Jean Marie Lambert

Bolivie (2004)

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Voyage en Bolivie
du 28/05/2004 au 06/06/2004.

Vendredi 28/05/2004. Puno La Paz en bus : du Pérou à la Bolivie.

Quelques mots sur la Bolivie:

Un pays fou !

2.000.000 de kilomètres carrés au moment de l’indépendance (1824), 1.000.000 aujourd’hui !

Que s’est-il passé entre temps ?

Des guerres successives et toujours perdues : contre le Brésil, l’Argentine, le Paraguay et surtout le Chili qui focalise toute la haine des Boliviens. En effet, en 1884, la Bolivie perd tout accès à la mer à la suite du conflit. Au fur et à mesure de notre voyage, nous prendrons la mesure de cette Chili phobie !

Ajoutons au tableau un président fou, qui vend au Brésil un morceau de territoire contre espèces sonnantes et trébuchantes et un cheval blanc !

8 millions d’habitants dont 1 million habitent la capitale, La Paz.

50 à 60% d’Indiens qui se refusent à parler l’espagnol.

Niveau de vie très faible, on estime que 63% de la population vit en-dessous du seuil de pauvreté.

La Bolivie est à l’avant-dernier rang en matière de PNB sur le continent, laissant derrière elle la Guyane britannique.

Salaire minimum, quand il est perçu : 440 bolivars, soit 55 dollars ou 43 euros.

Salaire moyen : 600 bolivars, soit 75 dollars ou 59 euros.

Pas de sécurité sociale sauf pour les fonctionnaires et les employés des grandes sociétés.

15 jours de congés payés par an après 2 ans de travail. Ce temps de congé augmente un peu avec l’ancienneté.

Nous montons dans notre bus et nous voyons s’installer deux touristes US pas tout jeunes et que j’avais déjà repérés soit en Equateur soit au Guatemala.

En fait, ils avaient réservé sur une autre compagnie, mais celle-ci fait défaut : il y a des grèves côté Bolivie !

Et c’est vrai que le trajet initial qui prévoyait de passer la douane côté Bolivie à proximité de Copacabana pour rejoindre cette ville va être quelque peu bouleversé.

En fait, nous allons nous arrêter près du poste frontière de Yunguyo pour constater l’impossibilité de le franchir et les deux touristes américains qui se rendaient à Copacabana, vont devoir faire le trajet à pied avec leur valise, sous un soleil éclatant (10 kilomètres).

Le chauffeur du bus leur dit qu’ils devraient atteindre la ville après ¾ d’heures de marche !

Nous reprenons notre route à la recherche d’un poste frontière ouvert, et nous allons passer par le poste frontière de Desaguadero.

Un bordel sans nom ! Avec des gens dans tous les sens.

Nous descendons de notre bus avec nos bagages et nous pointons aux postes du Pérou puis de Bolivie.

Nous remontons dans un autre bus (nous sommes pris en charge par une compagnie bolivienne), d’une qualité aléatoire, pour tout dire !

Un peu plus loin, sur la route qui mène à La Paz, contrôle de police.

Arrivée à La Paz, altitude 3.600 mètres. L’arrivée, c’est bien, car la ville, immense, est dans un cadre magnifique, enserrée par les montagnes.

Pour le reste, La Paz ne présente pas un grand intérêt. La ville est encaissée, elle monte à droite et à gauche à flanc de montagne, elle a une artère principale, véritable épine dorsale, qui n’est autre qu’un torrent recouvert par le principal boulevard.

Une fois installés dans notre hôtel à 12 dollars la nuit, petit déjeuner inclus, nous sortons faire un tour en ville.

Dans la rue, des filles et des garçons avec des téléphones portables solidement attachés à leur ceinture par des chaînes métalliques : ils font office de cabine téléphonique ambulante !

Les poubelles de rue sont à hauteur d’homme.

Nous achetons un fromage (délicieux) et 5 petits pains au marché. Les cigarettes se vendent à l’unité.

Il est 20 heures 10 quand nous entrons dans un restaurant de poissons. Nous n’allons pas rester longtemps car nous nous faisons virer : le restaurant ne prend plus de client ! Ceux qui sont attablés ont l’air étonné de la réaction du personnel !

Nous allons donc dîner dans notre chambre, de fromage, de pain et de clémentines.

Attention à la douche !

17doucheLe mince filet d’eau chaude se fabrique à partir de fils électriques plus ou moins dénudés qui descendent du plafond et se fixent dans la pomme de douche…

L’interrupteur est bien entendu sous la pomme de douche ou peu s’en faut !

C’est très dangereux et nous conseillons de garder des chaussures plastiques au pied comme isolant. Heureusement, ce n’est que du 110 volts !

C’est dire que le procédé entraînerait, chez un agent EDF, une crise cardiaque, à tout le moins!

Samedi 29/05/2004. Visite des ruines de Tiahuanaco.

Lever à 7 heures du matin.

Dans notre minibus, 2 Israéliennes et un couple Suisse qui travaille pour une ONG. Ils font des micro-crédits aux paysans Boliviens.

Ils disposent de 35.000 dollars, donnés par la Communauté Européenne et accordent des prêts d’un montant unitaire de 1.000 dollars en moyenne.

Cet argent sert à acheter des semences, des engrais, à réparer les bâtiments agricoles. Pratiquement, ces prêts sont faits à la femme (l’homme boit !), l’expérience doit durer 3 ans.

Ils nous disent que l’équipement informatique des Boliviens, quand il existe, est remarquable, mais le problème, c’est que personne ne sait se servir des logiciels. Le pays, selon eux, manque cruellement de techniciens.

La visite du site est spectaculaire par les statues qu’on y voit.

Notre guide femme nous explique que la Bolivie, bien que sans débouché sur la mer depuis la guerre perdue contre le Chili, a toujours un ministère de la marine, car on ne sait jamais !

De même, à La Paz, il existe un stade Olympique. Il n’y a jamais eu de jeux Olympiques en Bolivie, mais on ne sait jamais !

Pareil pour les constructions antisismiques : le pays n’est pas dans une zone à risque, mais on fait comme si, car on ne sait jamais !

Pour ce soir, nous dînons dans un restaurant typiquement bolivien, mais tellement bolivien qu’il n’y a que des touristes !

Dimanche 30/05/2004. La Paz.

2lapazNous partons nous balader dans le quartier de la cathédrale. Sur cette place, la principale de La Paz, outre le pouvoir religieux, il y a aussi le pouvoir civil avec le palais présidentiel.

Dans le square, un concert de musique militaire donné par l’école de musique de l’armée et nous allons en profiter. La musique est plutôt de style patriotique avec intervention de chœurs civils et d’un petit garçon qui chante la grandeur de la patrie invaincue!

Nous allons déjeuner dans la grand rue, et comme c’est dimanche, nous faisons halte dans un délicieux café.

La rue est entièrement piétonne aujourd’hui : des stands éducatifs et sanitaires occupent la chaussée. Les hôpitaux sont représentés dans différents stands, les pompiers avec leur corde de rappel montent à l’assaut d’un hôtel. On peut se faire prendre la tension, se faire conseiller contre l’obésité, il y a aussi un stand consacré aux maladies sexuellement transmissibles avec démonstration d’enfilage de capote !

Lundi 31/05/2004. La Paz Oruro par bus, Oruro Uyuni par train, enfin, presque, car il y a grève !

Nous partons en début de matinée pour Oruro, ville étape d’où nous devons prendre le train pour Uyuni.

Tout va bien, dans le bus, outre des locaux, il y a un groupe de huit Français, pas vraiment jeunes, qui voyagent comme nous, en indépendants et un jeune Hollandais de 26 ans, très sympa et très cultivé. Il y a aussi le représentant de l’agence de voyage qui a vendu les billets.

Le voyage va commencer à se corser une fois arrivés à Oruro !

En effet, nous apprenons que les voies ferrées sont obstruées par des matériaux divers…et que donc, il est impossible de prendre le train comme nous l’avions prévu. C’est vraiment dommage car tous les guides disent que le parcours est fabuleux !

Je demande au patron de l’agence s’il ne peut pas nous trouver en location un minibus pour nous rendre tout de suite à Uyuni. Il va voir, mais revient me dire que ce n’est pas possible, la route étant trop mauvaise pour ce type de véhicule et le trajet de 500 kilomètres, trop long !

Le seul moyen d’atteindre Uyuni c’est le bus, mais celui-ci ne part qu’à 20 heures !

Qu’a cela ne tienne, nous allons attendre (moyen de faire autrement ?) en nous promenant dans la petite ville pendant 5 bonnes heures.

Nous allons dîner avec le jeune Hollandais qui parle un excellent espagnol.

Sur le coup de 19 heures 30, nous sommes dans le terminal de bus, les vendeurs des différentes sociétés de bus sont à leur comptoir et hurlent à qui mieux mieux les destinations que leurs compagnies desservent pour attirer le client. Ils font beaucoup de bruit !

En principe, nous devons arriver sur le coup de 4 heures du matin à destination.

La compagnie du 16 juillet qui assure le transport est l’une des meilleures du pays et le bus est chauffé.

Bref, tout doit baigner dans l’huile !

Sauf que !

Le bus n’arrivera à Uyuni qu’à 5 heures du matin.

Sauf que !

Le bus est comble avec des baluchons partout, il y a des passagers dans l’allée centrale, certains debout, d’autres assis sur des seaux de plastiques renversés!

Sauf que !

Le bus n’est pas chauffé : à Uyuni, la couche de glace déposée sur les vitres intérieures du bus mesure bien un demi centimètre !

Nous arrivons littéralement transis de froid, n’ayant pratiquement pas dormi ! Nos sacs de couchage sont restés dans nos sacs à dos, sur le toit du bus! Des passagers français se partagent une couverture de survie !

Sur le coup de 4 heures du matin, l’autobus est arrêté pour un contrôle de police, avec fouille des bagages à main, Régine y passe, pas moi, le hasard !

Enfin Uyuni par matin blême…L’hôtel où nous pensions aller et qui est théoriquement chauffé, est plein ! Notre chauffeur réveille le garde de nuit d’un autre hôtel, une discussion sur le prix de la chambre s’ensuit…Enfin, nous nous couchons, vêtus de nos Damart, car la chambre n’est pas chauffée ! Régine est superbe dans mon Damart haut et bas, prêté pour l’occasion, bien qu’elle flotte un peu dedans (nous n’avons pas exactement la même taille !). Allez savoir pourquoi, elle refuse toute prise de photo !

NB : Uyuni (3.700 mètres, 11.000 habitants) est considérée par les Boliviens eux-mêmes comme une ville très froide !

Mardi 01/06/2004. Uyuni et son Salar.

Levé vers 7 heures 30-8 heures et en laissant dormir un peu plus de temps Régine, je file voir si l’hôtel où nous aurions dû descendre a, ou non, une chambre libre avec chauffage.

C’est oui ! En fait le chauffage est un radiateur électrique à huile, il n’y a pas d’installation de chauffage central !

Nous décidons donc de déménager après avoir pris notre petit déjeuner.

Nous apprenons auprès d’un guide français habitant la Bolivie, qu’hier au soir, une Israélienne a fait scandale dans l’hôtel et qu’en guise de représailles elle aurait mis à tue-tête sa radio !

Au moment de partir, on nous demande de payer alors que c’est que nous avions fait en arrivant. Je laisse Régine s’en débrouiller car il est vrai que le personnel de ce matin n’est pas celui d’hier soir ! Régine va se dépatouiller de la situation avec sa maestria habituelle !

Nous partons pour le Salar, dans un 4×4 avec 3 autres Français.

Il y a un couple, elle médecin, lui entrepreneur dans le bâtiment, lui s’occupe entre autres, d’une ONG en Mauritanie qui suit 3 villages.

Le Salar est, bien entendu, chacun l’aura deviné, une immense étendue de sel de 12.000 kilomètres carrés avec du sel rien que du sel blanc et aveuglant, et surprise, de temps en temps, des îles où poussent des cactus (comme l’île de los Pescadores) !

Ce sel est exploité à hauteur de 19.000 tonnes par an, et il y a de quoi faire, car on estime les réserves à 10 milliards de tonnes. Quelques artisans réalisent des sculptures de sel, deux hôtels faits de briques de sel offrent leurs chambres de sel aux touristes, mais sans chauffage !

Nous apercevons quelques flamants roses.

Au retour, nous sommes obligés de faire un long détour, car la route « officielle » est barrée par des grévistes. Nous manquons de nous ensabler !

Retour à notre hôtel où nous faisons dînette de pain, de fromage et de gâteaux.

Mercredi 02/06/2004. Uyuni Potosi théoriquement en bus, en fait en 4×4 !

Une mauvais surprise nous attend au terminal de bus : les routes sont barrées (comme hier soir) et tout passage est impossible ! Peut être un bus ce soir à 17 heures 30, et ce n’est pas sûr. Il est 10 heures du matin, que faire ?

Attendre ne nous enchante guère…même si nous faisons la connaissance dans la file d’attente d’un Français de 26 ans, licencié d’Altran, actuellement en tour du monde, en provenance du Chili et accompagnant d’une manière tout à fait occasionnelle un groupe de 5 jeunes Anglaises de 19/20 ans qui voyagent séparément les unes des autres, mais qui se sont regroupées avec notre Français pour la remontée du Chili vers la Bolivie. Il s’en étonne d’ailleurs, expliquant que les dangers physiques lui semblent incompatibles avec le statut de la femme, statut qui reste assez traditionnel à ses yeux !

Régine se charge de le remettre dans le droit chemin !

Bref, comme il parle très bien l’espagnol, il me confirme qu’effectivement il n’y a pas de bus.

C’est alors, qu’oh miracle, un 4×4 s’arrête en face du terminal de bus et qu’en sort le couple de Français avec qui nous avions visité le Salar.

Eux aussi veulent se rendre à Potosi mais ont appris très tôt ce matin qu’il était impossible de prendre le bus. Ils ont donc loué pour 150 dollars les services de notre chauffeur d’hier et nous proposent de prendre place à bord, moyennant une participation aux frais ! Bien entendu, nous devrons passer par des pistes de montagne à peine carrossables.

Comme il reste deux places disponibles, j’en propose une à notre sympathique Français. Il va décliner l’offre m’expliquant qu’il vient de faire 4 jours de 4×4 et que physiquement il n’en peut plus !

Je la propose à un Japonais qui passe par là, il refuse car il trouve que c’est trop cher.

Un autre Français va accepter, il se trouve que c’est aussi celui avec lequel nous avions fait la visite du Salar.

Bref, nous allons pouvoir partir à 5, soit à 30 dollars Le chauffeur du 4×4 nous demande une heure de délai, le temps pour lui de préparer ses affaires car il faudra bien qu’il revienne, de trouver de l’essence…Le départ est donc fixé à 11 heures.

En attendant, et après que Régine a récupéré le prix de nos billets de bus, nous allons faire quelques courses alimentaires au marché, un peu toujours la même chose, fromage, pain, pommes, eau.

A l’heure dite, voilà notre chauffeur. Nous montons dans le 4×4 et en route pour l’aventure ! Pour l’occasion, le chauffeur a pris sa femme à côté de lui.

En principe, nous en avons pour 6 heures de route par le bus, dans les faits un peu plus en 4×4, car nous arriverons à Potosi vers 19 heures après avoir fait moult détours pour éviter les barrages au sortir de d’Uyuni, parcouru de magnifiques pistes de montagnes, paysages que nous n’aurions sûrement pas vus en bus !

10routeCe parcours, effectué dans des conditions assez inconfortables et qui nous rappelle sur ce plan celui que nous avions fait au Vietnam, est une chance pour nous !

Nous nous arrêterons une fois pour déjeuner dans un restaurant « pur local » vers 14 heures, et deux ou trois fois pour prendre des photos.

Parfois, les pistes que nous prenons sont barrées par des barrières amovibles. Ces fractions de pistes appartiennent vraisemblablement à des entreprises privées productrices d’électricité. Notre chauffeur doit alors parlementer, mais sans jamais qu’il y ait de problème, pour que la barrière se lève, et que nous puissions continuer notre route, je devrai dire, notre piste !

Arrivé à Potosi quelque peu moulus, nous décidons de casser notre tirelire, et de descendre dans un hôtel chauffé, un trois étoiles local, à 35 dollars la nuit, avec petit-déjeuner.

Aussitôt nos affaires déposées, nous prenons un taxi et filons centre ville pour trouver une agence de voyage ouverte : nous voulons demain après-midi faire une visite des mines d’argent et d’étain de Potosi.

Jeudi 03/06/2004. Visite de la ville, des mines et départ en bus pour Sucre.

Potosi : 4.090 mètres, la ville la plus haute du monde !

Ville cruelle s’il en est : de 1545 à 1825, date de la fin de la colonisation espagnole, on estime que 8 millions d’Indiens et d’Africains périrent dans les mines compte tenu des atroces conditions de travail. L’argent extrait était envoyé en Espagne, la royauté s’octroyant pour elle-même 20% de la production. Bref, Potosi a financé l’économie espagnole et les frasques de ses souverains pendant deux siècles.

11potosiNous commençons notre visite de la ville par la Moneda (ancien hôtel royal de la monnaie).Visite guidée obligatoire, avec un guide parlant français.

Une fois faite, nous cherchons à visiter le musée et le couvent Ste Thérèse, mais la visite guidée est déjà partie depuis un quart d’heure, nous reviendrons dans l’après- midi.

Nous partons déjeuner dans un restaurant d’étage, très bon et pas cher du tout, connu visiblement des locaux. Le patron qui sert est très sympa et, apprenant que nous sommes Français, s’empresse de mettre du Aznavour en musique de fond (bien sûr en plus de la télé !).

Ce repas nous reviendra à 16 bolivars pour nous deux soit 1,56 euros (nous nous sommes demandés s’il n’y avait pas erreur !).

12potosiA 13 heures, nous sommes devant l’agence qui nous a organisé une visite des mines car celles-ci sont toujours exploitées par des coopératives de mineurs (Indiens).

Nous nous arrêtons à mi-chemin pour procéder à l’achat de cadeaux que nous remettrons aux mineurs qui acceptent de nous laisser pénétrer dans leur trou de mine. Nous emporterons des feuilles de coca, qu’ils mâchent à longueur de journée, de la dynamite ( !), du tabac, le tout pour 20 bolivars.

13potosiNous nous équipons en mineur : casque, avec lumignon, bottes de caoutchouc, vêtement de travail.

Arrivés à la mine, nous sommes conviés à y descendre : il n’y a aucun système type monte charge, on progresse péniblement, souvent tête baissée, on glisse car le sol est boueux, il fait chaud, il ne faut pas être claustrophobe! Au détour d’un filon, on découvre un mineur au travail, ses outils sont archaïques.

L’espérance de vie d’un mineur, si j’ose dire, ne dépasse pas les 15 ans passés à la mine. Mais que faire d’autre dans un pays sans emploi alors que dans cette mine de mort, ils peuvent gagner jusqu’à 900 bolivars par mois, soit 88 euros ?

Dans une niche, Tio, le diable et son autel, mais aussi le Dieu de la mine, à qui les mineurs font des offrandes comme des cigarettes ou des feuilles de coca.

Nous repartons vers Potosi, nous rendons nos affaires de mineur, et nous voilà devant le couvent Ste Thérèse. Cette fois, nous arrivons à temps pour la visite guidée, mais nous serons obligés de la quitter avant terme car notre bus pour Sucre part à 17 heures et nous n’avons pas de billet.

Taxi pour le terminal de bus, et là, nous sommes assaillis par les vendeurs de trajet d’au moins trois compagnies : Sucre, Sucre…

Nous choisissons la première à partir. Il ne faut pas être trop regardant sur les pneus, parfaitement lisses, ni sur l’état intérieur du véhicule, nous en avons pour un peu plus de 5 heures !

Mais nous sommes sains et saufs à Sucre, il est 20 heures 15.

Comme à Potosi, le taxi se fait payer au nombre de personnes embarquées, enfin, c’est ce qu’il exige !

Nous trouvons un hôtel à 100 bolivars, soit un peu moins de 10 euros. Il fait nettement moins froid qu’à notre étape précédente, il est vrai que nous ne sommes qu’à 2.800 mètres d’altitude.

La haine entre la Bolivie et le Chili !

Morceaux choisis : de toute façon, grâce au réchauffement de la planète qui entraîne la fonte des glaciers, le Chili cultivable sera rayé de la carte d’ici quelques siècles. Il suffit d’attendre !

Un contrat d’exportation de gaz de la Bolivie vers l’Argentine, spécifie expressément que l’Argentine s’interdit de réexporter ce gaz vers le Chili.

Un mariage entre un ou une Bolivienne et un ou une Chilienne, s’il venait à se produire, n’est pas reconnu par l’état civil bolivien !

Vendredi 04/06/2004. Sucre.

En premier lieu, nous confirmons nos vols pour La Paz.

Balade dans la ville, jolie comme tout, et visite de la Casa de la Libertad puis de l’Université, de la cathédrale et de son musée, de la Merced…ouf ! Nous rentrons à l’hôtel vers 17 heures 45, pour tout dire, un peu fatigués !

L’amitié Franco Bolivienne !

Il fut un temps où l’équipe de football d’Argentine a été battue par l’équipe bolivienne, sur un stade de Bolivie.

Mauvais joueurs, les Argentins se sont plaints de l’altitude et ont demandé à la Fédération Internationale de Football d’interdire toute compétition internationale sur les terrains de Bolivie.

Quelques semaines après, l’équipe de France a joué en Bolivie et a gagné contre les Boliviens.

Pour remercier les Français, qui prouvaient ainsi que l’altitude n’était pas un obstacle à la victoire, les Boliviens ont décoré Michel Platini alors capitaine de l’équipe et Jacques Chirac, alors premier ministre, de la plus haute distinction décernée à des étrangers !

L’histoire ne dit pas si les Boliviens se sont fait battre volontairement ou pas !

Samedi 05/06/2004. Sucre La Paz par avion.

Nous n’avons que 45 minutes de vol et nous arrivons dans un La Paz en pleine effervescence !

Pas pour des problèmes de grève, pas du tout, mais par ce que la ville célèbre le « gran poder »!

16poderQu’est ce que le gran poder ?

C’est une fête, sous forme d’un défilé, qui se déroule en boucle à travers la capitale : elle commence à 7 heures du matin et dure jusqu’au lendemain 1 heure du matin.

Elle rassemble des groupes folkloriques, musicaux et des danseurs, et ne concerne que les habitants de La Paz.

Il y a un monde fou sur les trottoirs, équipés pour l’occasion de siéges loués pour regarder le défilé.

Nous prenons beaucoup de photos car les costumes sont éblouissants. L’atmosphère est très bon enfant et nous filons sur les côtés le long du trottoir, le service d’ordre, débonnaire nous laisse passer.

Tout va bien jusqu’au moment où Régine s’aperçoit que sa poche de pantalon dans laquelle elle avait mis un peu d’argent (ce que nous comptions dépenser pour la journée, soit la contre valeur d’une vingtaine d’euros c’est-à-dire 200 bolivars, en gros, la moitié d’un salaire minimum mensuel), est vide ! Un audacieux pickpocket lui a fait la poche !

En soi, cela n’a pas une grande importance, mais évidemment, Régine est dans une colère noire !

La fête est gâchée, le charme est brisé, et comme je n’ai pas le moindre bolivar sur moi, nous remontons à notre hôtel.

Nous nous consolerons en faisant une dînette sur notre lit.

Il nous reste à négocier auprès de l’agence de voyage le remboursement de nos billets de train Oruro Uyuni, leur montant nous paiera notre trajet de demain, La Paz Puno par le bus.

Dimanche 06/06/2004. Retour au Pérou : La Paz Puno par bus.

Les mouvements sociaux sont apparemment terminés et cette fois-ci, nous passons par Copacabana, sur le lac Titicaca. Pour y arriver nous avons à effectuer une traversée par bac (le bus) et par bateau (nous).

La route pour arriver à Copacabana est superbe.

18copacabanaNous déjeunons d’un pique nique au bord du lac après avoir acheté des figues fraîches et pour Régine des pop corn !

Petite balade dans la ville, vu un prêtre en train de bénir des véhicules automobiles.

Nous repartons direction Puno au Pérou par un autre bus, d’une compagnie péruvienne. La frontière se passe sans problème à Yunguyo, là où nous avions été bloqués quelques jours auparavant.

Peu avant l’arrivée, un aide chauffeur cherche à nous vendre un trajet en taxi ou un billet de bus pour n’importe quelle destination.

Nous allons dîner d’un poulet frites à Puno. Il fait toujours aussi froid et le serveur est en écharpe et blouson de laine !

La suite…au Pérou !

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