoir de cause, nous demandons à aller au centre Internet de l’hôtel où nous éditons notre réservation (Internet hors de prix au Business Center : 35 birrs pour 15 minutes)…Retour au guichet réservation, c’est un homme qui reprend notre dossier, d’où re-explications…Il vérifie, nous dit qu’il n’y a pas de réservation à notre nom. Je lui suggère de téléphoner au centre d’Expédia à Paris, il me répond que le téléphone coûte cher (certes, mais leurs chambres aussi coûtent cher !), s’absente du comptoir, revient au bout de 5 minutes (c’est long !) pour nous dire qu’il s’excuse mais qu’effectivement notre réservation est bien parvenue à l’hôtel, mais que le back office ne l’a pas retransmise…bref, toute cette histoire ira jusqu’à Londres, pôle du Hilton Europe, propulsée par Régine fort en colère (il faut dire que c’est sa carte visa qui a été débitée…).

Nous avons bien mis ¾ d’heure avant d’atteindre notre chambre…

Mais enfin, nous avons l’eau chaude, des sanitaires tout à fait corrects, pas de petites bêtes qui courent sur la moquette, une grande chambre, un bon lit…

Après avoir lavé les corps et changé nos vêtements pour des vêtements propres, nous prenons un petit thé confortablement installés dans notre chambre…

Nous n’en redescendrons que pour le dîner (620 birrs à nous deux, ou 46 euros, un prix très parisien, ça coûte très cher d’être riche !).

Lundi 31/12/07. Addis.

Nous nous levons tard (enfin, à 9 heures). Nous donnons notre linge sale au service de laundry et je dois dire qu’à notre grand étonnement, le pantalon de Régine nous reviendra impeccable ! Ou bien la graisse Ethiopienne est de bien mauvaise qualité, ou bien c’est le pantalon qui résiste à tout !

Nous décidons de nous rendre au mercato (en français, le marché), endroit paraît-il fort mal famé, et pour cela nous nous rendons à pied, prés du stade d’où partent les taxis collectifs pour le mercato.

Chemin faisant, nous rencontrons, un troupeau de moutons qui passe au feu rouge, dans les clous, tout près du ministère des Affaires Etrangères…et, pur hasard, notre guide Hayelom : il nous avait piloté pendant notre périple du sud…Rendez-vous est pris pour ce soir à l’hôtel.

Nous voici donc dans notre taxi collectif (une douzaine de places assises), les locaux nous considèrent avec un certain étonnement.

Au mercato, le mal famé, un repaire de brigands, je ne vous dis que ça, nous nous baladons et nous nous sentons en parfaite sécurité. Il est vrai que nous ne croiserons pas un seul touriste.

Achat de carottes (il n’y a pas que les lapins qui aiment ça, Régine aussi…), déjeuner d’un sandwich club.

Nous rentrons au centre ville toujours par le même moyen de transport : le taxi collectif.

Marche à pied du « stadium » jusqu’à l’hôtel. Nous passons devant une église (Kidus Istifanos), les hommes se découvrent et se signent.

Il est 17 heures : Hayelom est là. Nous allons prendre un verre près de la piscine, il y a là aussi le ministre du Tourisme.

Notre dîner est un dîner de nouvel an (les Ethiopiens ont déjà fêté le leur depuis plusieurs mois). Certains convives (il n’y a que des étrangers) sont sur leur 31 (of course !).

Mardi 01/01/2008. Bonne année à Addis !

Toute la nuit nous avons eu droit aux mélopées orthodoxes par haut parleur !

Le bus (de ville) !

Les tickets de bus se prennent par la fenêtre donc à l’extérieur du bus (intense bousculade !) et muni du précieux viatique, on peut alors monter !

Nous partons visiter l’église d’ Entoto Maryam. Pour ça, un peu de marche puis un taxi collectif qui va nous mener au pied de la colline Celui-ci va nous proposer de nous emmener jusqu’au site : nous sommes d’accord, surtout qu’il nous annonce un prix de 15 birrs. Mais entre fifteen et fifty, il n’ y a pas une grande différence d’un point de vue acoustique !

Donc, nous voilà taxé de 50 birrs et non de 15 comme nous le pensions, comme quoi, même en fin de parcours, on arrive encore à nous rouler dans la farine !

Visite de l’église et du musée annexe, puis nous partons à la découverte de la deuxième église (Kidus Raguel), deux kilomètres sous le soleil…

Là, nous allons faire la connaissance d’un jeune couple de Français qui travaille à Addis et qui pilote Mme Mère–légèrement décalée-en vacances en Ethiopie.

Cela fait un an qu’il est à Addis, il trouve que la situation économique est bien meilleure, tout étant relatif, à celle qu’il a trouvé en arrivant.

Comme ils disposent de leur propre véhicule, ils vont nous proposer de nous ramener au centre ville : pour nous c’est très sympa !

Nous nous assurons auprès d’Ethiopian Airlines que tout est en ordre côté billets et nous apprenons que pour un décollage demain à 23 heures 55 et il faut être à l’aéroport à 21 heures (!).

Nous dînons avec François, fin connaisseur de l’Ethiopie : il est Suisse et s’intéresse de près aux tribus Afars. C’est une façon agréable et savante de compléter notre voyage, puisque, justement, nous ne sommes pas allés en territoire Afar !

A son avis, le phénomène d’islamisation est réel mais probablement exagéré par le gouvernement qui est en guerre en Somalie. Il y a eu cependant quelques troubles entre musulmans et orthodoxes dans certaines villes.

Mercredi 02/01/2007. Retour à Paris (altitude 30 mètres).

Lever tardif ! Il faut dire que nous n’avons pratiquement rien à faire de la journée sauf à prendre l’avion !

Vers 12 heures, nous partons en ville pour déjeuner, puis nous passons à l’agence de voyage Smiling Ethiopia car nous leur devons une demie nuit d’hôtel…Le patron va nous donner un gros paquet de café, et comme chacun le sait, le café d’Ethiopie est le meilleur du monde !

Nous prenons à nouveau un minibus taxi collectif pour nous rendre à l’église Saint Georges.

C’est la cour des miracles, et visiblement, quelques hauts personnages entourés de gardes du corps, sont en train de la visiter…

Nous sommes de retour à l’hôtel vers 16 heures 30 et il nous reste du temps pour patienter jusqu’à 21 heures !

Le retour sur Paris se fera sans problème et à l’arrivée je constate avec satisfaction que je suis revenu à 76,30 kilos versus 80,10 le 29/11/2007! Comme quoi !

Première partie, le sud : http://www.jm-lambert-voyages.fr/ethiopie-sud-2007/ 

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