Jean Marie Lambert

Birmanie (2006)

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Voyage en Birmanie
du 17/02/2006 au 17/03/2006.

Vendredi 17/02/2006. Le départ.

Il fait une chaleur épouvantable dans le RER qui nous emmène à Roissy, peut être est ce prémonitoire de ce qui nous attend à Yangon…

Dans nos bagages, je veux dire dans nos sacs à dos, ont pris place : 1 kilo de moutarde forte de Dijon, un kilo de cornichons, 3 boîtes de cassoulet William Saurin, un camembert, un saucisson de 400 grammes, du gruyère, du sucre vanillé, une bouteille de Bordeaux, trois boites d‘épices…de quoi ne pas être en manque au cas où…ce qui nous donne un poids de bagages de 22 kilos 500 à nous deux (ça reste raisonnable !).

Pourquoi ce colis alimentaire ?

Tout simplement parce que sur le site du forum du Guide du Routard, un certain Gege32 (il va vite s’avérer que Gégé, c’est Gérard et que 32 correspond au département du Gers, son lieu de naissance) lance un appel : il a besoin de cornichons et de moutarde, car expatrié depuis 8 années déjà, il a des manques !

Nous avons aussi dans nos bagages des sacs de bille, des cordes à sauter, des ballons gonflables, des crayons bille et des briquets grand format…

Gérard se propose de nous attendre à l’aéroport et de nous conduire à notre hôtel en contrepartie de notre rôle d’accompagnateur en denrées alimentaires !

Dans le fond, ça nous arrange, car nous n’aurons pas à chercher un taxi à l’arrivée et de plus, nous aurons ainsi nos premiers kyats, sans avoir à faire d’opération de change, qui est, paraît-il, très défavorable à l’aéroport.

En fait, il y a un change officiel auquel personne ne se réfère et le change réel qui varie chaque jour en fonction de l’offre et de la demande (pour nous ce sera aux alentours de 1.100 kyats pour 1 dollar tout au long de notre séjour).

Bref, nous arrivons à Roissy où une charmante Sénégalaise enregistre nos sacs à dos et nous place dans la rangée qui précède les sorties de secours de l’avion, ce qui permet d’étendre les jambes…

Le vol (Thaï Airways International) va se dérouler sans problème aucun, notre avion pour Bangkok est bien plein. Nous y arrivons le samedi matin à 6 heures.

Samedi 18/02/2006. Arrivée à Yangon.

A 8 heures 15 de ce samedi, nous prenons de Bangkok, la correspondance vers Yangon avec une arrivée à 9 heures 30.

L’aéroport international est assez primitif (un second est en construction juste à côté, mais ça fait des années qu’il est en construction…).

La Birmanie

676.000 km carrés.

48 millions d’habitants dont 70 % de Birmans et 11% de Shans.

Deux taux de change: l’officiel et le libre.

Frontières communes avec la Chine, l’Inde, la Thaïlande, le Laos, le Bangladesh.

Espérance de vie : 57 ans pour les femmes, 54 pour les hommes.

Budget de l’armée : 43% du budget global.

Richesses : pétrole, gaz, teck (90% des « réserves » mondiales), pierres précieuses, opium (probablement premier producteur au monde). Un pays fabuleusement riche !

Éducation : on estime que 27% de la population suit une scolarité élémentaire complète.

Universités : fermées, jusqu’à nouvel ordre !

Dictature ! Mais ça ne se voit pas : pas d’armée ni de police omniprésent, quelques contrôles routiers.

Salaire au bas de l’échelle sociale : 4 dollars/mois (un repas coûte 0,5 dollar dans un restaurant le plus simple possible).

 

Nos bagages ne sont pas fouillés (ce que je craignais un peu) et à la sortie, nous trouvons Gérard, muni d’un grand papier sur lequel il avait marqué « Jean Marie ».

Il nous emmène chez lui (une belle villa) au volant de sa Mercédès. Là, nous faisons connaissance de sa femme (Birmane) et nous libérons nos sacs à dos de leurs surcharges alimentaires…

Gérard est en Birmanie depuis déjà 8 ans (auparavant, il avait écumé l’Amérique Latine, principalement la Colombie). De formation, il est tapissier décorateur, mais à Yangon, après avoir développé une affaire de boulangerie pâtisserie, il met sur pied une boutique traiteur charcuterie, avec petite restauration, grâce à sa femme avec qui il a formé une joint venture (les étrangers doivent obligatoirement s’associer avec des Birmans s’ils veulent créer une entreprise).

Après qu’il nous ai donné un premier aperçu de ce qui nous attend en tant que voyageur individuel en Birmanie, il nous conduit à l’agence de voyage Gulliver avec laquelle nous étions en relation grâce à Internet, et qui doit nous délivrer un billet d’avion ainsi qu’un billet de train.

Cette agence a été créée par un Français, Hervé, ancien d’une charge d’agent de change et qui vit à Yangon depuis 14 ans déjà. Père d’une petite Marie de deux ans d’âge, il est marié à une Birmane.

J’apprends au passage qu’il n’est pas possible d’être bi national en Birmanie, sa petite fille est donc française (c’est plus prudent !).

Gérard va ensuite nous conduire à notre Guest House, et non sans mal (il nous faudra faire appel à un chauffeur), car celle qui figure sur la carte du guide Lonely Planet n’existe plus (elle a déménagé), et la ville est immense et surpeuplée comme dans tous les pays en voie de développement. Très peu de véhicules particuliers, beaucoup de taxis et de bus, ces derniers dans un état déplorable.

Enfin, nous finissons par arriver à destination, un peu fatigués et sonnés (le décalage horaire commence à faire ses effets).

La Guest House est à plusieurs niveaux de prix, les places en dortoir étant les moins chères, bien entendu.

La clientèle est exclusivement occidentale.

Il faut savoir que les Guests House, comme les hôtels, doivent être habilités à recevoir de la clientèle étrangère, mais cela ne les empêche pas de recevoir dans le même temps une clientèle locale. Elle est rare, très rare, car le niveau de vie des Birmans ne leur permet guère de séjourner en hôtel.

Nous avons opté pour une chambre à 13 dollars la nuit (très bien), la GH a comme seule inconvénient d’être un peu excentrée, mais, bon, il y a beaucoup de taxis, à des prix tout à fait abordables (1.500 kyats, après palabres menés par Régine soit 1 dollar 50 la course).La chambre est confortable (air climatisé, douche avec eau chaude, il y a même un poste de télévision !).

Après quelques heures de repos, nous partons vers les 16 heures 30, heure à laquelle la chaleur, heureusement sèche, n’est plus étouffante, vers la pagode de Shwedagon.

Nous visitons la fameuse pagode, très impressionnante.

Nous rentrons par taxi, toujours à 1.500 K. et il fait déjà nuit (il est dans les 18 heures 30) quand nous nous installons dans une maison de thé, enfin, plus exactement, sur le trottoir, sur ces petites chaises plastiques qu’affectionnent tant les Asiatiques.

Là, nous avons droit au thé au lait (c’est une poudre) et à une sorte de pancake : c’est le premier thé, le second est disponible, gratuitement, dans un thermos disposé sur la table. Notre « dînette » va nous revenir à 640 K.
Nous sommes dans notre chambre sur le coup de 19 heures, bien fatigués.

 

La Birmanie et la Grande Bretagne

Pour tout dire, ce n’est pas l’entente cordiale! Pas de terrain de cricket dans le pays, c’est un signe qui ne trompe pas…

L’indépendance est acquise au sortir de la seconde guerre mondiale, mais contrairement à toutes les anciennes colonies britanniques, la Birmanie va refuser d’entrer dans le Commonwealth.

Restent les mesures qui se font encore en miles et galons.

On roule à droite, mais c’est une décision récente (1974), à tel point que touts les véhicules ont le volant à droite, ce qui est problématique quand un véhicule doit en doubler un autre !

Dimanche 19/03/2006. Rangoon Mrauk U, par avion jusqu’à Sittwe et par bateau ensuite.

Notre voyage vers le site de Mrauk U va se dérouler en deux temps : d’abord l’avion par Yangon Airways jusqu’à Sittwe (facile, nous avons déjà les billets) puis une fois arrivés à Sittwe, il nous faudra trouver et négocier un bateau pour nous rendre sur le site. Nous savons d’ores et déjà que ce périple nous prendra la journée entière, si tout se passe bien, le départ en avion est à 11 heures 30 !

Le taxi va mettre une demi-heure pour traverser la ville et nous coûtera 4.500 K.

Il est 10 heures 15 et nous sommes assis dans la salle d’embarquement, remplie de monde mais de peu de Birmans.

Le vol par Yangon Airways se déroule sans problème, l’avion, un ATR, est loin d’être plein car à part un Birman égaré et nous deux, il n’y a qu’un groupe de touristes germaniques du troisième âge accompagnés de leur guide.

Arrivés à Sittwe, à peine avons nous pénétré dans la salle d’accueil pour récupérer nos bagages et passer le contrôle du service de l’immigration (grand cahier, où vont figurer nos numéros de passeport et de visa), que nous sommes abordés par un rabatteur qui nous propose un bateau pour Mrauk U au prix de 80 dollars pour nous deux, aller et retour.

Nous sommes d’accord, d’autant que les tarifs agence sont de 140 dollars pour une prestation identique. Il est sûr que nous aurions pus tirer le prix vers le bas, mais bon !

Nous prenons un taxi (enfin, plutôt une moto prolongée par une cabine passagers), accompagnés du rabatteur et d’un guide qui cherche à s’imposer (gentiment) et dont nous n’avons que faire. La course jusqu’au débarcadère va nous coûter 2.000 kyats (une agence prend en frais de transfert 15 dollars…mais il est vrai qu’à ce prix-là, on a le droit à une voiture).

Nous montons à bord d’un bateau local, nous sommes tous les deux avec trois hommes d’équipage, et nous partons aussitôt vers Mrauk U.

8Ce n’est pas qu’il faut faire vite, mais nous avons quand même 6 heures de navigation sur le fleuve, et il vaut mieux ne pas avoir à naviguer de nuit.

Pas de problème tout au long du parcours, Régine va même apercevoir un dauphin (rare !) qui batifole le long du rivage.

A l’arrivée, il fait nuit et nous devons débarquer en passant sur une mince planche flexible (!) avec comme rampe d’accès un bâton de bambou tenu par deux hommes d’équipage…

Bien entendu, à peine sur le quai nous sommes sollicités par un rabatteur (le propriétaire d’une GH).

Nous allons donc le suivre à la Royal City GH : d’un côté de la route, l’hôtel avec quelques chambres, de l’autre côté, trois bungalows, nous allons occuper l’un d’entre eux pour 15 dollars la nuit, ce qui est plus cher qu’à Yangon, pour un confort bien moindre…

Très vite nous allons être confrontés à un problème que nous allons retrouver tout au long de notre périple : la fée électricité.

En fait, il n’y a pas d’électricité en permanence, l’alimentation dépend pour l’essentiel des groupes électrogènes qui ronronnent (mais beaucoup d’entre eux ronflent plus qu’ils ne ronronnent !) une partie de la nuit. Autrement dit, prévoir une frontale (nous avons) et savoir se passer de climatisation et de ventilateur à partir de 23 heures (nous saurons).

Une fois installés, nous sortons dîner en ville (enfin, au village). Nous dînons local chez un Chinois, mais franchement, la cuisine birmane ne vaut pas qu’on en parle…Faute d’une chaîne de froid efficace (pas d’électricité) les aliments sont conservés dans l’huile, ce qui donne une cuisine grasse à souhait ! Heureusement, il y a une multitude de restaurants chinois, thaïs ou indiens et la cuisine « shan » est correcte.

A noter que les habitués mangent à la main, c’est-à-dire sans couvert. J’écris « habitués » car la présence de femmes dans les restaurants est tout à fait exceptionnelle.

Une chose étonnante : il n’y a jamais de prix sur les cartes des restaurants, ce qui ne veut pas du tout dire que les restaurateurs font leur prix à la tête du client !

Autre caractéristique, générale et peu sympathique, mais à laquelle il faut se faire, ce sont les glaviots rouges qui parsèment les rues : les Birmans (pas les Birmanes) mâchonnent toute la journée du bétel ce qui a pour conséquence d’activer la sécrétion salivaire (d’où les crachats rouge de couleur – à vous dégoûter des sanguines !).

Donc, premier temps, machouillage du bétel (gencives rouges), deuxième temps, raclement de gorge, troisième temps, expulsion vers le sol du glaviot ainsi formé…

A dire franc, je n’ai pas essayé…

Nous repérerons, cachés sous les lits des différentes GH que nous allons fréquenter au long de ce voyage, des pots de chambre dont la fonction n’est autre que de servir de réceptacles aux glaviots nocturnes (voilà un bon moyen de savoir si on est ou non dans du « local ») !

Une fois avalé ce repas, Régine entre en négociation pour l’achat de quelques cacahuètes auprès d’une petite vendeuse des rues.

Puis, nous rentrons à notre GH non sans nous arrêter au passage au niveau d’une maison d’où s’échappent des voix d’enfants visiblement en train de répéter une leçon.

Régine pointe son nez dans ce qui est en effet une petite salle de classe, se fend d’un tonitruant « bonjour » en Birman, ce qui a pour effet, d’abord, de créer un silence de stupéfaction chez les jeunes élèves, lesquels comprennent le message (mais oui !), et répondent tout aussi vigoureusement !

De mon côté, j’interviewe l’enseignant m’étonnant qu’à une heure aussi tardive il puisse y avoir encore un enseignant au travail : il m’apprend qu’il s’agit en fait d’un cours privé.

La nuit va être réparatrice, bien à l’abri sous la moustiquaire (il y a une flopée de moustiques car beaucoup d’eaux stagnantes).

Lundi 20/02/2006. Mrauk U.

Nous prenons notre petit déjeuner sur notre terrasse, face à la rue. Elle est animée (dame ! Il est déjà 8 heures 30), mais pas de voiture, presque pas de motos, beaucoup de vélos et de marcheurs.

Des femmes passent en fumant la pipe, d’autres, le cigare.

Nous partons à pied dans la direction du site : nous voudrions bien visiter le petit musée, mais il est fermé (je crois qu’il est toujours fermé).

Nous louons une carriole négociée par Régine à 5.000 kyats qui va nous balader sur le site pour une grande demi-journée… Il fait très chaud et je ne pense pas possible une visite à pied du site, ne serait-ce que par ce qu’il est très étendu, mais peut-être est ce faisable à vélo.

La carriole, c’est mignon tout plein, mais c’est très inconfortable. C’est un mode normal de transport des personnes, autrement dit, ce n’est pas un élément folklorique. Du reste, notre cocher ne parle pas l’anglais.

Nous visitons donc le site de Mrauk U, immense et beau, pas de touriste, sauf une famille birmane qui tient absolument à savoir mon âge et à nous prendre en photo avec leurs enfants !

Sur le chemin du retour, notre cocher va nous arrêter à la porte d’une école : nous y entrons…Il y a là une multitude de gamins (250 paraît-il, mais je n’ai pas recompté !), 3 enseignants avec de solides bâtons de bambou (ça me rappelle mes premières années de primaire), et cinq tableaux, car il y a dans cette pièce, cinq niveaux d’études !

Nous retournons déjeuner chez le Chinois d’hier, mais cette fois nous optons pour un plat chinois (1.600 kyats pour nous deux).

Après une courte sieste, nous repartons dans le village nous promener au marché.

L’appareil photo numérique remporte toujours un franc succès, ce qui est bien commode pour les prises de vue. Certaines personnes âgées nous regardent avec beaucoup d’étonnement : il est clair que c’est l’une des rares fois qu’elles voient un couple d’étrangers et surtout une rousse aux cheveux bouclés, la taille de nos nez respectifs pose aussi problème ! Pour les Birmans nos nezs sont plus que longs !

Le soir tombe et nous décidons de dîner local : nous nous installons et nous dînons sous les yeux d’habitués tout à fait étonnés de nous trouver là ! Un détail, nous avons nos couverts !

Ça n’est vraiment pas cher : 800 kyats pour nous deux plus 200 kyats pour l’eau minérale qu’on ira nous chercher à l’épicerie voisine.

Mardi 21/02/2006. Mrauk U.

Nous avions, la veille au soir, réservé des vélos auprès de note hôte et nous voilà partis, à la fraîche, direction le site de Vesali, à une dizaine de kilomètres de Mrauk U.

Les vélos ont le même système d’antivol que les vélos hollandais, mais on ne pratique pas le rétro pédalage pour freiner !

Arrivés sur les lieux, nous en profitons pour prolonger un peu notre parcours et      empruntons un chemin de terre pour nous arrêter dans le premier village que nous rencontrons. Là aussi, une école : les enfants sont dans la classe, mais sans les instituteurs, peut être vont-ils arriver.

Les enfants vont avoir droit à « frère Jacques », chanté et mimé par Régine, ils sont quelque peu stupéfaits mais n’enchaînent pas sur leur propre répertoire…

Au retour, nous allons quitter la grand-route (c’est relatif !) et prendre un thé dans une maison de thé. Il y a là 4-5 hommes en train de siroter leur boisson.

Nous prenons quelques photos et au moment du départ, le patron refuse tout paiement !

Reprise du vélo, nouvel arrêt au bord de la route, pour boire un peu d’eau minérale. Aussitôt, deux Birmans vont s’arrêter à notre hauteur et comparer nos tailles, la couleur de la peau…

Nous allons nous arrêter à nouveau dans une école (c’est facile à repérer, à cause des voix d’enfants, à 230 ça fait du bruit !). Là, il y a bien une institutrice à qui nous remettrons quelques crayons bille.

Régine ne résiste pas au plaisir d’entonner un nouveau « frère Jacques » !

De retour à Mrauk U, nous déjeunons dans un autre Chinois, encore de la cuisine birmane.

Nous retournons au marché et achetons un pamplemousse (géant, on commence à en voir sur les marchés parisiens), des oranges et des bananes.

Les oranges comme le pamplemousse d’ailleurs, sont d’horribles déceptions : les fruits sont secs et filandreux, bref, sans intérêt.

Nous allons prendre un thé (en fait, on en prend deux : le premier dit « chinois », thé noir un peu âcre qui est payant, puis un second, léger, beaucoup plus doux, gratuit, et qui est dans un thermos posé sur la table).Nous accompagnons ce thé de samossas, un peu gras.

De retour à la GH, nous sommes rejoints par un homme jeune, fort bien habillé, chemise cravate et mocassins qui se présente comme responsable archéologique du site.

Il faut dire que les hommes sont tous habillés de jupe dite longyi et d’un mauvais tee shirt.

A ce titre, il nous demande le paiement de la taxe de visite de 5 dollars par personne, mais il ajoute aussitôt, dans un anglais châtié, que si nous ne voulons pas de reçu, nous pouvons faire affaire sur la base de 8 dollars pour nous deux ! Là, j’ai le souffle coupé !

Le soir, dîner, mais service extrêmement lent : il faut dire que des locaux en famille et surtout en 4×4 (donc forcément importants), vont accaparer toute l’attention des serveurs et du patron du restaurant. Les hommes mangent avec leurs doigts, les femmes avec des couverts mais il est clair que ce sont les hommes qui commandent !

Il fait nuit quand nous décidons de rentrer à notre GH, mais sur le chemin du retour, nous entendons beaucoup de bruit : en fait toute la ville est là, dans un parc, en train d’écouter une chanteuse traditionnelle qui chante debout sur une scène dont la sono est assez capricieuse, avec quelques danseuses…

Beaucoup de bruit, mais bon, de toute façon, l’électricité sera bientôt coupée !

Mercredi 22/02/2006. Le retour : Mrauk U Sittwe.

Nous nous installons sur le bateau, le départ a lieu vers 8 heures 30 et nous attendons 4 Allemands qui doivent également faire le voyage de retour.

La navigation sera un peu plus rapide qu’à l’aller, ne serait ce que par ce que nous sommes dans le sens du courant.

Régine a enfilé ses boules « quies » qui débordent de ses oreilles. Comme elles sont oranges, c’est d’un chic !

A l’arrivée à Sittwe, nous sommes pris en main par des rabatteurs qui veulent absolument nous entraîner vers un hôtel à 35 dollars (!), négociable d’après eux à 30 !

Nous refusons énergiquement et montés chacun sur un rickshaw (1.000 kyats pour nous deux), nous nous rendons, flanqués de nos rabatteurs indécollables, à la Prince GH.

Là, Régine va négocier une chambre à 18 dollars, avec une climatisation qui ne marchera jamais, faute de courant.

De toutes les chambres que nous aurons, c’est certainement à celle-ci qu’il faudrait décerner le titre du plus mauvais rapport qualité/prix.

Bon, on fera avec, d’autant que nous ne sommes là qu’une nuit.

Nous ressortons en ville pour déjeuner dans une maison de thé et là, oh surprise, nous dégustons une délicieuse crème brûlée !

Nous confirmons notre billet d’avion pour notre retour vers Yangon, et heureusement, car l’horaire a été avancé !

Le soir, nous nous offrons le meilleur restaurant de la ville et nous nous régalons de gambas, aigres/douces, le tout en plein air.

L’inconvénient, c’est qu’il y a une scène où vont défiler des jeunes filles qui visiblement s’entraînent à chanter (certaines faussement d’ailleurs !). La sono est épouvantable, les rares clients (nous sommes à 6 clients moins nombreux que les serveurs) désignent les « meilleures » qui se voient recevoir des colliers faits de guirlande comme celles que nous accrochons sur nos arbres de Noël.

Les serveurs, habillés comme vous et moi, sont assis sur des chaises et regardent leur client dîner.

Le prix de notre repas est très élevé (enfin, pour les normes locales) : 6.000 kyats par personne !

Jeudi 23/02/2006. Retour à Yangon.

Réveil à 7 heures 30 et petit-déjeuner. Nous partons à pied pour le musée, mais, hélas, il n’ouvre qu’à 10 heures et il n’est que 9 heures…

Nous décidons de faire un tour au marché, c’est l’heure du débarquement du poisson pêché.

Odeurs et couleurs fortes.

L’essence : son prix est fixé par le gouvernement, elle est rationnée, chaque automobiliste a un carnet et doit s’approvisionner à une station service déterminée. Alors, bien entendu, il existe un marché noir et l’on voit un peu partout à la vente des bouteilles de plastic remplies d’essence. Autre inconvénient du système : le déménagement…Car pas moyen de changer de fournisseur (ce n’est autorisé qu’en début de chaque année !).

Nous filons au marché des tissus et là je m’offre un longyi à 4.500 kyats, négocié à 3.500. C’est une simple pièce de tissu qu’il faut coudre de façon à en faire un tuyau que je vais nouer à la taille. Alors bien sûr, ça ne tient pas très bien, ça glisse et le risque est de se retrouver en slip ! La couturière fait ça sur le champ pour 200 kyats.

Je comprends mieux maintenant les difficultés qu’il y a à vouloir marcher vite entravé comme je le suis ! Et puis, il n’y a pas de poche…ce qui explique que la plupart des hommes portent un sac.

Nous retournons à la GH, l’avion est à 12 heures 30, mais nous devons être à l’aéroport à 11 heures.

Nous arrivons sans problème à Yangon, dans un avion quasiment vide, un groupe d’Occidentaux étant descendu à une escale.

Nous prenons un taxi, mais c’est plus cher qu’à l’aller car il nous demande 6 dollars, soit 6.600 kyats…sous prétexte que nous lui demandons de s’arrêter quelques instants à notre agence de voyage où nous devons récupérer les billets de train pour demain. Et puis, à l’aéroport, ils sont, bien sûr, en situation de monopole !

Notre train de demain est à 15 heures 15 mais il faut être à la gare ½ heure avant.

De retour à la GH Motherland, nous prenons quelque temps de repos avant de repartir visiter la pagode « Sule », mais elle est en travaux.

Comme les 18 heures 30 approchent (on dîne très tôt en Birmanie, mais on se lève aussi très tôt !), nous nous asseyons chez un Indien où nous allons fort bien manger.

Après ce dîner, nous nous baladons dans les rues environnantes pour nous retrouver au final, devant une glace à la fraise pour Régine et un jus d’avocat pour moi…

Vendredi 24/02/2006. Yangon Mandalay.

Nous avons notre matinée à passer à Yangon, aussi décidons nous de nous rendre au marché, après un lever tardif, compte tenu des normes locales !

Beaucoup de choses dans ce marché, un peu (mais pas trop) touristique (ne serait-ce que par ce qu’il n’y a pas de touristes…).

Nous trouvons un café restaurant avec terrasse, proche du marché, qui fait de la cuisine française tous les vendredis soirs de 19 heures 30 à 21 heures 30…

Retour à la GH où nous récupérons nos bagages et départ vers la gare par taxi pour 1.500 kyats (mais là aussi, il a fallu discuter !).

La gare !

Rien de bien particulier, sauf que toutes les annonces écrites sont faites en Birman (c’est bien le moins !), ce qui n’est pas très commode pour un Occidental, mais, car il y a un mais, si on fait le tour du guichet, alors là, on trouve un panneau en anglais…

21Nous sommes assis dans ce que l’on pourrait appeler une salle d’embarquement : les quais sont inaccessibles car derrière des portes grillagées qui ne s’ouvriront qu’à l’heure dite.

Et une demie heure avant le départ du train, des employés vont ouvrir ces grilles.

Ça n’est pas la ruée, chacun est raisonnable. Nous trouvons notre wagon avec l’aide d’un employé des chemins de fer.

En fait, nous sommes dans un wagon géré par une entreprise privée. Quatre couchettes, une toilette, une douche et un petit lavabo…

La peinture du plafond se décolle, un des deux néons du plafonnier ne s’allumera jamais, la climatisation fournit de l’air chaud, mais le ventilateur fonctionne correctement !

Ceci étant, l’inconvénient principal de ce wagon c’est qu’une fois dedans, on ne peut pas en sortir pour circuler dans le train : nous sommes confinés sur place !

Deux Birmans vont se joindre à nous pour le trajet.

Le paysage est beau à voir. Au loin des équipages tirés par des buffles qui ramènent au logis les paysans, au prés des rizières d’un vert flashant…

Le départ se fait à l’heure dite, soit 15 heures 15 et nous arriverons à Mandalay le lendemain à 6 heures 30 du matin, un peu plus de 15 heures pour 650 kilomètres.

Samedi 25/02/2006. Mandalay.

Une fois arrivés à Mandalay, nous prenons un taxi et en route pour la GH, sympa, à 12 dollars la nuit. La climatisation est comprise dans le prix mais le problème que nous allons rencontrer à peu près partout, c’est que l’électricité ne suit pas, ou alors, quelques heures par 24 heures. Et il fait une chaleur étouffante !

Nous louons des vélos (3.500 kyats pour deux vélos pour la journée) pour aller faire un tour en ville.

Un pays au rythme lent, étonnant pour un pays d’Asie !

Les routes ne sont pas toujours de très bonne qualité et les véhicules (des antiquités roulantes) sont surchargés.

Les vélos n’ont pas de dérailleur ni d’éclairage.

Beaucoup de déplacements se font en voiture à cheval ou dans des carrioles tirées par des buffles.

Il n’y a pas de téléphone portable.

Pas d’Internet (ou 30 minutes pour ouvrir une page, on renonce !).

Direction la « colline » de Mandalay : nous aurons à demander plusieurs fois notre chemin.

Au haut de la colline, une pagode, entre le bas et le haut, la bagatelle de 1.700 marches à grimper pieds nus, heureusement à l’ombre…De là haut, une belle vue sur la ville.

Le hasard veut que nous soyons montés par le chemin des écoliers (ou l’escalier des autochtones) : c’est-à-dire que personne ne va nous demander de payer pour entrer sur le site. Les étrangers visiteurs arrivent par une autre entrée avec une autre série de marches…Néanmoins, il nous en coûtera 350 kyats pour pouvoir prendre des photos, quelques kyats pour déposer les chaussures et 300 kyats pour un litre d’eau (nous avons épuisé notre réserve chemin faisant !).

A la redescente, une fois repris nos vélos, nous nous arrêtons dans un bar à bière (vente de bière pression) où nous allons déjeuner de légumes poêlés.

22Après ce repas, nous rentrons à la GH, mais auparavant, nous nous arrêtons chez un marchand de glaces où Régine va déguster une espèce de boule glacée au parfum indéfinissable et moi, un très bon lassi.

En fin d’après midi, nous décidons de nous rendre en rickshaw au monastère Shwenandaw. Ça fait une belle trotte et nous nous mettons d’accord pour une course à 2.000 kyats.

23Arrivés sur place, notre rickshaw va nous attendre pour le retour, soit 2.000 kyats supplémentaires (mais ça les vaut !).

Difficile de circuler tranquille en rickshaw : en effet, nous sommes accompagnés par des jeunes à vélo qui vont discuter chemin faisant avec nous, l’effet est assez drôle !

Au retour, nous allons dîner (fort bien !) chez Mann, cuisine chinoise.

La nuit se passe sans climatisation, le groupe électrogène alimentera en courant le ventilateur, un point c’est tout !

Dimanche 26/02/2006. Les environs de Mandalay.

Nous partons faire notre virée en « taxi bleu » que nous avions réservé la veille : le hasard veut que nous tombions sur « Chichi », apparemment bien connu des utilisateurs du GDR. En tout cas, lui sait très bien que son nom est inscrit dans le guide…

Nous allons donc visiter Sagaing, Ava et Amarapura, trois anciennes capitales royales, sous une chaleur qui va vite devenir écrasante.

Nous sommes également de corvée pour visiter une fabrique de tissus, un antiquaire (de fort belles marionnettes), un sculpteur sur bois.

« C’est joli, c’est pas cher et c’est local », le leitmotiv des petites vendeuses que nous allons croiser tout au long du chemin.

Le déjeuner sera un déjeuner birman (!).

Nous allons rentrer à notre GH complètement épuisés. Heureusement, la fée électricité est là et donc l’air climatisé…

Nous attendrons le soir pour aller faire un peu de change dans un hôtel pas trop éloigné de notre GH, l’Unity Hôtel, repaire, paraît-il, des agents du gouvernement…

Dîner chez Mann, et comme c’est complet, un couple franco-belge vient s’asseoir à notre table. La conversation s’engage et nos voisins de table s’étonnent que nous puissions voyager comme nous le faisons tout en étant « parisiens »…Ils voyagent en groupe et profitent d’une soirée libre pour prendre un verre chez Mann. Ils constatent, comme nous, que l’on apprend beaucoup plus d’un pays en voyageant par soi-même, ce qu’ils ont fait au Vietnam pendant une semaine, après un parcours en groupe de 15 jours…

Lundi 27/02/2006. Visite de Mingun, traversée en bateau.

Nous prenons un rickshaw pour nous rendre à l’embarcadère. Il nous attendra pour le retour.

Nous prenons notre billet et notre pass, tout cela sur présentation des passeports.

Il nous faut attendre le départ du bateau dans un environnement style bidonville au bord du fleuve. Nous sommes très vite entourés par une nuée d’enfants déguenillés.

Mais, bon, 4 petites filles vont nous chanter « frère Jacques » (ça me rappelle quelque chose !).

Je vais leur donner une corde à sauter et c’est l’émeute, chacune la voulant pour soi. Nous leur montrons que c’est bien plus drôle de jouer à plusieurs…

Départ pour Mingun, ½ heure de trajet.

Arrivés sur place, beaucoup de sollicitations : il est vrai que nous ne sommes que 12 touristes, la journée va être maigre !

Nous visitons le site.

Nous déjeunons sur place, avant le retour, pour 4.200 kyats à nous deux (le coca vaut la moitié du repas).

A 13 heures 30, nous sommes de retour à l’embarcadère de Mandalay, et là, oh surprise, ce sont deux rickshaws qui nous attendent ! Celui de ce matin a fait appel à du renfort !

De retour à notre GH, nous décidons du programme du soir : ce sera le marché de nuit.

Assez décevant : il y a en pleine rue, à même le sol, sous des néons blafards alimentés par de simples batteries, des étals de fripes et de chaussures et quelques vendeurs de produits aphrodisiaques, de préservatifs et de godemichés !

Nous achetons (je vous vois venir, mais ça n’est pas ce que vous croyez !) une part généreuse de gâteau local, découpé aux ciseaux. C’est très sucré et pas mauvais.

Nous retournons dans notre quartier et nous allons dîner pour une dernière fois chez Mann.

Et là, nous retrouvons notre couple franco-belge de la veille à qui je vais faire goûter cette délicieuse friandise que je balade depuis un quart d’heure déjà !

Régine va remplir de riz l’écuelle d’un petit mendiant qui stationne à l’entrée du restaurant.

Nous prenons congé de nos amis franco-belges.

Lui, au moment de notre départ, va nous souhaiter beaucoup de bonheur ! C’est très sympathique et c’est charmant !

Bon, pour nous résumer : demain matin nous prenons le départ vers Bagan en bateau à 6 heures mais il faut être sur place à 5 heures ¼. L’arrivée doit se faire en principe à 16 heures.

Nous avons réservé de Mandalay un hôtel par l’intermédiaire de notre GH à 16 dollars la nuit.

Mardi 28/02/2006. Trajet Mandalay Bagan par bateau.

La nuit a été courte et mauvaise, à cause de la chaleur.

Nous descendons nos trois étages pour sortir de la GH. Dans le hall d’entrée, des Occidentaux qui dorment à même le sol ou sur des coussins. Il y a dû y avoir une arrivée cette nuit !

Nous montons dans un pick-up et en avant pour le débarcadère !

Le bateau que nous prenons est un bateau privé : il est plus rapide que le bateau gouvernemental mais, aussi beaucoup plus cher. Nos places sont numérotées, il n’y a que des touristes circulant en groupes et une catégorie de toilettes est réservée aux étrangers (c’est marqué sur la porte !).Des femmes birmanes passent parmi les passagers pour proposer des massages.

Nous partons nous installer sur le pont : le jour se lève, on voit sur la rive les paysans qui partent aux champs avec leurs attelages de zébus, les pêcheurs qui mettent leurs filets en place, la vie quoi !

Nous allons faire 3 escales : à  chacune d’elle, des femmes entrent dans l’eau jusqu’à la taille avec leurs plateaux chargés de bananes et de samoussas et les proposent à la vente.

A l’arrivée, nous sommes pris en charge par un taxi qui va nous mener à l’hôtel, mais avant nous achetons un passe de 10 dollars par personne (autorisation de visite).

Nous nous installons dans notre chambre et, miracle, nous avons de l’électricité et même un réfrigérateur qui marche !

Pour fêter ça, nous allons dîner dans un restaurant de « luxe » à 10.500 kyats pour nous deux, soit moins de 10 dollars et profitons d’un spectacle de marionnettes. Inutile de dire qu’à part les serveurs, il n’y a pas un Birman dans la salle, immense, destinée à recevoir des groupes!

La nuit, bien au frais, va être très bonne : il était temps !

Mercredi 01/03/2006. Visite du site de Bagan.

Le petit déjeuner est servi dehors, sous forme de buffet.

Une fois pris, nous avisons une carriole : à charge pour le cocher de nous piloter à travers le site.

Nous allons donc visiter les principales pagodes et temples. Le harcèlement commercial est très poussé à la pagode Shwezigon et Régine manque se fâcher tout rouge !

Bien sûr, notre cocher sait où on peut acheter de vraies pierres…

Nous allons également visiter une fabrique d’objets en laque.

Il fait une chaleur épouvantable quand nous rentrons de notre périple vers 13 heures 30. Heureusement, réfrigérateur et clim’ fonctionnent à merveille !

En fin d’après midi, une fois la chaleur tombée, nous sortons nous promener dans le village.Nous rencontrons deux jeunes Français qui rentrent de Hong-Kong par le chemin des écoliers (ils s’accordent quelques vacances avant de rentrer en France). Ils veulent aller de Bagan au lac Inle (comme nous), mais ce n’est pas facile du tout.

Il y a bien le bus (16 heures de trajet), ou le bus et le train, ou l’avion (1/2 heure !). Peut-être est il possible de louer un taxi pour faire le trajet ?

Jeudi 02/03/2006. Bagan.

La journée commence bien : Régine retrouve ses lunettes de soleil qu’elle avait cherchées depuis trois mois…Nous louons des vélos et filons au marché…

Nous craquons sur deux chemises et aussi deux pommes (900 kyats, un prix exorbitant, je pense que ce sont des fruits d’importation). J’en profite pour faire recoller la pointe de mes nus pieds qui a une fâcheuse tendance à bailler !

Nous nous rendons à la gare routière : le bus pour Inle coûte 7.000 kyats, une misère ! Par contre, un taxi nous reviendrait à 110 dollars.

Nous partons cheveux au vent visiter quelques nouveaux temples et pagodes : nous avons le choix, on dit qu’il y en aurait plus de 2.000 !

Nous allons également choisir le « temple » coucher de soleil…C’est le temple Tayoke Pyay qui est tiré au sort ! Une belle trotte en vélo…

Arrivés sur place, nous grimpons au sommet et retrouvons un groupe de 5 personnes dont un photographe et sa petite famille (française !). Le père photographe se déplace avec un pied pour prendre probablement le coucher de soleil du siècle : il va de droite à gauche pour avoir le meilleur angle, l’œil rivé sur son viseur ! Je ne suis pas sûr qu’il ait vu le coucher de soleil !

Bien sûr, au retour, il fait nuit noire et nos vélos ne sont pas équipés d’éclairage, même pas grave, nous avons nos frontales !

Nous sommes en train de dîner quand surviennent nos deux jeunes Français qui veulent aussi aller au lac Inle. Ils nous demandent si nous serions d’accord pour partager les frais d’un taxi…Nous sommes OK mais à eux de négocier pour un départ après-demain, car demain nous sommes au Mont Popa !

Vendredi 03/03/2006. Le Mont Popa.

          Le mont Popa :

1.500 mètres d’altitude, montagne sacrée, lieu de pèlerinage pour les bouddhistes, c’est un lieu de concentration des esprits (nats).

Nous sommes à la station de bus sous le coup de 8 heures pour un départ à 8 heures 30. En fait, il ne s’agit pas d’un bus mais d’une camionnette Toyota sans âge, aménagée pour le transport de passagers. Le toit sert de coffre à bagages et permet aussi à des passagers de voyager en plein air !

Nous sommes donc assis sur d’étroites banquettes en bois de chaque côté du plateau. Entre les deux banquettes quelques siéges en plastique (5) pour des passagers supplémentaires ! Très vite, nous allons nous retrouver à plus de 20 à l’intérieur et un nombre indéterminé à l’extérieur, je veux dire sur le toit !

Avant le départ, notre chauffeur va joindre les deux mains, incliner sa tête sur le tableau de bord et prier brièvement Bouddha pour que tout se passe bien, je présume !

Nous allons mettre 2 heures ¾ pour faire les 50 kilomètres qui nous séparent de Bagan. La route est correcte, mais nous nous arrêtons souvent pour débarquer et embarquer des passagers !

Le long de la route, des palmiers équipés d’échelle de corde : le suc des palmiers récolté en leur sommet (d’où l’échelle) devient sucre de palme après raffinage.

Nous grimpons au Mont Popa (un haut-lieu de pèlerinage, c’est le cas de le dire), un peu plus de 700 marches, avec des singes comme compagnons de route sur une partie du chemin.
Retour à Bagan un peu mouvementé car un pneu va nous lâcher dans une traversée de village. Faut dire que quand on regarde les pneus, on n’est pas très étonné de ce qui arrive !

Vu des Shans (11% de la population), ils portent sur la tête une serviette enroulée.

De retour à notre hôtel, nous trouvons un petit mot sous la porte : Julien et Elisa nous donnent rendez-vous pour demain matin : ils ont trouvé un taxi à 105 dollars ! Donc, départ à 5 heures 30 à partir de notre hôtel. En principe, nous en avons pour 7 heures de route (300 kilomètres, mais de la mauvaise route de montagne pour une bonne partie du parcours).

Samedi 04/03/2006. Trajet Bagan lac Inle.

Le taxi arrive vers 5 heures 45, nous l’attendons tous les quatre depuis un bon quart d’heure.

Nous allons nous arrêter deux trois fois en cours de route et, bien sûr, nous aurons du temps pour discuter vu que notre arrivée au lac Inle se fera à 17 heures…et non 13 heures 30comme indiqué précédemment !

Nos deux compagnons de voyage sont jeunes et charmants : ils rentrent de Hong Kong (où ils ont travaillé) au pays par le chemin des écoliers et visitent l’Asie.

Ils ont, et ce ne sont pas les premiers à nous le dire, une assez mauvaise impression des Chinois qu’ils trouvent racistes et xénophobes, indifférents aux langues étrangères (au contraire des Philippins), précisent que la nourriture est plutôt mauvaise, bref, rien d’emballant !

La route est bien longue : c’est pour une bonne partie une route de montagne très poussiéreuse et les bas côtés sont souvent de meilleure qualité que la route elle-même !

50Pas d’incident notable, sauf ce jet d’eau chaude du radiateur qui aurait pu brûler les jambes d’Elisa…Il faut dire que le bloc moteur de ce van Toyota est sous le siége du passager avant et qu’en retirant prématurément le bouchon, histoire de remettre un peu d’eau dans le circuit de refroidissement, notre chauffeur a provoqué un geyser !

Arrivés au terme de notre périple, c’est-à-dire à Nyaunghwe, la « ville » du lac Inle, nous nous faisons conduire à l’hôtel que nous avions choisi sur papier, le View Point Inn.

Cet hôtel fait de bungalows sur pilotis plantés dans l’eau (Régine tenait absolument à un bungalow sur pilotis !), allait se révéler l’un des meilleurs en rapport qualité prix.

Après négociation, le prix passe de 15 à 13 dollars (il est vrai que nous allons rester plusieurs nuits !). Nous sommes, et pour un certain temps, les seuls clients !

A l’entrée de l’hôtel, une « réclame » : un boulanger se propose de livrer le matin, pour le petit déjeuner des baguettes françaises ou des croissants ou des pains au chocolat…Nous craquerons pour la baguette !

Nous sortons dîner chez le premier Indien que nous trouvons et qui affiche : « no good, no pay ! » Voilà une garantie !

Comme partout, l’éclairage public est défaillant (il n’y a qu’une ampoule de temps en temps qui pendouille à 4 mètres de hauteur et de toutes les façons, il n’y a pas de courant).

A 21 heures, nous voilà rentrés sous la moustiquaire. La température est très agréable et le restera tout au long de notre séjour au lac Inle : l’altitude et la présence de l’eau y sont sûrement pour quelque chose !

Dimanche 05/03/2006. Lac Inle.

La nuit fut bonne, le réveil se fait au chant des coqs et au ronronnement des moteurs des pirogues qui empruntent le chenal, lequel conduit au lac proprement dit.

Nous louons des vélos à notre hôtel et nous partons à l’aventure vers les sources d’eau chaude, à quelques kilomètres. En tant que tel, les sources ne présentent aucun intérêt sauf, peut être, à s’y faire dorloter, mais la campagne est belle, les gens croisés ou dépassés sont sympas. A un moment donné, nous allons bifurquer à gauche pour nous rendre dans un village. Bien sûr, nous devenons vite l’attraction et sommes rapidement entourés par les enfants. Je vais donner un paquet de billes, mais, bon, ça va prendre du temps car visiblement, ils ne savent pas y jouer, faut que je leur apprenne ! Et ils ont tendance à garder les billes pour eux, plutôt qu’à jouer ensemble !

Nous retournons gentiment à notre hôtel et nous arrêtons en cours de chemin dans un petit bistro où nous allons déguster deux cocas. Le patron est tellement content de nous voir qu’il va nous donner deux bananes au moment du départ !

Nous allons visiter le marché de notre petite ville d’adoption et en profiter pour déguster une noix de coco. Le vendeur, édenté, est à nos petits soins (pour 300 kyats, probablement beaucoup trop !).

Nous allons déjeuner chez un Indien : deux Françaises vont s’installer à côté de nous, l’une d’entre elles a de sérieux problèmes avec son homme abominablement tyrannique.

Deux Italiennes, aux shorts très moulants avec grosses godasses de marche et vélo VTT, vont également s’attabler.

Défilé de bonzesses de tous âges, qui viennent mendier leur nourriture et bien entendu, les restaurants sont des cibles de choix !

Nous reprenons nos vélos et nous rendons au point de départ de notre prochain trek, histoire de repérer les lieux. C’est loin loin ce point de départ, et sur une route sans intérêt qui traverse la ville. Aussi décidons nous que nous nous rendrons à ce point de départ en rickshaw.

De retour à notre hôtel, nous préparons notre journée de demain : il s’agit de faire l’excursion classique « tour du lac ». Nous en aurons pour 15.000 kyats à nous deux pour la journée.

Départ à 7 heures 30 du matin.

Lundi 06/03/2006. Le tour du lac Inle.

Il est 7 heures 30, il fait frisquet, le soleil se lève à peine et nous avons le vent de la vitesse de notre pirogue à moteur.

Nous allons descendre le chenal qui mène au lac, mais nous nous arrêtons auparavant pour payer notre droit de passage : 6 dollars à deux.

Le trajet est magique.

Nous allons descendre tout à l’extrémité du lac et visiter un marché local : il y a peu de touristes. Puis nous allons remonter vers notre point de départ tout en nous arrêtant de ci de là pour visiter un atelier de tissage de la soie (la soie vient de Chine et les colorants d’Allemagne), là, je craque pour un foulard de soie blanche; un atelier de forges (couteaux, poignards, ciseaux), une fabrique d’ombrelle (Régine craque sur une ombrelle)…

Au déjeuner, je craque sur une chemise blanche en coton, toute simple à 3 dollars 50, qui fera l’admiration de deux Birmans pour son fini et sa qualité…et l’un d’eux (au Rocher d’Or) devinera où je l’ai acheté.

De retour en fin de journée à notre hôtel, notre hôte nous fait comprendre qu’il est en manque de trésorerie, ce qui n’a rien d’étonnant vu le nombre de bungalows loués.

Nous allons donc le payer pour les nuits passées.

Accrochée au mur, au-dessus d’une porte, une photo le représente lui et sa femme en tenue de remise de diplôme : ils sont tous les deux diplômés d’une université, section Chimie, ce qui n’a que peu de rapport avec l’hôtellerie !

Nous sortons dîner chez un Chinois, propriétaire à ce qu’il parait, de la moitié de la ville. Nous mangeons fort bien. Le serveur va nous faire de la publicité pour un plat à commander à l’avance : le « canaguillé » ou canard grillé. Il y en a un justement à la table d’à côté, vraiment grillé et dont il reste la tête qui repose sur le plat…

Mardi 07/03/2006. Le trek.

Comme convenu, courageux mais pas téméraires, nous partons avec nos deux rickshaw vers notre point de départ. Mon taxi mollet voudrait bien nous servir de guide pour la balade que nous comptons faire ! A défaut, il est prêt à repasser en fin de journée pour nous ramener à l’hôtel !

Nous filons sur notre sentier à peine fléché au départ. Nous allons visiter deux grottes ou cavernes, qui sont les logis (confortables, tout de même !) de deux ermites bouddhistes.

Nous y rencontrons un groupe de Japonais chaperonnés par un guide local, lequel est tout à fait d’accord pour que nous le suivions (c’est lui qui nous l’a proposé). Le seul problème, c’est que les Japonais sont fatigués et n’ont qu’un seul souhait, c’est de rentrer à leur hôtel…

Nous continuons donc notre marche vers les villages environnants, à flanc de colline, nettement plus pauvres que dans la vallée. Les enfants sont sales et dépenaillés.

Dans un village, nous sommes conviés à entrer dans une maison (elles sont toute du même type, sur pilotis, en bambous, avec une pièce unique).

Nous grimpons donc les rondins qui servent de marches et entrons dans la pièce : il y a beaucoup de monde dans cette pièce. A droite, un groupe de femmes qui papotent et qui fument, au fond, un groupe d’hommes qui jouent aux cartes…A notre gauche, un homme ou une femme allongée sur une natte, le corps entièrement recouvert d’une couverture : en fait nous sommes tombés en pleine veillée mortuaire ! Prés du cadavre, quelques objets usuels, des bananes, un récipient avec un peu d’argent…

Nous redescendons de cette maison de bambou, un peu secoués (on le serait à moins !) et continuons notre trek, en boucle, de manière à nous retrouver en ville en milieu d’après midi.

Nous déjeunons chez un Chinois Thaï Indien Shan…

De retour à notre hôtel, nous découvrons nos voisins : un couple de jeunes Français qui ont décidé de circuler en Asie pendant deux mois (leurs vacances…en fait, ils peuvent cumuler leurs jours de congés et leurs jours de RTT).

C’est leur premier voyage en Asie, aussi allons-nous leur donner quelques tuyaux sur les différents pays qu’ils vont visiter. En attendant, la jeune femme se remet de ses émotions : la matinée a commencé par une chaîne de vélo qui se brise, puis, dans le courant de l’après midi par une chute dans le canal : heureusement, elle a été tout de suite repêché par un piroguier qui passait par là !

Nos jambes sont bien fatiguées et nous allons dîner dans un restaurant de pâtes italiennes où les clients sont tous des Occidentaux. Il faut dire que les prix sont très dissuasifs pour des locaux.

Nous donnons un « Mode et Travaux » que nous trimbalons depuis Paris à un atelier de couture. Le patron est tout content et nous demande combien il nous doit !

Mercredi 08/03/2006. Visite en taxi de Pindaya.

Départ en taxi à 7 heures 45, retour à 15 heures 30.

62L’intérêt de cette petite ville, c’est sa grotte qui contient 8.000 Bouddhas (ou à peu prés !). Cette grotte est à flanc de colline et on peut y monter par ascenseur !

61Particularité : des Bouddhas noirs qui transpirent !

Déjeuner dans un restaurant pour touristes et qui pratique la cuisine Shan (bon !).

De retour à notre hôtel, nous procédons aux ultimes préparatifs pour notre trajet de demain : nous devons nous rendre de Nyaunghwe à Bago.

C’est un peu compliqué, car il nous faut prendre un taxi qui doit nous emmener sur une route qui est un point de jonction d’où nous pourrons prendre le bus.

Nous ressortons vers les 17 heures, à la fraîche, pour prendre un thé dans une maison de thé (avec un délicieux gâteau), visiter la principale pagode de la ville, prendre un apéritif dans un hôtel de luxe (la chambre de base est à 15 dollars par personne) offert par Régine, (nous sommes les seuls clients au bar terrasse ouvert rien que pour nous) puis nous retournons au marché où nous allons manger dans la rue de délicieuses pâtes froides. Nous en avons pour 400 kyats pour nous deux, une misère !

Dans une supérette, nous trouvons à acheter de la vache qui rit (!) qui garnira demain la baguette que nous avons commandée à notre hôtel.

Jeudi 09/03/2006. En route vers Bago.

Nous prenons un taxi vers 11 heures 30 pour nous rendre donc au point de jonction avec la ligne de bus.

En cours de route, monte avec nous un jeune, copain de notre chauffeur. Il a une clef USB autour du cou.

Quelques Occidentaux sont aussi là en attente du bus. A 12 heures 30, passe et s’arrête le bus. Nous arriverons à destination le lendemain matin à 5 heures ¼, en pleine nuit !

Le bus n’est pas tout neuf : certains sièges ont des tablettes, mais les nôtres les ont perdues, la vitre s’ouvre toute seule mais ne se referme pas. La route est mauvaise : étroite avec beaucoup de trous, de la poussière, énormément de poussière au point que les bananiers qui bordent la route ont les feuilles ocrées !

Dans le bus, séance de cinéma : d’abord des clips de chanteurs locaux, puis un film probablement birman car sous titré chinois et, pour terminer, un récital de comiques. Heureusement, tout s’arrête à 21 heures 30.

Nous nous arrêterons trois fois pendant le trajet : à 13 heures 30 pour déjeuner, à 17 heures 30 pour dîner (eh, oui !) et vers minuit, histoire de détendre les jambes. Le dernier arrêt se fait au milieu d’une faune assez étonnante que nous n’avions pas vue depuis notre arrivée en Birmanie : beaucoup de mendiants, de culs de jatte…

A notre arrivée, et bien qu’il fasse nuit noire, nous trouvons facilement deux rickshaws qui vont nous emmener à notre hôtel.

Vendredi 10/03/2006. Bago.

Nous nous couchons donc sur le coup de 6 heures du matin, pour nous réveiller à 9 heures 30.

Petit tour en ville, déjeuner et retour à l’hôtel. Une touriste, probablement germanique et qui vient aux renseignements, me demande si l’hôtel est bien : je lui réponds que pour nous il est bien…Réponse diplomatique me dit elle !

Pas d’électricité, donc pas d’eau chaude et pas de clim et la chaleur est horrible, certainement dans les 26 – 38°. Bon, mais c’est 8 dollars la nuit…

Nous allons attendre 17 heures 30 avant de faire une seconde sortie en ville. Nous passons à la gare, histoire de voir à quoi elle ressemble, d’autant que nous avons l’intention de prendre le train pour notre étape suivante.

Nous remarquons que les locomotives poussent devant elles des wagons remplis de pierres. Crainte de mines sur les voies ou plus vraisemblablement, dispositif pour tester la solidité des ponts ?

Nous dînons chez « Panda » où nous trouvons de l’air climatisé ! C’est un restaurant chinois : le patron veille sur tous les plats, la patronne (la mère) tient la caisse, les serveurs et peut être les cuisiniers sont birmans.

Nous rentrons dormir à l’hôtel, et là, toute la nuit et toutes les nuits qui suivront, nous serons bercés (!) par la voix surgie d’un haut parleur. Cette voix, nous l’apprendrons le lendemain, diffuse des prières et des recommandations du style « dormez bien, on veille sur vous » !

Samedi 11/03/2006. Visite de Bago en moto.

Nous concluons un marché avec deux motos bike : 7.000 kyats pour nous deux pour la visite de la ville et de ses principaux monuments : la moto, c’est bien car ça fait de l’air !

66Nous allons donc visiter le monastère principal : c’est l’un des plus grands du pays (plus de 500 moines !) et les différentes pagodes qui font l’intérêt de cette ville.

Normalement, nous devons payer un droit d’entrée de 10 dollars par personne pour l’ensemble des sites à visiter, mais l’un de nos deux pilotes, qui nous servira de guide, nous explique que cela ne sert à rien de donner de l’argent au gouvernement qui ne fait rien pour eux.

69Alors, il nous dit comment faire pour ne pas payer ! C’est simple : il faut éviter d’entrer dans la pagode de départ (celle où normalement nous devons nous procurer les pass) par l’entrée des touristes et passer par celle du peuple : c’est ce que nous faisons. Et, effectivement, ça marche ! Personne ne va rien nous demander…

En fin de parcours, notre guide nous demande à être payé discrètement (c’est-à-dire hors de la présence de son compagnon)…Nous décidons de partager l’économie d’impôt et nous lui donnons en sus du prix convenu 10 dollars et 5.000 kyats.

Il est fou de joie et nous pensons que c’est probablement la première fois qu’il voit un billet de dix dollars…Il nous tape sur le ventre, saute sur place, c’est tout juste s’il ne nous embrasse pas les mains…Il nous raconte qu’il va pouvoir s’acheter une chemise neuve et emmener ce soir toute sa petite famille (il a trois enfants) au cinéma !

Mais, problème pour lui ! En effet, il porte un longyi et il n’y a pas de poche dans ce type de vêtement ! Comment faire pour transporter un pareil trésor ?

Il va cacher ce billet dans le nœud d’attache de sa jupe et s’arrêter de temps en temps pour vérifier s’il ne l’a pas perdu (c’est Régine qui me racontera tout ça, car c’est son chauffeur !).

Nous déjeunons en début d’après midi dans un restaurant dont la spécialité est le testicule de bouc (pas goûté !).

Nous rentrons à l’hôtel et, surprise, l’air conditionné fonctionne ! La sieste va être réparatrice.

Nous ressortons en fin de journée quand la chaleur est un peu tombée pour prendre quelques photos et dîner au bord de la rivière : dans ce restaurant, rien que des hommes.

Dimanche 12/03/2006. Le rocher d’Or (Kyaiktiyo) et retour à Bago.

Le rocher d’or :

Un gros rocher de 7 mètres de hauteur, qui se maintient en équilibre au bord d’un précipice à plus de 1.000 mètres d’altitude, couvert de feuilles d’or déposées par les fidèles et coiffé d’une flèche. C’est l’un lieu de pèlerinage pour les Birmans, comme le sont le Mont Popa ou la pagode Shwedagon.

Nous partons assez tôt le matin de notre hôtel par taxi. Le trajet aller se fait sans problème : le taxi va nous laisser à une première plate-forme d’où nous devons prendre un camion qui doit nous monter à une deuxième plate-forme !

Les difficultés commencent là !

Ce sont des camions 4×4 débâchés, équipés (!) de bancs de bois sur lesquels il va falloir s’asseoir, entassés comme nous ne l’avons jamais été, à plus de 35. Les gens sont joyeux mais certains vont vomir dans des sacs plastiques pendant le trajet : la route est bonne, cimentée, mais très abrupte et toute en virages et nous en avons pour plus d’une demie-heure de trajet !

Nous démarrons après un quart d’heure d’attente sous un soleil ardent pour arriver à la deuxième plate-forme. Là, marche à pied : ¾ d’heure une heure, toujours en côte.

Il est possible de faire cette partie de parcours en palanquin (il s’agit en fait d’un fauteuil de toile dont les bras sont deux grosses tiges de bambou, le tout étant porté par quatre gaillards).

Les porteurs agissent comme des vautours : ils vont nous suivre un bon bout de temps en nous faisant remarquer que la route est longue, qu’il fait chaud, que j’ai l’air fatigué, que ça coûte 10 dollars (somme qui va aller en diminuant au fur et à mesure de la montée, of course !).

Mais je ne cède pas et je vais monter, comme Régine, à pied…avec un bâton de pèlerin comme seule aide.

A dire franc, je vais arriver très fatigué au point haut, c’est-à-dire sur l’esplanade du Rocher d’Or : oratoires, boutiques en tout genre ! Le sol est brûlant (les pieds sont nus), mais heureusement, il y a un morceau de moquette style tapis d’escalier qui permet de franchir l’essentiel de la distance. Pour le reste, le mieux est de courir…

Le Rocher lui-même n’est pas accessible aux femmes, jugées impures !

Retour par le même chemin, mais à la descente cette fois. Nous allons retrouver notre taxi qui nous attendait au niveau de la première plate-forme.

De retour vers Bago, incident de parcours ! En doublant un camion, notre taxi roule dans un nid de poule (ou mieux, de dinde !), éclate un pneu et casse sa roue ! La réparation va être rapide…

Arrivés à l’hôtel, pas d’électricité par le circuit « normal », c’est le générateur de l’hôtel qui fournit le courant.

Il est mis en route vers 18 heures 30 (la nuit est tombée), il donne assez d’électricité pour l’éclairage de la chambre et le ventilateur mais pas pour l’eau chaude ni pour la clim.

A 23 heures 30, le générateur s’arrête : donc plus d’éclairage ni de ventilateur et il fait vite une chaleur éprouvante !

Lundi 13/03/2006. Départ de Bago pour Mottama puis Moulmein.

Le trajet est un peu compliqué : il s’agit de prendre le train du matin à 7 heures 45 pour un minimum de 7 heures 30 de trajet (nous avons commandé nos billets par l’intermédiaire de l’hôtel) de Bago jusqu’à Mottama puis de là, prendre un taxi ou un bus jusqu’à Moulmein.

En fait, tout va se simplifier comme par magie : il n’y a pas de train ! Ou alors, tard dans l’après midi à 16 heures et sans garantie. Nous apprenons qu’une locomotive est en panne, ce qui désorganise le réseau !

Qu’à cela ne tienne : nous prendrons le bus, qui fait le même parcours.

Nous nous installons en terrasse du café qui sert de stop aux bus qui passent (ils viennent de Yangon) et attendons. Passe un premier bus, mais vraiment trop pourri !

L’attente se poursuit. Régine va donner nos dernières « Vache Qui Rit » à une petite fille qui mendie sa nourriture et à des moinillons très contents (visiblement, ils connaissent le produit !).

Un deuxième bus passe : il est correct et la négociation sur le prix s’engage avec le chauffeur.

Nous allons faire un trajet de 7 heures qui va donc nous mener à bon port (un seul contrôle de police : il nous faut descendre du bus et montrer nos papiers, comme tout un chacun), avec tout de même une frayeur à la fin ! Tout simplement, nous ne savons pas où nous arrêter et personne ne parle anglais dans ce fichu bus…

A un arrêt donné, nous descendons nous dérouiller les jambes et là, une moto taxi s’approche de moi et me demande où je veux aller : je lui réponds à Moulmein. Vous y êtes me dit il !

Je remonte précipitamment dans le bus histoire d’avertir Régine et de prendre vite fait nos bagages ! Pour un peu, nous aurions continué notre route sans nous en apercevoir !

Nous montons donc sur le siége arrière de nos deux motos taxis et en route pour la Guest House.

Et là, incident : ma moto crève. Régine va donc continuer jusqu’à l’hôtel, et sa moto revenir me chercher.

Nous sommes donc dans la ville, au bord de la rue, à attendre le retour de la deuxième moto.

C’est alors que sort de sa maison un vieil homme avec une chaise en plastique à la main, il la place à l’ombre, et m’invite à m’asseoir !

Bref, le deuxième taxi moto revient, me prend sur le siége arrière et j’arrive enfin à la Guest House. Régine a déjà négocié durée de séjour et prix (17 dollars).

87La chambre a un inconvénient : l’absence de fenêtre, mais si la clim marche on peut s’en passer pour les quelques nuits qui nous restent. L’hôtelier nous jure que la clim marche tout le temps grâce au générateur et cela va s’avérer exact.

Il est dans les 17 heures et nous partons faire un tour en ville qui, au premier abord, nous apparaît vide et poussiéreuse.

Nous nous arrêtons au guichet de la compagnie de chemin de fer (il n’y a pas de gare à Moulmein, mais seulement un guichet de réservation, le paiement des billets se faisant à la gare de Mottama) pour prendre nos billets vers Yangon.

Nous trouvons le marché (ou ce qu’il en reste, car les commerçants ont pour la plupart plié bagages) et achetons une pomme et quelques bananes ainsi qu’un épis de maïs, à la grande joie de Régine.

Les gens sont visiblement étonnés de nous voir ici et n’ont pas l’habitude de voir des visages pâles !

Mardi 14/03/2006. Excursion à l’île des Ogres.

La nuit se passe sereinement : il fait bon dans notre chambre.

Bien sûr, au matin, nous sommes réveillés par des raclements de gorge suivis par des projections de glaviots : nous sommes bien dans un hôtel fréquenté pour l’essentiel par des Birmans (on veut du local ou on n’en veut pas !).

Nous nous sommes mis d’accord avec l’hôtelier : pour 25 dollars, il nous emmène à l’île des Ogres et nous sert de guide pendant la journée.

Vers les 8 heures 30, accompagnés par notre hôte, nous montons à bord du bateau qui fait la traversée vers l’île des Ogres. C’est un vieux ferry, passablement rouillé, de trois ponts : l’inférieur, où l’on est assis par terre (là sont les Birmans), l’intermédiaire avec des bancs de bois (là sont les riches Birmans !), le supérieur, prés de la cabine de pilotage, à découvert, avec des transats, réservé aux bonzes et aux touristes ! Nous sommes les seuls à occuper le pont supérieur.

Après ¾ d’heure de traversée, nous débarquons mais pas sur la jetée, car c’est marée basse. Nous sommes donc dispatchés sur des petits bateaux à moteur qui nous amènent près du rivage et là, il n’y a pas trente six solutions, il faut retrousser les bas de pantalon et marcher dans l’eau et la boue pour les trente derniers mètres.

Une fois sur la berge, nous allons prendre une carriole tirée par un cheval. Ça n’est pas très confortable, mais on connaît !

Incident de parcours : à un moment donné, le cocher veut éviter un obstacle sur le chemin, le cheval s’affole un peu, se précipite dans le fossé où nous avons failli verser (il s’en est fallu de peu !). Bref, plus de peur que de mal.

Une fois l’attelage redressé, notre cocher court chercher un marteau à la maison voisine : en effet, le bandage en caoutchouc d’une roue est sorti de sa gorge.

La réparation faite, nous continuons notre chemin. L’île nous parait plutôt riche (mais tout est relatif) : il y a pas mal de mobylettes et de belles maisons, souvent neuves.

Quelques bus sillonnent les routes (ou pistes) : ce sont des Chevrolet ou Ford, datant de l’entre deux guerres et qui roulent toujours, de vraies pièces de musée !

Nous allons nous arrêter pour visiter une fabrique (artisanale) d’élastiques (il y a des hévéas sur l’île), puis une fabrique d’étuis pour crayon bille, puis une fabrique de cannes, puis une fabrique de tapis brosse en fibre de noix de coco…Bref, toute l’activité économique de l’île va y passer !

Nous allons déjeuner chez le cocher : assis sur le sol (un plancher), tout prés de la table basse ou sont disposés les plats de riz, de poissons et de fruits de mer.

Nous sommes entre hommes (à part Régine, bien sûr !) : le cocher et notre guide, les femmes (une dizaine) assurant le service.

Dans la pièce unique, une vieille femme (94 ans, c’est la belle mère) gît sur un vague matelas : on attend sa mort.

Le cocher nous ramène au port d’embarquement, je lui donne un briquet pour le remercier de son travail, il en est très content (il va m’approvisionner en bananes frites).

Le retour vers les 16 heures se fera par marée haute, donc avec un ferry qui a pu accoster au quai…et sera plus rapide que l’aller : le courant est avec nous et les vents nous sont favorables.

Mercredi 15/03/2006. Retour à Yangon.

Nous partons en taxi moto et l’esprit tranquille avec notre réservation de train, vers la gare de Mottama.

Ça ne va pas durer très longtemps car, à peine arrivés à la gare, nous apprenons par le chef de gare que la locomotive a toujours des problèmes et que le train prévu pour partir à 9 heures du matin ce jour, partira, certes, mais pas avant 16 heures, s’il part !

Par chance, nos taxis moto nous ont accompagné jusqu’au au guichet, nous pouvons donc reprendre place sur les siéges arrière et en avant vers la station de bus !

Nous voilà donc au bord d’une route à expliquer notre problème à l’employée d’une compagnie de bus (Yangon Express), très sympa et qui nous assure qu’elle va faire son possible pour nous trouver deux places dans un bus vers Yangon. Le problème, c’est qu’il n’y a pas de liaison téléphonique entre les bus et elle. Or, le bus vient de plus loin, mais elle a un certain nombre de places au départ de Mottama. Bref, elle essaye de nous mettre dans le premier bus (celui de 9 heures) qui va passer et pour cela tente de persuader un passager birman de laisser sa place, mais il n’est pas d’accord.

81Par contre, elle a deux places dans le bus suivant (à 9 heures 30), mais, et c’est un gros problème pour elle, ces deux places ne sont pas côte à côte ! Elle est soulagée d’apprendre que cela nous est bien égal !

Le voyage va se faire en douceur dans un bus archi bondé, ce qui n’est pas étonnant, puisque les passagers potentiels du train se sont tous reportés vers les bus. Les strapontins sont tous utilisés, mais aussi des petits tabourets en plastique et il y a même quelques passagers debout.

Nous aurons un arrêt contrôle de police : descendre du car, présenter ses papiers, remonter dans le car, comme tous les passagers.

Nous arrivons à Yangon vers 16 heures 30, et de là, nous prenons un taxi vers notre Guest House favorite…Ce taxi piloté par un Indien n’a plus d’âge et c’est cependant une limousine « airport », avec laquelle on ne risque pas d’excès de vitesse !

Jeudi 16/03/2006. Yangon, transfert vers le Savoy.

Bon, ça n’est pas dans nos habitudes, mais pour une fois et pour notre dernière nuit à Yangon, nous avons décidé de dormir dans un hôtel de luxe et de charme !

Bien sûr, le taxi qui nous emmène de notre modeste Guest House à 13 dollars la nuit vers le Savoy et sa piscine, va majorer son prix et nous constatons que ça coûte cher d’être riche…

L’hôtel est superbe, la chambre vaste, les meubles en teck, les objets sont très beaux, le personnel est partout ! Bref, le luxe ! Et à un prix défiant toute concurrence, car après négociation (pour une fois c’est moi qui opère !), nous passons de 150 dollars la nuit avec petit déjeuner, à 115 : il faut dire que l’hôtel est vide.

Nous partons en taxi, que nous évitons de prendre dans l’enceinte même de l’hôtel pour en abaisser le coût, direction le marché. Régine va s’offrir un longyi et nous retournons à l’hôtel, après avoir déjeuné (le prix de la course est, bien sûr, majoré).

Lorsque la chaleur s’est apaisée, c’est-à-dire vers 17 heures, nous ressortons pour nous rendre à pied à la pagode Shwedagon.

Nous visitons tranquillement pour la deuxième fois cette splendeur quand nous sommes abordés par un vieil homme qui nous demande quels sont nos dates de naissance puis nos jours de naissance…Comme nous ne pouvons lui dire quels sont nos jours de naissance, il tire de sa poche un petit livre tout fripé qui n’est autre qu’un tableau de correspondance entre les dates et les jours ! Nous apprenons ainsi que Régine est née un lundi et moi, un samedi.

C’est fondamental ! Car nous allons nous rendre, accompagnés par ce guide improvisé (ex professeur d’histoire, licencié comme ses confrères et sans retraite car encore trop jeune -60 ans !), devant l’oratoire où trône le Bouddha du lundi pour y dérouler tout un rituel qu a pour objet d’apporter la santé, le bonheur et la richesse! Nous ferons de même devant l’oratoire du Bouddha du samedi…Il suffit d’y croire !

91C’est un guide improvisé car il ne veut pas payer à l’État les 5 dollars que lui coûterait quotidiennement sa carte officielle. Il va nous montrer avec un large geste du bras la direction vers laquelle se trouve la maison de l’opposante Suu Kyi.

Il va aussi s’offusquer qu’un ancien ministre se trouve sous les verrous pour corruption, alors qu’un an avant, il avait offert à la pagode un Bouddha tout en or ! Il est vrai qu’il y a de temps en temps une lutte à mort entre corrompus…

Après cette visite et après avoir vu le soleil se coucher sur la pagode dorée, nous rentrons à l’hôtel où nous attend une corbeille de fruits…

Vendredi 17/03/2006. Départ de Yangon pour Paris.

Lever vers les 9 heures et petit déjeuner au bord de la piscine. Pour notre dernière journée, nous avions décidé de nous rendre dans un parc de la capitale (Yangon est une ville assez polluée, mais il y a aussi quelques beaux parcs).

Normalement, une petite marche devrait suffire…Mais, hélas, je me trompe de direction…Nous passons, entre autres, devant des bâtiments officiels et sommes obligés de descendre du trottoir…Nous arrivons enfin, assez fatigués de marcher sous le soleil, au parc zoologique, tout proche de notre but : le parc Kandawgyi, ou lac royal.

Le retour se fera en taxi…

Nous déjeunons au bord de la piscine de très bonnes frites (eh oui !) et de club sandwich.

A 17 heures, nous prenons un taxi pour l’aéroport.

Le passage en douane s’effectue sans problème, nous prenons notre avion pour Bangkok.

Une fois arrivés à Bangkok (il est dans les dix heures, heure locale), il nous faut nous faire enregistrer pour Paris (les bagages menant heureusement leur vie propre).

Une fois fait, promenade dans les boutiques détaxées : achat d’alcool et d’une montre pour Régine.

L’arrivée à Paris se fera sans problème, le 18 au petit jour (7 heures du matin), dans une température glaciale pour nous !

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